Changements au Parlement wallon

Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », 27 janvier 2015

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Quand le braconnier devient garde-chasse, en général, les choses peuvent bouger. C’est le sentiment qui ressort de la réforme du Parlement wallon initiée par le président de l’Assemblée, André Antoine (CDH), en concertation avec l’ensemble des groupes politiques représentés au sein de l’hémicycle wallon qui n’en est pas un, rappelle le doyen des élus wallons (le Parlement wallon est un rectangle). Quand « bébé » Antoine devient « pépé » Antoine, le fonctionnement du Saint-Gilles (autre nom du lieu) semble évoluer. Si certaines réformes qui devraient entrer en vigueur dans le courant du mois de mars, n’intéressent que très peu le commun des Wallons, d’autres, par contre, devraient passionner le citoyen en manque de participation à la chose publique.

On se souvient du chaud mois de juin quand l’installation des nouveaux députés s’est vue paralysée, pour cause de validation des élections bloquées. En cause ? Un système caduc où les juges étaient aussi parties. Les parlementaires wallons ne devraient plus vivre telle pantalonnade puisque désormais, ce sont trois commissions qui seront chargées de vérifier les pouvoirs. On complique le système ? Eh bien non. Un exemple vaut mieux qu’un discours : Les élus de Liège, du Luxembourg, de Namur et du Brabant wallon vérifieront les pouvoirs des élus du Hainaut, explique André Antoine.

Autre réforme, autre changement. Si, pour l’heure, en séance plénière, les députés sont autorisés à interroger le gouvernement sur des sujets d’actualités important ou pas, le système actuel est plutôt restrictif. En effet, la question doit être liée à un article de presse et être déposée quand l’actualité n’est plus celle-là. Désormais, les députés auront l’occasion de poser des questions dites « urgentes » que les membres du gouvernement ne pourront plus anticiper.

Les députés rédigeront leur bulletin d’activité

Fini aussi la comptabilisation parfois idiote du nombre de questions orales, écrites et d’actualités posées durant l’année parlementaire par chaque élu. Désormais, il aura l’occasion de rédiger son bilan annuel, argumenté et formaté (limité en termes de pages) sur le site Internet du Parlement.

L’éternel débat de l’alternance entre Namur (Parlement wallon) et Bruxelles (Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles) pour les élus va évoluer puisqu’André Antoine évoque la possibilité de tenir, à Namur, des séances de commission ou des plénières communautaires. Des Bruxellois à Namur ? Pourquoi pas, dit le président, qui reste prudent.

Enfin, les groupes politiques souhaitant rapprocher le politique du citoyen, une nouvelle possibilité sera offerte à ces derniers de se manifester. Le droit de pétition sera ainsi réformé. Il sera désormais permis de l’exercer via Internet. Le traitement est garanti plus dynamique et sera renvoyé vers les commissions ad hoc qui en feront ce qu’elles veulent.

Une autre disposition permettra aux « acteurs de la société civile » de faire part de leur point de vue sur une proposition ou un projet de décret examiné par les parlementaires via un formulaire en ligne. Il reste à voir si le citoyen se saisira de ces nouveautés.