Budget: ceinture pour la Communauté française

Véronique Lamquin, « Le Soir », 13 février 2015

2015-02-14_115310Sale temps pour les finances francophones. A l’automne, le gouvernement Demotte avait dû réaliser 140 millions d’économies. Et, déjà, un nouvel effort est attendu, qui pourrait s’élever à quelque 150 millions.

Comment en est-on arrivé là ?

La révision à la baisse des perspectives de croissance explique à elle seule cette mauvaise nouvelle. Le budget 2015 avait été réalisé sur la base d’une croissance de 1,5 %. Or, elle ne devrait, selon les dernières estimations du Bureau du plan rendues publiques jeudi, pas dépasser 1 %. Cela représente une perte d’une cinquantaine de millions. A laquelle s’ajoute la non-indexation des dotations fédérales, qui pourrait priver la Communauté de 120 autres millions.

Soit un manque à gagner qui tourne autour des 150 voire 170 millions. Les chiffres précis devraient être fournis dans les prochaines heures par le comité de monitoring de la Communauté française, mis sur pied au début de la législature. Pour rappel, le budget voté en décembre accusait un déficit de 170 millions d’euros, malgré la première tranche d’efforts de 140 millions.

Comment vont-ils s’en sortir ?

André Flahaut, grand argentier francophone, prône le calme et la prudence. Concrètement, dès la rentrée de Carnaval, les ministres seront priés de faire preuve de créativité pour réduire leurs dépenses sans que cela ne fasse trop mal à leurs départements. Le contrôle budgétaire devrait être bouclé pour Pâques.

Au passage, on notera que la non-indexation des salaires fait à elle seule économiser entre 80 et 90 millions d’euros – le budget initial pour 2015 avait été établi sans intégrer le saut d’index. La non-indexation concerne également une série de subsides. Autant de moyens qui permettront, d’emblée, de réaliser une partie de l’effort. A priori, aucun secteur ne sera « immunisé » : tout le monde devra faire ceinture. Et ce n’est plus le moment de faire des effets d’annonce, insiste-t-on dans les rangs gouvernementaux.

Mais il n’est, à ce stade, pas question de remettre en cause les projets phare de la législature, notamment le recrutement de 750 professeurs supplémentaires. Quoi qu’il en soit, le secteur de l’enseignement redoute d’être mis à (forte) contribution.