Archives mensuelles : mars 2015

Le message de Paul Magnette, ministre-président de la Région wallonne, au GEWIF

Voici le courriel que Paul Magnette a adressé au GEWIF, en date du 31 mars 2015 :

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Merci de m’avoir fait partager l’écho que vous avez donné au discours sur l’état de la Wallonie.

Vous savez que son propos est d’informer et de susciter le débat parlementaire et citoyen sur l’avenir des Wallonnes et des Wallons ce qui, indépendamment des conclusions que l’on peut en tirer, rejoint parfaitement l’objet de votre Groupe.

Bien cordialement,

Paul Magnette

Budget : Christophe Lacroix dénonce des erreurs, le fédéral dément

Eric Deffet, « Le Soir », 31 mars 2015

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Le ministre wallon du Budget n’est pas satisfait des réponses apportées par l’administration aux Régions à propos de la diminution de 750 millions des additionnels.

Le SPF Finances a admis une erreur technique dans le montant lié au mécanisme de transition commu- niqué également le 26 mars : la correction de cette erreur permet déjà à la Wallonie de récupérer près de 45 millions d’euros sur les 247 des additionnels à l’IPP qui lui étaient retirés. 

Christophe Lacroix (PS), le ministre wallon du Budget, réagit enfin autrement que par la stupéfaction initiale à l’annonce par le fédéral d’une diminution des montants fiscaux à verser aux trois régions : 750 millions rien que pour l’impôt des personnes physiques, en application strictement automatique de la nouvelle loi de financement, selon le gouvernement de Charles Michel.

Une réunion entre techniciens du fédéral et des entités fédérées s’est tenue ce matin. La Wallonie n’y a pas trouvé les réponses à toutes ses questions, mais une première erreur technique qui aurait été admise par le SPF Finances confirme le ministre dans son appréciation de la situation : tout n’est sans doute pas dit dans cette histoire.

Pour Christophe Lacroix, cette erreur démontre que les calculs méritent d’être confirmés à tous niveaux et que le gouvernement fédéral a probablement agi dans la précipitation en prenant comme argent comptant les chiffres du SPF avant toute forme de concertation et d’échange avec les entités fédérées. 

Les reproches sont sévères :  En agissant de la sorte, le Ministre Lacroix estime que le Fédéral n’a pas agi avec le recul et la maturité que réclame le fonctionnement de notre Etat fédéral.   

La discussion n’est pas close contrairement à ce que le Fédéral a annoncé dans la précipitation, insiste le ministre du Budget pour lequel «aucune donnée macroéconomique ne permet d’expliquer la dégradation entre les deux estimations réalisées par le SPF à six mois d’intervalle. 

Il reste maintenant à s’entendre sur le juste montant qui devra être inscrit dans les différents budgets des entités du pays, conclut-il. Dans un communiqué, il a indiqué que la question du transfert des 750 millions d’euros de l’IPP faisait l’objet de discussions techniques actuellement en cours.

Le gouvernement fédéral dément toute erreur

Aucune erreur de 45 millions d’euros n’a été commise par le gouvernement fédéral sur le mécanisme de transition de la loi spéciale de financement comme l’a soutenu le ministre wallon du Budget, Christophe Lacroix, a affirmé mardi soir à l’agence Belga une source gouvernementale au fédéral.

Nous démentons toute erreur, et nous en avons eu confirmation auprès du SPF Finances, indique-t-on au gouvernement fédéral.

Selon cette source, le mécanisme de transition prévoit 111 millions d’euros au bénéfice des entités fédérées, dont 45 millions pour la Région wallonne. Ils y ont droit, nous ne sommes pas dans une république bananière où l’on prendrait aux Régions sans justification, commente-t-on.

Le gouvernement fédéral assure que les derniers chiffres varient par rapport à ceux annoncés dans les mois précédents parce qu’ils ont été adaptés en fonction de la base imposable de 2013, qui n’a été établie définitivement «que depuis quelques semaines».

Vacances interdites pour le gouvernement, selon le MR

2015-04-02_211759Sur base des informations de ces derniers jours, l’effort d’ajustement demandé au gouvernement wallon pas-serait de 70 à 317 millions d’euros. Dans ces conditions, Pierre-Yves Jeholet (MR) n’y va pas par quatre chemins : Le gouvernement doit se mettre au travail tout de suite. Pas question de vacances de Pâques ! Les Wallons ne comprendraient pas une telle perte de temps vu l’ampleur de la tâche ! 

Au boulot toute de suite, cela signifie aussi pour les libéraux qu’il faut cesser de contester les chiffres fournis par le fédéral et de se plaindre du mauvais sort (on est loin du compte, voir ci-dessus) : Ce qui se produit est l’application pure et simple de la loi de financement, il n’y a pas à revenir là-dessus. Il est donc inutile de perdre du temps en jérémiades et en mauvais procès d’intention. La preuve que tout est normal, c’est que la Flandre est elle aussi fortement impactée alors que le ministre des Finances est N-VA. Dans les communes aussi, on a l’habitude des chiffres qui fluctuent en cours d’année. J’appelle donc à la sérénité. 

De la sérénité, mais aussi de la créativité et du courage : Pierre-Yves Jeholet demande que ce mauvais coup du sort soit l’occasion de réformes structurelles fortes et non pas d’un nouvel exercice de râpe à fromage dans les dépenses.  Pour le MR, il faut chercher les économies du côté du train de vie de la Région, dans la suppression de certaines structures ou leur regroupement : Il faut vouloir aller au fondamental, conclut le chef de groupe.

Didier Reynders commente le budget: «Il faut que les Régions fassent leur travail»

Bernard Demonty, « Le Soir », 30 mars 2015

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Le gouvernement a bouclé son contrôle budgétaire dans la nuit de dimanche à lundi.

Le budget bouclé en un week-end à la surprise générale. C’est une première ?

Il ne faut pas oublier qu’il s’agit ici d’un ajustement budgétaire et non d’un budget proprement dit, ni d’un tax shift. Cela a accéléré les choses. Pour le reste, le Conseil supérieur des finances nous demandait de réaliser un effort de 0,725 % du Produit intérieur brut en 2015, et c’est à présent chose faite. 

Quelques éléments qui vous paraissent importants ?

L’essentiel est qu’il n’y a pas de taxe qui pèse sur les particuliers. Et l’ajustement nous permet aussi d’investir dans la Sécurité, notamment dans nos ambassades à l’étranger, l’emploi des jeunes, la justice et l’Horeca. Nous avions déjà porté la TVA à 12 %. Nous avons à présent des aides sérieuses pour le travail occasionnel et les heures supplémentaires dans ce secteur. Et nous créons un organe de concertation permanent avec l’Horeca. Nous respectons donc l’objectif du Conseil supérieur des Finances et dégageons des moyens. 

Un montant très élevé provient d’une enveloppe fiscale de 750 millions qui ne sera pas versée aux Régions…

Nous avons effectué des calculs et appliqué la loi de financement. Certains auraient pu avancer qu’avec un ministre des Finances N-VA le fédéral aurait été défavorisé par rapport aux Régions. On constate que c’est tout l’inverse qui se produit. La loi de financement est appliquée, nous avons effectué un ajustement correct et le fédéral sort renforcé. D’autre part, nous respectons nos engagements budgétaires. Il n’y aura pas de taxe nouvelle sur le citoyen, et nous investissons pour soutenir certains secteurs. Nous attendons à présent que l’Entité deux (notamment les Régions, NLDR) fasse son travail.

C’est-à-dire ?

Nous espérons qu’elles vont, comme au fédéral, respecter leurs engagements budgétaires sans taxes nouvelles et si possible avec des mesures de soutien aux PME, à l’Horeca et au transport. Je prends l’exemple de la taxe kilométrique. Si elle est mise en place, il faudra que les Régions compensent avec des mesures de soutien aux transporteurs routier. C’est ce que nous avions fait quand nous avons relevé les accises : nous avons créé le diesel professionnel pour que le secteur ne soit pas lésé. Mais dans l’immédiat, il faut que les Régions fassent ce que le Conseil supérieur des Finances leur dit de faire. 

Mais elles vont être privées de 750 millions…

J’ai déjà entendu les protestations de certains, mais je rappelle que nous ne faisons qu’appliquer la loi de financement, qui a été négociée par huit partis sous la direction du formateur du précédent gouvernement (Elio Di Rupo, NDLR). On disait aussi que le fédéral serait affaibli avec la N-VA au gouvernement fédéral, et on voit aujourd’hui qu’en fait, tout le monde a fait le calcul et a appliqué mécaniquement la loi de financement. Au fédéral, nous avons rempli nos obligations sans rien demander à personne. On ne demande rien mais on souhaite que les Régions fassent le même travail : pas de taxe nouvelle et un soutien à l’économie. Ces derniers temps, on focalise beaucoup l’attention sur le fédéral. Mais je rappelle que beaucoup de compétences sont passées aux Régions. On attend un peu trop du fédéral. 

Le contrôle budgétaire est terminé. Il faut à présent procéder au tax shift, le glissement fiscal du travail vers d’autres sources. C’est pour tout de suite ?

Je pense qu’il ne faut rien faire dans l’urgence. Il faut travailler calmement. Et rien n’interdit à une Région d’apporter son soutien dans ce processus. Nous pourrions déjà donner quelques lignes avant l’été, sinon, nous procéderons au tax shift au moment de l’élaboration du budget 2016, à l’automne. 

Le gouvernement wallon contourne la dépolitisation des cadres

Christophe Leroy, « Le Vif », 30 mars 2015

2015-04-02_205459Dans une note adressée aux syndicats que Le Vif/L’Express s’est procurée, le gouvernement wallon propose de sortir plusieurs postes de la fonction publique du régime des mandats. La manœuvre interpelle.

Il devait constituer un solide rempart contre les nominations politisées. Mais l’arrêté royal réformant le régime des mandats dans l’administration et dans les organismes d’intérêt public (OIP) dérange visiblement le gouvernement wallon. Il envisage de sortir 18 postes de la fonction publique du régime des mandats. Selon la note que s’est procurée Le Vif/L’Express, le gouvernement wallon semble vouloir contourner – au moins en partie – la réforme qu’il a lui-même mise en oeuvre lorsque les verts étaient encore dans l’équipe. Il y a quelques semaines, le député Ecolo Stéphane Hazée pointait l’absence de plusieurs postes-clés dans la liste des mandats à renouveler parmi les OIP. La réponse vient de surgir dans « l’avant-projet de décret-programme » soumis à l’avis du Comité de secteur XVI, l’espace de concertation entre les autorités publiques wallonnes et les syndicats des agents qui en dépendent.

La volonté est de contrebalancer les nominations à titre temporaire des mandataires afin d’assurer la continuité du service public au profit de l’intérêt général, indique la note. En pratique, cette disposition est lourde de conséquence, puisqu’elle ouvre les candidatures, par avancement de grade, aux seuls agents déjà en fonction dans les OIP concernés. Et non plus aux lauréats de l’école d’administration publique qui avait vu le jour dans le cadre de la réforme. Sans remettre en cause la qualité du travail des fonctionnaires en place, le gouvernement exclut de la sorte l’apport d’un vent frais, regrette Stéphane Hazée.   Le vivier dans lequel on puisera sera déjà régi par les éventuelles nominations politisées du passé, ajoute un observateur du monde syndical.

La liste des OIP concernés par un changement de statut de plusieurs fonctionnaires dirigeants interpelle l’opposition. Ces dernières années, la gestion de plusieurs d’entre eux a fait l’objet de critiques plutôt sévères. C’est le cas du Centre wallon de recherches agronomiques (CRA-W), où des légèretés dans plusieurs bilans annuels avaient été décelées par la Cour des comptes, en marge de rivalités internes et de suspicions de fractionnement des marchés. A en juger par les échos de la récente visite de René Collin, ministre wallon de l’Agriculture (CDH), ces éléments interpellent encore le pouvoir de tutelle. La gestion de la Société wallonne du logement (SWL) est tout aussi controversée, tandis que l’Institut scientifique de service public (Issep) tente de reconstruire sa crédibilité après le licenciement, fin 2013, de son ancien directeur général adjoint Pierre Snyders, suspecté d’abus de biens sociaux et de faux en écriture. L’homme a, depuis lors, été recasé au Port autonome de Liège, bien que l’enquête soit toujours en cours. En plus d’une remise en question sur le principe de la réforme, on se trouve là face à divers organismes récemment épinglés pour un déficit de gestion, souligne Stéphane Hazée.

L’ajustement budgétaire vire au cauchemar à Bruxelles et en Wallonie

« La KIbre Belgique », Belga, 28 mars 20152015-04-02_210637

Grosse tuile pour les finances de Bruxelles et de la Wallonie. La révision à la baisse des recettes liées aux additionnels à l’impôt des personnes physiques (IPP) par le Fédéral fait gonfler le trou budgétaire wallon à près de 300 millions. A Bruxelles, on parle d’un manque à gagner de plus de 100 millions au niveau de l’IPP, peut-on lire samedi dans L’Echo. Le Fédéral a fait état d’une sérieuse détérioration des recettes qu’il gère aux noms des trois Régions. Par recettes, on entend ce qui touche aux additionnels à l’IPP, aux droits de successions.

Alors que Bruxelles se retrouve face à un manque à gagner de plus de 100 millions uniquement pour ce qui concerne l’IPP par rapport aux estimations intégrées dans le budget initial, pour la Wallonie ces recettes plongent de 250 millions d’euros.

Conséquence pour l’ajustement budgétaire wallon: exit le scénario initial des 70 millions à trouver. La nouvelle configuration part sur une baisse des recettes d’au-moins 440 millions, contre 190 millions encore mercredi. Ce trou devrait être partiellement compensé par une baisse des dépenses de 120 millions. Conclusion, la Région wallonne doit trouver près de 300 millions d’euros pour boucler son budget 2015.

Pour la Flandre, la baisse des recettes de l’IPP est de 400 millions.

Les entités fédérées attendent des clarifications lors d’une réunion avec le fédéral la semaine prochaine sur le pacte de stabilité et la trajectoire budgétaire.

Voici l’impôt wallon sur la fortune

Frédéric Chardon, « La Libre Belgique », 28 mars 2014

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Début mars, le gouvernement wallon a lancé une grande réflexion sur la création d’un impôt sur la fortune (ISF), ses contours, son opportunité, la possibilité matérielle de le mettre en place et de le prélever. Et le Conseil de la fiscalité et des finances de Wallonie a été chargé de cette analyse aux implications très politiques. Pour rappel, c’est le ministre fédéral du Budget, Hervé Jamar (MR), qui avait renvoyé vers l’échelon wallon la patate chaude de l’instauration d’un ISF.

Les penseurs du Conseil de la fiscalité et des finances se sont vus (le 13 mars dernier) et ont déjà jeté les bases de cette taxation idéologiquement connotée à gauche. « La Libre » a pu consulter le PV classé « secret-défense » de ce premier tour de table. En fait, les contours du futur ISF wallon sont déjà clairs.

1. Juridiquement, c’est possible

D’abord, la Wallonie peut-elle créer cet impôt ? Oui, détaille le compte-rendu de la réunion du Conseil de la fiscalité : « L’ISF n’existant pas au niveau fédéral, la création de toutes pièces d’un tel impôt en Wallonie serait juridiquement défendable et découlerait de l’autonomie fiscale propre, basée sur la Constitution belge. »

2. Les types de fortunes à taxer

Ce point est fondamental car il existe plusieurs formes de « fortunes ». Le document interne en notre possession détaille d’ores et déjà la base à imposer.  « L’idée de départ serait de taxer les biens meubles et immeubles détenus par les personnes physiques ayant leur résidence principale en Wallonie, quelle que soit la localisation de ces biens, et les biens immeubles situés en Wallonie et détenus par des non-résidents wallons. La Région wallonne dispose d’une grande liberté en la matière, sauf si le législateur fédéral venait à limiter cette liberté, par exemple en excluant les biens immobiliers des résidents des autres Régions », mentionne le PV.

3. Les risques d’un ISF wallon

Voici donc le décor planté. Mais le Conseil de la fiscalité et des finances de Wallonie identifie déjà plusieurs gros écueils potentiels qui entraveraient l’introduction d’un impôt sur la fortune frappant le sud du pays. « Les premiers risques identifiés sont : les mouvements de la population en fonction de la taxation sur le patrimoine (la « fuite des capitaux », NdlR) ; le risque de double imposition (si un ISF existe également dans le pays où se situent certains biens) ; le traitement inégalitaire des résidents et des non-résidents (traitement inégalitaire dans la définition de la base imposable) ; la mise en société d’éléments de patrimoine des personnes physiques risquant de tomber dans le périmètre de l’ISF. »

4. La manière d’évaluer les fortunes

Comment évaluer les montants à taxer ? Pour le moment, ce n’est pas très clair. Toutefois, la solution imaginée par le Conseil est la suivante : « Pour tous les biens (meubles et immeubles), les méthodes d’évaluation appliquées en droits de succession pourraient être retenues, tout en étant imparfaites car elles ne reflètent pas la valeur économique réelle des biens composant le patrimoine ».

5. La mise en œuvre

L’administration fiscale wallonne est-elle en mesure de mettre en œuvre une telle mesure? Réponse : non… En tout cas, pas pour le moment. Et ce sont les fonctionnaires régionaux eux-mêmes qui l’affirment.  « Sur le plan administratif, la charge de travail qu’entraînerait l’instauration d’un ISF wallon est difficile à évaluer pour l’instant. Elle pourrait être couplée à l’éventuel transfert futur de la gestion des droits d’enregistrement et de succession. A l’heure actuelle, l’administration wallonne tient à souligner qu’elle ne dispose ni des bases de données internes qui seraient utilisables à brève échéance pour la gestion d’un ISF, ni des ressources nécessaires pour les exploiter », explique encore le document du Conseil.

Autrement dit, il n’est pas du tout certain que l’ISF rapporterait plus aux caisses wallonnes que ce qu’il pourrait lui coûter une fois que l’administration fiscale wallonne aura été renforcée pour pouvoir le percevoir correctement. « Il conviendrait donc d’évaluer le risque économique de la mesure (rapport coût/bénéfice) », relève à ce sujet le PV du Conseil.

La prochaine réunion du Conseil de la fiscalité et des finances de Wallonie est fixée au mercredi 1er avril prochain à 9 heures. Cet organisme poursuivra son analyse pour la mise en place d’un impôt sur la fortune en Wallonie, notamment son efficience et la proportionnalité d’une telle mesure.

Wallonie : Magette mise sur la réindustralisation, le soutien aux PME et la politique des villes

« Le Vif », Belga, 25 mars 20152015-03-26_214104

Cette stratégie s’appuiera sur une volonté de réindustralisation de la Wallonie, le soutien au développement de ses petites et moyennes entreprises, ainsi qu’une nouvelle politique de développement des villes, véritable moteur de la croissance, selon M. Magnette.

Devant une assemblée quasi au grand complet, le Carolo a brossé le portrait d’une Wallonie qui revient de loin et qui aujourd’hui, malgré certaines faiblesses, a raccroché le peloton européen en terme d’emploi ou de croissance, a-t-il assuré.

Je ne dis pas que tout va bien, mais j’entends contrer les discours caricaturaux sur l’état de la Wallonie, a-t-il lancé à l’adresse manifestement de l’opposition. Mais je ne dis pas non plus que nous pouvons nous reposer sur nos lauriers et enclencher le pilote automatique…

Aussi, pour le ministre-président, la prospérité de la Wallonie passera avant tout par sa réindustralisation, notamment dans les secteurs de la robotisation et la digitalisation de l’économie, dont tous les experts nous disent qu’ils seront la prochaine grande rupture technologique. Nous devons être les premiers à prendre cette évolution, a exhorté le ministre-président wallon au cours de son discours d’un peu plus d’une heure.

Autre axe prioritaire du gouvernement: le soutien aux PME wallonnes qui sont frappées par le syndrome de Peter Pan, à savoir qu’elles n’ont pas envie de grandir. Trop petites, celles-ci ne peuvent alors suffisamment innover, n’ont pas accès aisément aux sources de financement, et peinent à exporter.

Pour y remédier, M. Magnette a répété la volonté de simplification administrative poursuivie par son gouvernement, notamment en matière d’aides à l’emploi, à la recherche ou à l’exportation, mais aussi d’accès aux terrains et de reconversion des friches. Convaincu qu’il n’y a de régions prospères sans villes dynamiques, M. Magnette a affiché mercredi son ambition d’élaborer une nouvelle politique des villes en Wallonie afin de remétropoliser notre territoire afin notamment de créer des quartiers d’affaires à proximité des gares des villes wallonnes.

Enfin, la fort croissance démographique wallonne constitue à la fois un défi mais aussi une opportunité de développement économique. Quelque 320.000 logements devront être construits d’ici 2040 pour absorber cette hausse de la population. C’est plus de 1.000 logements nouveaux par mois! , a souligné M. Magnette.

Paul Magnette: «Passer à côté de la révolution numérique serait une tragédie pour la Wallonie»

Eric Deffet, « La Libre Belgique », 25 mars 2015

2015-03-26_213228C’est l’ambiance des grands jours ce mercredi au parlement wallon. En fin de matinée, le ministre-président Paul Magnette (PS) a prononcé son premier « Discours sur l’état de la Wallonie. » Tous les groupes politiques y répliqueront en début d’après-midi. On attend bien sûr d’abord le point de vue de l’opposition après un exposé de haute tenue qui s’est voulu à la fois rassembleur, optimiste et prospectif.

Avant le Carolo, Elio Di Rupo et Rudy Demotte avaient déjà pratiqué cet exercice. Mais cette fois, Paul Magnette et le gouvernement s’engagent à un discours de cette importance chaque année à la sortie de l’hiver. Le parlement lui-même a tout à gagner dans cette décision : il devient un peu plus le théâtre des grands débats sur l’avenir de la Région.

« La Wallonie a cessé de décrocher »

Quel était l’objectif de l’orateur ce mercredi matin, au-delà de son exposé ? Provoquer «un échange qui amène le gouvernement et le parlement à prendre de la hauteur pour regarder l’avenir wallon, par-delà les échéances immédiates.»

Et pour ce faire, estime le ministre-président, il s’impose d’abord qu’au-delà des divergences politiques, tous partagent le même constat sur l’état réel de la Wallonie. Production intérieure, exportations, emploi ou chômage par exemple, Paul Magnette s’est donc d’abord attaché à aligner les chiffres qui montrent que «la Wallonie a cessé de décrocher».

Il serait sot de dire que tout va pour le mieux, mais «de nombreuses tendances sont positives». Histoire d’impliquer tout le monde dans l’analyse, le ministre-président a souvent évoqué des statistiques qui courent sur une quinzaine d’années, une période au cours de laquelle PS, CDH, Ecolo et MR ont à un moment donné exercé le pouvoir en Wallonie… (Grincements de dents sur les bancs libéraux, « mouillés » malgré eux…).

Un « Small business Act » au profit des PME

Vient ensuite le temps de la prospective. Paul Magnette insiste sur l’importance du Plan Marshall 4.0 pour asseoir la réindustrialisation de la Wallonie. Il annonce un nouveau « Small business Act » wallon au profit des PME. Il insiste surtout sur ce qui apparaît comme le plus déterminant à ses yeux : ne pas passer à côté de la révolution numérique en cours.

Il dit : «Tous les Wallons sont concernés, pas seulement les entreprises. La révolution culturelle et industrielle à laquelle nous assistons est aussi importante que la naissance de l’écriture ou l’invention de l’imprimerie. Ceux qui passeront à côté de cet enjeu seront mis de côté pour longtemps. Ce serait une tragédie pour la Wallonie.»

L’autre combat déterminant à mener, selon le ministre-président : la gestion et la préservation du territoire, formidable richesse de la Wallonie, en prévision du développement économique et de la hausse de la démographie. Celui qui est aussi bourgmestre de Charleroi plaide pour des villes fortes, très bien équipées, qui deviennent des pôles de services importants. «Une région forte ne peut pas exister sans villes fortes», conclut-il.

Patrons et syndicats wallons appelés à négocier le futur pacte sur l’emploi

« Le Vif », Belga, 24 mars 20152015-03-24_210624

Les patrons et les syndicats vivent des situations qui leur permettent d’aborder les problèmes de l’emploi au travers un prisme que le pouvoir public n’a pas. Et bien, je leur confie les six chantiers prioritaires pour le pacte de l’emploi et de la formation, explique la ministre mardi dans les colonnes de L’Echo. Patrons et syndicats vont devoir porter leurs propositions, rédiger une stratégie commune pour redresser l’emploi en Wallonie. J’en appelle à leur responsabilité. Le gouvernement reste évidemment autour de la table, mais il a besoin de l’avis des patrons et des syndicats. Nous ne sommes plus dans de la consultation, mais dans de la concertation, précise Eliane Tillieux.

Concrètement, six chantiers vont être soumis aux partenaires sociaux, dont la réorganisation du paysage des aides à l’emploi, les places de stages, l’orientation professionnelle et le contrat d’insertion. Les deux derniers chantiers portent sur la réorganisation des incitants financiers à la formation continue des travailleurs et sur le renforcement des outils d’analyse sur les politiques d’emploi et de formation.