L’intérêt chinois s’éveille en Wallonie

Jean-Christophe Herminaire, « Vers l’Avenir », 23 juin 2015

2015-06-24_193239L’investissement s’élève à 200 milliards d’euros. La construction, de « l’Intelligence Valley » qui débutera cet automne dans le parc scientifique de l’UCL, devrait booster les partenariats commerciaux avec la Chine, encore loin d’atteindre le potentiel dont nombre d’entrepreneurs rêvent en Belgique.

Le complexe de cinq incubateurs d’entreprises hi-tech ne sera achevé que d’ici deux ans en bordure de l’E411, pour une ouverture en 2017. Mais dans l’attente, les Chinois disposent déjà de 5000 m2 de bureaux sur place pour accueillir les premières sociétés. Huit sont déjà présentes et une cinquantaine ont marqué leur intérêt pour ce projet initié en 2010 et qui, à terme, doit accueillir 200 entreprises chinoises et belges, et créer 1500 emplois.

Huit sociétés, c’est peu et beaucoup. A ce jour, seize entreprises chinoises, seulement, sont implantées en Wallonie, essentiellement dans le Brabant wallon, selon les chiffres de l’Awex. Dont le géant de la téléphonie Huawei. Mais il n’y en a pas davantage en Flandre, où Anvers exerce pourtant un pôle d’attraction important, et moins encore à Bruxelles.

Le Welcome Office ouvert pour la Chine à Mons, a permis aussi d’accueillir temporairement 85 entreprises chinoises, dont neuf y ont conservé un bureau.

La Wallonie n’est donc pas en retard dans les relations commerciales avec l’empire du Milieu. Au contraire.

La Chine n’est pourtant que le 13e client de la Wallonie, son troisième partenaire commercial hors de l’Union derrière les USA été le Brésil. Les exportations wallonnes vers la Chine, qui se montaient à 434 millions d’euros en 2014, n’ont toujours pas retrouvé le niveau de 2011. Les importations chinoises en Wallonie, elles, restent en croissance de 722 millions d’euros. Pour un tiers, ce sont des équipements mécaniques, électriques et électroniques. (…)

Notre objectif n’est évidemment pas d’attirer les entreprises qui font du classique import-export, mais bien de la haute technologie, explique Michel Kempeneers, le responsable du département Asie-Pacifique de l’Awex.

Progression pas à pas

Parmi les investisseurs chinois à l’UCL, figure Donfeng Designe Institute, bureau d’étude du deuxième constructeur automobile chinois, partenaire de Renault et Citroën. Mais il ne faut pas s’attendre à voir les Chinois construire chez nous des usines et créer des milliers d’emplois. Ils y vont pas à pas, ouvrant des bureaux de représentation, implantant centres de recherche et de développement, nouant des partenariats technologiques.

Les secteurs de la pharmacie, des télécoms, des biotechnologies, de l’imagerie, de l’optique… sont très recherchés, ajoute M. Kempeneers. L’intérêt chinois est clair : acquérir des techniques industrielles et de gestion, du savoir-faire, de l’innovation qu’ils valoriseront dans leur pays. Pour nous, l’essentiel est de dépasser la crainte de se faire « bêtement » piquer nos meilleures idées.