Archives mensuelles : février 2015

« Une grève ne doit pas être soutenue par un parti politique »

« Le Vif », Belga, 28 février 2015

Le ministre wallon de l’Economie Jean-Claude Marcourt affirme samedi dans La Libre que le rôle du Parti socialiste ne doit pas être dans la contestation sociale et se positionne « contre les grèves ».

2015-02-28_160236

Les grèves ne sont pas politiques. Je suis contre les grèves. Elles sont un échec. Les partis ont d’autres moyens, lance le vice-président PS des gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Selon lui, les militants doivent aller sur les sites de grève, mais pas les mandataires. Le rôle du PS n’est pas d’être dans la contestation sociale. Le mélange des genres qui dirait qu’une grève sociale doit être soutenue par un parti politique, c’est une erreur.

A ses yeux, le chantier des idées que mènera bientôt le PS doit permettre de retrouver le peuple de gauche car on a confondu notre discours et celui d’un gouvernement présidé par le premier d’entre nous, qui a dû faire des compromis. M. Marcourt apporte toutefois son soutien à l’ancien Premier ministre Elio Di Rupo, président du PS: contrairement à ce que l’on dit, ce n’est pas un homme seul.

Interrogé sur la présidence de la fédération liégeoise du PS, Jean-Claude Marcourt se réfère à Guy Mathot qui avait une vraie volonté de changer le PS et de secouer les structures.

Alors que l’ancien ministre Jean-Pascal Labille a laissé entendre dernièrement qu’il pourrait se présenter à cette présidence, M. Marcourt plaide pour une approche évolutive et le mouvement collectif. Jean-Pascal a des qualités immenses, je ne partage pas toujours son sens du timing, lance-t-il.

Le gouvernement confirme sa décision de suspendre le Thalys wallon

« Le Vif », Belga, 27 février 2015

Le gouvernement fédéral a confirmé vendredi en comité ministériel restreint sa décision de suspendre les deux lignes de Thalys jugées non rentables, celle d’Ostende et celle reliant Paris au départ de Liège, en passant par Namur, Charleroi et Mons.

2015-02-28_100151

La demande émane de la SNCB qui fait valoir les déficits constatés sur ces lignes pour justifier un abandon de leur exploitation. On savait la ligne d’Ostende déjà condamnée (elle n’attire presque pas de voyageurs) mais au nom de la clé de répartition dans le contrat de gestion de la SNCB, la dorsale wallonne était également menacée, même si les taux d’occupation y dépassent les 50% les vendredis, samedis et dimanches.

Les autorités wallonnes se sont fait entendre ces derniers jours pour sauvegarder cette ligne empruntée notamment par nombre de cadres se rendant à Paris. Son exploitation est cependant déficitaire de 5 millions d’euros.

La dorsale wallonne devait de toute manière être suspendue en raison de travaux dans les prochains mois et la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant s’est engagée à cet égard à trouver des solutions de remplacement. Mais le kern de vendredi a confirmé une suspension des deux lignes Thalys qui étaient dans le collimateur, pour des « raisons économiques ».

Et si le gouvernement wallon reportait le retour à l’équilibre?

Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », 27 février 2015

2015-02-28_095730Début mars, les membres du gouvernement wallon se réuniront pour effectuer un contrôle budgétaire, indispensable s’ils souhaitent respecter la trajectoire fixée en début de législature.

Si de nombreux chiffres ont circulé depuis quelques mois sur l’effort que devront fournir les ministres wallons, il est pour l’heure toujours difficile de connaître le montant exact. Christophe Lacroix, ministre wallon du Budget, expliquait au Parlement wallon en début de semaine que Les paramètres économiques officiels sont maintenant connus. L’inflation est effectivement revue à 0 % (au lieu de 1.3 % au budget initial), la croissance est estimée à 1 %, contre 1,5 % au moment de la confection du budget. Les estimations des impacts, tant en recettes qu’en dépenses, sont actuellement en cours. Une réunion du Comité de monitoring s’est tenue lundi sur le sujet.

Si, en 2015, un effort de 650 millions était déjà prévu, on peut penser qu’il sera sans doute plus important de 100 à 250 millions €. Un effort budgétaire qui sera également poursuivi jusqu’en 2018, année prévue pour le retour à l’équilibre. En tout, le gouvernement prévoyait de trouver 1,1 milliard €. Le même gouvernement wallon ayant décidé en début de législature qu’aucune taxe nouvelle ne serait mise en place pour sauvegarder le pouvoir d’achat des Wallonnes et des Wallons, on peut légitimement se demander où ils vont trouver les millions d’euros supplémentaires.

La fiscalité wallonne n’est pas en forme

Les OIP (organismes d’intérêt publics) ayant déjà été obligé de revoir leurs budgets à la baisse, on n’y touchera manifestement plus. Le non-remplacement d’un certain nombre de fonctionnaires ayant également été planifié, on voit mal le gouvernement alourdir encore l’effort. L’analyse concerne aussi les subsides structurels et non structurels qui ont aussi été rabotés. Quant à la fiscalité wallonne elle n’est pas en très grande forme et les recettes annoncées avec la mise sur pied de la brigade fiscale début 2014 ne sont pas (encore) à la hauteur des espérances.

On avait cru, la semaine dernière qu’une bonne nouvelle était venue mettre un peu de soleil dans les finances wallonnes. En effet, on apprenait que l’ICN (institut des comptes nationaux) renonçait à intégrer dans le périmètre comptable de la Région wallonne la Société de financement complémentaire des infrastructures (Sofico). Gain de l’opération ? 143 millions €. Mais le ministre Lacroix ne se réjouit pas forcément de la nouvelle, car l’ICN n’aurait pas renoncé. Elle a juste abandonné une action devant le Conseil d’Etat. Par prudence, le ministre du Budget devrait donc ne pas tenir compte de cette décision. Il reste peut-être une solution. A savoir un report de l’effort budgétaire qui impliquerait un retour à l’équilibre après 2018.

La présentation du nouveau livre de Jules Gheude

C’est ce vendredi 20 février que les Editions de la Province de Liège ont présenté le nouveau livre de Jules Gheude « François Perin – Une Plume/ L’œuvre écrite » (préface de Michel Hermans, professeur de Science politique à l’Université de Liège), lors d’une conférence de presse à la Maison de la Presse de Liège.

2015-02-21_221139

 

L’on trouvera ici le lien permettant d’accéder au reportage de RTC Liège :

http://www.rtc.be/reportages/262-general/1465346-francois-perin-un-visionnaire

Pourquoi les syndicats wallons sont rentrés dans le rang

Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », 19 février 2015

2015-02-19_202128Lors du chaud mois de décembre 2014, l’action syndicale s’était essentiellement concentrée sur le gouvernement fédéral et ses décisions jugées antisociales par les trois syndicats (FGTB, CSC et CGSLB) en front commun. Si le chemin de la concertation a quelque peu été retrouvé en début d’année 2015, la tension reste essentiellement présente à l’égard du gouvernement Michel.

Lorsqu’il a présenté son budget au mois d’octobre dernier, le gouvernement wallon emmené par Paul Magnette (PS) n’avait pas reçu de volée de bois vert syndicale. Il faudra attendre le mois de décembre pour entendre Thierry Bodson (FGTB) et Marc Becker (CSC) faire quelques sorties viriles à l’égard de la rigueur (certains y voient une austérité) budgétaire proposée par le PS et le CDH aux manettes de l’exécutif sudiste.

Depuis lors, plus rien. Les syndicats au niveau wallon se sont-ils endormis ? Ont-ils reçu les apaisements nécessaires ?

C’est plutôt la deuxième solution qui domine pour l’instant. Les syndicats, les organisations patronales et le gouvernement wallons se sont vus à plusieurs reprises. Le dialogue a été renoué, les choses avancent, mais certaines inquiétudes demeurent…

Reprenons les choses par leur commencement. Le gouvernement wallon a demandé, entre autres, au GPS-W (équivalent du groupe des dix) de remettre des avis sur le Plan Marshall. Avec la réforme de l’Etat et le transfert de compétences, un certain nombre de questions en matière d’emploi sont désormais du seul ressort wallon. C’est pourquoi le gouvernement a demandé aux partenaires sociaux de plancher sur la réforme des aides à l’emploi, avec l’autorisation de tout remettre à plat et de proposer in fine à l’exécutif un accord complet sur cette question.

Un moment charnière

Nous sommes à un moment charnière, c’est enthousiasmant de pouvoir prendre une thématique dans sa globalité, mais les intérêts des travailleurs et des employeurs ne sont évidemment pas les mêmes, explique le patron de la CSC wallonne, Marc Becker.

Notre interlocuteur reconnaît cependant que si l’exercice est nouveau et grisant, il n’est pas simple pour autant : Les aides à l’emploi doivent être moins nombreuses, plus simples et plus efficaces, c’est clair. Mais il n’y a pas en Wallonie de tradition de concertation. Par le passé, nous remettions des avis. Désormais il faut apprendre à se faire confiance et surtout à faire des compromis. Je ne sais pas si nous serons 100 % d’accord à la fin de notre concertation avec les organisations patronales. Nous sommes devant nos responsabilités.

Et par rapport au gouvernement, Marc Becker constate également une autre nouveauté: Magnette a manifestement un sens de la concertation plus élevé que ses prédécesseurs. Une inquiétude cependant dans le chef du syndicat chrétien: L’ajustement budgétaire qui doit avoir lieu dans quelques semaines nous inquiète. Nous avons le sentiment qu’il n’y a pas de vision à moyen et à long terme. Pour rappel, le gouvernement devra trouver plus de 100 millions d’euros.

Le son de cloche est identique du côté de la FGTB où Thierry Bodson se pose les mêmes questions: Je n’ai aucun élément sur ce que fera le gouvernement lors du contrôle budgétaire mais comme il n’y aura pas de nouvelles recettes, je crains que l’on touche encore une fois aux services publics, explique-t-il en précisant que l’ambiance actuelle au sein du GPS-W est plutôt bonne et constructive.

Les partenaires sociaux devront présenter leur éventuel accord au gouvernement wallon fin mars, début avril. On saura alors si cette formule fonctionne.

L’Ecosse proclame son «e-indépendance»

« Le Vif », Belga, 18 février 2015

Le gouvernement écossais, à défaut d’obtenir la scission d’avec le Royaume-Uni au référendum de septembre dernier, a au moins pris son indépendance sur internet en changeant mercredi le nom de son domaine « gov.uk » qui devient « gov.scot ».

2015-02-19_202903

Cinq mois après l’échec du oui à l’indépendance, le site internet du gouvernement de la région semi-autonome est désormais accessible à l’adresse www.gov.scot plutôt que www.scotland.gov.uk, même si ce lien reste actif pour l’instant.

L’utilisation du domaine .scot nous réunit avec la communauté écossaise à travers le monde qui a choisi d’exprimer ainsi son identité ou ses affinités, explique le vice-Premier ministre John Swinney.

Le domaine .scot, promu de longue date par l’ancien Premier ministre et champion de l’indépendance Alex Salmond, a été introduit en septembre. Selon le gouvernement, plus de 8.000 entreprises et organisations l’utilisent déjà.

Et si la «suédoise» devait mourir prématurément?

Nous reproduisons ici la « carte blanche » de Jules Gheude, publiée sur le site du « Soir »

http://www.lesoir.be/775147/article/actualite/belgique/2015-02-02/et-si-suedoise-devait-mourir-prematurement

2015-02-17_220852L’essayiste politique Jules Gheude (1) réouvre le débat sur une Wallonie rattachée à l’Hexagone.

Roge, Belga - Charles Michel (MR), Jan Jambon (NV-A), Alexander de Croo (VLD) lors d’une conférence de presse, 16/01/15

Roge, Belga – Charles Michel (MR), Jan Jambon (NV-A), Alexander de Croo (VLD) lors d’une conférence de presse, 16/01/15

Marc Goblet, le patron de la FGTB, est sur le point de remobiliser ses troupes contre le saut d’index.

Par ailleurs, les relations entre le CD&V et la N-VA semblent être de moins en moins au beau fixe. Dernier sujet de polémique : la présence des paras dans les rues.

Cette évolution ira-t-elle jusqu’à compromettre la survie de la coalition de Charles Michel ? Il est trop tôt pour le dire. Si cela devait être le cas, la Belgique plongerait dans une crise sans issue, qui la ferait passer directement du fédéralisme au séparatisme.

La « suédoise », dont fait partie la N-VA, s’est engagée à laisser le communautaire au frigo. Mais, dans un entretien au Morgen, le 27 décembre dernier, Bart De Wever, a bien souligné qu’il s’agissait d’une formule provisoire (tijdelijk). Quelques jours plus tard, c’était au tour de Siegfried Bracke, le président (N-VA) de la Chambre de rappeler que l’indépendance, c’est l’évolution logique, comme les lois de Darwin.

En cas de chute du gouvernement, il ne fait donc aucun doute que le frigo s’ouvrirait, donnant ainsi aux nationalistes flamands l’occasion de passer à l’offensive finale, en insistant sur le caractère ingouvernable du pays.

Il y a quatre ans, la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française avait chargé deux de ses membres – l’un de la majorité, l’autre de l’opposition – d’analyser la situation intérieure belge. Et le constat des intéressés était clair : l’avenir de la Belgique apparaissait de plus en plus incertain.

Feu Xavier Mabille, le président du CRISP, avait écrit en 2007 qu’il n’avait jamais exclu l’hypothèse de la scission du Royaume.

Mais en dépit de l’évolution que nous connaissons depuis 2007, les responsables francophones n’ont rien fait pour se préparer à une telle échéance. Tout se passe pour eux comme si la Belgique avait vocation à l’éternité.

Pourtant, gouverner c’est prévoir, c’est anticiper ce qui peut se produire.

Les travaux des Etats généraux de Wallonie, démarche citoyenne que j’ai initiée en 2008, ont démontré que seule la France pourrait assurer un avenir post-belge décent à la Wallonie.

En effet, comment imaginer que celle-ci pourrait s’en sortir seule, alors qu’elle connaît un taux de chômage de 16 % et une dette de 18,6 milliards d’euros ? Chargé d’évaluer les pôles de compétitivité, un jury international a conclu qu’ils n’avaient pas atteint leurs objectifs. Quant aux économistes, ils s’accordent pour dire qu’une Wallonie indépendante verrait ses prestations sociales chuter de 15 à 20 %.

L’option d’une Belgique résiduaire, associant la Wallonie et Bruxelles, est tout aussi irréaliste, dès lors que les sondages indiquent qu’elle est rejetée par une majorité écrasante de Bruxellois.

Les Wallons pourraient être Français à part entière

Reste le scénario réunioniste, que d’aucuns redoutent ou rejettent par crainte de voir s’éteindre leurs prérogatives ou de perdre leur spécificité. Je pense non seulement au personnel politique, mais aussi aux responsables des syndicats et des mutuelles. En France, en effet, les syndicats ne paient pas les allocations de chômage et les mutuelles ne remboursent pas les soins de santé.

Il faut dire aux uns et autres que le processus ne serait pas forcément celui d’une assimilation pure et simple. Comme le précise Jacques Lenain, cet ancien haut fonctionnaire français, qui planche sur le sujet depuis des années : Il n’est pas nécessaire que les Wallons se présentent tout nus devant Marianne pour revêtir l’uniforme français.

La Constitution française, en effet, est fort souple. Elle offre la possibilité de statuts particuliers, dont bénéficient déjà la majorité des collectivités d’outre-mer, ainsi que la Corse et l’Alsace-Moselle pour la métropole.

La Wallonie pourrait ainsi disposer d’un tel statut d’autonomie, qui lui permettrait de conserver ses organes d’auto-administration actuels, ainsi que ses compétences, lesquelles pourraient d’ailleurs être élargies, puisque la Communauté française aurait alors de facto disparu. Nos provinces et communes seraient maintenues en l’état. Quant à l’ex-droit fédéral belge, conservé, sauf exceptions, il se trouverait placé sous la responsabilité du législateur français. Et notre système de sécurité sociale serait adossé au système français.

Bref, les Wallons pourraient être Français à part entière tout en restant ce qu’ils sont aujourd’hui. C’en serait ainsi fini des interminables chamailles communautaires, de cette suspicion réciproque qui anime en permanence les acteurs de la scène politique belge.

C’est autour de cette vision d’avenir que les Wallons doivent impérativement se rassembler.

Une vision que, du côté français, on est prêt à envisager favorablement. De passage à Bruxelles, en janvier 1996, Jacques Attali, l’ancien conseiller du président François Mitterrand, avait déclaré : « S’ils étaient consultés demain sur l’éventuel rattachement des francophones de Belgique à la France, 95 % des habitants de l’Hexagone répondraient favorablement ». Et l’intéressé d’ajouter, le 9 septembre 2008 : « Le prix à payer pour la France serait plus faible que ce que cela lui rapporterait ». (…) C’est un beau débat. Qu’il commence !

(1) À paraître prochainement : « François Perin – Une Plume / L’Oeuvre écrite », Editions de la Province de Liège

Le MR veut un parcours d’intégration obligatoire en Wallonie pour primo-arrivants

Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », 14 février 2015

2015-02-14_120249Le week-end dernier, le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, le N-VA Théo Francken, exhortait la Wallonie à rendre son parcours d’intégration pour primo-arrivants obligatoire comme c’est le cas en Flandre. On imagine que la majorité PS/CDH en place au sud du pays n’est pas très réceptive à l’encouragement fédéral.

C’est le MR, dans l’opposition en Wallonie qui a par contre remis le débat sur le tapis en demandant jeudi lors de la réunion du bureau du Parlement wallon que sa proposition de décret déposée en janvier sur ce thème, soit abordée lors de la rentrée du Parlement wallon juste après le congé de Carnaval.

Le texte sera donc débattu en commission de l’action sociale. Si le projet a peu de chance de passer en l’état, les discussions qui s’ouvriront ne manqueront pas d’intérêt pour autant. En effet, en fin de législature, la majorité PS/CDH/Ecolo avait fait voter un texte sur la mise en place d’un parcours d’intégration pour primo-arrivants composé de plusieurs modules. Seul le premier module qui vise l’accueil du primo-arrivant est obligatoire, les autres sont facultatifs, à savoir, l’apprentissage de la langue, la formation à la citoyenneté et l’orientation socioprofessionnelle.

En fonction des moyens disponibles

Dans la déclaration de politique régionale, le nouveau gouvernement a cependant inscrit un point visant à rendre l’apprentissage du français obligatoire, en précisant quand même que tout dépendrait des moyens disponibles. Une proposition que rejoint clairement le MR. Mais les libéraux veulent aller encore plus loin en rendant obligatoire l’ensemble du parcours. L’accueil étant déjà aujourd’hui obligatoire, la DPR formalise le ralliement de la majorité à la volonté exprimée par le Groupe MR de rendre l’apprentissage du français obligatoire. Il est inconcevable, dans ces conditions, que les modules de formation à la citoyenneté et l’orientation socioprofessionnelle restent, eux, facultatifs, sur base volontaire. La présente proposition de décret vise donc à rendre l’ensemble du parcours obligatoire et à étendre le champ d’application des sanctions existantes à l’ensemble de ses modules, expliquent les signataires dans leur proposition (Pierre-Yves Jeholet, Florence Reuter, Philippe Dodrimont, Gilles Mouyard, Jean-Paul Wahl et Philippe Knaepen).

Cette obligation totale, le MR la justifie « pour permettre à chaque bénéficiaire d’acquérir l’autonomie qui émancipe, permet de se prendre et de prendre en charge sa famille, de s’intégrer dans la société, de suivre la scolarité des enfants, de comprendre notamment les contrats d’assurances, d’achat, que l’on signe, de défendre ses droits lorsqu’ils sont violés, de participer au monde qui entoure et accueille les personnes » .

En termes de chiffres précisons qu’en 2007, la Wallonie a accueilli 20 542 migrants contre 32 548 à Bruxelles et 40 297 en Flandre.

Budget: ceinture pour la Communauté française

Véronique Lamquin, « Le Soir », 13 février 2015

2015-02-14_115310Sale temps pour les finances francophones. A l’automne, le gouvernement Demotte avait dû réaliser 140 millions d’économies. Et, déjà, un nouvel effort est attendu, qui pourrait s’élever à quelque 150 millions.

Comment en est-on arrivé là ?

La révision à la baisse des perspectives de croissance explique à elle seule cette mauvaise nouvelle. Le budget 2015 avait été réalisé sur la base d’une croissance de 1,5 %. Or, elle ne devrait, selon les dernières estimations du Bureau du plan rendues publiques jeudi, pas dépasser 1 %. Cela représente une perte d’une cinquantaine de millions. A laquelle s’ajoute la non-indexation des dotations fédérales, qui pourrait priver la Communauté de 120 autres millions.

Soit un manque à gagner qui tourne autour des 150 voire 170 millions. Les chiffres précis devraient être fournis dans les prochaines heures par le comité de monitoring de la Communauté française, mis sur pied au début de la législature. Pour rappel, le budget voté en décembre accusait un déficit de 170 millions d’euros, malgré la première tranche d’efforts de 140 millions.

Comment vont-ils s’en sortir ?

André Flahaut, grand argentier francophone, prône le calme et la prudence. Concrètement, dès la rentrée de Carnaval, les ministres seront priés de faire preuve de créativité pour réduire leurs dépenses sans que cela ne fasse trop mal à leurs départements. Le contrôle budgétaire devrait être bouclé pour Pâques.

Au passage, on notera que la non-indexation des salaires fait à elle seule économiser entre 80 et 90 millions d’euros – le budget initial pour 2015 avait été établi sans intégrer le saut d’index. La non-indexation concerne également une série de subsides. Autant de moyens qui permettront, d’emblée, de réaliser une partie de l’effort. A priori, aucun secteur ne sera « immunisé » : tout le monde devra faire ceinture. Et ce n’est plus le moment de faire des effets d’annonce, insiste-t-on dans les rangs gouvernementaux.

Mais il n’est, à ce stade, pas question de remettre en cause les projets phare de la législature, notamment le recrutement de 750 professeurs supplémentaires. Quoi qu’il en soit, le secteur de l’enseignement redoute d’être mis à (forte) contribution.

Un nouveau livre de Jules GHEUDE

2015-02-11_221936C’est avec plaisir que nous vous signalons la sortie prochaine du nouveau livre de Jules GHEUDE : « François PERIN – Une Plume – L’Oeuvre écrite », aux Editions de la Province de Liège.

La préface en a été rédigée par Michel HERMANS, qui fut le dernier assistant de François PERIN à l’Université de Liège et qui est professeur de Science politique à l’Université de Liège.
2015-02-11_222001

 

Jules GHEUDE sera présent à la Foire du Livre de Bruxelles, le jeudi 26 février, de 14 à 15 heures, pour une rencontre animée par David COPPI, journaliste politique du « Soir ».

http://flb.be/program/redecouvrir-francois-perin/

2015-02-11_222725