Archives mensuelles : juillet 2015

PIB en volume

Date de dernière mise à jour : 03/04/2015

Définition: 

Le produit intérieur brut est exprimé en euros chaînés de l’année de référence 2010. Il se base sur la valeur ajoutée totale par région publiée en euros chaînés par l’ICN. Des hypothèses complémentaires sont posées pour exprimer en volume les impôts nets sur les produits et obtenir ainsi un PIB en volume. La série est complétée par les résultats du dernier exercice de prévision à court terme de l’IWEPS (Tendances économiques).

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Evolution du PIB en volume

Région 2011 2012 2013 2014 2015 Moyenne 2004-2013
En millions d’euros (euros chaînés, année de référence 2010)
Wallonie 88.290 88.099 88.411 89.229 90.228
Bruxelles 68.394 67.026 67.278
Flandre 214.816 216.728 217.192
Belgique 371.739 372.091 373.113 377.004 381.358
En pourcentage de la Belgique
Wallonie 23,8 23,7 23,7 23,7 23,7 23,9
Bruxelles 18,4 18,0 18,0 18,4
Flandre 57,8 58,2 58,2 57,6
Belgique 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Variations par rapport à l’année précédente
Wallonie 0,2 -0,2 0,4 0,9 1,1 1,0
Bruxelles 1,0 -2,0 0,4 0,8
Flandre 2,5 0,9 0,2 1,3
Belgique 1,6 0,1 0,3 1,0 1,2 1,1
Zone euro 1,6 -0,7 -0,5 0,8 1,3 0,7
UE-28 1,7 -0,4 0,0 1,3 1,7 0,9
Allemagne 3,6 0,4 0,1 1,5 1,5 1,2
France 2,1 0,3 0,3 0,4 1,0 0,9
Pays-Bas 1,7 -1,6 -0,7 0,7 1,4 1,0

Source(s): Institut des comptes  nationaux (ICN), Eurostat – Calculs IWEPS

Note(s): Données 1995 – 2008 : Estimations rétrospectives de l’IWEPS pour les régions. Prévisions 2014-2015 (Tendances économiques, avril 2015) pour la Wallonie et la Belgique, Commission européenne (février 2015) pour l’Europe.

 

Homans envoie un commissaire du gouvernement à Linkebeek, le MR soutiendra Damien Thiéry

« La Libre Belgique », Belga, 14 juillet 2015

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La ministre flamande des Affaires intérieures, Liesbeth Homans, a mis mardi à exécution sa menace de dépêcher un commissaire de gouvernement dans la commune à facilités de Linkebeek (sud de Bruxelles), pour vérifier lors du prochain conseil communal si la présentation d’un candidat-bourgmestre a été valablement déposée. Le conseil communal avait confirmé il y a quelques jours la décision du 4 mai de désigner Damien Thiéry (MR) comme bourgmestre faisant fonction. Mme Homans avait toutefois demandé de désigner un nouveau bourgmestre et, en attendant, de proposer un autre bourgmestre faisant fonction.

Depuis les élections communales de 2012, le gouvernement flamand a déjà refusé par deux fois la nomination de M. Thiéry au poste de bourgmestre de Linkebeek, pour infractions aux lois linguistiques.

Mme Homans envisageait deux solutions au problème: une modification du décret flamand sur les communes ou l’envoi d’un commissaire du gouvernement. Vu l’absence de consensus dans la majorité régionale (N-VA, CD&V, Open VLD) pour modifier le décret, c’est la deuxième solution qui a prévalu.

La ministre N-VA rappelle que le refus gouvernemental de nommer Damien Thiéry a été suivi par le Conseil d’Etat, réuni en assemblée générale bilingue.

Pour rappel, Damien Thiéry occupe le poste de bourgmestre depuis 2007 sans être officiellement nommé, en raison du refus du gouvernement flamand d’approuver sa nomination car il a envoyé ses convocations électorales en français dans sa commune.

Lors des dernières élections, la Liste du Bourgmestre, menée par Damien Thiéry, a obtenu 13 sièges sur les 15 que compte le conseil communal.

Le MR « regrette » cette décision

Par voie de communiqué, le MR regrette cette décision unilatérale du gouvernement flamand et tient à exprimer sa solidarité avec Damien Thiéry. Linkebeek est une commune remarquablement gérée. Aucun grief ne peut être fait à son bourgmestre quant à la gestion de sa commune. Pour rappel, il a été démocratiquement et très confortablement élu à deux reprises en 2006 et 2012.

Le parti du premier ministre poursuit: En 2001, la nomination des bourgmestres est devenue une compétence régionale. Depuis 2007, le gouvernement flamand refuse de nommer Damien Thiery, mais aucune majorité ne s’est jamais dégagée au sein du conseil communal linkebeekois pour désigner un autre candidat. Du fait de la 6e réforme de l’Etat, c’est désormais le Conseil d’Etat qui a le dernier mot dans ce type de dossiers. A deux reprises, le 20 juin 2014 et le 18 décembre 2014, l’Assemblée générale bilingue du Conseil d’Etat a confirmé le refus de nommer Damien Thiéry.

Dans ce dossier, le Mouvement Réformateur affirme qu’il soutiendra Damien Thiéry dans toutes les démarches juridiques qu’il jugera opportun d’entreprendre.

Pour le parti d’Olivier Maingain, c’est bien le MR que la N-VA met échec et mat.

« En imposant un coup de force à Linkebeek au mépris de la démocratie, la N-VA montre bien qu’elle n’a jamais mis le communautaire ‘au frigo' », affirme le FDF à l’adresse du Premier ministre Charles Michel (MR), en coalition au fédéral avec la N-VA. « L’envoi d’un commissaire du gouvernement flamand est une humiliation de plus pour Damien Thiery et ses nouveaux amis politiques ».

Le parti amarante répète sa revendication d’un élargissement de Bruxelles, seule solution à ses yeux pour apporter la paix communautaire dans les communes à facilités et le respect des droits individuels, sans distinction de langue.

«Francophones, attention ! 2019, c’est demain !»

Jules Gheude, essayiste politiquer (1)

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« Francophones, attention ! 2019, c’est demain ! »

Nous reproduisons ici la chronique de Jules Gheude, publiée dans la version papier de «La Libre Belgique» du 14 juillet 2015 : http://www.lalibre.be/debats/opinions/francophones-attention-2019-c-est-demain-55a3e5a03570c6858553fcf2

La version néerlandaise a été reprise sur le site de l’hebdomadaire « Knack » : http://www.knack.be/nieuws/belgie/franstaligen-opgelet-2019-is-morgen-al/article-opinion-587179.html

Le temps passe vite, très vite !

Mise en place il y a un an, la coalition « suédoise » s’est engagée à mettre le volet communautaire entre parenthèses pour se consacrer pleinement au redressement économique et budgétaire du pays. Objectif plus que louable, lorsqu’on sait que la dette publique a atteint, fin 2014, 106,6% du PIB…

Les appréhensions des leaders francophones concernant la loyauté du partenaire N-VA se sont avérées jusqu’ici non fondées. Force est de reconnaître, en effet, que les ministres nationalistes flamands s’acquittent chacun de leur mission de manière responsable et consciencieuse, démontrant ainsi leur aptitude à gérer. Leur présence au gouvernement flamand depuis 2004 (au début, la N-VA formait un cartel avec le CD&V) avait d’ailleurs déjà largement confirmé cette aptitude.

Mais, dans le ciel politique, une législature passe à la vitesse d’une comète. 2019, c’est demain !

Si la N-VA se comporte loyalement au sein du gouvernement fédéral, elle n’a pas pour autant renié son objectif premier : faire de la Flandre un Etat souverain au sein de l’Europe. Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon a tenu à le rappeler dernièrement.

La Fëte de la Communauté flamande, ce 11 juillet, a également fourni aux responsables nationalistes flamands l’occasion de rappeler que leur combat était loin d’être terminé.

Ainsi, Geert Bourgeois, le ministre-président flamand, a-t-il déclaré que  que son gouvernement s’engageait résolument pour une Nation flamande forte. Le terme figure d’ailleurs dans le préambule de la « Charte pour la Flandre », que le Parlement flamand, unanime, a adoptée en 2012.

Cette « Nation flamande », Geert bourgeois entend bien la préparer aux défis qui nous attendent en 2019.

Pas question, pour lui, que l’horloge tourne à l’enve ! On ira de l’avant : Nous aurons bientôt un ministère flamand des Affaires étrangères à part entière et le statut de nos diplomates flamands doit donc être amélioré. Et d’insister aussi sur la nécessité d’avoir une seule culture politique qui exige une langue partagée : le néerlandais.

Quant à Jan Peumans, le président du Parlement flamand, ses propos ne laissent place à aucune ambiguïté :

Nous devons oser exercer ce droit à l’autodétermination avec plus de verve. Bien que la 6ème réforme de l’Etat ait accru l’autonomie flamande et fait passer le budget annuel de la Flandre de 28 à près de 37 milliards d’euros, elle ne peut être un terminus.

Et d’ajouter : Les nations constituées naturellement favorisent une Europe libre de conflit. Ce sont les meilleures briques pour l’édification d’une Europe stable.

A peine l’encre de la 6ème réforme de l’Etat était-elle sèche que Wouter Beke, le président du CD&V, avait d’ailleurs déclaré :

Personne ne niera qu’une 7ème réforme de l’Etat viendra un jour. L’approfondissement est irréversible. (…) Nous voulons qu’on tienne compte, en matière communautaire, de pensions, de sécurité…, de ce que veulent 57% de la population belge, dont les Flamands.

Aujourd’hui, des voix académiques (Hugues Dumont, des Facultés Saint-Louis de Bruxelles, et Carl Devos, de l’Université de Gand) s’élèvent déjà pour souligner l’impérieuse nécessité d’une nouvelle réforme de l’Etat.

Bref, dès 2019 (si le gouvernement fédéral parvient à atteindre ce terme), le démantèlement de la Belgique va se poursuivre irrémédiablement et les responsables francophones, toujours demandeurs de rien au départ, ne pourront rien empêcher.

Face à la détermination flamande – le nationalisme flamand ne s’arrête jamais, rappelait François Perin en 2011 -, les responsables francophones pratiquent la politique de l’autruche. Ils se mettent la tête dans le sable « fédéral » alors que celui-ci, depuis les fameuses résolutions adoptées par le Parlement flamand en 1999, est devenu « confédéral ».

En droit international, le concept du « confédéralisme » implique des Etats souverains qui, à un moment donné, décident de coopérer dans un certain nombre de domaines. Dans ea cas qui nous occupe, il faudrait donc que la Belgique ait préalablement cessé d’exister.

Le « communautaire » est toujours bien présent, comme en témoigne la volonté du gouvernement flamand de s’opposer à la nouvelle désignation de Thierry Damien comme bourgmestre faisant fonction de Linkebeek. Et, de même que la Flandre s’est toujours montrée réticente à la création de Bruxelles comme région à part entière, de même elle s’oppose aujourd’hui à la mise en place de la « communauté métropolitaine ». Pour Geert Bourgeois, cette nouvelle structure ne peut pas devenir une menace pour les Flamands. Et d’ajouter : Nous ne permettrons pas qu’on chipote avec la frontière linguistique. Le gouvernement flamand n’approuvera pas le traité-cadre relatif à la protection des minorités nationales parce que cela donnerait des droits francophones en Flandre.

Voilà donc Christine Defraigne, la présidente du Sénat, prévenue, elle qui réagit par une déclaration pro-belge : La Belgique, c’est un Etat qui existe. Et moi je suis attachée à mon pays !

Son père Jean, qui fut président de la Chambre, avait pourtant bien compris l’évolution des choses : Les Wallons doivent préparer leur dossier pour faire l’inventaire et dire ce qui doit leur revenir au moment de la séparation (…), car, quand les Flamands auront les poches pleines d’euros, ils nous largueront (voir « Le Soir » du 4 avril 1996).

A bon entendeur salut !

(1) Dernier livre paru : « François Perin – Une Plume / L’Oeuvre écrite », préface de Michel Hermans, Les Editions de la Province de Liège, 2015

 

 

Magnette évoque le déménagement de fonctionnaires de Bruxelles à Namu

Eric Deffet,  « Le Soir », 13 juillet 2015

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Il y a de la place en Wallonie. Paul Magnette (PS), le ministre-président, a à nouveau tiré parti de cet argument, ce lundi au parlement, pour évoquer le possible transfert vers le sol wallon des agents de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui gagnent chaque matin la capitale pour y travailler avec les problèmes de mobilité et d’engorgement que l’on imagine. Il avait évoqué les mêmes soucis il y a quelques mois dans Le Soir en annonçant que la Wallonie était candidate à l’accueil des institutions européennes en Wallonie, puisqu’elles commencent à être à l’étroit à Bruxelles.

Sur ce dernier dossier, rien de neuf. Le gouvernement wallon attend les appels d’offres de l’Union européenne. A propos de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’idée progresse tout doucement depuis une interview de Paul Magnette accordée à L’Echo. Cette impression a été confirmée à Namur en ce début de semaine à l’occasion de questions parlementaires posées par Stéphane Hzée (Ecolo) et Jean-Luc Crucke (MR).

Il ne faut pas désarticuler l’administration de la Fédération Wallonie-Bruxelles, explique Paul Magnette. Mais on peut envisager de rapprocher de lieu de travail et le lieu de vie. A ce stade, il s’agit d’une idée générale, d’un souci de cohérence. Dans la foulée de ce qui se passe cette année, pourquoi ne pas envisager que l’administration de la culture s’installe à Mons ? 

Selon les chiffres avancés par Paul Magnette, la Fédération compte à ce stade 6.000 fonctionnaires, hors personnel enseignant bien entendu. Parmi ceux-ci, 3.500 travaillent déjà sur le sol wallon. Si un millier supplémentaire de fonctionnaires sont transférés de Bruxelles vers la Wallonie, cela ne réglera évidemment pas l’ensemble des problèmes de mobilité à Bruxelles, souligne-t-il. Mais cette évolution pourrait avoir un impact sur l’évolution positive des pôles urbains wallons. On sait que la présence d’une administration peut générer un effet de cluster qui séduit les entreprises privées. 

Le débat est dans les limbes, entendons-nous. Mais il n’est pas neutre pour autant : dans le débat entre régionalistes et partisans d’une Fédération Wallonie-Bruxelles forte, le transfert vers le sud des agents wallons de la Fédération pourrait être lourde de sens, politiquement. Vers une régionalisation de l’éducation et de la culture, mine de rien ?

Belgique, pays sans passé ni futur

Thierry Fiorilli, « Le Vif, 11 juillet 2015

Sauf imprévu et chute avant terme du gouvernement Michel, 2019 marquera la fin de l’actuelle législature. Et de la trêve communautaire à laquelle la N-VA a consenti l’été dernier pour pouvoir monter au pouvoir fédéral en en délogeant du même coup le jusque-là indéboulonnable PS. Encore quatre ans de répit, donc.

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Avant la reprise effective des manoeuvres en tous genres censées mener à une septième réforme de l’Etat. Le grand retour des négociations institutionnelles surviendra donc, à douze mois près, cinquante ans après l’ouverture du premier grand chantier de démolition de l’Etat unitaire belge – avec la révision de la Constitution consacrant les trois Communautés culturelles du pays et prévoyant la création de trois Régions, pourvues chacune d’un territoire et d’autonomie économique.

Un demi-siècle plus tard, un nouveau coup d’accélérateur sera donné au processus d’effilochement de la Belgique – de son évaporation comme le prône, l’ambitionne et le prédit Bart De Wever. De quoi rendre plus hypothétique encore le futur déjà très incertain de ce petit royaume, au coeur de l’Europe, que beaucoup considèrent comme ayant été fabriqué de toute pièce. Né de rien d’autre que de la nécessité d’équilibrer le continent. Un pays tampon, artificiel, virtuel même. Sans réel peuple ni véritable nation. Au mieux, donc : un instrument de géopolitique. Au pire : un accident de l’Histoire. Dans tous les cas : une anomalie du sens commun. Au point que, en français, le terme « belge » est l’un des dix-neuf mots seulement à ne posséder aucune rime. Et le seul caractérisant une nationalité dans ce cas. Comme si rien ne pouvait décidément y faire écho, s’en inspirer ou s’en revendiquer comme modèle.

Etre belge équivaudrait en fait à ne pouvoir ressembler à quoi que ce soit d’autre d’énonçable.

C’est ce qui explique que, une fois la si singulière créature conçue, il a fallu la doter d’une histoire. Lui donner une âme. Ou à tout le moins lui faire croire, coûte que coûte, qu’elle en recelait une. Entre 1830 et 1960, plusieurs personnalités ont ainsi écrit ou réécrit, embelli ou travesti les épisodes du passé contribuant à inventer un sentiment national belge, une flamme patriotique un ciment unitariste. Le dossier que nous consacrons cette semaine à ce storytelling politique d’antan illustre combien il était primordial de convaincre ce non-peuple qu’il était en fait un grand peuple. Pourquoi on s’est échiné à persuader ces Flamands, ces Bruxellois, ces Wallons, ces Liégeois qu’ils faisaient partie d’un même destin, d’une même réalité, d’une même patrie. Comment, bien au-delà de la devise du pays (« L’union fait la force »), on a tenté d’instiller une conscience nationale, avec des livres scientifiques, des manuels scolaires, des images à coller, des héros exhumés, des ennemis désignés, une rhétorique rigoureuse (« Le Roi des Belges », « nos Gloires », « nos régions », « notre sol »…).

Jusqu’à ce que les différences et divergences nord-sud, sur les plans culturel, linguistique, socio-économique et idéologique même, fassent hurler l’évidence : il n’y a pas d’histoire commune, il n’y a pas un passé partagé, il n’y a pas une civilisation belge… Il n’y a qu’un territoire, sur lequel cohabitent trois Communautés. Un territoire correspondant à trois voire quatre Régions. Un territoire surgi de nulle part, dont on a fait un Etat aujourd’hui voué à un confédéralisme presque certain. Avant une liquidation en bonne et due forme, à plus ou moins long terme.

Jan Peumans (N-VA) réclame davantage d’autonomie pour la Flandre

« Le Vif », Belga, 11 juillet 2015

Le président du Parlement flamand, Jan Peumans (N-VA), a joint samedi sa voix à celle du ministre-président Geert Bourgeois, le premier nationaliste à occuper cette fonction, pour réclamer davantage d’autonomie pour la Flandre, en ce jour de la Fête de la Communauté flamande, anniversaire symbolique de la bataille des Eperons d’Or en 1302.

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La 6e réforme de l’Etat (actuellement mise en oeuvre) ne peut être le terminus et la Flandre, en tant que partenaire le plus fort dans la construction belge, a le droit et le devoir d’imposer encore davantage d’autonomie, a-t-il affirmé dans un discours prononcé à l’hôtel de Ville de Bruxelles en présence du gratin du monde politique et socio-économique flamand, mais aussi de représentants du fédéral – dont le Premier ministre Charles Michel et la présidente du Sénat, Christine Defraigne -, des autres entités, francophones, wallonnes, bruxelloises, et germanophones.

La Flandre a reçu, au fil des ans, des compétences accrues. Selon M. Peumans, les Flamands doivent être fiers de cette autonomie croissante. Nous devons oser exercer ce droit à l’autodétermination avec plus de verve, a-t-il dit. Et bien que la 6e réforme de l’Etat décidée sous la dernière législature fédérale ait accru l’autonomie flamande et fait passer le budget annuel de la Flandre de 28 à près de 37 milliards d’euros, elle ne peut être un « terminus », a lancé M. Peumans, qui a, comme M. Bourgeois (N-VA lui aussi) vendredi, lors d’un discours prononcé à Courtrai, plaidé pour une vraie diplomatie flamande forte. La fierté et la conscience de ce que l’on est n’empêchent pas une bonne coopération avec les autres entités fédérées et Régions, a poursuivi le président du parlement. Bien au contraire. La reconnaissance des valeurs propres de chacun ne peut qu’améliorer le respect réciproque. Et l’ambition d’une plus grande autodétermination n’est pas non plus incompatible avec l’intégration croissante au sein de l’Union européenne, a-t-il fait valoir.

Selon M. Peumans, l’aspiration à l’autodétermination est un processus naturel » De surcroît, les nations constituées naturellement favorisent une Europe libre de conflit. Les régions sont les meilleurs briques (dans la construction) d’une Europe stable, a-t-il souligné lors de la cérémonie qui s’est clôturée par un « Vlaamse Leeuw » (l’ « hymne national » flamand) … repris par quelques francophones dans l’assemblée.

Ces derniers ont toutefois exprimé des réticences face à l’idée de la création d’un ministère flamand des Affaires étrangères.

Un ministère fédéral des Affaires étrangères, c’est indispensable, le reste c’est du fantasme, a déclaré la présidente du Sénat – qui rassemble désormais les différentes entités de la Belgique fédérale -, Christine Defraigne (MR). Je souhaite que les Communautés et Régions se développent, mais dans une logique d’Etat fédéral. La Belgique c’est un Etat qui existe. Et moi je suis attachée à mon pays, a-t-elle ajouté.

Mais M. Bourgeois, également présent samedi à Bruxelles, a assuré que les exigences communautaires de la N-VA – et d’autres partis flamands – « reviendraient en 2019 », à la fin l’actuelle législature.

Le Premier ministre Charles Michel ne s’est pas départi de son rôle de chef de gouvernemental fédéral en se disant « relativement peu intéressé par les aspirations de telle ou telle entité fédérale – comme le « nationalisme wallon » ou « Wallonie-Bruxelles » évoqué il y a quelques années par deux ténors du PS, Paul Magnette et Rudy Demotte – devenus respectivement ministres-présidents wallon et francophone. Je ne suis du tout étonné de ce type de déclarations le 11 juillet, en soulignant que le gouvernement fédéral avait mis de côté les réformes de l’Etat jusqu’en 2019.

  1. Michel s’est dit totalement mobilisé et concentré à 1.000% par son rôle de Premier ministre fédéral afin de faire fonctionner ce pays convenablement et de tenir le cap avant de créer de l’emploi et de la croissance. Il a toutefois rappelé que c’était au gouvernement fédéral d’exprimer la position de la Belgique à l’étranger main dans la main avec les Communautés et les Régions.
  2. Magnette, également présent samedi à Bruxelles, a pour sa part souligné que le renforcement de la présence des Régions sur la scène internationale ne passait pas nécessairement par une 7e réforme de l’Etat, en faisant référence à la récente visite d’Etat – très positive – du roi Philippe en Chine, qui a associé les trois ministres-présidents.

«Le gouvernement flamand s’engage résolument pour une nation flamande forte»

« Le Vif », Belga, 10 juillet 2015

Geert Bourgeois a estimé vendredi à Courtrai, à l’occasion de son premier discours officiel de ministre-président flamand pour la Fête de la Communauté flamande, que le gouvernement qu’il dirigeait s’engageait « résolument pour une nation flamande forte ».

© BELGA

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Son parti, la N-VA, a accepté qu’il n’y aurait pas de nouvelle réforme de l’État sous cette législature, mais ça ne veut pas dire que votre gouvernement flamand n’avance pas, a-t-il assuré devant un parterre de personnalités.

  1. Bourgeois s’est attaché à répondre aux doutes émis sur la capacité de son équipe à défendre les intérêts de la Flandre. Oui, ce gouvernement flamand a de grandes ambitions pour la Flandre. Oui, ce gouvernement flamand s’engage résolument pour une nation flamande forte. Oui, ce gouvernement flamand prépare la Flandre aux défis qui nous attendent en 2019!

A l’étranger, les ambitions flamandes portent sur les exportations, la recherche et la culture, mais aussi la politique: Nous aurons bientôt un ministère des Affaires étrangères à part entière. Le statut de nos diplomates flamands doit donc être amélioré. Leurs rangs, leurs titres, leur place sur la liste diplomatique « doivent refléter au niveau protocolaire le poids des entités fédérées ».

En matière de commerce extérieur, où le fédéral a un rôle de soutien, mon gouvernement ne tolérera pas que l’horloge tourne à l’envers et que le niveau fédéral usurpe des compétences flamandes, a lancé Geert Bourgeois.

Et d’insister sur la cohésion au sein de la communauté flamande, qui passe notamment par la langue. Nous le faisons grâce au partage d’une seule culture publique (…), notre culture publique qui exige aussi une langue partagée. La langue nous relie tous et cette langue est le néerlandais, selon le leader nationaliste.

Nous ne permettrons pas qu’on chipote avec la frontière linguistique. Le gouvernement flamand n’approuvera pas le traité-cadre relatif à la protection des minorités nationales (une vieille exigence des partis francophones) parce que cela donnerait des droits francophones en Flandre, a ajouté Bourgeois.

La proposition bruxelloise de communauté métropolitaine ne sera pas non plus approuvée par ce gouvernement flamand. Cette nouvelle structure ne peut pas devenir une menace pour les Flamands.

Natura 2000 : 32 nouveaux sites désignés en Wallonie, encore loin de l’objectif visé

« Le Vif », Belga, 9 juillet 2015

Trente-deux sites ont été désignés « Natura 2000 » jeudi par le gouvernement wallon, s’ajoutant aux 59 déjà désignés, mais bien loin encore de rencontrer l’objectif des 240 sites devant bénéficier à terme de ce label de conservation de la nature à l’échelle du continent européen.

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La Commission européenne a récemment mis la Belgique en demeure sur cette question. A la Wallonie, elle reproche l’absence d’objectifs de conservation au niveau régional et au niveau des sites, ainsi que la désignation incomplète des sites et, de ce fait, le manque de sécurité juridique. Il existe bien un régime de protection primaire pour tous les sites pré-désignés en Wallonie, mais il ne satisfait pas la Commission européenne.

La Région n’ambitionne pas moins de 13% de son territoire couvert par Natura 2000. Elle espère donc que l’exécutif européen tiendra compte de cet effort, malgré la densité de population et d’occupation du territoire, ainsi que des réalités socio-économiques, de manière à ce que le réseau soit socialement accepté et respecté, indiquait récemment encore le ministre de la Nature, René Collin.

Dans son communiqué jeudi, le ministre CDH rappelait la nécessaire longueur de la procédure: les 240 sites Natura 2000 pré-désignés ont été soumis à enquête publique dans les 218 communes concernées et chacun d’eux a fait l’objet d’une analyse au sein des Commissions de conservation.

La composition multi-acteurs des Commissions de conservation a permis de dégager des positions équilibrées tenant compte des différents impératifs à considérer. Chaque commission s’est réunie à plusieurs reprises afin de réaliser ce travail. Des visites de terrain ont également été organisées par la plupart des commissions afin de mieux percevoir les enjeux et de remettre un avis sur chaque réclamation. 917 réclamations et observations ont été introduites en enquête publique sur les 32 arrêtés de désignation présentés pour adoption définitive, a-t-il expliqué.

Les 32 sites couvrent une surface totale de près de 15.000 hectares, répartis sur 75 communes.9

Quant à l’arrêté fixant les objectifs de conservation, réclamé par la Commission, il a été adopté en première lecture en 2012 et a été soumis à enquête publique. On est en voie de finalisation, commentait-on au cabinet du ministre.

Écolo: «L’austérité fast and furious»

Pascale Serret, « Vers l’Avenir », 9 juillet 2015

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Le gouvernement Magnette a un an. L’opposition Écolo fait le bilan. Tout n’est pas noir. Mais y a beaucoup de gris. Et pas de vert du tout…

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Une législature, ça dure cinq ans. OK, le gouvernement wallon ne peut pas tout faire pendant la première année. En cinq ans non plus d’ailleurs, Écolo s’en est aussi rendu compte quand il était partenaire de la majorité Olivier.

Mais là, le gouvernement nous ramène au siècle dernier, balance Stéphane Hazée. Le chef de groupe fait le bilan de cette première année de législature, avec les trois autres députés wallons Écolo.

Zéro ambition

Les enjeux écologiques ont disparu des écrans radar. Mais les problèmes sont sans doute résolus, ironise Stéphane Hazée.

L’ex-ministre de l’Environnement Philippe Henry fait le relevé des grands absents: la biodiversité et les enjeux climatiques. C’est inquiétant, ce sont des défis majeurs. Selon lui, la 1re année de la majorité PS-CDH à cet égard se résume à ceci: zéro ambition, des retards pour Natura 2000, une marche arrière dans le soutien aux réserves naturelles dépendant de l’associatif, un sommet climatique imminent à Paris, sans préparation, sans vraie politique climatique, des objectifs européens en termes d’énergies renouvelables reportés de 10 ans… Quant à l’Aménagement du Territoire, une autre de ses anciennes compétences,«on n’a pas de politique de la ville et pas vraiment de politique de la ruralité, juge-t-il.

Social? «Occulté»

Un gouvernement pas assez «vert» et finalement pas si social que ça, note Hélène Ryckmans. Les enjeux sociaux sont sous-estimés et même occultés. Le plan wallon de lutte contre la pauvreté n’existe qu’en paroles, regrette la députée. Les exclusions du chômage? Le gouvernement wallon se cache derrière le fédéral pour ne pas agir et répondre par exemple aux CPAS qui demandent davantage de moyens… Quant à la prévention et la promotion de la santé, c’est le grand désert. Maxime Prévot dit que ça se prépare, mais on ne voit rien venir.

Les vieux réflexes

Et la bonne gouvernance? Le chat Écolo parti, les souris PS-cdH dansent, résument les quatre députés. Le cumul des mandats reste bien ancré, avec Paul Magnette et Maxime Prévot en tête de gondole: « C’est un fait accompli qui subsiste, critique Stéphane Hazée. C’est le retour des vieux réflexes pour les nominations dans la fonction publique. Sous-régionalisme? Pas mort! On l’a vu avec les Fonds Feder, où une ville sinistrée comme Verviers(certes dirigée par un CDH, mais sans le PS, NDLR) est la grande oubliée des investissements.

La boulette du fédéral

Du positif? La relance de la concertation sociale sur certains dossier, salue le chef de groupe. Le Plan Marshall 4.0, ajoute-t-il. Du moins s’il se révèle moins flou. L’abandon de l’idée d’absorption des CPAS, etc. Et puis, cette belle boulette du fédéral, cette erreur de 600 millions€ dans les recettes IPP (nos précédentes éditions)… Écolo attend un vrai mea culpa de Charles Michel. Il avait été pris en flagrant délit de suffisance et de mépris absolu! Sur le fond, c’est une bonne nouvelle pour la Wallonie. Mais ça va être investi dans la trajectoire budgétaire, regrette Stéphane Hazée. C’est une «marche forcée» pour atteindre l’équilibre en 2018, avec  60% de l’effort en 2015. C’est l’austérité en mode fast and furious .

Le champion des effets d’annonce

Dans un gouvernement où la communication paraît plus importante que l’action, il y a des contradictions entre ce qui est dit et ce qui est réalisé. Et des effets d’annonce sans lendemain , pointe le 4e député Écolo, Matthieu Daele.

Le champion du genre, c’est Carlo Di Antonio (CDH, Environnement et Aménagement du Territoire). Ça a commencé avec le petit éolien. On allait voir ce qu’on allait voir. On a vu: un flop retentissant. Même la Sofico a confirmé qu’elle ne s’en occupait pas!

La réforme du Cwatupe, le vieux code wallon de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme? On allait réformer bien vite le Code de développement territorial (CoDT). Aujourd’hui, on nous ramène au XXe siècle, avec toujours ce Cwatupe que tout le monde dit obsolète… 

Matthieu Daele reprend son souffle avant de rappeler le «flop le plus rapide», l’award de l’effet d’annonce contredit tout de suite par son auteur (toujours Carlo Di Antonio):  La fusion des aéroports wallons! Il s’est fait descendre par le MR, par le PS puis par son propre parti. Aujourd’hui, on parle de synergies, peut-être. Mais ça va rester lettre morte. Là, ils sont en contradiction non pas avec nos projets politiques, mais avec les leurs…

Un commissaire flamand pour faire sauter Damien Thiéry?


A.F., « La Libre Belgique », 8 juillet 2015

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Nouveau rebondissement dans la saga de la nomination du bourgmestre de Linkebeek ! La ministre flamande de l’Administration intérieure, Liesbeth Homans (N-VA), a annoncé sa volonté de rédiger un décret interdisant de désigner à nouveau comme bourgmestre faisant fonction un bourgmestre non nommé. Et, le cas échéant, d’envoyer un commissaire du gouvernement à Linkebeek, a-t-elle affirmé devant le Parlement flamand, répondant à la question d’un député Vlaams Belang.

Cette décision fait suite à une situation qui dure depuis des années. Damien Thiéry (MR) est élu bourgmestre faisant fonction de Linkebeek en 2007. Depuis les élections communales de 2012, le gouvernement flamand a déjà refusé par deux fois sa nomination au poste de bourgmestre de Linkebeek, petite commune de moins de 5.000 habitants majoritairement francophone, pour infractions aux lois linguistiques (les convocations électorales ont été envoyées en français, alors que la loi linguistique prévoit que toute communication officielle dans les communes à facilités a tout d’abord lieu en néerlandais).

Nous devons intervenir depuis 2007 et nous sommes en 2015. Cette situation a duré bien trop longtemps, a expliqué Liesbeth Homans. La proposition de décret est prête, mais aucun consensus ne se dégage au sein de la majorité. Je suis convaincue que nous aurons un accord dans la semaine. Sinon, j’enverrai sur-le-champ un commissaire du gouvernement à Linkebeek, a-t-elle ajouté.

Et de fait, l’article 266 de la nouvelle loi communale permet à l’autorité de tutelle de “pallier la carence ou la mauvaise volonté d’une autorité communale, en lui envoyant un commissaire spécial chargé de la contraindre à l’exécution de ses obligations légales et, au besoin, de se substituer à elle

De quoi envenimer les relations entre la N-VA et le MR au gouvernement fédéral ? Du côté du cabinet du Premier ministre, on estime n’avoir aucun commentaire à faire. Cette décision est du ressort du gouvernement flamand.

Une décision qui tombe quelques jours avant la fête de la Communauté flamande, qui se déroulera ce samedi 11 juillet.