Archives mensuelles : mars 2014

La Wallonie inspire aussi la N-VA…

Belga, 27 mars 2014

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Le président N-VA du parlement flamand, Jan Peumans veut s’inspirer des règles wallonnes en matière de cumul des mandats. Celles-ci prévoient que chaque groupe politique peut compter au maximum un quart de membres qui cumulent avec un poste de bourgmestre, d’échevin ou de président de CPAS. L’adoption d’une telle limite permettrait d’améliorer les débats parlementaires en Flandre, fait-il valoir dans une interview au Standaard. « Nous devons peut-être réfléchir au système wallon », selon M. Peumans. Le président du parlement concède qu’il a lui-même combiné une fonction de député flamand avec le maïorat de Riemst, « mais bon, je savais déjà comment faire et Riemst n’est pas une grande ville ».

M. Peumans jette un regard critique sur la législature qu’il a présidée, notant que les élus ne sont pas suffisamment critiques avec le gouvernement. « Je le vois aussi parfois dans ma propre famille politique: on demande d’abord au ministre si une telle question est opportune. Ce n’est pas comme ça que ça doit aller ».

D’après lui, la qualité du travail parlementaire dépend de l’implication personnelle des élus. Une simple présence physique ne suffit pas, indique-t-il. Il convient d’utiliser mieux les leviers à la disposition du parlement, comme le droit de consulter des documents confidentiels ou le soutien de la Cour des comptes.

M. Peumans critique par ailleurs l’usage abusif des nouveaux médias dans l’enceinte du parlement. « A la fin, les gens ne s’écoutent plus. Récemment, nous avons reçu le patron de la SNCB Jo Cornu et une bonne partie des parlementaires était en train de regarder leur ordinateur ».

L’aéroport de Charleroi, 4e meilleur aéroport low-cost du monde

Trends Tendances / Belga, 27 mars 2014

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Comme en 2013, BSCA obtient la 4e place du meilleur aéroport low-cost. La première place est occupée par London Stansted suivi par l’aéroport allemand Berlin Schönefeld et l’aéroport anglais Luton.

Dans un autre classement, Brussels Airport (Zaventem) obtient la 6e place de meilleur aéroport en Europe occidentale. Au niveau mondial, Brussels Airport se classe 72e.

Le meilleur aéroport du monde, est selon Skytrax, l’aéroport de Changi (Singapour). Il est suivi par Incheon (Séoul) et Munich.

Skytrax réalise chaque année plusieurs classements concernant les aéroports en se basant sur l’avis et la perception des passagers concernant 39 services tels que l’enregistrement, les arrivées, les transferts, les achats, la sécurité, etc… L’enquête se base sur 12,85 millions d’avis de passagers de 110 nationalités dans 410 aéroports dans le monde.

Moody’s relève les perspectives de la Wallonie de négatives à stables

Belga, 26 mars 2014

2014-03-26_190310L’agence de notation Moody’s vient de revoir les perspectives de la Wallonie de « négatives » à «stables», a indiqué mercredi matin le ministre wallon des Finances André Antoine (CDH).

Interrogé au micro de Matin Première (RTBF), le ministre centriste s’est félicité de cette décision de l’agence de notation qui conforte selon lui l’action de l’exécutif wallon.

Dans sa dernière analyse qui date du 12 mars 2014, Moody’s a confirmé la note de la Wallonie à A1, mais modifié la perspective de celle-ci en la faisant passer de négative à stable, révélait mercredi L’Echo.

L’agence, la seule mandatée par le gouvernement wallon pour évaluer la note financière de la Région, fait reposer sa décision notamment sur les efforts budgétaires additionnels réalisés par la Wallonie en 2013 et qui vont contribuer à réduire les déficits en 2014-2015, selon le quotidien économique.

Début mars, la même agence avait déjà relevé la perspective de la note de la Belgique, la faisant passer elle aussi de négative à stable. La note de la Belgique reste à Aa3 (haute qualité), soit le quatrième grade de son échelle de notation, alors que A1 (qualité moyenne supérieure) en est le cinquième.

Code wallon de l’Agriculture: «C’est fait… Et c’est fait pour durer !»

Pascale Serret, « Vers l’Avenir », 26 mars 2014

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Rassembler et rendre cohérentes tous les textes législatifs relatifs à l’agriculture, définir des objectifs à long terme, soutenir une agriculture «familiale et diversifiée, humaine» mais rentable, qui encourage l’emploi et qui «respecte l’environnement et les hommes»: tout ça est désormais bétonné dans un Code wallon de l’Agriculture, qui sera voté ce mercredi au Parlement wallon.

Le ministre wallon de l’Agriculture (CDH), qui présente aussi un décret «pêche», se dit content. Ses successeurs ne pourront plus faire «ce qu’ils veulent».

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Carlo Di Antonio, il fallait un Code pour que la Région ait enfin une vision à long terme de l’agriculture?

Chaque ministre a eu sa vision de l’agriculture. Mais ici, on a fait travailler tout le monde, le secteur, l’administration, les pararégionaux… C’est deux ans de course contre la montre pour se mettre d’accord sur une vision de l’agriculture de demain. C’est fait. Et c’est fait pour durer!

Mais ça ne va pas entrer en vigueur tout de suite…

On a déjà approuvé une quinzaine d’arrêtés d’application en première lecture. Le Code entrera bien en vigueur cette année. C’est une mise en application très concrète de la nouvelle Politique agricole commune (PAC). Avant, tout était lié à la bonne volonté d’un ministre. Ici, on a un Code, une base légale pour… tout. Un futur ministre ne pourra plus repartir à zéro, faire ce qu’il veut. Pas sans modifier le Code.

En fait, vous êtes le dernier à avoir pu travailler sans base légale…

Oui. Par exemple, il y avait 12 filières, avec chacune une subvention, un peu de personnel. Tout a été regroupé en un collège de producteurs qui travaillent ensemble. Ça, je l’ai fait en anticipant le Code. C’est la même chose pour la fusion déjà opérée des instruments de promotion (OPW et Apaq-W) ou d’autres outils: il n’y a aucune structure mentionnée dans le Code qui ne soit pas déjà en place.

On parle de long terme. Mais certains agriculteurs sont contraints de vivre dans l’urgence.

C’est dans ce sens que les outils ont été réorganisés: pour être à leur service et rétablir un équilibre économique des exploitations. C’est l’axe central.

La Fédération wallonne de l’agriculture s’est montrée très critique sur ce Code. Ça va mieux, l’ambiance?

Oui, oui… En fait, le secteur est divisé sur le type d’agriculture qu’on souhaite voir se développer. Certains pensent que les grosses exploitations vont de toute façon engloutir les autres. Ce n’est pas ma vision. Je ne peux pas m’y résoudre et je prétends que ce n’est pas inéluctable. De plus en plus, les citoyens veulent une production de proximité.

Mais une minorité seulement se fournit auprès des producteurs locaux. Il reste du travail…

Le local, c’est aussi le régional. Ça passe notamment par la campagne «Agriculture de Wallonie» (1 500 produits pastillés à l’heure actuelle). Si 95% de la viande vendue chez nous est wallonne, les gens pensent parfois qu’elle vient du bout du monde. Les pastilles les rassurent. Au passage, ces pastilles, c’est aussi une des conséquences du Code. Et c’est déjà en place.

Vous insistez aussi sur l’accès aux terres pour les jeunes. Le Code prévoit la mise en place d’une «banque foncière» rassemblant les terrains appartenant à la Région et à d’autres pouvoirs publics, ou à de petits propriétaires. Est-ce réaliste de vouloir s’extraire des spéculations?

Oui. C’est un peu le modèle de l’Agence immobilière sociale. Mais il faut aller plus loin. L’étape suivante, c’est la réforme du bail à ferme. Là, c’est un vrai choix de société. Soit on privilégie le plus offrant, qui rafle la mise (c’est ce qui se passe aujourd’hui: la surenchère entre gros exploitants qui se battent), soit on opère une régulation, une forme d’encadrement des prix. Même si je suis loin d’être communiste… Ce sera le débat de 2015.

«L’avènement de l’Etat flamand est inscrit dans les astres de longue date»

Nous reproduisons, ci-dessous, l’analyse de Jules Gheude, parue dans « L’Echo »du 20 mars 2014

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Jules Gheude, essayiste politique (1)

J’ai, comme on le sait, abondamment réfléchi à ce qu’il est convenu d’appeler la «question communautaire belge».

Cette réflexion a débuté lors de l’affaire du « Walen buiten » en 1968 ; une affaire qui fut ressentie à l’époque comme une gifle par les francophones. Deux ans plus tard, avec l’introduction des articles 59bis et 107 quater, la Constitution consacrait l’autonomie culturelle – revendication essentiellement flamande – et la régionalisation – revendication essentiellement wallonne. La voie était ainsi ouverte à la réforme de l’Etat dans le sens fédéral, qui ne vit officiellement le jour qu’en 1993.

J’ai vécu l’aventure exaltante du Rassemblement wallon et lorsque ce parti entra au gouvernement en 1974, j’eus la chance de collaborer avec François Perin, qui s’était vu confier le portefeuille de la Réforme des Institutions.  J’ai été marqué par sa vision clairvoyante et son désintéressement entier.

Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que le fédéralisme n’était pas, pour la Flandre, un aboutissement, mais une simple étape destinée à progresser sur le chemin devant mener à l’autonomie complète.

Au lendemain de l’échec du pacte d’Egmont en 1978, il s’efforça d’aboutir, au sein de la famille libérale, à un projet communautaire commun, mais se heurta à l’intransigeance totale des libéraux flamands, tous plus ultra-flamingants les uns que les autres, en surenchère du CVP et de la Volksunie. Il démissionna alors de la fonction sénatoriale en proclamant que le nationalisme flamand allait, d’une façon irréversible, miner la Belgique. Trente ans plus tard, une « Charte pour la Flandre », adoptée à l’unanimité par le Parlement flamand, venait stipuler, dans son préambule, que la Flandre était une nation.

L’émergence d’un Etat flamand souverain, tel est l’objectif avoué de la N-VA, que tous les sondages placent sur la première marche du podium lors des élections du 25 mai prochain. Toutefois, le parti de Bart De Wever n’entend pas brusquer les choses : on passera d’abord par la case du confédéralisme, d’où l’Etat ressortira à l’état de coquille vide.

Mais, comme l’a déclaré dernièrement l’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck, la relation entre le nationalisme et la démocratie chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand.

On oublie ainsi que le confédéralisme fut prôné, au début des années 1990, par le CVP Luc Van den Brande, alors ministre-président flamand. Mes collègues de l’exécutif flamand, socialistes compris, se rallient à mes déclarations sur le confédéralisme. Nous avons le devoir de continuer à réfléchir à la poursuite de la formation de  l’Etat flamand, déclarait-il en janvier 1993.

Propos confirmés, en 2007, par Wouter Beke, l’actuel président du CD&V : Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend. Les Wallons ne tiennent à la Belgique que pour l’argent. Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

Quant à Karel De Gucht, qui parle aujourd’hui des positions pubertaires et dangereuses de la N-VA, que déclarait-il, en 2002, alors qu’il présidait les libéraux flamands : La Belgique est condamnée à disparaître à terme, à s’évaporer et, en attendant, n’apporte plus aucune valeur ajoutée à la Flandre.

Pour les responsables francophones, en revanche, tout se passe comme si la Belgique était vouée à l’immortalité. Mais confrontées au volontarisme de la Flandre, ils finissent toujours par céder.

« Demandeurs de rien » en 2001, ils n’hésitèrent pas, en signant les accords du Lombard, du Lambermont et de la Saint-Polycarpe, à troquer leurs principes contre de l’argent. Pour sortir la Communauté française du rouge (on voit ce qu’il en est aujourd’hui !), on concéda à la Flandre une surreprésentation forfaitaire abusive pour sa minorité au Parlement régional bruxellois, ainsi que la présence automatique d’au moins un échevin flamand dans les conseils communaux et la régionalisation de la loi communale  permettant de mettre au pas les francophones de la périphérie.

Et l’on sait ce que sont devenues les déclarations matamoresques des leaders francophones avec le vote de la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde et l’adoption de la 6ème réforme de l’Etat…

Personne ne peut dire comment les choses évolueront à l’issue du scrutin du 25 mai, mais tout porte à croire que la formation d’un gouvernement fédéral sera aussi ardue qu’en 2007.

Homme lucide et doté d’une grande sagesse, feu Xavier Mabille, le président du Crisp, écrivait en 2007 à propos de l’hypothèse de la scission  de l’Etat : hypothèse dont je dis depuis longtemps qu’il ne faut en aucun cas l’exclure.

Le fait que la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française ait jugé opportun, en juillet 2011, de charger deux de ses membres, l’un de la majorité, l’autre de l’opposition, de se rendre en Belgique afin de s’informer de la situation intérieure du pays, est en tout cas révélateur.

Adopté le 15 février 2912, le rapport des intéressés constate que la division de la Belgique en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables rend sa survie de moins en moins probable.

C’est précisément dans le but d’amener les esprits wallons à réfléchir à l’après-Belgique que j’ai lancé, en 2008, cette initiative citoyenne des Etats généraux de Wallonie.

Car, comme l’a souligné François Perin, dans son dernier écrit : Rien n’est pire que de se retrouver, à un moment donné, devant le fait accompli, contraints de réagir dans l’urgence et la précipitation.

(1) Dernier livrer paru : « Lettre à un ami français – De la disparition de la Belgique », préface de François Perin, Mon Petit Editeur, 2013.

Un salarié wallon travaille en moyenne 191 jours par an

Belga, 20 mars 2014

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Sur la période allant de juillet 2012 à juin 2013, un salarié wallon a presté en moyenne 191 jours de travail effectif sur les 365 jours calendrier que compte l’année, ressort-il de la 8ème étude annuelle menée par Partena et l’Union wallonne des Entreprises (UWE) au sujet des absences au travail, communiquée jeudi. En moyenne, un salarié accumule donc 44 jours d’absence par an, ce qui a « un impact direct sur la compétitivité des entreprises wallonnes« , concluent les deux organisations. Se basant sur les données de 75.256 salariés et 8.312 employeurs, l’étude indique que les incapacités non professionnelles (maladie) de courte ou longue durée expliquent une part importante des jours d’absence, soit 20 jours en moyenne. Ce chiffre est en augmentation continue depuis 2005. Les 24 jours restants se partagent entre chômage temporaire (6 jours), crédit-temps (5 jours), et autres raisons comme des récupérations de temps de travail ou un congé de maternité.

Après avoir connu une diminution lors de la période 2010-2011, le chômage temporaire est reparti à la hausse, observent les auteurs de l’étude. « Cette situation peut s’expliquer par l’évolution économique et par les intempéries d’un hiver 2012 rigoureux et prolongé » qui a eu des conséquences sur le travail presté par les ouvriers de la construction, note Rony Baert, conseiller général auprès du secrétariat social Partena.

Les congés-éducation payés ont également connu une augmentation, expliquant une moyenne de 0,2 jour de non présence en entreprise par salarié sur la période 2012-2013. Ce point revêt une importance particulière, le congé-éducation payé étant régionalisé à partir du 1er juillet 2014.

En Wallonie aussi, le conjoint survivant héritera gratuitement

« L’Echo », 19 mars 2014

2014-03-19_202429Le ministre wallon des Finances André Antoine (CDH) dépose jeudi au gouvernement wallon un projet de réforme des droits de succession qui immunise fiscalement la plupart des logements pour le conjoint ou le cohabitant légal, comme c’est déjà le cas en Flandre et à Bruxelles, selon Le Soir.

Cette immunisation concernera le logement familial à concurrence de maximum 200.000 euros dans la part héritée (soit une maison ou un appartement jusqu’à 400.000 euros), avec une condition de résidence maintenue à cinq ans.

Le coût de cette mesure est évalué entre 20 et 27 millions d’euros par an, compensé par quatre mesures sur les droits de donation favorisant l’argent « clair » au détriment du noir pour générer des recettes nouvelles: donation à taux réduit sous condition suspensive, donation de biens meubles avec réserve d’usufruit, fin de la discrimination entre biens meubles bénéficiant d’un taux avantageux de donation et adaptation des taux d’imposition des donations sur ceux pratiqués en Flandre et à Bruxelles.

En début d’année, le MR avait lui-même activé une proposition de décret visant à supprimer les droits de succession sur le logement familial commun, mais elle avait été rejetée par la majorité Olivier (PS-Ecolo-CDH) au motif que son financement n’était pas suffisamment défini et son cadre mal balisé.

Photovoltaïque : « Le tarif d’injection ne verra pas le jour »

Martial Dumont, « Vers l’Avenir », 14 mars 2014

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C’est peu dire que la dernière proposition de la Cwape fait un tollé. Comme nous vous l’expliquions dans notre édition de jeudi, l’organe de régulation wallon du marché de l’électricité propose au gouvernement de modifier le règlement technique du mécanisme de compensation (compteur qui tourne à l’envers) pour les petits producteurs photovoltaïques (115 000 familles wallonnes). En gros, la compensation ne porterait plus que sur la partie «énergie» du kw/h produit, plus sur la partie «réglementation» (distribution, etc.).

Cela signifie qu’elle ne serait plus que de 30% par rapport à la compensation actuelle. Bref, pour utiliser une image, votre compteur tournera moins à l’envers. C’est du moins l’avis de l’ASBL «Touche pas à mes certificats verts» qui défend les intérêts des propriétaires de panneaux photovoltaïques (les «prosumers»).

Car du côté de la Cwape, on estime que le calcul n’est pas correct.

«La répartition entre électricité et partie réglementée est de 50-50» estime Francis Ghigny, directeur de la Cwape.

«Et sur les 50% de la partie réglementée, 70% ne seront plus compensés à l’avenir, c’est vrai. En clair, les prosumers toucheront 35% en moins pour les kw/h qu’ils réinjectent dans le réseau en plus de leur autoconsommation personnelle provenant de leurs panneaux».

En remplacement du tarif d’injection

Bref, cette diminution de la compensation, un coup de canif de plus dans le contrat photovoltaïque après l’annonce il y a quelques mois de l’arrivée imminente d’une taxe d’injection sur le réseau pour les producteurs d’électricité verte?

«Non» répond Francis Ghigny. Pour la simple raison que la diminution de la compensation… remplacera le fameux tarif d’injection. Qui ne verra donc pas le jour!

Pourquoi? Parce que l’année dernière, la Cour d’appel de Bruxelles avait cassé la mise sur pied d’un tarif d’injection en Région flamande qui ne s’appuyait sur aucune méthode tarifaire rendue publique. La Cwape, qui va hériter de la compétence de tarification en juillet prochain dans le cadre des transferts institutionnels, ne voulait pas voir son projet passer à la trappe de la sorte. Le mécanisme de diminution de la compensation a donc été trouvé en remplacement.

«C’est vrai que ce mécanisme va représenter un manque à gagner pour les producteurs» insiste Francis Ghigny. «Mais c’est une question d’éthique. Ce n’est pas normal que ceux qui ne possèdent pas de panneaux payent toujours plus cher parce que de plus en plus de ménages ont du photovoltaïque. Il fallait trouver un système qui soit équitable pour tout le monde».

Et Francis Ghigny de conclure. «De toute façon, tout ça est connu de tous depuis des mois, y compris de l’ASBL “ Touche pas à mes certificats verts ”. La Cwape agit en toute transparence».

La Région a gaspillé 700.000€ pour une vitrine de promotion de la Wallonie à… Cuba

Sudinfo, Adrien de Marneffe, 13 mars 2014

Adrien de Marneffe

L’argent a été investi en 2006 à La Havane dans la rénovation d’un bâtiment. En échange, la Wallonie a obtenu une vitrine promotionnelle, une sorte de musée de la Wallonie pour encourager le tourisme dans nos régions. Les Cubains ne se bousculent évidemment pas au portillon pour visiter nos contrées… Pire, cet argent a été investi sans contrepartie financière !

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8 ans après son inauguration en grande pompe par le ministre-président wallon de l’époque, Jean-Claude Van Cauwenberghe, accompagné de Michel Daerden, la « Vitrine de la Wallonie » trône toujours fièrement au milieu de l’historique Plaz Avieja, à La Havane. Il s’agit d’une vitrine promotionnelle, touristique. Elle comprend une présentation générale de la Wallonie, un espace « Patrimoine », « Savoir-faire et Technologies » mais aussi « Tourisme – Sport – Folklore et Gastronomie ». Une sorte de musée de la Wallonie. Une vitrine destinée à encourager le tourisme dans notre région mais… plantée dans un pays dont les habitants ne peuvent voyager vers l’Europe qu’à des conditions très restrictives. Et dont les moyens financiers pour le faire sont extrêmement limités. Un choix particulier. Et un gouffre financier. Car cette « Casa de Valonia », comme on la nomme à La Havane, aurait coûté en 2006, la bagatelle de 700.000 euros. Pour un retour sur investissement nul.

Willy Borsus, chef de groupe MR au Parlement wallon s’en est récemment ému, interpellant le ministre-président Rudy Demotte à ce sujet. «Je m’interroge réellement sur l’intérêt pour la Wallonie d’avoir investi autant d’argent à Cuba», explique Willy Borsus, «Je comprends qu’on promeuve la Wallonie et son tourisme, à l’étranger. Mais je doute vraiment que notre région accueille beaucoup de touristes cubains chaque année… Concrètement, quel bénéfice pour la Wallonie ? Je ne comprends pas cette stratégie…»

Mais comment cette « vitrine de la Wallonie » a-t-elle pu échouer dans un lieu aussi exotique que la capitale cubaine ? Il faut pour cela remonter à la précédente législature. En 2006, un accord de coopération entre Wallonie et Cuba est signé à l’occasion de la visite officielle à Cuba du Ministre-Président Van Cauwenberghe, accompagné de Michel Daerden. Il inclut la rénovation d’un ancien Palais situé dans le centre historique de La Havane, classé par l’UNESCO. La Wallonie met alors la main au portefeuille et finance la rénovation pour un montant total de 600.000 euros. En échange, Cuba met un espace à la disposition de la Région wallonne, situé au rez-de-chaussée du bâtiment. C’est là que sera établie la « Vitrine de la Wallonie ». 41 000 € seront encore investis pour le mobilier et 61 900 € pour le matériel électronique, audiovisuel et informatique. Soit un coût total de 702.900 €. Et depuis lors ? Pas grand-chose… La « Casa de Valonia » est aujourd’hui gérée par des Cubains et les recettes leur reviennent. Les 702.000 euros dépensés par la Wallonie semblent donc n’avoir eu d’autres objectifs qu’un parrainage désintéressé. Du mécénat, en somme.

Financièrement autonome

Inutile pour autant de jeter le bébé avec l’eau du bain. Aujourd’hui, elle est financièrement autonome. «  C’est un outil de visibilité sans frais, qui permet d’atteindre tant la population cubaine qu’un public international important. », précise Marine Duvinage, membre du cabinet du ministre-président Rudy Demotte.

«Aucun fonctionnaire wallon ne travaille sur place, et la Wallonie ne finance plus rien.  Je ne vois donc pas pourquoi la Wallonie voudrait faire cesser son activité», confirme Isabelle Mestdagh, attachée à l’Amérique latine pour la WBI (Wallonie-Bruxelles internation). «D’autant que c’est une vitrine très prestigieuse pour la Wallonie» Et ce, même si l’écrasante majorité des Cubains ne dispose pas des moyens de faire le voyage en Wallonie ? «Il y aussi les touristes étrangers qui se rendent à Cuba», conclut Isabelle Mestdagh.

«Il s’agit également du seul endroit de Cuba où l’on peut trouver des BD», précise Jean-Serge Dias de Sousa, secrétaire commercial de l’AWEx (agence wallonne à l’exportation) en poste à La Havane. «  Je participe parfois aux visites de la Casa de Valonia avec la délégation officielle. Des écoliers cubains viennent le visiter chaque jour. C’est extrêmement vivant. » Au moins, l’initiative aura-t-elle profité aux Cubains. Pour la Wallonie, le bénéfice est nettement moins évident. À moins que la Région wallonne se spécialise dans l’humanitaire… Qu’en pensent les contribuables wallons ?

Bataille de chiffres pour dresser l’état de la Wallonie

Belga, « La Libre Belgique », 12 mars 2014

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Le chef du gouvernement wallon Rudy Demotte et celui de l’opposition parlementaire MR Willy Borsus se sont livrés mercredi matin à une bataille de chiffres pour dresser, lors d’un débat devant le parlement wallon, l’état de la Wallonie, chacun cherchant toutefois à nuancer son propos. La culture, le climat ont changé en Wallonie au cours de cette décennie, a soutenu M. Demotte (PS), qui dit voir la Région s’affirmer politiquement et se repositionner politiquement.

Au cours des années qui ont suivi le début de la crise, la croissance du PIB en volume a, en moyenne, été légèrement plus élevée en Wallonie qu’en Flandre (0,6% contre 0,5%) ; le taux d’emploi (57,3% en 2012) est le plus élevé depuis 2000, mais confirme toutefois notre faiblesse, selon M. Demotte, qui cite aussi le taux de création d’entreprises équivalent à la Flandre.

Nul ne se satisfait de ces progrès, mais le temps de l’auto-dénigrement est révolu, a-t-il ajouté.

Sans nier plusieurs mesures positives, le chef de groupe MR Willy Borsus a critiqué l’exposé de chiffres selon lui soigneusement sélectionnés pour soutenir la plaidoirie.

La situation de la Wallonie s’est dégradée concernant le nombre de demandeurs d’emploi inoccupés (260.000), le taux de pauvreté ou de personnes risquant d’y tomber s’élève encore à 19,2%, et l’écart de taux de croissance entre Flandre et Wallonie s’est accru sur davantage d’années qu’il ne s’est réduit ces dix dernières années, a énuméré M. Borsus.

Les députés de la majorité Olivier Isabelle Simonis (PS), Manu Disabato (Ecolo) et Jean-Paul Bastin (cdH) ont tout à tour, à l’instar de M. Demotte, affirmé des progrès générés à leurs yeux par la majorité, sans nier les difficultés persistantes.