Archives mensuelles : juin 2014

«L’Awex est un outil qui rapporte à la Wallonie», Pascale Delcomminette

François-Xavier Lefevre, « L’Echo », 30 juin 2014

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Changement de règne… C’est ce 1er juillet que Pascale Delcomminette succède à Philippe Suinen à la tête de l’Agence Wallonne à l’exportation (Awex).

Avec Wallonie Bruxelles international (WBI), elle dirigera plus de 750 personnes. Cette arrivée se fait dans un contexte budgétaire délicat. Pascale Delcomminette s’attend à devoir comprimer les dépenses de ses deux institutions. Si toucher au nombre d’attachés commerciaux à l’étranger ou faire appel au privé pour promouvoir des artistes n’est pas un tabou, elle avertit le prochain gouvernement: toucher à l’argent dépensé au niveau de l’exportation aura un impact en Wallonie.

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Le 1er juillet, vous succédez à Philippe Suinen à la tête de l’Awex. Dans quel état d’esprit est-on quand on est appelé à prendre la tête d’une institution qui emploie 750 personnes?

Je suis enthousiaste car, de par son territoire limité, la Wallonie et la Fédération ont besoin d’international comme de pain. Le développement socio-économique de la Wallonie ne peut passer que par l’international. On le voit, les entreprises font 70% de leur chiffre d’affaires à l’exportation. Je me retrouve donc au cœur d’une administration qui a toute son importance. Et puis, d’un point de vue personnel, c’est l’aboutissement d’un parcours professionnel qui converge vers cette fonction.

Passer de l’ombre à la lumière, du métier de technicienne au sein d’un cabinet ministériel à celui de responsable du commerce extérieur de la Wallonie, c’est quelque chose pour lequel on doit se préparer?

On se prépare à manager les gens. Mais mon parcours dans les cabinets a été une très bonne école. Je suis passée de fonctions de technicienne à des postes de manager comme chef de cabinet, où vous devez gérer 100 personnes. C’est là que j’ai commencé à développer des techniques de mobilisation des équipes. Cette préparation est faite. Ici, il y a plus de monde mais il y a différents niveaux de délégation. Quant à la visibilité, on s’y prépare petit à petit.

Qu’est ce qui vous motive à être au service de la Wallonie?

Je ne vais pas me positionner comme régionaliste mais mon cœur est en Wallonie depuis que j’ai débuté ma carrière à l’Awex. L’avenir est dans le développement des Régions. La Wallonie a des atouts culturels, je le vois avec WBI. Nous avons des entreprises qui marchent. C’est très motivant de travailler pour une région qui reçoit de plus en plus de compétences. C’est à ce niveau de pouvoir qu’on a le plus de leviers d’action pour faire bouger économiquement les choses et ce sera de plus en plus le cas à l’avenir.

Le Fédéral n’a-t-il plus grand intérêt car plus grand-chose à dire?

Tout ce qui est régalien reste au fédéral. Mais il est certain que la Wallonie a acquis beaucoup de compétences au niveau économique et nous les gérons bien.

En théorie, votre contrat s’arrête le 31 décembre. Vous êtes donc là pour 6 mois. N’est ce pas une position inconfortable?

J’avance comme si c’était un job à long terme. Les prochains mois vont me servir à montrer que j’ai de vrais projets à long terme.

Avec quel regard arrivez-vous à l’Awex?

Je connais le métier de l’Awex et son fonctionnement. Entre-temps, j’ai pu développer mes réseaux auprès des partenaires sociaux et des entreprises. J’arrive donc à la fois avec un regard interne mais aussi avec un regard nouveau qui permettra d’insuffler quelque chose de neuf et d’aller plus loin dans le processus qui est lancé à l’Awex. L’idée n’est pas de casser les choses. L’Awex et WBI sont des structures qui sont orientées sur les clients et le long terme. Il faut les consolider et aller un pas plus loin.

Est-ce un reproche à l’égard de votre prédécesseur Philippe Suinen?

Non, Philippe Suinen a contribué à faire des agences des institutions orientées clients. Il a été aussi loin qu’il pouvait. Il faut consolider ce mouvement et aller un pas plus loin. Ce n’est pas du tout un reproche.

Sur quel dossier allez-vous travailler en priorité?

Nous devons faciliter la vie des chefs d’entreprises. Les entreprises doivent pouvoir se concentrer sur le core business. C’est essentiel. Si la Wallonie a besoin d’international comme de pain, nous avons également besoin de relance industrielle. L’Awex doit être un facilitateur. Il y a un chantier de simplification au niveau des incitants financiers qui doit être entrepris. Il faut permettre aux entreprises d’avoir un accès plus facile aux incitants financiers. Je veux également proposer un monitoring permanent des différents aides et des différents outils. Ce qui est proposé correspond-il bien aux besoins des entreprises, aux évolutions technologiques et à l’environnement international? Je veux également connaître l’impact de toutes ces aides.

Et aux niveaux des investissements étrangers?

Le repérage systématique des investisseurs potentiels pratiqué par l’Awex doit être plus scientifique afin de nous permettre de ne rater aucune occasion. Il faut également capitaliser sur l’innovation. Plus de 58% de nos exportations concernent des secteurs à haut potentiel technologique, dont les pôles de compétitivité. Il faut capitaliser là-dessus.

Vous évoquiez une évaluation des incitants auprès des entreprises. Estimez-vous qu’il y a trop d’incitants?

On prépare un dossier pour le prochain gouvernement. Il faut regrouper et simplifier les incitants. Il faut également mettre en place des packages avec des plafonds sans être trop restrictif. Je propose de mettre trois ou quatre types d’aides (comme des aides à la mobilité pour les entreprises qui souhaitent participer à un salon ou une foire) que les entreprises géreront dans une enveloppe déterminée. Ce sera plus simple.

Au niveau de toutes les aides qui existent sur le sol wallon, ne faudrait-il pas également plus de clarté en les regroupant dans un grand pot commun?

Peu importe le back-office si l’information est claire. Pour une entreprise, peu importe que les aides soient regroupées dans une ou vingt structures tant qu’elles sont disponibles.

La principale mission de l’Awex est d’aider les PME à grandir via l’international. Avez-vous le sentiment que les choses bougent? Cela fait 10 ans qu’on dit qu’il faut faire grandir les PME wallonnes!

On doit inscrire nos actions et orienter nos incitants vers les entreprises en croissance. On doit pouvoir se poser cette question. Au niveau des outils économiques, tout le panel de soutien existe et il permet de compenser la frilosité bancaire. Ces outils sont contra-cycliques. Maintenant, le plus compliqué est de persuader les entreprises de passer dans une phase de croissance qui est parfois dangereuse

Le tissu économique wallon s’est-il amélioré en 10 ans?

Je vois énormément de sociétés briller à l’international et une reconversion industrielle qui fonctionne pas si mal que cela.

C’est cependant insuffisant pour infléchir la courbe du chômage…

Oui car nous avons des situations comme Arcelor. Si l’emploi est une faiblesse, les exportations progressent. Cela ne peut être que profitable.

La prochaine législature va certainement vous imposer des économies. Quelles sont les pistes à l’Awex et WBI pour participer à l’effort commun?

On a déjà beaucoup contribué. Sur trois personnes qui s’en allaient de l’Awex ou WBI, une seule était engagée. Depuis 2009, nous avons diminué de 8% notre nombre d’équivalents temps plein à l’Awex et de 11% à WBI. En frais de fonctionnement, WBI a diminué son budget de 22%. Les maisons ont fait un effort. Pour 2015, on a réduit le programme d’actions de l’Awex et on va réfléchir à un resserrement au niveau des coopérations bilatérales à WBI. Mais 2015 est une année particulière car on a des grands événements comme Milan 2015, Waterloo, le Forum de la langue française, la présidence du Conseil de l’Europe, Mons 2015. Ce sont des one shots qui nécessitent des budgets particuliers.

Des économies sont-elles envisagées dans vos réseaux à l’étranger?

Nos réseaux à l’étranger doivent faire partie de la réflexion. Il faut une remise à plat. Nous avons 17 délégués, 80 attachés et 7 agents de liaison scientifiques. On doit réfléchir à des synergies entre ces réseaux. Est-ce vraiment utile d’être à trois sur un même poste? L’Awex et WBI doivent optimiser leur réseau.

Entendez-vous diminuer le nombre d’attachés commerciaux à l’étranger?

Ce n’est pas un tabou pour moi. On doit analyser la situation. Il y aura des économies mais l’analyse doit se faire en réfléchissant à la position de l’ensemble de nos réseaux et en fonction des réseaux bruxellois et flamand. On pourrait déplacer certains attachés et confier à un délégué une fonction plus économique. Cette analyse doit se faire en fonction des besoins des entreprises. Rien n’est exclu.

La Wallonie ne peut pas couvrir la planète entière…

Non et on doit avoir le courage de cibler nos priorités. On réfléchit également à des partenariats entre le public et le privé ou des sponsorings pour des actions spécifiques au niveau de la valorisation de nos artistes à l’international. Faire venir des privés est certainement une piste à étudier pour certains événements.

Le gouvernement doit-il toucher au budget de l’Awex?

Il ne faut pas faire d’économies sur le développement économique. On doit même certainement mettre davantage de ressources à disposition du développement socio-économique. Tout argent dépensé au niveau de l’exportation offre un retour. Cet élément doit être pris en compte par le gouvernement au niveau de ses plans de restrictions budgétaires. L’Awex est un outil qui rapporte à la Wallonie.

La Wallonie veut booster son e-commerce

François Bailly, « L’Echo », 26 juin 2014

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C’est devenu une tradition. Chaque année, l’Agence Wallonne des Télécommunications (AWT) publie son baromètre de l’utilisation des nouvelles technologies à l’échelle de la région. On y apprend que la fracture numérique s’y réduit même si 36% de Wallons continuent de vivre sans accès internet pour x ou x raisons.

On y découvre que la tablette a fait une percée dans la vie du citoyen lambda. iPad, Galaxy Tab et autres équiperaient aujourd’hui près d’un foyer sur trois (28%) avec une pénétration en hausse de 12% sur un an.

Cette année, l’AWT place néanmoins son curseur sur l’e-commerce « qui reste l’un de nos plus grands cauchemars en Wallonie» », épinglent ses dirigeants. « Et il est plus que temps d’agir ! », tranchent-ils.

Passer à côté du Graal

Selon les chiffres du secteur de la distribution que reprend l’Agence Wallonne des TIC, le business en ligne a pesé l’an dernier pour un total de 60 milliards d’euros en Belgique. « Seuls 10% de ces ventes ont pourtant été réalisées par des entreprises belges », précise l’AWT.

Parmi les raisons de ce ratage : le manque d’agressivité du commerçant wallon, l’étroitesse de son offre « due aussi à la difficulté qu’il a à s’ouvrir à l’international, alors qu’il reste confiné sur un marché national à la taille incomparable à la France ou lesPays-Bas dont proviennent la majorité des sites de ventes concurrents ».

L’AWT souligne que seuls 30% des sites d’e-commerce hébergés en Wallonie disposent de versions multi-lingues (Anglais et/ou Néerlandais), leur permettant de s’ouvrir à une clientèle étrangère .Seuls 44% d’entre eux proposeraient une plateforme de paiement sécurisé, « or c’est devenu un argument crucial  pour conclure l’achat ».

Presque aussi déterminant que les forums d’avis et de commentaires sur la marchandise sur lesquels se fonde masse d’internautes pour fixer leurs choix. Ici non plus, l’e-commerçant wallon « n’a pas encore adopté le reflexe », note l’AWT. Moins d’un webshop sur cinq offre, selon son étude, cette interactivité.

L’enjeu du mobile

Pour l’AWT, le plus grand « couac » de l’e-commerce « Made in Belgium » reste néanmoins la quasi inexistance de sites adaptés aux nouvelles plateformes mobiles.  Seulement 3% des vendeurs en ligne distingueraient  réellement leur contenu pour le rendre lisible sur l’écran d’un smartphone ou d’une tablette. Or, « le mobile ce n’est pas prendre un site internet et le rendre plus petit. Il faut le repenser différemment »

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« 95% des patrons wallons ont plus de 45 ans. Ils n’ont pas tous la fibre pour les nouvelles technologies comme peut l’avoir la génération Y », analyse l’AWT. « Nos entreprises de commerces doivent pourtant bien comprendre que le risque de se couper du consommateur moderne est grand », prévient l’organisme de promotion.

Aujourd’hui l’achat impulsif se fait assis dans le coin du sofa ou en trois clics dans une salle d’attente »,  contextualisent ses responsables pour qui « il ne faut pas laisser le train passer ». Un des remèdes, au-delà d’une meilleure information sur les nouveaux modes de consommation, pourrait être « de mutualiser les forces et les besoins des petites et moyennes entreprises », estime l’AWT.

Maxime Prévot est le nouveau président du parlement wallon

Belga, 13 juin 2014

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Les 75 députés wallons ont prêté serment ce vendredi. Le parlement wallon est donc officiellement installé. Maxime Prévot (CDH) est désigné président.

Auparavant, le parlement avait rejeté en séance plénière la proposition de recomptage des votes dans la circonscription de Charleroi par 43 voix contre et 32 pour. Le PS et le CDH ont voté contre, les autres partis l’ont soutenue. Après trois jours de débat, la Commission de vérification des pouvoirs de l’assemblée a jugé recevable et fondée la réclamation du PTB à l’issue des élections du 25 mai.

Les socialistes et les centristes ont toutefois fait savoir qu’ils ne soutenaient pas cette conclusion de la Commission. Selon eux, les motifs invoqués par le parti de gauche radicale ne peuvent être pris en compte parce qu’ils seraient non probants: lettres adressées une semaine après le scrutin, aucune mention de problème dans les procès-verbaux de dépouillement, etc. « Ce serait dangereux de mettre en cause par des ouï dire et des rumeurs le travail de simples citoyens, contrôlés par des magistrats », a souligné Pierre-Yves Dermagne (PS).

Opinion contraire au MR. Le chef de groupe des Réformateurs a mis en garde l’assemblée contre le doute qui s’installerait dans la population sur la validité de l’élection du parlement. « Le doute s’est installé. Les gens s’interrogent: les élus que nous retrouvons au parlement wallon sont-ils bien ceux que nous avons choisis? Ce doute est inadmissible », a lancé Willy Borsus.

Un toilettage législatif s’impose à Namur

Eric Deffet, « Le Soir », 13 juin 2014

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On ne se méfie jamais assez de la loi, surtout quand elle est mal rédigée ou inadaptée aux circonstances auxquelles elle devrait s’appliquer. Au-delà des tourments que le Parlement wallon traverse depuis le début de la semaine et qui pourraient se prolonger ce vendredi, c’est le constat qu’il faut dresser : le ridicule de la situation et les errements des élus ont été nourris par des décrets et des règlements qui n’ont ni queue ni tête.

Conséquence : il est urgent de procéder aux modifications législatives qui empêcheront que de telles simagrées se reproduisent. Il y a déjà unanimité, semble-t-il, sur la nécessité de revoir les règles qui prévalent pour valider les pouvoirs et installer les élus sortis des urnes.

L’auto-validation par les élus eux-mêmes est une incongruité voire un scandale démocratique. Mais que dire du tirage au sort organisé sur un coin de table pour désigner les députés (pas encore installés) qui vont vérifier leurs propres pouvoirs et ceux de leurs collègues et/ou opposants ? Cette fois, le hasard a porté le MR provisoirement au pouvoir (4 sièges sur 7).

Et si un jour le sort était favorable à des élus de partis non démocratiques ?

Non vraiment, il faut changer cela au plus vite !

Et puis il y a le décret sur le décumul des mandats qui va trouver à s’appliquer pour la première fois ce vendredi.

Une nouvelle fois, le parlement va écrire le droit en direct et sans filet. Et la chute mortelle est un scénario envisageable.

Cette disposition a été voulue par Ecolo au début de la précédente législature, avec le consentement à contrecœur du PS et du CDH dont des membres éminents jugent aujourd’hui le texte imbuvable.

En fait, ce décret pose une vraie question, celle du cumul des mandats, mais n’y apporte qu’une réponse partielle et imparfaite. Ce critère du taux de pénétration pour sélectionner les élus qui pourront conserver leur mandat local semble avoir été choisi par défaut. Surtout, le décret présente des brèches béantes dans lesquelles les députés les plus procéduriers risquent de s’engouffrer : pas de délai pour renoncer à un mandat ni de sanction pour les récalcitrants. C’est la porte ouverte à toutes les interprétations.

L’aéroport de Charleroi a perdu quelques plumes en 2013

Belga, 12 juin 20142014-06-13_190858

La société gestionnaire de l’aéroport de Charleroi (BSCA) a clôturé l’année 2013 avec un bénéfice en baisse de près de 5% à 9,59 millions d’euros, peut-on lire jeudi dans le quotidien l’Echo. La part de marché de Ryanair se situe à 82,7%, en baisse de 0,4% au profit de Wizzair et de Jetairfly.

L’aéroport a terminé l’année 2013 avec un volume de passagers en hausse de 4,13% à près de 6,8 millions de voyageurs (6.786.979 voyageurs) par rapport à 2012 (6.516.427 voyageurs). Dans le même temps, son chiffre d’affaires enregistre une progression de plus de 5% et s’établit à près de 61 millions (60.951.284 euros) contre environ 58 millions en 2012 (57.946.38 euros).

« La baisse du bénéfice s’explique par une hausse des coûts salariaux et l’amortissement des travaux réalisés en 2013. Il y a aussi le développement des parkings pirates qui a un peu impacté nos recettes commerciales non-aviation », a indiqué Jean-Jacques Cloquet, l’administrateur délégué de BSCA.

La Wallonie loupe sa rentrée

Eric Deffet, « Le Soir », 11 juin 2014

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Une question vient à l’esprit au soir de l’hallucinante séance de rentrée du parlement wallon, ce mardi à Namur: comment un tel fiasco est-il possible ?

Partout ailleurs, ce moment est solennel, bétonné par une procédure insubmersible et parfois même festif (à l’heure d’écrire ces lignes tardives, le pot de bienvenue attend toujours son heure). Mais entre Sambre et Meuse, voyez-vous, rien n’a tourné rond lors de cette journée orageuse. La Wallonie dans ce qu’elle a de pire : minée par les divisions, incapable de prendre de la hauteur. On a envie de dire : « petite ».

Une catastrophe pour l’image de marque du parlement et du monde politique régional : les télévisions locales s’étaient mobilisées pour diffuser en direct l’installation de l’assemblée et les prestations de serment des 75 nouveaux élus.

Un effort louable mais qui se retourne finalement contre les élus en proie à leurs pires tourments face à l’opinion publique.

Bien sûr, ce premier rendez-vous post-électoral était à hauts risques. Le Soir l’avait souligné à plusieurs reprises : vouloir créer le droit en direct sur des sujets aussi sensibles que le cumul des mandats et des recours électoraux bien argumentés semblait très téméraire. Limite suicidaire.

Les services du greffe n’en ont pas dormi durant des jours. Ils ont tenté de prévenir les mauvaises surprises et de prévoir tous les cas de figure. Mais après un quart d’heure, l’assemblée sortait déjà des clous, alors qu’il s’agissait à peine d’installer la commission chargée de vérifier les pouvoirs des nouveaux députés.

Un premier débat qui allait donner le ton de toute la journée : PS et CDH, futurs alliés de majorité, ont battu en brèche les arguments développés par Véronique Cornet, présidente de séance libérale, puis par le groupe MR dans son ensemble.

L’exploit doit relever du Livre des records : à Namur, c’est déjà (future) majorité contre (future) opposition alors que les députés n’ont pas encore prêté serment, que la coalition envisagée est dans les limbes et que le gouvernement n’est pas annoncé avant plusieurs semaines. Il faut le faire !

Sur un même laps de temps de quelques heures, le PTB a déjà réussi à créer la zizanie à Namur avec son recours carolo. Le MR tient déjà sa première revanche, lui qui semble voué à une opposition qui promet beaucoup… Et la majorité PS-CDH s’est pris les pieds dans le tapis alors qu’il semblait si simple de trouver un accord global sur les procédures à suivre, pour éviter de sombrer dans le ridicule.

Et dire qu’on n’a encore rien vu : l’application inédite du décret sur le décumul était le véritable défi de cette rentrée. Mardi soir, on attendait de voir et on craignait le pire, après le pire.

Pourquoi je souhaite que Bart De Wever réussisse

Jules Gheude, essayiste politique (1)

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En Wallonie, les partis de l’Olivier ont perdu des plumes. Plus de la moitié  pour Ecolo, 14.450 pour le CDH et 13.450 pour le PS. Le MR en a récolté 76.000 de plus.

En choisissant de laisser le parti réformateur sur la touche et de poursuivre avec le partenaire social-chrétien, Elio Di Rupo a beau dire ce qu’il veut : il n’a pas servi la démocratie. Et « les milliers d’heures qu’il a consacrées pour garder ce pays uni » risquent bien de s’avérer vaines.

Le fossé reste immense entre une Flandre qui, grâce à une politique de centre-droit, affiche l’équilibre budgétaire et de bonnes performances économiques, et une Wallonie marquée à gauche qui, après plusieurs plans de redressement, connaît un taux de chômage de 16% et un endettement de 11,2 milliards d’euros.

C’est ce fossé qui a contribué à alimenter le discours flamand selon lequel il convenait de mettre un terme aux transferts financiers et de prôner le modèle confédéral. Bart De Wever n’a fait que s’inscrire dans cette évolution que le Parlement flamand a recommandée, dès 1999, en  adoptant les fameuses résolutions.

Rien d’étonnant dès lors à ce que la N-VA, grand vainqueur du scrutin du 25 mai avec 32% des voix, décide aujourd’hui de s’allier avec le CD&V pour constituer le prochain gouvernement flamand. « La relation entre le nationalisme et la démocratie chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand », comme a tenu à le rappeler l’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck.

Il est intéressant de rependre ici les propos tenus par l’ancien président du PS, Guy Spitaels, à propos de Bart De Wever, dans la dernière interview qu’il confia au « Soir », le 10 septembre 2011 : Très, très habile. Il est très fort intellectuellement et l’ennemi des bobos. Il n’est pas toursiveux. Il dit clairement et brutalement ce qu’il veut. (…) Ce De Wever ne me déplaît pas du tout. »

Autre constat utile, celui de Carl Devos, le politologue de l’Université de Gand : « La N-VA est un parti de centre-droit qui se déclare par ailleurs ouvertement conservateur, mais l’on ne souligne peut-être pas assez que sur certains points, il est aussi très libéral et partage un certain nombre de visions sociétales avec l’Open VLD. » (« La Libre Belgique », 22 juin 2011).

Le président du FDF, Olivier Maingain, fait donc un bien mauvais procès à la N-VA lorsqu’il va jusqu’à mettre en doute son caractère démocratique.

Européen convaincu, Bart De Wever s’inspire du modèle de gestion qui a si bien réussi à l’Allemagne. Pragmatique, il sait qu’il n’y a qu’une voie pour assurer le redressement économique. C’est celle que le gouvernement français socialiste de Manuel Valls est d’ailleurs contraint d’emprunter aujourd’hui : réduction drastique des dépenses publiques, baisse des impôts, reconnaissance absolue du rôle joué par les PME pour relancer l’emploi et, par voie de conséquence, la croissance.

Au nom de quoi la Belgique, dont la dette va dépasser les 400 milliards d’euros (soit plus de 100% du PIB), devrait-elle être le seul pays au monde à octroyer des allocations de chômage illimitées dans le temps ?

Voilà pourquoi, je rejoins le politologue Carl Devos lorsqu’il déclare qu’ « il faut donner ses chances à la N-VA ».

 

En politique, il ne faut jamais dire jamais. Les déclarations sont une chose. La real-politik en est une autre.

Rien ne dure éternellement. Tout change.

Dans son livre « La Belgique est morte, vive la Belgique ! » (Fayard, 2009), José-Alain Fralon, l’ancien correspondant du « Monde » à Bruxelles, écrivait : Si les civilisations sont mortelles, pourquoi un pays de 10 millions d’habitants ne le serait-il pas ? Et d’ajouter, à l’adresse du Roi : Que pouvez-vous faire aujourd’hui ? Pas grand-chose, vos pouvoirs étant si limités. Et puis, comment lutter contre un nationalisme flamand qui gagne imperceptiblement du terrain, comme le sable qui pénètre dans une maison en dépit des fenêtres et des portes fermées.

Qu’on le veuille ou non, le processus de la scission de l’Etat est irréversible. Mais que les francophones ne s’alarment pas. Ce ne sera pas l’apocalypse. Le tout étant de pouvoir compter sur des responsables politiques dignes de ce nom. L’après-Belgique est inscrit dans les astres. Il suffit de bien s’y préparer. Sans atermoiements funestes, mais sans précipitation inconsidérée, comme avait déclaré le Roi Baudouin, en 1959, à propos de l’indépendance du Congo.

Bref,  comme l’a encore écrit José-Alain Fralon, se préparer à une issue qui pourrait s’avérer salutaire pour tout le monde, car elle nous délivrerait enfin de ces interminables chicaneries communautaires.

Rien n’est plus dramatique que de ne pas anticiper les choses et de  se retrouver, à un moment donné, contraints de réagir dans l’urgence et la précipitation.

C’est pourquoi, nous estimons avoir fait œuvre utile en mettant sur pied, le 9 mai 2009, cette initiative citoyenne des « Etats généraux de Wallonie », pour réfléchir, de manière approfondie et objective, aux diverses options d’avenir post-belge possibles. Des travaux sérieux ont été entrepris, que l’on peut toujours consulter sur le site www.etatsgenarauxdewallonie.org (2).

(1) Dernier livre paru : « Lettre à un ami français – De la disparition de la Belgique », préface de François Perin, Mon Petit Editeur, 2013.

(2) Ils ont également été repris dans le livre  « Quand les Wallons s’éveilleront… », Mols, 2009.

Waarom ik als Franstalige wil dat Bart De Wever slaagt

10/06/2014 | http://www.knack.be/

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‘Bart De Wever past in een onomkeerbaar proces. Maar de Franstaligen moeten niet ongerust worden. Het zal niet het einde van de wereld worden. Het post-België staat in de sterren geschreven. Je moet er alleen goed op voorbereid zijn,’ schrijft Waals politiek essayist Jules Gheude.

2014-06-13_185710Alle peilingen voorspelden Bart De Wever (N-VA) als grote winnaar van de stemming van 25 mei. Het succes overtrof zelfs zijn eigen verwachtingen.

De Wever is onbetwistbaar een bedachtzame en intelligente man. Hij wil voor Vlaanderen een model dat vergelijkbaar is met het Duitse voorbeeld en hij is overtuigd Europeaan.

Net zoals voormalig eerste minister Yves Leterme (CD&V) denkt hij dat België een accident uit de geschiedenis is. En hij treedt Karel De Gucht(Open VLD), de voormalige voorzitter van de Vlaamse liberalen, bij die in 2002 verklaarde dat het koninkrijk ‘op termijn veroordeeld is om te verdwijnen, in rook op te gaan.’

Hij zou ook de recente verklaringen van de voorzitter van de Vlaamse christendemocraten Wouter Beke kunnen onderschrijven: ‘Ja, ik ben flamingant. Vlaanderen is mijn natuurlijke biotoop.’ Diezelfde Beke was in 2007 al zeer duidelijk geweest: ‘We willen een echte confederatie waar iedereen zal kunnen handelen zoals hij wil. De Walen zijn enkel gehecht aan België omwille van het geld.’

Het is niet voor niets dat CD&V en N-VA in 2004 samenwerkten. ‘De verbinding tussen het nationalisme en de christelijke democratie is diep verankerd in het Vlaamse DNA,’ verduidelijkte voormalig CD&V-ministerStefaan De Clerck.

Maingain beschuldigt De Wever ten onrechte

Bart De Wever is absoluut geen heethoofd of fanaticus. De openlijk getoonde doelstelling van zijn partij is een onafhankelijk Vlaanderen in de Europese Unie. Hij wil die niet bereiken via de revolutionaire weg, maar via een geleidelijke ontwikkeling die de criteria van de democratie respecteert. Op dat punt beschuldigt de voorzitter van het FDF, Olivier Maingain, hem ten onrechte.

Toen koning Filip de opdracht van informateur tot 10 juni verlengde, erkende ontslagnemend minister-president Kris Peeters ‘dat hij goed bezig is’.

De Wevers eerste zorg is het economische herstel via een centrumrechtse politiek. Het verbaasde me trouwens dat hij tijdens de verkiezingsdebatten met de voorzitter van de PS, Paul Magnette, niet vermelde dat dat de weg is die de Franse socialistische regering vanManuel Valls insloeg: een drastische terugschroeving van de overheidsuitgaven, een verlaging van de belastingen en een absolute erkenning van de rol van de KMO’s om de werkgelegenheid terug aan te zwengelen en daardoor ook de groei.

En kunnen we hem ongelijk geven als hij zegt dat België het enige land in de wereld is dat onbeperkte werkloosheidsuitkeringen in de tijd verleent?

‘La Belgique est morte, vive la Belgique!’

Kortom, Bart De Wever is een pragmaticus die weet dat er geen 36 verschillende manieren zijn om de welvaart terug te vinden. Die kan alleen verkregen worden door strengheid en innovatie. Zullen we hem de steen werpen terwijl we weten dat de schuld van het land meer dan 400 miljard zal bedragen, of meer dan 100% van zijn BBP?

Tijdens de verkiezingscampagne, één van de erbarmelijkste die ik heb meegemaakt, hebben de Franstalige politici duidelijk gemaakt dat ze zich nooit met de N-VA zullen verenigen om een federale regering te vormen. In politiek moet je nooit nooit zeggen. Verklaringen zijn één ding, realpolitik is iets anders. Niets blijft eeuwig duren. Alles verandert.

In zijn boek ‘La Belgique est morte, vive la Belgique !’ (Fayard, 2009) schreef José-Alain Fralon, voormalig correspondent van Le Monde in Brussel: ‘Als beschavingen sterfelijk zijn, waarom zou een land met 10 miljoen inwoners dat niet zijn?’ En hij voegt toe aan het adres van de koning: ‘Wat kan u vandaag doen? Niet veel aangezien uw macht zo beperkt is. En hoe tegen een Vlaams nationalisme strijden dat onmerkbaar veld wint, zoals zand dat binnen sijpelt in een huis ondanks gesloten ramen en deuren.’

Onomkeerbaar

Bart De Wever past in dat onomkeerbaar proces. Maar de Franstaligen moeten niet ongerust worden. Het zal niet het einde van de wereld worden. We moeten enkel kunnen rekenen op politici die de naam waardig zijn. Het post-België staat in de sterren geschreven. Je moet er alleen goed op voorbereid zijn. ‘Zonder funest getreuzel, maar zonder ondoordachte haast’ zei koning Boudewijn in 1959 over de onafhankelijkheid van Congo.

Kortom, zoals José-Alain Fralon nog schreef, zich voorbereiden op een uitweg die voor iedereen heilzaam kan zijn. Aangezien die ons eindelijk uit die eindeloze communautaire muggenzifterijen zou bevrijden. Niets is dramatischer dan niet vooruit te lopen op de zaken en op een bepaald moment verplicht te worden haastig te handelen uit hoogdringendheid.

Dat is de reden waarom we vinden dat we nuttig werk geleverd hebben door op 9 mei 2009 het burgerlijk initiatief Staten-Generaal van Wallonië op te richten, om diepgaand en objectief na te denken over de verschillende opties van een post-Belgische toekomst.

Le PIB wallon se situe toujours sous la moyenne européenne

Belga, 10 juin 2014

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En 2012, le PIB wallon n’atteignait toujours que 80 % de la moyenne européenne, loin de l’objectif de rattrapage fixé, à la fin des années ’90, dans le Contrat d’Avenir pour la Wallonie, souligne le Conseil économique et social de Wallonie dans l’édition 2014 de son rapport sur l’état socio-économique de la Région. Sur base d’estimations provisoires provenant notamment de l’Institut des comptes nationaux (ICN), l’économie wallonne se serait contractée de 0,4 % en 2012 et ce ne serait qu’à partir de 2013 que la croissance du PIB réel wallon serait légèrement positive (+0,2%), pour devenir plus robuste dès 2014 (+1,6%), écrit le CESW.

Par contre, entre 2009 et 2013, le nombre de sociétés commerciales exerçant une activité en Wallonie est passé de 89.320 à plus de 99.000 unités (+10,9 % sur la période). « Bien que les stigmates de la crise de 2009 restent bel et bien présents, cette croissance importante témoigne d’un réel dynamisme entrepreneurial », poursuit le conseil qui souligne toutefois que sur la même période, le nombre de sociétés commerciales actives en Flandre (+13,2%) a progressé un peu plus rapidement.

Quant aux exportations wallonnes, elles ont atteint un peu plus de 20,3 milliards d’euros à la fin du 2e trimestre de 2013 (hors transit de gaz naturel), ce qui représente un recul de 1% par rapport aux 6 premiers mois de l’année 2012. Néanmoins, selon des données encore provisoires, les exportations wallonnes sont sur la voie du retour de la croissance puisque le 3e trimestre de 2013 fait état d’une forte progression des ventes extérieures, de l’ordre de 10 milliards d’euros, ajoute le conseil qui table également, pour 2014, sur une croissance de 3,3 % des investissements dans le sud du pays.

L’emploi continue de son côté à souffrir, ajoute le conseil économique et social qui pointe, pour 2013, « une hausse de la demande d’emploi (+2,0% à un an d’écart) et du chômage indemnisé après un emploi ou des études (+2,3%), une baisse des opportunités d’emplois gérées par le Forem (-16,2% entre 2012 et 2013) ou encore une régression du nombre de salariés wallons (-0,5% au 4e trimestre de 2013 à un an d’écart, en ETP). La hausse du chômage temporaire (+5,3%) est quant à elle imputable essentiellement aux intempéries de l’hiver 2012-2013 et non au manque de travail résultant de causes économiques. » Quant aux perspectives encourageantes des premiers mois de 2014, « il faudra encore attendre plusieurs mois avant d’en percevoir nettement les bénéfices sur le marché du travail et en particulier sur les embauches ».

A noter encore que le revenu moyen par habitant, déclaré à l’IPP pour 2011, était de 15.277 euros en Région wallonne et de 16.106 euros pour le pays, le revenu moyen des Wallons étant dès lors inférieur de 5,1 % à la moyenne belge. En 2013, la Wallonie comptait enfin, en moyenne, 45.848 bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (RIS), soit 46,6 % du total des bénéficiaires belges (24,3 % étant domiciliés en Flandre et 29,1 % à Bruxelles). Entre 2012 et 2013, le nombre de ces bénéficiaires a crû de 2,5 % au sud du pays, de 2,8 % en Flandre et de 4,8 % à Bruxelles.