Archives mensuelles : mai 2015

Carlo Di Antonio veut interdire le Roundup aux particuliers

« La Libre Belgique », 31 mai 2015

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Le Ministre de l’Environnement, Carlo Di Antonio, a demandé officiellement aux ministres fédéraux compétents d’interdire la mise sur le marché du glyphosate pour les particuliers. Ce glyphosate se retrouve notamment dans le Roundup, l’herbicide développé par le géant Monsanto. Le ministre rappelle que même si ce produit a été classifié comme cancérigène probable, il est fréquemment utilisé sans protection et en surdose par les particuliers.

Carlo Di Antonio souhaite donc que la Belgique suive l’exemple des Pays-Bas en interdisant l’utilisation du glyphosate pour les particuliers et les services communaux.

Le ministre appelle également à réduire l’utilisation des pesticides et à favoriser les alternatives plus respectueuses d’un développement durable.

Les fonctionnaires wallons ont le moral en berne

« La Libre Belgique », Belga, 29 mai 2015

2015-05-31_141447Les fonctionnaires wallons n’ont pas le moral. C’est ce que montre une enquête à laquelle 4.287 membres du Service public de Wallonie ont accepté de répondre, et dont les journaux de Sudpresse font écho vendredi. Pour les fonctionnaires sondés, la motivation végète dans la franche « très faible », avec un score médiocre de 4,98 sur 10. L’insatisfaction est également palpable au niveau des possibilités d’évolution de carrière (3,90) et de mobilité interne et externe (3,85).

L’adéquation du traitement perçu avec les tâches demandées est jugée « faible » (5,18), à l’instar de la charge de stress.

L’appréciation globale (quand on tient compte des résultats aux 65 questions posées) est cependant de 6,47 sur 10. Le résultat est donc « moyen ».

Cette enquête constitue l’amorce d’un vaste plan « bien-être » que le ministre wallon de la Fonction publique, Christophe Lacroix (PS), espère lancer pour la fin de l’année.

Bart De Wever rappelle l’objectif de la N-VA: «Une Flandre autonome»

RTL Info, 30 mai 2015

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Journée des familles aujourd’hui à Boom, organisée par la N-VA. Des centaines de personnes étaient présentes. Au sein des militants, Bart De Wever est toujours aussi populaire. Des militants qui se disent de manière générale satisfaits du travail accompli au fédéral notamment.

Entre 3500 et 4000 personnes étaient présentes pour fêter cette première année de la N-VA au sein du gouvernement lors d’une journée des familles du parti à Boom. Les militants se disent satisfaits de cette première année même s’ils ont dû faire « des concessions » selon leur propos. Des militants qui rappellent qui restent encore 4 ans pour poursuivre les réformes. Des réformes importantes, a indiqué Bart De Wever lors de son discours. Il souhaite un taxshift fiscal important. Donner plus et prendre moins, selon ses propos. Il a rappelé aussi l’importance d’une réforme de la sécurité sociale. En fin de discours et plutôt discrètement, le bourgmestre a mis l’accent sur le communautaire. L’objectif principal de la N-VA, c’est l’autonomie de la Flandre.

L’ADN du parti ne va jamais changer. Nous avons un gouvernement qui nous plaît. On veut continuer avec ce gouvernement. Je suis quelqu’un de très loyal et qui a une parole et le parti aussi. Mais à long terme, on veut que la situation se normalise et qu’on puisse donner aux francophones et aux Flamands les gouvernements pour lesquels ils ont voté, avec une Flandre autonome, un modèle confédéraliste. C’est avantageux pour les Flamands, mais aussi pour les francophones, a indiqué Bart De Wever.

La N-VA pose ses conditions à un taxshift

Par ailleurs, la N-VA est prête à débattre du taxshift dans un esprit ouvert mais la classe moyenne ne doit pas en être la victime et un virage fiscal n’est possible que si nous déplaçons et baissons les impôts, a indiqué samedi Bart De Wever toujours à l’occasion de la journée des familles organisée par le parti nationaliste à Boom sous le slogan « un an de changement ». La N-VA a deux exigences en matière de taxshift. La classe moyenne ne doit pas en être la victime: Le Flamand qui travaille, le petit épargnant, les propriétaires et les locataires ne doivent pas payer des impôts qui sont seulement dus par les hauts revenus. Cela nous ne le permettrons pas. Ensuite un virage fiscal n’est possible que si nous réorientons et diminuons les impôts. Et cela veut dire que nous devons encore épargner dans les dépenses de l’Etat, ajoute le président de la N-VA. Pour le président des nationalistes flamands, la sécurité sociale n’est pas encore assez efficace. Trop de moyens sont encore affectés aux structures au lieu d’aller aux gens qui en ont vraiment besoin. Nous voulons une sécurité qui soit sociale et sûre. Ainsi les gens pourront compter sur de l’aide dans les périodes difficiles et les personnes âgées pourront envisager sereinement leur vieux jours et personne ne devra alors vivre dans une misère noire.

Le gouvernement wallon adopte le Plan Marshall 4.0

« La Libre Belgique », Belga, 29 mai 2015

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Le gouvernement wallon a approuvé jeudi le Plan Marshall 4.0, troisième mouture du programme de redéploiement économique de la Wallonie lancé il y a dix ans. Il a décidé d’y consacrer 2,9 milliards d’euros autour de cinq axes au cours de la période 2015-2019. Le qualificatif 4.0 correspond à la volonté de l’exécutif d’inscrire la Région dans la révolution numérique. L’équipe Magnette poursuit la volonté de ses prédécesseurs de réindustrialiser la Wallonie. L’emploi industriel représente 13% de l’emploi wallon, contre 20% en Allemagne mais seulement 10% en France et 8,5% en Grande-Bretagne.

Le nouveau plan entend recentrer les actions et renforcer les collaborations avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le premier axe visera la formation et l’enseignement. Le gouvernement entend ainsi amplifier la formation en alternance, qui ne représente que 5% en Wallonie contre 20% en Allemagne. La connaissance des langues étrangères et le renouvellement de l’équipement des centres de formation seront aussi privilégiés. Au total, 304,5 millions d’euros y seront consacrés.

L’axe 2 recevra 850 millions d’euros pour la politique économique et industrielle qui soutiendra l’innovation et veut à ce titre renouveler la stratégie des pôles de compétitivité ou réformer la recherche en vue d’une « spécialisation intelligente ». Un accent particulier est mis sur la valorisation de la recherche dans le cadre des pôles. Le soutien à l’internationalisation des PME sera accru de même que le rôle des grandes entreprises dans la réindustrialisation.

L’axe 3, qui repose sur la mobilisation du territoire, reçoit 374 millions d’euros. Le gouvernement veut notamment optimaliser l’équipement et l’accessibilité des zones d’activité économique dans le cadre des « routes de l’emploi » qui viseront aussi les centres hospitaliers. En prenant tous les crédits disponibles, cette politique recevra 440 millions d’euros. Les ports autonomes seront davantage soutenus. Un droit de préemption régional sera en outre instauré pour les terrains à potentiel portuaire ou routier.

Les zones d’activité économique doivent se mettre au goût du 4.0, a souligné le ministre des Travaux publics, Maxime Prévot.

Dans le domaine agricole, les ateliers de travail partagés seront mis à l’honneur ainsi que les halls-relais en vue d’une activité accrue de transformation des produits.

L’axe 4 se voit gratifier d’1,1 milliard d’euros dans un cadre d' »économie circulaire », visant le développement des énergies renouvelables, le soutien aux entreprises pour maîtriser les coûts de l’énergie et un recentrage de l’Alliance Emploi-Environnement sur la rénovation du bâti. Les PME pourront avoir accès à des accords de branche simplifiés pour les aider à réduire leur consommation. Une priorité sera aussi donnée à l’utilisation d’anciens sites d’activité.

L’axe 5 a une portée plus transversale puisqu’il vise l’élaboration d’un plan de transition numérique, une administration 4.0 ou encore une vision des villes en tant que « smart cities ». Le gouvernement y consacrera 244,8 millions.

Dans le domaine numérique, la Wallonie n’est ni en retard, ni en avance. On veut se placer en tête de peloton. Cet axe est transversal et doit contribuer à une révolution culturelle en Wallonie. Cela doit devenir un mot d’ordre général: se saisir de l’innovation numérique, a expliqué le ministre-président Paul Magnette.

Certains le voient comme une menace pour l’emploi. Il faut au contraire le saisir comme une opportunité de modifier les pôles de l’emploi, a fait remarquer le ministre de l’Économie, Jean-Claude Marcourt.

Le budget du Plan Marshall sera « sanctuarisé », a assuré le ministre-président. Des 2,9 milliards d’euros, 468 millions seront issus du financement alternatif. Cette somme s’ajoute aux moyens tirés des fonds européens.

Diplomatie économique: La Flandre déboutée devant la Cour constitutionnelle

« La Libre Belgique », Belga, 28 mai 2015

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La Cour constitutionnelle vient de sévèrement doucher les ambitions flamandes de réduire à néant l’action du gouvernement fédéral sur le terrain de la diplomatie économique, compétence que la Flandre estime purement régionale.

Dans un arrêt rendu jeudi, la Haute juridiction a rejeté les arguments de la Flandre qui, en fin de législature précédente, avait pris en grippe ce qu’elle considérait comme un dépassement des compétences fédérales, à savoir la décision du ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, de développer un réseau de conseillers économiques fédéraux à l’étranger.

Selon la Cour, l’autonomie en la matière de la Flandre est suffisamment garantie, entre autres via différents accords de coopération. L’arrêt conclut d’ailleurs que l’on ne peut déduire de la décision fédérale une quelconque volonté d’intervenir de manière normative dans des compétences appartenant aux Régions ou Communautés.

Celui-ci souligne en outre que deux accords de coopération garantissent l’autonomie des Régions. Adoptés en 1994 et 1995, ces accords précisent que les représentants et attachés sont exclusivement désignés par les entités. Ceux-ci reçoivent leurs ordres de mission des Communautés et Régions, et répondent d’ailleurs devant elles pour l’exercice de ceux-ci. Pour la Cour, les dispositions fédérales combattues par la Flandre ne sont donc nullement contraires à ces accords de coopération.

Elles constituent même une plus-value, dans le sens où elles assurent l’unité et la cohérence de relations internationales des différentes autorités belges, conclut la Cour.

Le renouveau démocratique irrite déjà au Parlement wallon

 Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », 28 mai 2015

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Elle est dans les cartons depuis quelques mois, elle sera installée seulement ce jeudi et elle fait pourtant déjà parler d’elle. La nouvelle commission du Parlement wallon appelée, avec emphase, « renouveau démocratique » et qui doit se pencher sur les initiatives à prendre au sud du pays afin de rapprocher le citoyen du monde politique (consultation populaire, organisation des scrutins, organisation des élections, bonne gouvernance, etc…) démarre bien mal avec une polémique, dont certains se seraient bien passés.

Une conférence de presse est donc prévue ce jeudi après-midi en présence des quatre partis traditionnels qui siègent au Parlement wallon dans la majorité comme dans l’opposition (PS, CDH, MR et Ecolo). On peut dire que la sortie du président de l’assemblée, André Antoine (CDH), sur ce sujet dans le quotidien « L’Avenir » a fait grimper aux rideaux les groupes politiques concernés. Car celui qui préside aux destinées de l’assemblée wallonne dirigera également cette commission.

Le respect de la parole donnée

Certains vont même jusqu’à remettre en cause la présidence d’André Antoine, regrettant qu’il tire une nouvelle fois la couverture à lui, alors que l’initiative vient des quatre partis, majorité et opposition réunis. D’autres évoquent le non-respect de la parole donnée. Même au CDH, on ne serait pas très content de la chose.

Pourtant, André Antoine ne comprend pas les critiques : « Le plus important, c’est de réussir ce renouveau démocratique. Vous savez, je n’ai rien demandé. Ce sont les partis qui m’ont choisi et j’avais dit à l’époque que je ne voulais pas être un président d’apparat. »

Après ce petit orage, il reste donc à espérer que cette nouvelle commission, qui siégera toutes les deux semaines et qui sera composée de 12 élus wallons, puisse se pencher réellement et sereinement sur les questions et les décrets qui lui seront soumis. « L’opposition ne doit pas se servir de cette commission pour mettre des bâtons dans les roues de la majorité. Elle ne fonctionnera que si chacun joue le jeu », conclut André Antoine.

C’est sans doute la proposition de décret concernant la mise en place d’une consultation populaire en Wallonie qui devrait constituer le premier dossier chaud de la commission. Ces discussions serviront de baromètre de crédibilité à l’égard de la commission. Tout comme d’éventuelles discussions sur le décret décumul, voté sous la précédente législature, qui autorise seulement 25 % des députés à cumuler leur fonction avec un mandat exécutif dans une commune. De nombreux députés dépités voudraient le remettre en question.

Le flou autour des subsides wallons

Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », 28 mai 2015

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Lorsque vous dirigez une commune, il vous est possible de recevoir un certain nombre de subsides qui peuvent vous permettre d’améliorer vos voiries, de construire un hall de sport, de rénover certains bâtiments, etc. Face à cette multitude de possibilités, sous la précédente législature, le gouvernement wallon avait fait établir un cadastre des subsides qu’il est possible de consulter sur Internet (http://subsides.pouvoirslocaux.wallonie.be) depuis le 15 juillet 2010.

Manifestement, la belle initiative s’est brusquement stoppée puisque depuis le 6 décembre 2011, ce site Internet n’a plus été actualisé. C’est ce qu’a constaté le chef du groupe MR au Parlement wallon, Pierre-Yves Jeholet, qui interrogeait récemment le ministre wallon en charge des Pouvoirs locaux, Paul Furlan (PS). « Alors que Monsieur le ministre annonçait une mise à jour du site pour 2013, je constate en le parcourant que la dernière actualisation date du 6 décembre 2011… Nous pouvons pourtant présumer de nombreux changements au niveau des législations depuis lors », a insisté Pierre-Yves Jeholet qui regrette cette absence de mise à jour : « Le paysage de ces subsides est tellement vaste qu’il est très difficile pour les bénéficiaires potentiels de s’y retrouver. La complexité et la diversité des procédures ainsi que le manque de publicité parfois criant constaté autour des aides disponibles font que de nombreuses communes passent à côté d’un soutien financier qui pourrait leur être précieux en ces temps difficiles. »

Quatre ans pour décider

Le ministre Furlan lui a répondu que le problème émanait de l’actualisation d’un autre site Internet de la Région, à savoir « Wallonie.be » « qui se veut être la porte d’entrée pour toute personne, entreprise ou institution à la recherche d’informations relatives aux subsides octroyés par la Région. Concernant les pouvoirs locaux, on se retrouvait donc avec deux canaux d’informations forts différents. »

Il aura fallu quatre ans pour décider que « l’option retenue consiste finalement à maintenir les deux canaux d’information mais en veillant à créer des passerelles entre eux afin de créer des complémentarités entre le cadastre et le portail », a conclu Paul Furlan, précisant que l’ensemble devrait être mis en production dans le courant de cette année.

L’artisan wallon qui a séduit le milliardaire taïwanais

Barbara Witkowska, « Le Vif », 24 mai 2015

Le Chimei Museum, plus grand musée d’Asie dédié à l’art occidental, vient d’ouvrir ses portes à Taïwan. On y découvre également une section  » musique  » avec sa fabuleuse collection d’instruments anciens. Sa scénographie a été confiée à Benoît Paulis, artisan wallon basé à Stavelot, fabricant et restaurateur d’instruments de musique mécanique.

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Bâtisseur d’un immense conglomérat industriel à Taïwan, Wen-Long Shi (87 ans) est passionné d’art occidental. Il a réuni une collection d’oeuvres d’art éblouissante. Mélomane, conquis par la musique classique occidentale, il a aussi la plus importante collection privée d’instruments de musique au monde (dont des stradivarius et guarnerius rarissimes).

En 1977, l’industriel-mécène crée la Chimei Culture Foundation pour promouvoir ce qu’il appelle « appreciable music and appreciable art ». La branche « musique » se donne pour objectif d’enrichir la collection d’instruments, de former des musiciens, d’animer des master classes, d’organiser des concerts et de prêter des instruments à des musiciens talentueux. La branche « art » s’attache à compléter les collections d’objets et d’oeuvres d’art qui retracent l’histoire de l’art en Occident, de l’Egypte ancienne aux maîtres impressionnistes. Quinze plus tard, au début des années 1990, la Fondation devient musée. Se pose alors la question : où exposer ces milliers de trésors d’une beauté exceptionnelle ? Dans ce qui sera un « vrai » musée de 12 000 m² dans le Tainan Metropolitan Park, situé au sud de l’île de Taïwan. Le musée Chimei (« A Museum for All ») a ainsi été inauguré en février dernier avec pour l’ambition de contribuer à « l’éducation artistique du peuple taïwanais ». Message bien reçu car 5 000 visiteurs y sont au rendez-vous chaque jour.

Le musée, construction antisismique en marbre d’inspiration néoclassique, a fière allure avec ses nombreuses références françaises et italiennes. Avant d’y pénétrer, les visiteurs flânent dans des jardins extrêmement ordonnés à la française, contemplent la fontaine d’Apollon (exactement pareille que celle à Versailles), puis arpentent un pont évoquant celui de Sant’Angelo à Rome. Une vaste allée bordée de statues issues du panthéon grec, réalisées en marbre de Carrare, mène à l’entrée du palais-musée. Il abrite cinq départements : histoire des civilisations passées (Egypte, Grèce, Rome, Chine), histoire naturelle, armes anciens (dont une superbe collection d’épées et d’armures de samouraïs), peintures et sculptures occidentales (des chefs-d’oeuvre comme L’Abandon de Camille Claudel, Le Baiser d’Auguste Rodin et des toiles d’El Greco, Degas…) et instruments de musique (dont 1 750 violons, altos et violoncelles).

Ce prestigieux contenu a fait l’objet d’un exceptionnel travail préparatoire d’inventaire et de restauration En mobilisant les technologies d’aujourd’hui, Chimei a été conçu pour devenir le musée majeur d’Asie. Wen-Long Shi s’est donc entouré de consultants occidentaux triés sur le volet. Un expert suisse s’est chargé du département des armes, Gilles Perrault, expert et conservateur français, s’est occupé des arts plastiques. Quant à la scénographie du département « musique », elle a été confiée à Benoît Paulis, fabricant et restaurateur d’instruments de musique mécanique à Stavelot. Un choix qui allait de soi : le milliardaire-mélomane et l’artisan wallon sont depuis longtemps sur la même longueur d’onde.

Marcourt : «Je veux faire de l’économie sociale un axe de développement à part entière»

« Le Vif », Belga, 23 mai 2015

Présent lors de l’inauguration de la coopérative Vin de Liège à Heure-le-Romain samedi, le ministre wallon de l’Economie Jean-Claude Marcourt a assuré qu’il entendait « faire de l’économie sociale un axe de développement à part entière » sous cette législature.

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Dans un monde où le capitalisme est dominant, le modèle de la coopérative est essentiel. Au sein de ce type d’entreprise, l’objectif financier n’est pas primordial. Bien sûr, il faut un équilibre budgétaire mais il s’agit surtout d’une aventure humaine, a-t-il déclaré.

Pour le ministre wallon, deux caractéristiques majeures définissent l’économie sociale: Au sein de ces structures, la gouvernance va être plus démocratique ou participative et l’affectation des bénéfices sera d’abord orientée vers le facteur travail.

La coopérative Vin de Liège est « exemplaire », affirme M. Marcourt. Pour aider d’autres projets d’économie sociale à voir le jour, les instances politiques wallonnes se penchent sur de nouvelles actions. Sous cette législature, je souhaite vraiment faire de l’économie sociale un axe de développement à part entière. Cela se traduit d’abord dans les budgets (hausse de plus de 7 millions d’euros pour le budget de l’économie sociale) mais aussi dans plusieurs actions comme celle qui offrira un soutien au développement des coopératives grâce à un cofinancement de la Sowecsom (filiale de la Société régionale d’Investissement de Wallonie).

Depuis 2008, un décret adopté par le Parlement wallon donne une assise juridique aux entreprises qui s’inscrivent dans l’économie sociale. Selon le cabinet Marcourt, la Wallonie compte actuellement 120 sociétés fonctionnant sur le modèle coopératif.

Contrôle budgétaire : la Cour des comptes pointe un manque de 124 millions pour les entités fédérées

« La Libre Belgique », Belga, 22 mai 2015

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La Cour des comptes a épinglé vendredi un problème de calcul dans les moyens qui sont transférés aux Communautés et Régions par le fédéral. Selon les remarques qu’elle formule à propos du contrôle budgétaire 2015, un montant global de 124,4 millions d’euros supplémentaire devrait leur être transféré. Elle tient compte à la fois de l’estimation la plus récente de croissance du PIB du Bureau fédéral du plan (soit 1,2%), et de la reprise de l’inflation. La Cour émet de sérieux doutes sur la résorption de l’arriéré de factures du SPF Justice annoncée par le gouvernement fédéral pour un montant de 101 millions d’euros. Le gouvernement a choisi d’imputer les factures impayées de manière rétroactive sur les années auxquelles elles se rattachent.

Il reviendra à l’Institut des Comptes nationaux (ICN) de se prononcer sur l’opération, souligne la Cour qui remarque toutefois que cette façon de procéder constituerait un précédent peu compatible avec une gestion comptable rigoureuse. A défaut, le gouvernement prévoit d’imputer les dépenses sur la provision interdépartementale, déjà mise à contribution pour des investissements de 200 millions d’euros liés à la sécurité annoncés par le ministre de l’Intérieur.

La Cour ne peut en outre écarter l’hypothèse que cette provision soit insuffisante pour répondre à la fois aux investissements envisagés et au règlement des factures du SPF Justice,  dit le rapport.