Archives mensuelles : octobre 2014

La régionalisation de la politique de l’Emploi

« Le Vif », 31 octobre 2014

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C’est Eliane Tillieux, la ministre wallonne de l’Emploi et de la Formation qui l’affirme :

Nous n’avons pas pour l’instant, en Région wallonne, les instances, les outils pour piloter et accompagner les politiques nouvelles.

Nos organismes d’intérêt public, nos administrations ne sont pas aujourd’hui en capacité de fournir les outils de suivi et de pilotage comme pouvaient le faire, au niveau fédéral, l’ONSS ou l’Onem.

 

Ces Français qui inventent la médecine du futur

Marion Guérin, Estelle Saget, Valérie Lion, « L’Express », 30 octobre 2014

La France n’est pas seulement riche de son passé et de ses musées, elle regorge de talents qui rayonnent au-delà de nos frontières. Confirmés ou prometteurs, ces nouveaux génies dessinent l’avenir avec brio, à l’instar de ces talents qui font la médecine de demain.

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Bertin Nahum peut sourire : à 44 ans, cet ingénieur a été jugé quatrième entrepreneur le plus révolutionnaire de la planète par Discoveries Series… Juste derrière Steve Jobs, Mark Zuckerberg et James Cameron. Son aventure commence à Montpellier lorsqu’il fonde, avec trois amis d’école, la société Medtech, spécialisée dans la robotique chirurgicale. Repéré par le géant américain Zimmer, il lui cède, pour 3 millions d’euros, les brevets de ses robots. Il développe alors Rosa, sorte de GPS capable de guider la main des neurochirurgiens. De Pékin à Riyad, une trentaine d’hôpitaux en sont déjà équipés. Malgré la Légion d’honneur venue couronner son parcours, en septembre, Bertin Nahum a le succès modeste. Et il abhorre le French bashing. « Les Français sont des précurseurs. On sous-estime trop leur capacité créative », assure-t-il. Son credo : « Soyons fiers et conscients de nos forces ! »

Hugues Duffau, neurochirurgien As du bistouri

Hugues Duffau, neurochirurgien
As du bistouri

Ses collègues du monde entier défilent au bloc du CHU de Montpellier pour le voir opérer. Voilà dix-sept ans, Hugues Duffau a osé l’impensable : enlever des tumeurs du cerveau sur des patients éveillés. Pas pour le spectacle. Pour vérifier, avant de creuser au bistouri dans l’organe de la pensée, qu’il ne touchait à aucune fonction essentielle, le langage, la motricité et même la sociabilité. A 47 ans, il a formé à cette technique des praticiens venus de 40 pays différents. Lors d’une opération récente en Allemagne, les images étaient retransmises sur un écran géant pour un public de confrères et d’étudiants. « J’ai reçu des propositions pour partir à l’étranger, confiet- il. Mais notre pays n’a rien à envier aux autres en matière de neurosciences. »

Laurent Levy, fondateur de Nanobiotix Fan de nano

Laurent Levy, fondateur de Nanobiotix
Fan de nano

Avec ses faux airs de Vincent Lindon, ce physicien-chimiste est en passe, à 42 ans, de gagner le pari lancé voilà dix ans : utiliser les nanoparticules dans le traitement des cancers. Sa société, Nanobiotix, a démontré que ces particules ultrafines, activées à distance par la radiothérapie, pouvaient dé truire les tumeurs. Après sa thèse, voyant son projet retoqué en France, Laurent Levy part effectuer ses recherches aux Etats- Unis, au sein de la prestigieuse université de Buffalo. Décidé à créer sa société, il rentre au pays pour se frotter au business – il travaille trois ans chez Altran avant de se jeter à l’eau.

Devenu patron de start-up, il s’engage pour promouvoir la nanomédecine à Bruxelles. Les investisseurs, eux, sont déjà convaincus : Nanobiotix a levé pas moins de 28 millions d’euros en début d’année.

MARIE MEYNADIER, DG D'EOS IMAGING FÉE DES RAYONS

MARIE MEYNADIER, DG D’EOS IMAGING
FÉE DES RAYONS

« Sacrée bécane! » : Marie Meynadier n’est pas peu fière de sa machine, qui ressemble… à une cabine de douche. La « bécane » permet de visualiser le squelette des patients, debout et en 3D, en émettant une dose très faible de radiations. A 500000 euros l’unité, les meilleurs hôpitaux américains et asiatiques se l’arrachent. La technologie est signée Georges Charpak, Nobel de physique. Mais elle était à l’origine destinée au nucléaire. Ingénieur venue de la Direction générale de l’armement, Marie Meynadier en décèle le potentiel médical et lance, en 2005, EOS Imaging. A 52 ans, cette surdouée défie Samsung, General Electric et Siemens sur le marché de l’imagerie médicale. Avec succès : depuis 2008, le chiffre d’affaires d’EOS a été multiplié… par sept !

France – Réforme territoriale: qui a fait la meilleure carte?

A. Se., « L’Express », 31 octobre 2014

Les sénateurs ont voté jeudi soir une carte de France à 15 régions, soit deux de plus que celle adoptée à l’Assemblée nationale. L’Express a comparé les deux versions.

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A gauche, les 13 régions dessinées par les députés. A droite, les 15 souhaitées par les sénateurs.

Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, seules ou à deux?

Ce que veulent les députés: regrouper les deux régions. Le principal avantage de ce choix est de créer une grande région, aussi bien en termes de superficie (72 700 km²) que de population (5,6 millions) et de PIB (143 800 millions d’euros). « L’addition des forces favorisera le développement harmonieux des territoires, et notamment économiques », a plaidé le sénateur PS Roland Courteau jeudi.

D’autant que Languedoc-Roussillon, si elle restait seule, figurerait parmi les plus petites régions du pays. Refuser ce mariage lui ferait donc prendre le risque de rester « isolée au moment où les autres fusionnent », estime le sénateur UMP Jean-Pierre Grand. En 2012, la région se classait 21e sur 22 en termes de PIB par habitant.

Verdict: avantage aux députés (1-0). 

Ce que veulent les sénateurs: chacun chez soi. Les opposants à ce « mariage », eux, craignent de voir leur région dévorée par le géant Midi-Pyrénées. Pour se défendre, la région a lancé une pétition sur son site. « Le Languedoc-Roussillon, dans son intégralité, a toute sa place sur la future carte de France. Il s’est hissé parmi les territoires les plus dynamiques du pays », affirme le texte.

L’Alsace isolée ou regroupée?

Ce que veulent les députés: fusionner trois régions. Au départ, dans la carte dévoilée par François Hollande début juin, ce devait être un couple Alsace-Lorraine. Problème: Picardie et Champagne-Ardennes étaient tout sauf partantes. Faute de mieux, les députés ont proposé de regrouper trois régions en une (Alsace, Lorraine, Champagne-Ardennes).

Ce que veulent les sénateurs: laisser l’Alsace toute seule. L’idée de ne faire qu’une région avec ces trois-là ne convainc pas tout le monde. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mi-octobre à Strasbourg contre ce regroupement. Selon eux, l’ensemble ne fait guère de sens.

Le géographe Jacques Lévy penche plutôt en faveur des contestataires. « L’Alsace dispose à la fois d’une métropole, Strasbourg, d’un réseau urbain de qualité et d’une culture spécifique forte, expliquait-il récemment à L’Express. Il n’est donc absolument pas nécessaire de lui adjoindre la Lorraine ni, a fortiori, la région Champagne-Ardenne, comme l’a proposé le gouvernement. Si tel était le cas, on compliquerait la mise en place de projets cohérents. »

Verdict: avantage aux sénateurs (1-1 partout, balle au centre).

Le Hainaut et Liège ont capté l’essentiel des fonds européens

Christophe Leroy, « Le Vif », 30 octobre 2014

En six ans, l’Europe a versé 1,3 milliard d’euros de subsides en Wallonie et à Bruxelles. Quelles sont les communes gagnantes, quelles sont les perdantes ? Le Vif/L’Express dresse le bilan, à l’aube d’une nouvelle programmation plus équilibrée.

2014-10-30_194602L’Europe dispose de deux puissants leviers pour répartir la manne dédiée à l’innovation et à la compétitivité : le Fonds européen de développement régional (Feder) et le Fonds social européen (FSE). De 2007 à 2013, l’enveloppe allouée à la Wallonie et à Bruxelles s’élève à plus de 1,3 milliard d’euros. Zones d’activités économiques, infrastructures urbaines, centres de recherches… Cofinancé avec les Régions, l’investissement final atteint plus de 3 milliards d’euros. Le Vif/L’Express établit la répartition des subsides du Feder (hors FSE) et leur bénéfice à l’échelle communale depuis 2007.

Les gagnants

Le Hainaut et la province deLiège concentrent l’essentiel des subsides européens 2007-2013. En raison d’un PIB moyen par habitant inférieur à 75 % de la moyenne européenne, le Hainaut a intégré l’axe « Convergence » dédié aux régions moins développées. Liège, de son côté, devait partager le gâteau de l’axe « Compétitivité régionale et emploi » avec les autres régions du pays. La cartographie des montants répartis dans le cadre du Feder fait apparaître trois prétendantes liégeoises dans le top 10.

Les perdants

Namur a souffert en 2007 avec le cuisant échec de la candidature de la Citadelle. Le bourgmestre de l’époque, Jacques Etienne (CDH), avait fustigé le « langage bling bling de certains bureaux d’étude » et les manoeuvres politisées autour d’un comité d’experts sans représentant namurois. La donne vient de changer. La Ville a intégré les pôles prioritaires pour les fonds européens.

En 2007, la province de Luxembourg a obtenu 4,8 % seulement du montant de la manne Feder wallonne. Pour la prochaine programmation, l’intercommunale de développement économique Idelux espère en obtenir 8 %, notamment grâce à l’intégration d’Arlon parmi les pôles prioritaires.

Quant au Brabant wallon, son standing plutôt aisé l’a quasiment exclu des débats en 2007. Seule la commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, portée par son université, est présente dans le top 40.

La logique européenne du PIB moyen par habitant a porté préjudice à Bruxelles. La richesse qui y est produite ne correspond pas au niveau de vie réel de ses habitants. En 2007, la Région n’a pu investir que 115 millions d’euros pour le Feder, dont 57 millions en provenance de l’Europe. Ce montant sera doublé pour la prochaine tranche de subsides.

Tarifs aux TEC: double peine ou pas?

Pascale Serret, « Vers l’Avenir », 30 octobre 2014

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Oui, la Wallonne du Transport (la SRWT, qui chapeaute les TEC) a fait des propositions pour coller à l’effort budgétaire qui lui est demandé par le gouvernement wallon. Oui, le plan est sur le bureau du ministre des Transports. Non, rien n’est encore décidé. Les chiffres ne sont donc pas officiels.

Mais en matière de réduction des coûts et d’augmentation des recettes, la marge de manœuvre est limitée. Pour rappel, une dotation supplémentaire de 7 millions a été garantie pour 2015.

  1. Ce qui est sur la table

Le 22 octobre dernier, le conseil d’administration de la SRWT a passé en revue les pistes permettant de répondre à un effort budgétaire de 6 millions€ pour 2015. «On peut jouer sur trois curseurs: les coûts internes, le coût du réseau (à revoir à la baisse) et la tarification (à revoir à la hausse)», résume Stéphane Thiéry, porte-parole du Groupe TEC. Sur papier, une hausse des tarifs à la hausse permettrait de réaliser la moitié de l’effort budgétaire: 3 millions€.

  1. Et ça donne…

2% de plus en moyenne pour les abonnés du TEC et aussi + 3,39% pour les tarifs multiparcours. Le billet simple passerait de 1,90€ à 2,10€. «C’est ce qui nous paraît à peu près équitable par rapport au reste de l’Europe, mais aussi par rapport à De Lijn et à la STIB (lire ci-dessous)», fait remarquer Stéphane Thiéry. On augmente aussi l’abonnement des plus de 65 ans: gratuit il y a quelques mois encore, il est ensuite passé à 36€ et il sera peut-être majoré à 60€. «Mais en valeur absolue, c’est 5€ par mois pour un libre parcours complet. Et ça reste gratuit pour les plus faibles revenus, les statuts BIM et Omnio», plaide Stéphane Thiéry. On transforme aussi l’opération Noctambus: on se concentre non plus sur les circuits festifs pour clients en goguette mais sur les usagers qui font leurs courses le 31 décembre (gratuit) et sur ceux qui rentrent très tard ou très tôt de la Saint-Sylvestre (gratuit à l’aube). « Ça, c’est dans le lot des mesures internes, ponctuelles. »

  1. Et l’offre? «À la marge!»Le réseau doit aussi contribuer à l’effort budgétaire.

«Mais à la marge, seulement sur les lignes où il y a peu de clients, de moins en moins, ou plus du tout. Ce sera imperceptible pour l’usager. Tout comme la réduction des coûts internes sera imperceptible pour le personnel », promet la SRWT.

  1. Côté syndical

On grogne évidemment. Bruno Belluz, permanent CSC, s’énerve. «C’est la douche froide. Depuis 2008, c’est sans arrêt qu’on restructure, qu’on détricote l’offre tout en augmentant les tarifs. Tous les deux ans, il y a un plan d’économie à réaliser. Mais ce qui nous met le plus en rogne, c’est qu’on va subir une dégradation des conditions de travail du personnel. Si on réduit l’offre, on surcharge d’autres bus. Et ça crée de la tension. Et qui est en première ligne? Les chauffeurs! »

  1. «La majorité mange sa parole»

L’opposition Écolo rirait bien si la situation ne concernait pas le pouvoir d’achat des usagers. « La coalition PS-cdH semblait entrer dans l’austérité quasi en chantant. Au fur et à mesure que se dissipe le brouillard et que se précisent les options du gouvernement wallon, il faut pourtant déchanter», ironise Stéphane Hazée, député wallon Écolo. Le pouvoir d’achat des Wallons est touché. Comme au fédéral. D’où la formule de «double peine», adoptée assez largement ici et là depuis quelques semaines.

6.Le tweet de Carlo 

La balle est dans le camp du gouvernement wallon, qui peut avaliser les pistes de la SRWT ou opter pour d’autres hypothèses. Le gouvernement wallon aura le dernier mot. Sur Twitter, le ministre compétent Carlo Di Antonio (CDH) a assuré que les chiffres publiés n’étaient pas exacts. Rien n’est encore décidé. Or, il ne communiquera que «quand les décisions seront prises. Décider d’abord, communiquer ensuite », tweete-t-il doctement.

La Wallonie exporte plus que la Flandre

« Le Soir », Belga, 30 octobre 2014

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Les exportations wallonnes ont progressé de 3,6 % au premier semestre 2014 par rapport aux six premiers mois de 2013 pour atteindre 21,11 milliards d’euros, a annoncé l’Agence wallonne à l’exportation (AWEX) en marge d’une mission économique et technologique wallonne au Canada. Les exportations wallonnes enregistrent ainsi leur quatrième trimestre consécutif de hausse et renouent avec la croissance sur les marchés lointains (hors UE).

 

Il s’agit de bons résultats, compte tenu du fait que la croissance mondiale a ralenti, à 2,7 % au premier semestre 2014. Nous faisons donc mieux, a commenté Pascale Delcomminette, administratrice générale de l’AWEX.

La Wallonie fait également mieux au premier semestre que la Flandre (+3,5 %), l’Allemagne (+2,4 %), les Pays-Bas (+0,3 %), l’UE15 (-0,6 %) et la France (-1,9 %) qui constituent le panier habituel auquel la Wallonie se compare. Sur la période 1996-2014, la croissance moyenne des exportations wallonnes se monte à 6 %, ce qui est en deçà de la performance des Pays-Bas (+6,4 %) et de l’Allemagne (+6,3 %) mais devant la Flandre (+5,8 %), l’UE15 (+5,4 %) et la France (+4,1 %).

Il est intéressant de constater le retour de la croissance à la grande exportation, souligne l’administratrice générale de l’AWEX alors que les ventes wallonnes hors Union européenne ont augmenté de 2,7 % au premier semestre après un  passage à vide en 2012 (-3,5 %) et 2013 (-1,5 %).

Les exportations wallonnes se redressent en Amérique du Sud (+15,4 %), en Afrique subsaharienne (+6,1 %), en Extrême-Orient (+5,3 %), en Afrique du nord (+4,9 %) et au Proche et Moyen-Orient (+2,3 %).

Cela conforte la pertinence du programme d’actions de l’AWEX dont 60 % sont orientés vers la grande exportation, estime Pascale Delcomminette, pour qui cet accent mis sur la grande exportation ne doit toutefois pas se faire au détriment des marchés de proximité, qui restent, à l’instar de la France ou de l’Allemagne, les premiers débouchés commerciaux de la Wallonie.

Le commentaire du Gewif :

On ne peut évidemment que se réjouir de cette nouvelle. Si la tendance se confirme, la Wallonie pourra en effet récupérer les baisses successives de 2012 et 2013.

Les comparaisons en chiffres relatifs restent toutefois trompeuses. Il est plus facile d’augmenter de 3,6% des exportations qui s’élèvent à 40 milliards d’euros que d’augmenter de 3,5% les exportations de Flandre qui atteignent 189 milliards d’euros. Ne parlons même pas de l’Allemagne.

Les TEC envisagent des hausses de tarif pour combler leur déficit

« Le Vif », 29 octobre 2014

2014-10-29_193722Le conseil d’administration de la Société régionale wallonne des Transports (SRWT), l’organisme qui chapeaute les TEC, envisage une hausse des tarifs à partir du 1er février 2015 afin de combler pour moitié le trou de six millions d’euros dans le budget des transports publics wallons, rapportent les titres Sudpresse mercredi.

Ces augmentations, qui doivent encore être approuvées par le gouvernement wallon, passent par une hausse de 3,39% des tarifs multiparcours ainsi qu’une augmentation du prix de l’abonnement des plus de 65 ans, qui passerait de 36 à 60 euros. Les autres abonnements verraient leur prix s’élever de 2% en moyenne tandis que le voyage « simple » serait facturé 2,1 euros, au lieu de 1,9 euro actuellement.

Trois millions d’euros seraient trouvés via une réduction des dépenses, dont 1,5 million en réduisant les frais de fonctionnement. Le service Noctambus, qui fonctionne la nuit de la Saint-Sylvestre, pourrait être supprimé ou repensé. L’autre million et demi serait trouvé en réduisant l’offre de transport: chacune des cinq sociétés TEC devrait examiner les services sur lesquels faire des économies.

La CGSP Tram-Bus-Métro rejette ces mesures d’économies qui toucheront dit-elle le personnel et le pouvoir d’achat des usagers. Elle annonce des perturbations les 6 et 24 novembre, les 1er et 8 décembre, ainsi que le 15 décembre, jour de la grève générale annoncée par les syndicats.

Awex: « Nous allons privilégier les PME de moins de 5 ans »

Martial Dumont, « Vers l’Avenir », 29 octobre 2014

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Pascale Delcomminette, dans le cadre de l’assainissement budgétaire wallon, l’Agence wallonne à l’exportation va devoir raboter son budget de 10%. C’est la bonne méthode?

C’est la méthode la plus facile pour respecter la trajectoire budgétaire imposée par l’Europe. Nous, on est dans la loyauté. Ce ne sera pas facile. Mais ce n’est pas une surprise. C’est aussi une chance de faire d’une contrainte une opportunité…

Ah bon, comment ça?

On doit se reposer des questions sur des choses mises en place à un moment d’opulence. Nous avons fait cela de manière structurelle. Je ne voulais pas de football panique.

Et ce sera quoi, dans les grandes lignes, cette restructuration?

60% de nos dépenses sont des frais fixes. Pour le reste on a travaillé sur la réduction des frais généraux, il y aura le non-remplacement de 4 départs sur 5. Et on va diminuer l’encadrement des missions. Quand 5 entreprises partent en prospection, faut-il envoyer quelqu’un de Belgique alors qu’on a un attaché commercial sur place? Non. Nous allons aussi réduire les actions de l’Awex. On est déjà passé de 180 à 150. Nous devrons aussi checker nos représentations à l’étranger. Je ne dis pas qu’on va en supprimer. Mais il faut les évaluer en fonction des évolutions géopolitiques, par exemple.

Vous allez aussi réduire les aides aux entreprises?

Nous allons indexer la participation des entreprises aux frais lors de salons ou de foires. Ça n’a plus été fait depuis 15 ans. Et nous allons également réduire les incitants financiers, c’est-à-dire les aides à la prospection, à la consultance ou à la création de sites internet pour les entreprises par exemple. Par contre, nous allons désormais simplifier les aides auxquelles elles auront droit. Elles pourront gérer une enveloppe budgétaire plafonnée mais beaucoup plus souple. Les entreprises ont autant besoin de simplification administrative que de moyens.

Mais le gouvernement wallon a fait du développement des PME une priorité! Leur enlever des moyens, ça ne risque pas de les empêcher d’exporter? On ne risque pas de se retrouver uniquement avec de grosses entreprises qui auraient la possibilité de prospecter les marchés étrangers?

Non. Dans notre réflexion, c’est le contraire: nous allons plus soutenir les PME avec un bonus aux entreprises qui démarrent. Les entreprises de moins de 5 ans bénéficieront d’un supplément de budget. On fera de la discrimination positive pour les PME. Ce sera notre critère principal.

On peut imaginer que des entreprises plus grosses ne bénéficient plus d’aides du tout et que toutes les aides de l’Awex se concentrent sur les PME?

Non, l’Awex assurera toujours un service minimum pour toutes les entreprises. Par contre, dans ce cadre-là, je me réjouis que le non-remplacement des personnes qui quittent l’Awex ne soit que pour deux ans. On est une entreprise de services aux entreprises. En dessous d’un certain niveau de moyens, on risque de ne plus pouvoir assurer notre service…

C’est un message au gouvernement?

Je dis simplement attention: les exportations, ça rapporte. C’est 70% du chiffre d’affaires de nos entreprises. Le gouvernement doit aussi en être bien conscient si nous voulons continuer à créer de la valeur.

Inquiétude à Liège Airport: la Région wallonne veut réduire les subsides de 15%

« Le Soir », Belga, 29 octobre 2014

2014-10-29_192926La Région wallonne s’apprête à imposer une réduction de 15 % sur le montant des subsides de sécurité incendie et de sûreté à Liège Airport. Un manque à gagner de 2,4 millions d’euros, révèle L’Echo mercredi.

Le cabinet du ministre Carlo Di Antonio (CDH), en charge de la politique aéroportuaire, se refuse pour l’instant à tout commentaire et renvoie à la mi-novembre lors d’une communication globale sur le budget wallon.

Vers un départ de la société Aéroports de Paris de Liège Airport ?

En attendant, l’inquiétude à Liège Airport est d’autant plus justifiée que les Aéroports de Paris (ADP), actionnaires à 25 % de Liège Airport, via leur filiale ADPm, ont déjà tiré la sonnette d’alarme. L’an dernier, ils ont envoyé un courrier aux autorités wallonnes dans lequel ils conditionnent leur maintien dans le capital de l’aéroport liégeois à celui des subsides.

La réduction des subventions s’appliquera également à Brussels South Charleroi Airport.

La furie syndicale ou le retour du catoblépas

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La Wallonie ne s’est jamais remise de la grande grève de l’hiver 1960-1961. Celle-ci causa d’énormes dégâts en pure perte, puisque la « loi unique », qu’elle était censée contrer, fut adoptée par le Parlement le 13 janvier 1961.

Le projet de loi, déposé à la Chambre le 4 novembre 1960 et présenté comme un bloc indivisible et quasi inamendable, contenait une série de mesures frappant pratiquement toutes les classes de la société. Il s’agissait, pour le gouvernement Eyskens  (social chrétien – libéral) de procéder à un assainissement drastique des secteurs financiers et sociaux. Le Premier ministre évoquait « les dépenses provoquées par les événements africains », mais, en fait, la crise financière résultait de dix ans d’imprévoyance et de stagnation.

Voilà qui n’est pas sans rappeler la situation que nous vivons aujourd’hui. On assiste, en effet, à un tir de barrage syndical contre le programme de redressement économique défendu par la coalition « suédoise » de Charles Michel.

Le surendettement que connaissent la plupart des pays européens est un fléau qui s’est fait douloureusement ressentir lors de la crise mondiale de 2008. Aujourd’hui, pour ne pas mettre en péril le mécanisme de l’unification européenne, il importe donc que les partenaires prennent les mesures nécessaires, conformes à l’esprit des Traités. Sous l’ère du Chancelier allemand social-démocrate Gerhard Schröder (2002-2005), l’Allemagne a fait, comme on le sait, les efforts nécessaires pour remettre le pays sur les rails et assurer la croissance. Elle attend aujourd’hui de ses partenaires la même gestion rigoureuse.

Avec une dette de 400 milliards d’euros, qui représente 104,5% du PIB, la Belgique doit impérativement corriger le tir. Non seulement, elle figure parmi les pays fondateurs de l’Union européenne, mais elle abrite le siège des institutions européennes.

Nous ne sommes pas de ceux qui s’acharnent à accabler l’Union européenne de tous les maux. L’idéal poursuivi par les pères de l’Europe nous paraît, en effet, essentiel, non seulement pour assurer la paix mais aussi pour pouvoir faire face aux multiples questions que pose le contexte de la mondialisation. Nous pensons donc que tout doit être mis en œuvre pour le préserver.

Le  programme de la « suédoise »  souligne la volonté d’associer les partenaires sociaux, mais les discours agressifs des leaders syndicaux  semblent avoir déjà miné toute tentative de concertation.

L’attitude intraitable des Marc Goblet et consorts nous rappelle le sort du catoblépas, cet animal légendaire à long cou grêle, dont la lourde tête traînait à terre et qui n’avait d’autre choix que de brouter ses propres pattes. Une chose est de vouloir maintenir intacts les droits acquis, une autre chose est de disposer de débiteurs solvables.

En créant le Mouvement Populaire Wallon en 1961, le syndicaliste liégeois André Renard nourrissait l’ambition d’imposer le fédéralisme et des réformes de structures afin de donner un souffle nouveau à la Wallonie. Sa mort prématurée, en 1963, ne permit pas d’atteindre l’objectif fixé. Le parti socialiste préféra la stagnation au changement. Dans l’opposition en 1974, il boycotta la mise en route de la régionalisation préparatoire et pratiqua, deux ans durant, la politique de la chaise vide au Conseil régional wallon. Ce ne fut qu’à la mi-1976 qu’il s’engagea résolument dans la voie fédérale.

Il fallut attendre 1980 pour que la régionalisation définitive intervienne au niveau de la Flandre et de la Wallonie. Bruxelles dut patienter jusqu’en 1988.

Contrairement au Sud, le Nord a su rapidement profiter des compétences de plus en plus étendues qui lui étaient octroyées. Une gestion rigoureuse et efficace l’a ainsi amené à figurer parmi les régions d’Europe les plus dynamiques et performantes. Nonobstant la crise mondiale de 2008, le gouvernement flamand est aujourd’hui en mesure d’afficher, pour la cinquième année consécutive, un budget en équilibre.

Marquée à gauche, la Wallonie continue à stagner, ainsi que le confirme le « Point conjoncturel » d’octobre de l’Union wallonne des Entreprises. La nouvelle coalition PS – CDH n’incite manifestement pas le monde entrepreneurial à investir. Or, sans investissements, pas d’emplois nouveaux et donc pas de croissance. Et l’on peut s’attendre au pire si les semaines à venir connaissent l’agitation syndicale.

Bart de Wever a largement gagné son pari : il est parvenu à écarter la mouvance socialiste à Anvers, en Flandre et à l’échelon fédéral.

En Wallonie, le PS a cru lui jouer un mauvais tour en s’associant d’emblée au CDH et en laissant les libéraux réformateurs  (pourtant les seuls à avoir progressé) sur la touche. Mais sera finalement pris qui croyait prendre. Car en ne parvenant pas à réduire le fossé économique avec la Flandre et en organisant la chienlit au fédéral, le PS ne fait qu’apporter de l’eau au moulin des nationalistes flamands. Pour le dire autrement, il sape les fondements mêmes de cette Belgique à laquelle il se dit si attaché.

Si le gouvernement Michel devait connaître une fin prématurée, on imagine aisément l’impasse dans laquelle serait plongé l’Etat. Le documentaire « Bye bye Belgium » de la RTBF passerait ainsi de la fiction à la réalité.

La Nation flamande prendrait enfin son essor en tant qu’Etat souverain et… prospère. Le contexte économico-financier amènerait très vite les ultra-régionalistes wallons à sortir de leur rêve d’indépendance et à suivre la voie de la raison, c’est-à-dire celle d’un statut d’union-intégration à la France (moyennant, bien entendu, un double référendum). Bruxelles, si elle le souhaite, pourrait bénéficier d’un même statut, à moins qu’elle ne préfère opter pour celui de Cité-Etat.

L’erreur diplomatique de 1830 (l’ « accident de l’histoire », pour reprendre la formule d’Yves Leterme) serait ainsi réparée. C’en serait fini de ces interminables et paralysantes chamailles communautaires !

Jules Gheude