Financer le fédéral, le défi de la Wallonie: tout comprendre en 4 points

Martial Dumont, « Vers l’Avenir », 20 mai 2014

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Ce qui attend la Wallonie dans les deux décennies qui viennent: un défi budgétaire colossal dû aux transferts de compétences mais aussi aux règles imposées par l’Europe.

Les solutions ne sont pas multiples. La Wallonie doit prendre son destin en mains et redresser la barre économique dans les 10 ans.

Voici les quatre clés pour en comprendre les enjeux.

Transferts à financer

Les transferts de compétences coûteront 581 millions par an à la Wallonie. En 2015, le fédéral les lui versera. Entre 2015 et 2025, mécanisme transitoire: versement de 581 millions sans indexation. Mais comme tout augmente, il faudra compenser de plus en plus.

Entre 2025 et 2035, ça devient sérieux: le fédéral diminuera sa dotation annuelle de 10%. En clair: dans 20 ans, la Wallonie devra avoir trouvé les moyens de compenser le coût des transferts de compétence.

Equilibre budgétaire

L’Europe oblige les États à être en équilibre budgétaire. En 2015, la Belgique devra trouver entre 10 et 15 milliards. 65% seront à charge du Fédéral et 35% à charge des Régions. Cela représente 752 millions pour la Flandre et 400 millions pour la Wallonie. À l’horizon 2020, c’est pire: Région wallonne et Communauté devront trouver… 1 milliard d’euros qui, contrairement aux transferts, ne seront pas compensés, fût-ce partiellement.

Le scénario de l’austérité

La Wallonie va donc devoir compenser elle-même. Pour les transferts, pas trop de problèmes, l’autonomie fiscale wallonne fera rentrer l’argent presque automatiquement. Pour l’équilibre budgétaire annuel, c’est autre chose. Trois solutions. On doit doper l’emploi et la productivité pour que les Wallons gagnent plus… et donc paient plus d’impôts. Le Plan Marshall doit donc être renforcé. Si ce n’est pas suffisant, on passera l’augmentation des taxes et les coupes sombres dans les dépenses. C’est le scénario de l’austérité. Et du risque d’appauvrissement des Wallons.

Pas toutes les cartes

Créer de l’emploi, booster la productivité, c’est bien. Pour cela, une mesure nécessaire fait l’unanimité au sein des partis: il faut baisser les coûts salariaux (qui sont parmi les plus élevés d’Europe), notamment en abaissant les charges sociales.

Problème: la Wallonie n’a pas toutes les cartes en mains à cet égard… et dépend en partie du Fédéral.

Tout comme elle dépend encore en partie du Fédéral en ce qui concerne la gestion du coût de l’énergie, autre plaie à résoudre en matière de compétitivité. Le jour où tout cela sera régionalisé, cela dit, ce sera la fin virtuelle de la Belgique.