Archives mensuelles : décembre 2014

L’intrigante dotation des Wellington en Brabant wallon

Christophe Leroy, « Le Vif, », 10 décembre 2014

Deux cents ans après la bataille de Waterloo, l’actuel duc de Wellington dispose toujours de mille hectares de terres en région nivelloise. Anachronisme ou vestige salutaire? C’est l’histoire d’une dotation controversée mêlant noblesse britannique et agriculteurs satisfaits.

2014-12-12_173510Le 18 juin 1815, le duc de Wellington signe la retentissante victoire contre l’armée de Napoléon lors de la bataille de Waterloo. Le mois suivant, Guillaume Ier lui octroie le titre de prince de Waterloo, transmissible à chaque premier descendant masculin des générations suivantes – on parle d’un ordre de primogéniture. Dans un arrêté royal du 29 septembre 1815, le Roi des Pays-Bas y assortit un « gage de la reconnaissance nationale »: un majorat « napoléonien » de 1083 hectares, répartis dans trois zones boisées en périphérie nivelloise. La dotation sera « possédée irrévocablement et à perpétuité par le prince de Waterloo et ses descendants légitimes ».

Le duc ne peut ni vendre les terres ni les produits que génèrent les hectares qui lui sont cédés. De 1817 à 1870, il obtient le droit de défricher intégralement les parcelles boisées pour les convertir en terres agricoles, sans pouvoir bénéficier du produit de la vente du bois. Celui-ci est dès lors inscrit au Grand livre de la dette publique, pour un montant de 2,3 millions de francs-or. Cette disposition, qui constitue à l’époque une forme de prêt à l’Etat belge, aboutit sur la souscription d’une rente: l’Etat ne remboursera pas le capital mais en paiera perpétuellement les intérêts au duc de Wellington.

En 1988, l’Etat belge passe discrètement une convention avec le huitième duc afin de mettre fin à la rente. En contrepartie, ce dernier obtient la pleine propriété sur 25 hectares de la dotation. Si l’accord vise à éteindre la polémique liée à la rente, les terres cédées aux Wellington continuent pourtant à alimenter la controverse, consacrée en 2001 dans le livre Wellington et l’argent des Belges ou la seconde bataille de Waterloo (éd. Luc Pire), sous la signature de l’ancien sénateur Jean-Emile Humblet.

« La dotation est inattaquable et incontestable », assène Serge de Meeûs, dont la famille gère le patrimoine foncier des Wellington depuis 1937. C’est notamment vers lui que convergent, chaque année, les revenus liés au fermage à verser au duc – environ 125 000 euros par an. « Le montant des baux est régi par le ministère de l’Agriculture. Quant au duc, il s’acquitte évidemment de l’impôt foncier. Pour l’Etat belge, cette dotation constitue une rentrée d’argent et non une dépense. Pour les agriculteurs, c’est de l’or. Ils disposent de baux de très longue durée avec l’assurance que les terres ne seront jamais revendues. »

Aujourd’hui âgé de 99 ans, le duc n’est plus en mesure d’effectuer le déplacement jusqu’en Belgique. Mais la famille est toujours bien représentée par Arthur Charles Wellesley (69 ans), marquis du Douro et désigné comme le futur neuvième duc de Wellington. Cet ancien parlementaire européen du Parti conservateur s’est reconverti en homme d’affaires depuis quelques années. Administrateur de plusieurs sociétés cotées en Bourse, c’est désormais lui qui rend visite aux fermiers du territoire régi par la dotation. Les agriculteurs qui l’ont accueilli dans un timing parfaitement maîtrisé le décrivent comme un homme simple et avenant.

Il n’existe, en Belgique, aucune autre dotation similaire attachée à un titre nobiliaire.

Consultation populaire wallonne: La majorité PS-cdH veut limiter l’initiative aux citoyens

Belga, 9 décembre 2014

2014-12-09_203650La majorité PS-cdH en Wallonie a annoncé mardi sa volonté de retirer au parlement et au gouvernement l’initiative de lancer une consultation populaire régionale et de limiter cette initiative aux seuls citoyens, afin d’éviter une instrumentalisation particratique. Seuls les idiots ne changent pas d’avis, ont affirmé les chefs des groupes PS et cdH au parlement wallon, Christophe Collignon et Dimitri Fourny, en présentant à la presse leur nouvelle proposition de décret spécial.

Cette dernière diffère d’une proposition sur laquelle s’étaient entendus les quatre groupes politiques (PS, MR, Ecolo et cdH) en fin de précédente législature.

Elle prévoit en effet que l’initiative de la consultation populaire appartient seulement aux habitants de la Wallonie (100.000 au minimum), et non plus aussi à un tiers des membres du parlement ou au gouvernement comme c’était le cas dans la version antérieure.

La volonté doit être exprimée de manière exclusivement citoyenne, sans quoi on risque l’instrumentalisation particratique, a expliqué M. Collignon.

Avec l’ancien texte, tous les mois, un groupe parlementaire pourrait soumettre à la consultation populaire un débat sur lequel il n’aurait pas obtenu raison en recourant aux armes démocratiques dont il dispose déjà, a-t-il ajouté.

Le MR et Ecolo, de leur côté, on dénoncé la volonté de la majorité d’avancer seule, alors qu’il existait un texte commun sur cette nouvelle compétence issue de la 6e réforme de l’Etat.

Mais le texte commun n’a pas été relevé de caducité par les soins de l’opposition en début de nouvelle législature, a fait observer M. Fourny.

Il voit au contraire dans le fait que le MR et Ecolo ont chacun relevé de caducité leur proposition partisane – le PP a par ailleurs aussi déposé sa propre proposition – l’indice que chaque parti a repris sa liberté.

PS et cdH devront toutefois rallier des députés d’opposition pour faire passer leur proposition de décret spécial, qui nécessite une majorité des deux tiers. Les premiers débats auront lieu en commission le 5 janvier prochain.

La Commission propose 3,8 millions d’euros pour les ex-travailleurs d’Arcelor et de Caterpillar

« La Libre », Belga, 9 décembre 2014

2014-12-09_203336

La Commission européenne a proposé mardi de libérer 3,8 millions d’euros au titre du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) pour aider plus de 2.200 anciens travailleurs d’Arcelor Mittal Liège, de Caterpillar et du secteur de la sidérurgie dans le Hainaut à retrouver un emploi Pour ceux faisant face à des difficultés particulières dans certains secteurs ou industries spécifiques, il est important que l’UE fasse preuve de solidarité et les aide à s’orienter professionnellement et à trouver de nouvelles opportunités de carrières, a commenté la commissaire européenne en charge de l’emploi et des affaires sociales, Marianne Thyssen.

Le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation aide les personnes ayant perdu leur emploi à la suite de changements structurels majeurs survenus dans le commerce international en raison de la mondialisation. Il peut cofinancer des aides à la recherche d’emploi ou à la réorientation professionnelle, ainsi que des mesures de soutien à l’entrepreneuriat.

Le jusqu’au-boutisme irresponsable de Marc Goblet

2014-12-09_202829Nous reproduisons ici l’opinion de Jules Gheude, publiée par « L’Echo » de ce 9 décembre 2014-12-09


 

L’attitude jusqu’au-boutiste de Marc Goblet me fait songer au constat dressé par François Perin en 1980, lorsqu’il pointait du doigt ces « groupes syndicaux de toutes natures, intraitables et égoïstes, irresponsables, négativistes et destructeurs finalement de toute capacité de l’Etat de réformer quoi que ce soit en profondeur. »

Le gouvernement fédéral n’avait pas encore prêté serment que déjà le leader de la FGTB annonçait sa ferme intention de le mettre à mal. « Nous irons au finish !, précise-t-il aujourd’hui. Pas question de céder !

Des élections au suffrage universel ont eu lieu le 25 mai dernier. Elles ont permis de déboucher, dans un délai raisonnable, sur la mise sur pied d’une coalition, qui a obtenu la confiance du Parlement en annonçant que, pour la mise en œuvre de certaines mesures, une concertation avec les partenaires sociaux était envisagée. Mais d’emblée,  le syndicat socialiste a brandi le drapeau de la révolte, invitant ses affiliés à recourir à l’agitation sociale. Difficile de ne pas voir ici  des intentions de nature purement politique !

Un syndicat, faut-il le rappeler, est une association de fait, sans personnalité juridique, avec des élections en interne qui n’ont rien à voir avec le suffrage universel. Bref, il n’a pas vocation à gouverner.

Sans doute la tâche de Marc Goblet est-elle d’amener le politique à agir dans le sens qu’il estime juste pour l’intérêt de ceux et celles qu’il représente, mais dont il faut tout de même reconnaître qu’ils sont loin d’incarner la population tout entière. En voulant paralyser le gouvernement et l’empêcher de mener à bien la mission pour laquelle il a été légitimement investi, il sort clairement de son rôle.

En saine démocratie, c’est aux électeurs qu’il revient, au terme d’une législature, de dire s’ils ont été ou non satisfaits des résultats engrangés. C’est ce qui permet, dans des pays comme la France ou la Grande-Bretagne, de faire jouer le principe de l’alternance.

Sur le plateau de l’émission « Mise au Point » de la RTBF, Marc Goblet a évoqué, d’un air narquois, la façon japonaise de faire grève, qui consiste à travailler en portant un brassard de contestation au bras. Cette méthode, qui a le mérite de ne pas nuire à l’économie, est efficace. Car pour un chef d’entreprise japonais, le fait que les médias signalent l’action, est une atteinte à son honneur. C’est tout simplement une question de culture. Droit de grève d’accord, mais droit au travail également !

La réalité, c’est celle d’un endettement de 400 milliards, qui représente 104,5% du PIB et auquel il convient de s’attaquer sans délai si l’on veut préserver, à long terme, la viabilité de notre système de prestations sociales.

Il n’y a pas de politique-miracle !

Lors de son récent passage sur le plateau-télé de « Mots croisés » (France 2), l’ancien Premier ministre Guy Verhofstadt a rappelé qu’il était parvenu à ramener la dette de 137 à 80%. Il s’agit donc bien de volonté politique. Comme celle qui, sous l’ère du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, a permis à l’Allemagne, avec l’accompagnement de syndicats « adultes », de prendre les mesures nécessaires pour se retrouver aujourd’hui l’élève modèle de l’Union européenne. Même si, j’en conviens, tout n’y est pas rose.

Marc Goblet semble perdre de vue qu’en France, le gouvernement socialiste de Manuel Valls n’a d’autre choix que d’aller dans la même direction que celle prise par la coalition « suédoise » : réduire de manière drastique l’endettement, sans accentuer une fiscalité qui est l’une des plus lourdes d’Europe, et redonner de l’oxygène aux entreprises pour les amener à investir et, partant, à créer de l’emploi.

Car, comme l’a fort justement rappelé Vincent Reuter, l’administrateur-délégué de l’UWE, ce sont les entreprises qui permettent d’embaucher, non les grèves.

Le climat que Marc Goblet contribue à instaurer n’est pas sans rappeler celui de la « grande grève » de l’hiver 60-61. Celle-là même qui n’a pu empêcher l’adoption de la « loi unique » du gouvernement social chrétien – libéral de Gaston Eyskens, mais qui a laissé la Wallonie dans une situation économiquement désastreuse, dont elle ne s’est toujours pas remise.

L’agitation sociale wallonne pour le maintien des droits acquis, alors qu’il n’y avait plus de débiteurs solvables, avait inspiré au caricaturiste Pil du « Standaard », le 22 novembre 1982, un dessin où tout était dit en quelques traits : à l’avant-plan, une terre parsemée de fleurs sur laquelle un personnage portant une mallette « investeerder » (investisseur) regarde un panneau sur lequel on peut lire : « Opgespat ! U verlaat de Vlaamse sektor » (Attention ! Vous quittez le secteur flamand ». De l’autre côté, un paysage de désolation : voiture retournée, bus saccagé, sur fond de cheminées d’usines.

Plutôt que de mettre rapidement sur pied un réseau dense de PME dynamiques et innovantes, les responsables wallons – l’influence socialiste et le rôle de la FGTB ne furent-ils pas ici déterminants ? – se sont esquintés à vouloir sauver une vieille industrie moribonde.

Le dernier rapport de l’Union wallonne des Entreprises le confirme : la Région continue à stagner. L’échéance de l’équilibre budgétaire ne cesse d’être reportée – en dépit de la crise de 2008, la Flandre réussit à réaliser l’équilibre pour la cinquième année consécutive ! -, le taux de chômage reste fort élevé (16,2%) et la dette s’élève à 18,6 milliards d’euros. Le jury international chargé d’évaluer les pôles de compétitivité du Plan Marshall constate qu’ils ne sont pas parvenus à provoquer l’électrochoc attendu pour créer de l’emploi. Quant à Eliane Tillieux, la ministre de l’Emploi et de la Formation, elle tire la sonnette d’alarme : la Région n’est pas prête pour gérer la politique de l’Emploi, désormais régionalisée.

L’économiste Robert Deschamps a raison lorsqu’il constate que le problème de la Wallonie, c’est de « vivre au-dessus de ses moyens et en dessous de ses capacités ». Son collègue Jules Gazon parle, lui, d’ « hypertrophie politico-administrative ».

 

Une chose, en tout cas, est claire : une mort prématurée du gouvernement fédéral signerait automatiquement celle du pays. Car il n’y aurait pas d’alternative possible. Ce serait, sans transition, le passage du fédéralisme au séparatisme. Ou, si vous préférez, la concrétisation du docu-fiction « Bye bye Belgium » de la RTBF de 2006. Une manière, comme une autre, de mettre fin à cet « accident de l’histoire » dont parlait Yves Leterme. Un scénario que je ne crains nullement et auquel, comme on le sait, je me suis préparé depuis longtemps.

Jules Gheude, essayiste politique ( à paraître prochainement : 
«François Perin : Une Plume / L’œuvre écrite »).

Maxime Prévot débloque 40 millions pour les routes wallonnes

Belga, 9 décembre 2014

2014-12-09_202350Le gouvernement wallon a débloqué sur ses fonds propres un montant supplémentaire de 40 millions d’euros en 2015 afin d’alimenter davantage les bons de commande des entreprises de voirie et de génie civil, a indiqué le ministre wallon des Travaux publics Maxime Prévot.

Il répond ainsi à une demande de la Fédération wallonne des entrepreneurs de travaux de voiries (FWEV) qui avait lancé il y a deux semaines un cri d’alarme aux responsables politiques, estimant que le nombre et l’importance des chantiers étaient en chute vertigineuse pour l’année 2015.

Le ministre avait concédé un tassement de 2 % des enveloppes dévolues à l’entretien et l’investissement sur le réseau routier régional de 2014 à 2015. La crainte du secteur portait surtout sur la confection des budgets communaux.

Toutefois, dans l’attente du Plan Infrastructures qui débute en 2016, l’année 2015 s’annonce comme une transition avec la fin du Plan Routes, reconnaît le ministre.

Cela fait craindre « un creux d’activités et le risque de recourir à des licenciements en raison du moindre volume de marchés au cours de l’année à venir  », poursuit-il, justifiant ainsi le soutien exceptionnel de 40 millions d’euros.

Pour la députée d’opposition Valérie De Bue (MR), cette aide traduit alleu du gouvernement qu’ «il y avait bien rupture» entre le Plan route et le Plan Infrastructures, a-t-elle fait observer sur Twitter.

La taxe «outillage» hibernera

Eric Deffet, « Le Soir », 9 décembre 2014

2014-12-12_173208

A peine sorti de l’oubli par l’exécutif régional wallon, le précompte immobilier que l’outillage et l’équipement s’apprête à entrer dans une nouvelle phase de léthargie, c’est Hibernatus. Et ont peut raisonnablement se demander sir le dispositif sortira un jour du coma profond dans lequel le gouvernement va le plonger puisque l’idée est d’engager une vaste concertation avec les pouvoirs locaux, les partenaires sociaux et les intercommunales afin de dégager des pistes pour une solution alternative.

Car si l’idée de réactiver ce précompte a pratiquement fait l’unanimité contre elle, le problème soulevé est bien réel selon le monde économique ; a commenté Paul Magnette (PS), le ministre-président. Initialement, en effet, le constat était le suivant : trop de communes rechignent à attirer des entreprises sur leur sol parce que les coûts et inconvénients engendrés par une telle opération (charroi, travaux, bruit, pollution…) ne sont plus compensés par des rentrées fiscales.

Le précompte immobilier en question a été mis entre parenthèses en 2006 pour soutenir la logique du plan Marshall alors balbutiant. Un geste apprécié par les entreprises qui ont évidemment regretté l’idée récente de percevoir à nouveau ces additionnels, alors que la Wallonie cherche à accueillir de nouveaux investisseurs.

La relance de cette taxe figure au décret-programme pour 2015. Jeudi, la majorité PS-CDH adoptera un amendement décidant d’un nouveau gel pour la disposition.

Le cas échéant, un simple arrêté du gouvernement permettra plus tard d’activer à nouveau le précompte ou toute autre formule. Le MR envisageait lui de demander la suppression pure et simplke de cet outil fiscal.

A noter que le parlement devrait aussi adopter un amendement visant à renforcer les moyens pour les voiries, histoire de soutenir un secteur en grandes difficultés. L’équilibre général du budget 2015 n’en sera pas affecté.

Jeholet : «Ce plan Marshall 4.0 ; c’est du grand n’importe quoi !»

Dans «Le Soir» du 9 décembre 2014, Eric Deffet interroge le chef de file MR au Parlement wallon

2014-12-12_172619Ce plan Marshall 4.0 présenté la semaine dernière par le gouvernement PS-CDH, qu’en avez-vous pensé ?

C’est du grand n’importe quoi ! Une opération de communication qui vise à masquer les mesures d’austérité prises par ailleurs ou à détourner l’attention du public. Et une opération sur laquelle on peut se poser des questions. L’emploi et la formation sont essentiels, paraît-il. Mais où était la ministre Tillieux lors de cette présentation ? L’enseignement ? C’est tellement clair aux yeux du gouvernement qu’une réunion urgente avec l’exécutif de la Fédération a été décrétée. Mais pourquoi ne se sont-ils pas parlé depuis six mois ? La Fédération semble vivre de son côté. J’ai l’impression d’être revenu dix ans en arrière.

Mais le 4.0, c’est un beau symbole : aller plus loin, plus vite…

Pourquoi pas 10.0 tant qu’on y est ? C’est de la com ! Je rappelle tout de même que Rudy Demotte avait présenté un plan 2022. Au moins, c’était le fruit d’une réflexion, de consultations, d’avis de spécialistes. Ici, il y a une absence totale de vision. Il est question d’un budget de 2,5 milliards pour ce Marshall 4.0. On n’en sait guère plus. Mais quel est le message pour les citoyens ?. Le périmètre de la dette a été redéfini à la hausse. Le budget impose de gros efforts. Mais ce n’est pas grave, il y aura 2,5 milliards pour le plan… Quel flou ! Non, vraiment, j’ai l’impression d’un projet défini à la va-vite, une sorte de contre-feu par rapport aux coupes imposées par le budget.

Dans l’intitulé également, le Vert disparaît. Satisfait ?

C’(est vrai ; l’alliance Emploi-Environnement que tout le monde a louée, on balaye ! Et remarquez qu’à la place, on voit apparaître un peu d’orange, la couleur du CDH : il est question de friches à réhabiliter, d’agriculture et de covoiturage, autant de compétences qui sont gérées par des ministres CDH. Tout cela ne fait pas sérieux !

Mais la situation de la Wallonie n’exige-t-elle pas une réaction forte et structurée ?

La Wallonie a d’abord besoin d’un environnement compétitif, de la fin des lourdeurs administratives et de dirigeants à l’écoute des entreprises. Je ne pense pas qu’il faut encore donner la priorité à la planification de l’économie. Surtout quand ce sont des plans de politique politicienne qui flattent l’ego de quelques décideurs.

Ce gouvernement ne serait pas à la hauteur ?

Trop de décisions vont dans le mauvais sens : le report des investissements, le bonus logement, la taxe sur l’outillage (quelle image !), les primes… Aucune concertation n’a lieu. Tout cela donne l’image d’un gouvernement qui n’aime pas les entreprises. Il privilégie une approche idéologique, dogmatique, wallonne, socialiste… Tout ce qu’il ne faut pas faire, ils le font… Il est temps que Paul Magnette et Maxime Prévot se consacrent à 100% à la Wallonie pour corriger le tir

Mais que ferait le MR ?

Au fédéral, nous prouvons qu’il faut tenir un langage vérité et savoir prendre ses responsabilités. La Wallonie a besoin d’un big bang culturel et économique de ce genre pour changer les mentalités. Avec le PS, je crains le pire : l’approche socialiste qui consiste à viser « les plus riches », comme ils disent, se répète dans tous les domaines. Avec les leviers qu’ils s’apprêtent à activer, ce sont en réalité les classes moyennes qui seront touchées.

Le débat sur les para-régionaux va resurgir ce mardi avec l’audition des responsables de l’Awiph et du Forem. A quoi faut-il s’attendre de votre part ?

Nous serons intransigeants ! Dans quelle région d’Europe oserait-on dire que l’on ne comprend pas nos remarques sur la transparence de ces organismes et de leurs financements ? Plus que jamais, un euro est un euro. Le parlement doit savoir à quoi il est utilisé.

Le gouvernement a pris des engagements qui vont dans ce sens, non ?

Jusqu’à présent, la majorité s’est surtout assise sur les décrets qui fixent les règles en la matière. Le règne du « On a toujours fait comme ça », pour nous, c’est terminé ! Fini ! Basta ! Sous la précédente législature, nous avons déjà été bernés : la dette de la Wallonie, c’était soi-disant 6 milliards et en fait, on sait aujourd’hui qu’elle en pèse 18. Dans ces conditions, comprenez que nous réclamons la transparence totale. Mais nous demandons aussi que s’installe en Wallonie la culture de l’évaluation : trop de politiques ne sont pas évaluées dans les temps et on tombe des nues quand un problème se pose. Voyez ce qui s’est passé avec le photovolaïque…

Evaluer, n’est-ce pas ce que fait Paul Furlan en décrétant un moratoire sur les primes, le temps de la réflexion ?

Paul Furlan joue avec le feu. Simplifier les primes logement et énergie, nous ne sommes évidemment pas opposés au principe. Mais le moratoire est ici décrété sans concertation avec les secteurs concernés. C’est très maladroit. Pire : dans la foulée, le ministre annonce des économies de 38 millions sur les primes. Ce n’est déjà plus un simple moratoire, ça !

Quotas CO2: la Wallonie va payer près de 2,5 millions à Mittal

« La Libre », Belga, 6 décembre 2014  2014-12-09_202037

Le tribunal de première instance francophone de Bruxelles vient de condamner la Région wallonne à payer près de 2,5 millions d’euros à ArcelorMittal pour des quotas de CO2 promis au premier groupe sidérurgique mondial, mais que celui-ci n’a jamais obtenus, révèle L’Echo samedi. En 2007, ArcelorMittal avait décidé de continuer à utiliser deux des hauts-fourneaux de son site liégeois à condition qu’il puisse recevoir l’allocation de quotas de CO2 nécessaires, basée sur les prévisions d’émissions pour la période 2008-2012.

Mais entre-temps, la Région wallonne et le ministre de tutelle de l’époque Philippe Henry (Ecolo) ont estimé qu’ArcelorMittal n’y avait plus droit.

La question est de savoir maintenant si la Région wallonne se pliera à la décision de première instance ou si elle ira en appel. La balle est dans le camp du ministre Paul Furlan (PS) qui a hérité du dossier dans le nouveau gouvernement wallon.

Le gouvernement wallon lance le plan Marshall 4.0

Belga, 4 décembre 2014

2014-12-05_221012Le gouvernement wallon a approuvé jeudi les grandes lignes de son troisième plan Marshall, baptisé « 4.0 ». La majorité PS-cdH entend recentrer les priorités de ce programme de redéploiement économique initié il y a dix ans autour de l’économie numérique et de l’économie circulaire. Tous les économistes disent que les dix, vingt ans qui viennent, on connaîtra en Europe une croissance faible mais cette croissance peut être durable si on la cible bien, a souligné le ministre-président, Paul Magnette.

Par ce plan 4.0, le gouvernement wallon veut inscrire la Région dans la 4e révolution industrielle, soit la révolution numérique, après la machine à vapeur, l’électricité et l’automatisation, a souligné le ministre de l’Economie, Jean-Claude Marcourt.

A cette révolution numérique, l’exécutif adjoint l’économie circulaire qui veille à favoriser une transition écologique de l’économie tant par la réduction de la consommation et de l’utilisation de matières premières que par le recyclage et la valorisation des déchets.

L’industrie demeure le coeur de cible du plan Marshall. Il s’agira toujours de soutenir l’innovation dans les secteurs technologiques de pointe et dans les secteurs traditionnels. La nouvelle mouture du plan s’adressera davantage aux PME qui seront plus intégrées dans les 6 pôles de compétitivité existants. Une attention plus grande sera portée par ailleurs à la création d’activité en aval des pôles.

Des mesures viseront aussi le territoire. Actuellement, 0,7 pc du territoire wallon est affecté aux zones d’activité économique (ZAE) alors que le plan de secteur consacre 1,6 pc de celui-ci à l’activité économique, a rappelé le vice-président Maxime Prévot. La mobilité sera aussi prise en compte, notamment par un meilleur raccordement des ZAE ou l’accélération du dragage des voies hydrauliques.

Dès lundi, le gouvernement ouvrira la concertation sur ces grandes lignes en rencontrant le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour aborder avec lui les efforts à accomplir dans l’enseignement et la formation. La version définitive est attendue au printemps. Les moyens financiers seront comparables à ceux de la mouture précédente, soit 2,5 milliards d’euros.

Une confiance proche du néant pour le gouvernement wallon

« La Libre Belgique », 4 décembre 2014

2014-12-05_221333

Alors que le Baromètre politique La Libre/RTBF/Dedicated montre que le gouvernement fédéral est très peu populaire, les cotes des gouvernements régionaux ne sont guère meilleures…

Wallonie

L’attelage PS-CDH qui mène la danse depuis le mois de juillet en Wallonie laisse manifestement l’électeur plus que sceptique puisque l’exécutif dirigé par Paul Magnette n’obtient que 16 % de confiance. 27 % n’ont pas d’opinion, ni bonne ni mauvaise alors qu’ils sont 31 % a ne pas avoir du tout confiance dans le gouvernement wallon. C’est le pire score, même le fédéral fait mieux. C’est au sein des électeurs du MR bien entendu que l’on trouve le plus de gens qui ont une opinion assez mauvaise voire très mauvaise du gouvernement wallon. Au PS, 32 % des électeurs ont confiance contre 23 % au CDH. Par conte on retrouve au sein de ces deux partis 37 % (PS) et 45 % (CDH) d’électeurs qui restent mi-figue mi-raisin à l’égard de l’exécutif (taux de confiance ni bon ni mauvais). A la lecture des résultats du sondage, on constate que l’électorat CDH n’est pas forcément en phase avec les choix du parti puisqu’ils sont 62 % à ne pas considérer leur confiance dans ce gouvernement très bonne ou bonne. Inquiétant !

Bruxelles

Ni désaveux ni enthousiasme débordant. C’est ce qui ressort du volet “confiance” des citoyens envers l’exécutif régional bruxellois. Ceux pour qui l’action du gouvernement PS, FDF, CDH, Open VLD, SP.A, CD&V emmené par Rudi Vervoort (PS) n’est ni bonne ni mauvaise, ceux pour qui il est trop tôt pour le dire et les sans opinion composent une majorité des sondés. Ceci semblant accréditer une forme de désintérêt global pour la chose publique. Sans surprise, les sondés se déclarant sympathisants des partis francophones de la majorité affichent les opinions les plus favorables au gouvernement. Ainsi 47 % des socialistes lui offrent une confiance excellente ou assez bonne. Ils sont 34 % au CDH et seulement 27 % au FDF où 13 % des sondés estiment la politique régionale “mauvaise”. Ce chiffre monte à 24 % chez les électeurs humanistes Cette méfiance traduisant sans doute le malaise qui traverse le parti quand à son choix d’exclure le MR.

Dans l’opposition, les électeurs MR sont les plus sévères, alors que les écologistes sont peu nombreux à se montrer critiques. 38 % d’entre eux estiment qu’il est trop tôt pour se prononcer, le pourcentage le plus élevés du panel pour cet état d’esprit.

Flandre

L’électeur CD&V croit peu en “son” gouvernement flamand

C’est le gouvernement flamand qui est le moins mal loti des exécutifs régionaux. Tout est relatif, évidemment, puisque seulement 28 % des sondés disent lui accorder leur confiance – contre 21 % pour le bruxellois et 16 % pour le wallon. La majorité nordiste N-VA, CD&V, Open VLD recueille sans surprise les soutiens les plus francs auprès des électeurs de ces trois partis. 57 % des personnes ayant voté pour la N-VA le 25 mai dernier font confiance à ce gouvernement emmené par l’un des leurs, le nationaliste Geert Bourgeois. Le score descend à 50 % pour les électeurs des libéraux et… 33 % pour ceux du CD&V.

Le faible score obtenu auprès de leurs électeurs prouvent le malaise des sociaux-chrétiens à trouver leur place dans une majorité de droite assumée – ce sentiment est encore davantage marqué au niveau fédéral. La posture des centristes, réclamant de nouvelles mesures aux accents sociaux, se comprend à la lecture de ces chiffres. Le prix à payer pour la participation à des gouvernements d’austérité risque d’être cher pour un parti ayant encore un large électorat de centre-gauche.