Le président catalan convoque un référendum sur l’indépendance

« Le Soir », 27 septembre 2014

2014-10-02_110011Le président catalan Artur Mas a convoqué samedi pour le 9 novembre un référen-dum sur l’indépendance de cette riche région de l’Espagne, défiant le gouvernement de Madrid qui veut empêcher cette consultation.

Le gouvernement espagnol a prévu de se réunir lundi pour faire appel au Tribunal constitutionnel contre cette consultation qui selon lui viole la Constitution. Cet appel suspendra automatiquement le décret de convocation signé solennellement par Artur Mas au palais de la Generalitat, le gouvernement catalan.

Organiser quand même la consultation serait pour la Catalogne sortir de la légalité, ce qu’Artur Mas s’est engagé à ne pas faire.

« La Catalogne veut s’exprimer, elle veut être écoutée, elle veut voter », a déclaré le dirigeant qui n’a cessé de demander au gouvernement et au Parlement espagnols d’autoriser cette « consultation populaire », comme Londres a autorisé le référendum du 18 septembre au cours duquel l’Ecosse a dit non à l’indépendance.

« Nous voulons voter », a-t-il répété, faisant écho au slogan des indépendantistes qui ont une nouvelle fois manifesté par centaines de milliers à Barcelone le 11 septembre, jour de la Catalogne.

« La Constitution espagnole a un problème »

Sur fond de crise économique, les aspirations à l’indépendance montent en Catalogne, dont les 7,5 millions d’habitants produisent 20 % de la richesse de l’Espagne, depuis qu’elle a vu en 2010 son statut d’autonomie amendé par le Tribunal Constitutionnel, qui lui a notamment retiré la reconnaissance de « nation ».

Quand Madrid a refusé en 2012 d’accorder à la Catalogne plus d’autonomie dans la perception et la gestion des impôts, Artur Mas s’est engagé à organiser cette consultation.

« C’est comme ça que s’expriment les démocraties et que naissant les projets politiques, en votant. C’est la responsabilité de la démocratie de ne pas y faire obstacle », a-t-il proclamé dans la grande galerie du palais gothique de la Generalitat, le gouvernement catalan.

Pour le gouvernement conservateur espagnol comme pour l’opposition socialiste, cette« consultation sans effet contraignant » est un référendum déguisé. Or la Constitution ne permet pas à une région de se prononcer sur son avenir quand il concerne l’ensemble de l’Espagne.

Auprès du gouvernement de Madrid, on explique que la suspension du décret par le Tribunal constitutionnel empêchera les fonctionnaires en Catalogne de participer à l’organisation du scrutin et ôterait toute validité à une consultation qui se tiendrait sans eux.

Dans l’entourage d’Artur Mas, on évoque la convocation de nouvelles élections avec un programme ouvertement indépendantiste au cas où il faudrait renoncer au référendum.