France – Réforme territoriale: qui a fait la meilleure carte?

A. Se., « L’Express », 31 octobre 2014

Les sénateurs ont voté jeudi soir une carte de France à 15 régions, soit deux de plus que celle adoptée à l’Assemblée nationale. L’Express a comparé les deux versions.

2014-11-04_200500

A gauche, les 13 régions dessinées par les députés. A droite, les 15 souhaitées par les sénateurs.

Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, seules ou à deux?

Ce que veulent les députés: regrouper les deux régions. Le principal avantage de ce choix est de créer une grande région, aussi bien en termes de superficie (72 700 km²) que de population (5,6 millions) et de PIB (143 800 millions d’euros). « L’addition des forces favorisera le développement harmonieux des territoires, et notamment économiques », a plaidé le sénateur PS Roland Courteau jeudi.

D’autant que Languedoc-Roussillon, si elle restait seule, figurerait parmi les plus petites régions du pays. Refuser ce mariage lui ferait donc prendre le risque de rester « isolée au moment où les autres fusionnent », estime le sénateur UMP Jean-Pierre Grand. En 2012, la région se classait 21e sur 22 en termes de PIB par habitant.

Verdict: avantage aux députés (1-0). 

Ce que veulent les sénateurs: chacun chez soi. Les opposants à ce « mariage », eux, craignent de voir leur région dévorée par le géant Midi-Pyrénées. Pour se défendre, la région a lancé une pétition sur son site. « Le Languedoc-Roussillon, dans son intégralité, a toute sa place sur la future carte de France. Il s’est hissé parmi les territoires les plus dynamiques du pays », affirme le texte.

L’Alsace isolée ou regroupée?

Ce que veulent les députés: fusionner trois régions. Au départ, dans la carte dévoilée par François Hollande début juin, ce devait être un couple Alsace-Lorraine. Problème: Picardie et Champagne-Ardennes étaient tout sauf partantes. Faute de mieux, les députés ont proposé de regrouper trois régions en une (Alsace, Lorraine, Champagne-Ardennes).

Ce que veulent les sénateurs: laisser l’Alsace toute seule. L’idée de ne faire qu’une région avec ces trois-là ne convainc pas tout le monde. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mi-octobre à Strasbourg contre ce regroupement. Selon eux, l’ensemble ne fait guère de sens.

Le géographe Jacques Lévy penche plutôt en faveur des contestataires. « L’Alsace dispose à la fois d’une métropole, Strasbourg, d’un réseau urbain de qualité et d’une culture spécifique forte, expliquait-il récemment à L’Express. Il n’est donc absolument pas nécessaire de lui adjoindre la Lorraine ni, a fortiori, la région Champagne-Ardenne, comme l’a proposé le gouvernement. Si tel était le cas, on compliquerait la mise en place de projets cohérents. »

Verdict: avantage aux sénateurs (1-1 partout, balle au centre).