Archives mensuelles : février 2014

Vande Lanotte bloque la hausse du prix de l’eau en Wallonie

« Le Vif », Belga, 18 février 2014

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Le ministre fédéral de l’Economie Johan Vande Lanotte s’oppose actuellement à l’augmentation du coût-vérité pour la distribution (CVD) que veulent instaurer cette année la Société wallonne des eaux (SWDE) et la Compagnie intercommunale des eaux (CILE), écrit L’Echo mardi.

Le ministre estime que la hausse envisagée est trop élevée alors qu’elle s’ajoute à celle du coût-vérité de l’assainissement et à la redevance de l’abonnement.

La SWDE prévoit d’augmenter son CVD de 7,46 centimes par mètre cube en 2014, mais Johan Vande Lanotte n’a accordé qu’une hausse de 2 centimes. Il rencontrera prochainement les dirigeants de la société pour obtenir plus d’explications. La CILE veut aussi instaurer une hausse de son CVD de 9 centimes, mais le ministre s’y montre également réticent. Auparavant, la Commission régionale d’avis et la Commission fédérale des prix avaient pourtant validé ces hausses.

M. Vande Lanotte estime ces augmentations, qui doivent être soumises au fédéral, trop importantes. De plus, elles s’ajoutent à celle du CVA, qui est automatique, et au prix de l’abonnement, de la cotisation forfaitaire au fonds social et de la TVA de 6% appliquée sur le total.

Gand et la Wallonie citées comme des endroits où investir par le Financial Times

« Le Vif », Belga, 17 février 2014

La Wallonie et la ville de Gand figurent dans la deuxième liste annuelle, établie par le Financial Times, des régions et villes où il est intéressant d’investir pour les entreprises. La Wallonie occupe la 16e place et la ville de Gand la 20e.

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La région la plus intéressante pour les investisseurs est, selon le FT, la Rhénanie-Westphalie. Cette région allemande est suivie par l’Ecosse et la région de Copenhague. La Région wallonne, seule région belge du classement, occupe la 16e place. Ce classement est dominé par le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Le top du classement des villes est occupé par Londres. A la deuxième et troisième place, on retrouve Helsinki et Eindhoven.

Le top 25 est massivement dominé par les villes britanniques. Gand est la seule ville belge de ce classement des « villes du futur 2014-2015 ». Dans certaines sous-catégories, des villes belge se détachent. Ainsi, Bruxelles réalise de bons résultats dans le capital humain (1), le potentiel économique (3), l’infrastructure (6) et le climat entrepreunarial (8).

Dans la catégorie villes moyennes, Anvers se distingue dans le climat entrepreneurial (3), l’infrastructure (7) et la politique pour les investissements étrangers (8). Ces classements sont basés sur une compilation indépendante de données sur l’enseignement, la population, les salaires, les prix et l’infrastructure.

Rudy Demotte: «C’est très gai d’être devant!»

Béatrice Delvaux, « Le Soir », 15 février 2014

2014-02-15_211633Alors heureux ? Le sondage du Soir vous fait largement devancer Jean-Claude Marcourt, comme personnalité plébiscitée au poste de Ministre-président ? 

Nous sommes devant une photographie à un moment donné d’une réalité qui me fait plaisir à voir qu’il y a une forme de reconnaissance par rapport au rôle que j’essaye de mener depuis des années en tant que chef d’équipe.

Et par rapport aux doutes instillés sur vous ?

Oui mais ça j’ai lu aussi. Je lis la presse régulièrement et je lis aussi cette image brouillée qu’on m’a parfois donnée. Tantôt d’un homme trop autoritaire ce qui arrive aussi, tantôt insuffisamment autoritaire, c’est que la vérité doit être au milieu. Mais ce qui me fait le plus plaisir, c’est de voir que je suis au-devant de… 

… Jean-Claude Marcourt ?

Charles Michel et Benoit Lutgen, le premier à être choisi. C’est ça l’élément important. Vous savez, une course électorale, ce n’est pas par rapport à vos pairs, c’est les autres partis aussi. 

Êtes-vous candidat à redevenir Ministre Président ?

Bien sûr, c’est clair. Je l’ai dit, c’est une fonction qui est aujourd’hui d’autant plus importante que les compétences nouvelles, à la fois de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Wallonie, vont faire que nous pèserons entités fédérées, deux tiers des budgets hors sécurité sociale versus l’État fédéral qui ne pèsera plus qu’un tiers.

Donc, vous êtes la personne la mieux placée vous pensez, justement parce que vous y étiez au parti socialiste, pour occuper cette fonction ?

La vanité n’est pas mon fort. Donc, je dis que j’ai tout simplement acquis une expérience utile, j’aimerais faire un bon résultat électoral, j’aimerais aussi présenter des projets qui motivent, mobilisent et donnent un petit peu d’enthousiasme et après nous jugerons. 

Disons-le autrement : est-ce que Jean-Claude Marcourt pour vous, ferait un bon ministre-président wallon ?

Je ne suis pas président du parti socialiste. 

Non mais vous connaissez bien la Wallonie et vous connaissez bien Jean-Claude Marcourt.

Ce que je peux dire de lui et que je répète ici comme je l’ai déjà dit ailleurs, c’est que c’est un homme qui connaît bien ses dossiers, qui est un homme de talent et que nous avons besoin dans une équipe d’hommes de talent. 

Que pouvez-vous proposer, et que vous n’avez pas encore eu le temps de mettre sur la table depuis sept ans, comme grands travaux wallons d’un candidat Ministre président, notamment en matière d’enseignement ?

Demain, il faut voir comment nous allons retailler les missions de l’enseignement. Non pas seulement pour l’orienter vers le développement économique, parce que ça, ce serait une vision utilitariste pure de l’enseignement. Mais retailler ses missions pour qu’on contribue au maximum maximorum à ce redéploiement. Ce qui veut dire que les passerelles entre régions et Fédération Wallonie-Bruxelles vont devoir être beaucoup plus fortes et organisées sur une autre base. 

Ne serait-il pas plus simple de revenir à la simple casquette pour chaque institution, Région Wallonne et Fédération Wallonie Bruxelles ? La Wallonie aurait peut-être été défendue différemment avec un Ministre-président concentré sur la Wallonie et qui n’aurait pas eu à tenir compte des enjeux, dont budgétaires, du côté de la Fédération.

Je crois que la cogestion, la prise en charge par les deux régions de la Fédération Wallonie-Bruxelles est importante pour le développement de nos régions. On voit bien que c’est le sens. 

Mais justement, est-ce qu’il faut réfléchir à quelque chose d’autre alors ? Ne faudrait pas se dire : on n’a peut-être plus un exécutif en tant que tel pour cette Fédération Wallonie-Bruxelles, mais on fait des réunions communes avec des représentants des deux gouvernements ? Cela pourrait être un mode de gestion plus efficace et peut-être plus clair aussi pour le public ?

Oui il faudrait évidemment définir les contours mais c’est un des modèles sur lesquels j’avais planché il fut un temps. C’était que l’on ait, comme ça a pu parfois exister à l’époque où Laurette était Ministre-président, une composition conjointe des deux exécutifs. Je pense que c’est une modalité, une forme qu’on pourrait donner demain à l’organisation de la Communauté française/Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Un peu comme un comité de concertation au fédéral. Comme un vrai gouvernement ?

Non, non, qui gérerait des matières mais avec des ministres qui sont à chaque fois issus des gouvernements régionaux, francophone pour Bruxelles. 

En matière d’enseignement, où en est le projet de régionalisation qui venait tant du côté bruxellois que du côté wallon ?

On a deux projets importants en matière d’enseignement sur lesquels nous devons plancher. D’abord, on a avancé sur un domaine, c’est celui dit des « bassins de vie » : formation, emploi, enseignement ; qui sont la préfiguration, le récipient d’une meilleure articulation sur les besoins de l’enseignement. Qu’est-ce qui coûte cher dans notre organisation de l’enseignement ? C’est évidemment d’avoir de manière dispendieuse parfois les mêmes outils dans plusieurs établissements alors qu’on pourrait avoir plus d’intelligence dans la répartition. Ces bassins sont en train d’émerger. C’est un progrès dont on n’a pas mesuré je crois le côté bouleversant par rapport à nos habitudes. Et puis d’un autre côté, il y a la volonté de mettre sur pied un pouvoir organisateur pour l’enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce sur quoi nous pensons aussi qu’il y a là un outil qui permettrait d’éviter ce débat un peu stérile aujourd’hui, d’ailleurs dépassé par les faits, entre régionalistes et communautaristes. 

Sur le dossier des énergies renouvelables, tellement illisible aujourd’hui, et si vous deviez réécrire le scénario de la dernière législature, que referiez-vous autrement ?

Si nous pouvions agir autrement, c’eut été vraisemblablement en mettant davantage l’accent sur la résorption de l’augmentation volumétrique des certificats verts. 

Il aurait fallu agir plus vite ?

Nous aurions pu être plus aigus dans les politiques qui ont été mises en œuvre, reconnaissons-le. Mais il faut dans le même temps reconnaître que c’est le prix à payer pour une transition énergétique. 

Trop de surfaces commerciales en Wallonie

« L’Echo », 15 février 2014

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Entre 2010 et 2012, on a construit ou aménagé 200.000 m² de nouvelles surfaces commerciales en Wallonie, ce qui correspond à 3,2% de l’offre totale ou encore à l’offre d’une commune comme Tournai! 10% de ces nouveaux espaces ne sont pas occupés.

Huy. Petite ville liégeoise d’un peu plus de 21.300 habitants, mais seizième destination commerciale de Wallonie tout de même, avec ses 190 points de vente. Depuis peu, l’entité fait partie du club (pas si) fermé des 23 nodules commerciaux du sud du pays à présenter un taux de cellules vides dépassant les 20%, rejoignant ainsi Charleroi, Eupen, Herve, Jemappes ou encore Genappe.

Préoccupant, alors que le turn-over communément considéré comme acceptable oscille entre 5 et 10%. Pourtant, les bords de Meuse hutois se portaient bien il n’y a pas si longtemps. Mais les pouvoirs locaux se sont eux-mêmes tiré une balle dans le pied, en autorisant la construction à Ben-Ahin, quelques kilomètres plus loin mais toujours au sein de la même commune, d’un shopping-center d’une trentaine d’enseignes qui a vidé en grande partie le centre de Huy de son activité commerciale.

Nouveaux complexes

« Cet exemple est typique de l’effet néfaste qu’un retail park peut avoir », glisse Guénaël Devillet, directeur du SEGEFA, le service d’étude en géographie économique de l’université de Liège qui publiera le 18 février un « Atlas du commerce en Wallonie ».

Un ouvrage d’une centaine de pages et de planches, réalisé suite à une double mission confiée par le ministre wallon de l’Économie, Jean-Claude Marcourt (PS).

La première visait à identifier les comportements d’achat des consommateurs, grâce à une enquête réalisée auprès de 16.000 ménages. La seconde avait pour ambition de répertorier l’ensemble des points de vente présents sur le territoire, dans le but de créer LOGIC, un outil d’aide à la décision pour les communes amenées à se prononcer quant à l’implantation de nouveaux complexes sur leurs terres, depuis que les pouvoirs locaux sont les seuls à octroyer le permis nécessaire.

Or l’objectif de cet atlas est précisément de freiner les ardeurs communales et « l’effet L’Oréal » (comme on le surnomme au SEGEFA) qui semble agir sur certains bourgmestres, convaincus que leur entité le vaut bien. Quitte à mettre sérieusement en danger l’offre commerciale de leurs voisins et non pas à créer, mais à simplement relocaliser de l’emploi existant…

Huy est loin d’être le seul exemple de choix politiques discutables. L’Atlas recense pas moins de 32.000 points de vente en Wallonie (soit 6.138.000 mètres carrés), dont 13% sont actuellement inactifs. Surtout, les espaces dédiés à une activité de vente ne cessent d’augmenter. Entre 2010 et 2012, le SEGEFA a relevé 200.000 mètres carrés de surfaces commerciales supplémentaires, ce qui correspond à 3,2% de l’offre totale ou encore à l’offre d’une commune comme Tournai!

Pas visibles, mal situés

Étonnamment, 10% de ces nouveaux espaces ne sont pas occupés, parce qu’ils ne correspondraient pas aux attentes des enseignes. Pas assez visibles, pas suffisamment accessibles, mal situés…

Car c’est essentiellement en périphérie que ces mètres carrés supplémentaires sont construits, alors que l’offre est déjà abondante.

Le SEGEFA a, par exemple, estimé que seul 0,2% de la population wallonne doit rouler plus de 15 minutes en voiture pour aller faire ses courses dans un supermarché. Cet étalement périphérique conduit parallèlement à l’affaiblissement des centres-villes historiques, qui doivent lutter pour retrouver (ou conserver) leur attractivité.

Faut-il dès lors stopper toutes les constructions dans les campagnes? Guénaël Devillet n’ira pas jusque-là. « Le commerce est une fonction induite et vivante, où l’on constatera toujours des changements et des innovations, indique-t-il. Mais il faut pouvoir orienter les investissements pour que l’ensemble de la polarité y trouve son compte. » Bref, éviter les concurrences stériles.

« D’autant qu’il est important de garder des terrains disponibles pour d’autres types d’activités qui généreront plus de valeur ajoutée, alors que la Wallonie mise de plus en plus sur la logistique », ajoute-t-il.

Sans oublier que l’e-commerce devrait prochainement changer la donne en mettant certains magasins « physiques » hors-jeu, amplifiant encore la problématique des cellules vides. « Nous avons estimé que 1,6% des dépenses wallonnes annuelles sont effectuées sur internet. Mais ce pourcentage est en augmentation continuelle. Plus il se développera, plus il ‘mangera’ des mètres carrés commerciaux… »

La stratégie flamande du «stap voor stap»

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J’ai pris connaissance, avec intérêt, de l’analyse de Vincent Rocour intitulée « Les raisons qui poussent les nationalistes à opter pour le confédéralisme » et parue dans « La Libre Belgique » du 31 janvier 2014.

Selon M. Rocour, trois raisons s’imposent pour que la N-VA « ne parle plus de séparatisme » : 1° Si la Flandre devenait indépendante, elle s’exclurait de l’Union européenne et de la communauté internationale ; 2° La Flandre perdrait Bruxelles ; 3° les navetteurs flamands travaillant à Bruxelles ainsi que les sociétés qui y ont leur siège social échapperaient à l’imposition en Flandre.

Je souhaite préciser d’emblée que la stratégie flamande a toujours été celle du « stap voor stap ». Comme l’a déclaré Bart De Wever, il ne s’agit pas de s’engager dans un processus de révolution, mais d’aller à l’indépendance de la Flandre de manière « évolutionnaire ».

En démissionnant spectaculairement de la fonction sénatoriale en 1980, François Perin avait bien compris que le fédéralisme n’était pas, comme le pensaient les francophones, un aboutissement, mais bien une première étape destinée à faire progresser la Flandre sur la voie de l’autonomie complète. Dès le début des années 1990, on vit d’ailleurs Luc Van den Brande, alors ministre-président flamand CVP, lancer l’idée confédéraliste en précisant qu’il était suivi par tous ses collègues du gouvernement flamand, socialistes compris. Et d’ajouter : « Nous avons le devoir de continuer à réfléchir à la poursuite de la formation de l’Etat flamand ». Difficile d’être plus clair !

Cette idée allait rapidement s’imposer avec l’adoption, en 1999, par le Parlement flamand, de ces fameuses résolutions qui, en prônant le transfert massif des compétences vers la Flandre et la Wallonie, réduisait l’échelon central à une coquille vide et confirmaient la réticence du Nord à considérer Bruxelles comme une Région à part entière avec le recours à la cogestion.

Les francophones ont eu le tort de largement sous-estimer ces résolutions qui se retrouvent aujourd’hui incarnées dans le projet confédéraliste de la N-VA.

Ne perdons également pas de vue que le CD&V et la N-VA se sont réunis en cartel en 2004, avec la bénédiction d’Yves Leterme, pour lequel « le fédéralisme avait atteint ses limites ». L’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck a d’ailleurs déclaré tout récemment : « Le nationalisme flamand et la démocratie chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand. »

On a eu droit dernièrement à un engagement commun des présidents du MR et du CD&V. Charles Michel semble avoir oublié ce que déclarait Wouter Beke, en 2007 : « Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend. (…) Les Wallons ne tiennent à la Belgique que pour l’argent. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance. »  C’est encore Wouter Beke qui, alors l’accord sur le 6ème réforme de l’Etat était à peine obtenu, s’empressa de souligner qu’une 7ème réforme de l’Etat devrait voir le jour car « l’approfondissement de l’Etat est irréversible. »

J’en viens à présent à la première raison invoquée par M. Rocour.

Dans mon « Petit guide de l’après-Belgique », paru en 2010, aux Editions Mols, j’explique les implications q’une déclaration unilatérale d’indépendance par la Flandre (à noter qu’elle se ferait légitimement par un vote majoritaire au Parlement flamand) auraient au niveau international.

La règle, en droit international,  étant l’intransmissibilité des traités internationaux liant l’ancien Etat aux Etats successeurs, un Etat flamand souverain se retrouverait, en effet, vierge de tout traité international. Il se mettrait de facto en dehors de l’Union européenne et des organisations internationales, que la déclaration d’indépendance soit jugée légale ou non par Cour internationale de Justice. Mais il mettrait, du même coup, de jure,  la « Belgique résiduelle » (Wallonie et Bruxelles) hors du jeu international. C’est ce qui se passa avec la Yougoslavie lors des sécessions croate et slovène de la Fédération yougoslave. N’oublions pas que la « Yougoslavie continuée » (Serbie-Monténégro) a dû demander sa réadhésion à l’ONU dès septembre 1992, non pas en application d’une sanction qui aurait été prise contre elle comme fauteur de guerre sur base de la Charte ONU, mais bien application de cette coutume internationale de la « table rase ».

M. Rocour écrit qu’il n’est pas sûr que la Flandre otbienne la reconnaissance de la Grande-Bretagne ou de l’Espagne, « en butte à des demandes séparatistes internes et craignant de créer ainsi un précédent ».

Je voudrais faire remarquer ici que le gouvernement britannique a marqué son accord pour l’organisation, cette année, du référendum écossais sur l’indépendance. Quant au Premier ministre David Cameron, on se souviendra de la manière dont il a déployé le tapis rouge pour Bart De Wever, le 18 mars 2011.

Un ambassadeur français m’a un jour fait cette confession : « Si la Flandre devenait un Etat souverain, la France serait le premier pays à la reconnaître. » Vu, en outre, son contexte de prospérité économique, la Flandre a tout pour rassurer l’Union européenne.

Autre argument avancé par M. Rocour pour ne pas souhaiter le séparatisme, celui du maintien d’une fiscalité plus favorable.

J’avais abordé ce point, en 2010, dans « Le petit guide de l’après-Belgique ». Quelque 235.000 Flamands font quotidiennement la navette pour venir travailler à Bruxelles. S’ils devaient y être imposés, cela représenterait une recette d’environ 2 milliards d’euros. On est bien loin du montant des transferts financiers qui proviennent aujourd’hui de Flandre (5-7 milliards). On peut d’ailleurs imaginer que le nombre  de navetteurs diminuerait sensiblement avec le départ des administrations flamandes de Bruxelles.

M. Rocour évoque également le risque de perdre Bruxelles. C’est bien évidemment aux Bruxellois eux-mêmes qu’il reviendra de se prononcer. La Flandre n’a aucun intérêt à tenter ici un coup de force, et elle le sait fort bien.

Le nationalisme flamand est une donnée bien réelle. Outre les considérations d’ordre historique qui peuvent l’expliquer, il se trouve aujourd’hui conforté par le fossé économique qui ne cesse de se creuser entre la Wallonie et la Flandre. Rien ne pourra empêcher, à terme, celle-ci de larguer les amarres, de manière à pouvoir accroître sa prospérité au départ d’une politique pleinement assumée.

Personne ne niera la sagesse de jugement de feu Xavier Mabille, président du Crisp. Dans la préface qu’il rédigea pour mon livre « L’incurable mal belge sous le scalpel de François Perin en 2007 (Editions Mols), il soulignait, à propos de l’hypothèse de la scission de la Belgique : « Hypothèse dont je dis depuis longtemps qu’il ne faut en aucun cas l’exclure. »

Plutôt que de s’engager dans de vains combats d’arrière-garde, les responsables francophones seraient donc bien inspirés en préparant leurs concitoyens à un avenir post-belge qui s’avère de plus en plus inéluctable.

Jules Gheude, essayiste politique.

Le langage clair de la N-VA et les Tartuffe

Jules Gheude, essayiste politique (1)

Jules Gheude, en 2007, avec François Perin et Xavier Mabille

Jules Gheude, en 2007, avec François Perin et Xavier Mabille

 

S’exprimant à titre personnel et non en tant que commissaire européen, Karel De Gucht vient de mettre en garde contre certaines positions « pubertaires et dangereuses » de la N-VA.

Lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, il avait invité ses diplomates à véhiculer une image positive de la Belgique. Cette Belgique dont il disait, alors qu’il présidait l’Open VLD, qu’elle était « condamnée à disparaître à terme, à s’évaporer et, en attendant, n’apporte plus aucune valeur ajoutée à la Flandre. » (VTM, 6 novembre 2002)

On se souvient aussi comment, en 2007, lors des discussions de Val-Duchesse, il s’était irrité contre les francophones, menaçant de leur « couper les robinets financiers » s’ils persistaient dans leur intransigeance.

C’est encore lui qui qualifia la frontière linguistique de « frontière d’Etat ».

Les libéraux flamands sont bien mal placés pour faire la leçon à la N-VA.

C’est leur radicalisme communautaire qui amena d’ailleurs François Perin à démissionner de la fonction sénatoriale, le 26 mars 1980, en lâchant : « Je ne parviens plus, en conscience, à croire en l’avenir de notre Etat. »

Bien peu de gens savent qu’après l’échec du Pacte d’Egmont en 1978, François Perin s’efforça de rassembler libéraux flamands et francophones autour d’un projet institutionnel commun : « Pendant trois ans, je ne n’ai cessé de tenter cela (…). J’ai des dates, des rendez-vous annulés unilatéralement, sans motif. Lors d’une séance de rencontre, Vanderpoorten est venu, muet comme une carpe, entrant à 9 heures et sortant à midi, sans piper un mot ! (…) Voyez aujourd’hui les amendements déposés au Sénat par Vanderpoorten, Tous plus ultra-flamingants les uns que les autres, en surenchère du CVP et de la Volksunie ! Et après ça, il viendra dire qu’il a foi en la nation. De quelle nation parle-t-il ? De la belge ? Mais il a contribué, comme les autres, à la faire disparaître ! » (émission RTBF « Face à la presse » du 30 mars 1980)

Aujourd’hui, Charles Michel, le président du MR, se revendique allègrement de l’héritage de Jean Gol et fait une déclaration commune avec Wouter Beke, son homologue du CD&V.

Je sais, pour en avoir abondamment discuté avec lui, ce que pensait Jean Gol de l’avenir de la Belgique. Je peux donc attester de la véracité de ce que rapporte Paul-Henry Gendebien dans son livre « Splendeur de la liberté » (Ed. Quorum, 1999), au sujet d’un entretien qu’il eut avec l’intéressé à Paris, alors qu’il était Délégué général de la Communauté française :

« Il m’avoua qu’il ne croyait plus à la nation belge ni même à l’État. il avait été ulcéré par les avancées du nationalisme chez les libéraux flamands, auxquels s’était d’ailleurs ralliée l’une des ailes marchantes de la Volksunie. Manifestement, le virus de la séparation avait atteint le libéralisme flamand. (…)

C’est alors qu’il ajouta, et ceci compta, ce que j’avais déjà deviné sans difficulté : à savoir qu’il pensait que notre avenir, à nous autres Wallons et Bruxellois, serait français.(…)

(…) en manipulant soit par jeu soit par anticipation très consciente un certain nombre d’hypothèses, nous en arrivâmes bien vite à calculer le nombre de départements, de conseillers généraux et régionaux, de députés qui reviendraient à la Wallonie. Sa férocité se déchaîna quand nous évoquâmes ceux de ses amis politiques qu’il faudrait recaser à l’Assemblée nationale. « De toute manière, ajouta-t-il, ils seront fiers de porter l’écharpe tricolore, et quelques décorations feront le reste… ». Nous évoquâmes aussi diverses formules d’association ou de réintégration dans la République, le précédent de l’Alsace-Lorraine n’étant pas sans intérêt.

Dans la semaine qui suivit, j’appris de bonne source que Jean Gol avait eu – ce jour-là et le lendemain – des rencontres qui n’étaient pas rien dans la politique française. »

Il me paraît également utile de rafraîchir la mémoire de Charles Michel quant aux soi-disant bonnes intentions de Wouter Beke.

L’encre de l’accord de la 6ème réforme de l’Etat n’était pas encore sèche que le président du CD&V s’empressait de déclarer : Personne ne niera qu’une 7ème réforme viendra un jour. L’approfondissement de l’Etat est irréversible. (« La Libre Belgique », 23 juin 2012)

Et pour savoir comment il entend la chose, il suffit de se reporter à l’interview qu’il accorda, le 22 septembre 2007, au journal québécois « Le Devoir » : « Nous voulons un véritable confédéralisme où chacun pourra agir comme il l’entend. (…) Les Wallons ne tiennent à la Belgique que pour l’argent. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance. »

Force est de constater que seule la N-VA tient un langage clair. On sait que son objectif final reste l’indépendance de la Flandre, mais qu’elle entend y aller de façon « évolutionnaire ». D’où l’étape du confédéralisme, qu’avait d’ailleurs préconisée le ministre-président flamand CVP Luc Van den Brande au début des années 1990 : Mes collègues de l’exécutif flamand, socialistes compris, se rallient à mes déclarations sur le confédéralisme. (…) Nous avons le devoir de continuer à réfléchir à la poursuite de la formation de l’Etat flamand. » (« Le Soir », 13 janvier 1993)

Dans le discours qu’il a prononcé au dernier congrès de la N-VA, Ben Weyts a cité le point de vue exprimé par Elio Di Rupo, en 1988 :

 « La fusion des Flamands et des Wallons, artificiellement opérée en 1831, s’est avérée au fil du temps un mélange hétérogène, parfois explosif. Et il est vain de souhaiter son maintien. En revanche, l’avènement d’une Belgique fédérale ou confédérale, à édifier de façon équilibrée et stable, répondrait aux aspirations des deux communautés et chacune pourrait y tirer profit efficacement de sa différence culturelle et économique. »

(1) Dernier ouvrage paru : « Lettre à un ami français – De la disparition de la Belgique », préface de François Perin, Mon Petit Editeur, 2013).

Marcourt : « Les chiffres de Destexhe ne sont pas à jour »

S.TA. et M.CO, « La Libre Belgique », 12 février 2014

2014-02-12_205241Le nouveau livre d’Alain Destexhe pointe une Région bruxelloise en-dessous de tout et une Wallonie qui ne progresse pas malgré le plan Marshall. Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l’Economie a accepté de réagir brièvement aux propos tenus par le député MR dans son dernier livre. Il n’est évidemment pas en phase avec l’analyse du député MR : « D’une part, on devrait lui conseiller de mettre ses chiffres à jour. Notamment pour ce qui concerne les chiffres du Brabant wallon qui s’expliquent en grande partie par l’épisode de la grippe aviaire en 2008 qui a impacté de manière exponentielle le chiffre d’affaires de GSK qui s’est traduit par un saut de PIB du Brabant wallon ou sur la composition des pôles de compétitivité qui regroupent plus de 80 % de PME wallonnes ou bien encore sur la part des investissements privés dans le Plan Marshall qui atteignent des proportions que tous les pays et régions adjacents nous envient (environ 45 %) dans la recherche, la formation et l’innovation. »

Le ministre PS précise encore que « ses assertions contredisent les dernières indications transmises par la Commission européenne et le Bureau du Plan notamment au niveau de l’économie et de l’emploi en Wallonie. L’Europe a décerné ces derniers mois à la Wallonie le label de région créative parmi quarante-quatre régions sélectionnées et a désigné comme bonne pratique, la stratégie déployée autour des PME wallonnes à travers le Small Business Act. Tout dernièrement, un bureau international a évalué extrêmement positivement la politique des pôles de compétitivité dans le cadre du Plan Marshall 2.VERT » .

Attaque en règle

Enfin, visiblement agacé, Marcourt après avoir défendu la Wallonie attaque : « Que M. Destexhe, qui est un homme de consensus comme tout le monde le sait, utilise son énergie à mettre sur la même longueur d’onde ses camarades de parti têtes de liste à la Chambre et au Parlement bruxellois. Il serait sans doute plus utile ainsi. »

Fremault: « Une rengaine constamment négative »

« On a l’impression qu’Alain Destexhe découvre des réalités bruxelloises que chaque décideur politique connaît pourtant depuis des années, pique directement Céline Fremault (CDH), ministre de l’Economie et de l’Emploi en Région bruxelloise. La chanson est archiconnue. Ce qui est infiniment regrettable c’est de prendre plaisir à mettre uniquement en avant des chiffres négatifs. On peut gloser indéfiniment sur le taux de chômage bruxellois, encore faut-il avoir une vue d’ensemble sur la réalité du marché du travail. Je ne crois pas que l’absence perpétuelle d’Alain Destexhe au Parlement bruxellois soit de nature à l’éclairer. Depuis que je suis ministre, je ne l’ai jamais vu à la commission Economie et Emploi. » Depuis 2009, le député MR n’a déposé que huit interpellations ou questions au Parlement bruxellois. « Il faudrait interroger Didier Reynders et Vincent De Wolf pour voir ce qu’ils en pensent. Deux bouquins ça commence à faire beaucoup », ajoute Céline Fremault avec une petite pensée pour les mandataires MR qui « sont au pouvoir dans la moitié des communes bruxelloises ».

Les moyens d’Actiris augmentent

Se disant lassée de « cette rengaine constamment négative », elle estime que si la situation n’est bien sûr « pas idyllique » , la Région enregistre une baisse du chômage des jeunes, que le renforcement de l’accompagnement individuel des demandeurs d’emploi commence à porter ses fruits. « On ne crie pas encore victoire, mais c’est efficace », dit-elle. Et d’insister sur le renforcement des moyens d’Actiris décidé ces dernières années et sur le dynamisme économique de la capitale. Celle-ci a enregistré 10 430 créations d’entreprises pour 2 599 faillites en 2013, et la création d’entreprises a bondi de 80 % depuis 2004, avance la ministre.

La consultation populaire désormais possible à l’échelle régionale

Antoine Clevers, « La Libre Belgique », 11 février 2014

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Nouveauté dans le paysage politique belge. Depuis hier, soit dix jours après la publication au « Moniteur belge » de l’Article 39bis de la Constitution, la consultation populaire en Belgique est autorisée à l’échelle régionale. Cette avancée en termes de démocratie participative, portée par les Verts (Ecolo et Groen), s’inscrit dans le cadre de la sixième réforme de l’Etat.

Les Régions, si elles le souhaitent, doivent encore adopter un décret (ou une ordonnance pour la Région bruxelloise) précisant les modalités d’application de la consultation. Qui ne pourra toutefois pas concerner le budget, les finances publiques ou les matières nécessitant une adoption à une majorité spéciale des deux tiers.

Il ne faut toutefois pas confondre consultation populaire et référendum, qui sont tous deux des questions posées à la population sur un enjeu très précis. La première consiste simplement à demander son avis à la population – les autorités sont libres d’en tenir compte ou pas. Le second est contraignant, la décision qui en ressort s’impose aux autorités, obligées de l’exécuter.

La Constitution, dans son Article 41, se borne à préciser que « les matières d’intérêt communal ou provincial peuvent faire l’objet d’une consultation populaire dans la commune ou la province concernée » . Les juristes s’accordent pour indiquer que la référence explicite aux communes et provinces – et dorénavant aux Régions – interdit de facto la tenue de consultations populaires à l’échelle du pays. Par extension, la loi fondamentale ne fait nullement référence au référendum et en exclut dès lors la tenue, quel que soit le niveau de pouvoir.

Cette lecture de la Constitution, qui fait largement foi à peu près depuis 1831, a été confirmée à plusieurs reprises par le Conseil d’Etat. Notamment en 2004 lorsque des voix réclamaient une consultation populaire en Belgique sur la Constitution européenne.

Subtilité royale

Lors de la Question royale de 1950, les responsables politiques avaient joué de subtilités pour organiser une consultation populaire dans tout le pays sur le retour du roi Léopold III. Une consultation avait en fait eu lieu simultanément dans chacune des provinces du Royaume. Il suffisait ensuite de compiler l’ensemble des résultats…

Au niveau wallon, la législation (le décret) sur l’organisation des consultations populaires a été « optimisée » avec le décret du 26 avril 2012, nous rappelle le député wallon Stéphane Hazée (Ecolo). Pour lever certaines ambiguïtés ou dérives, il avait été décidé de préciser quelques éléments. Essentiellement à propos des délais dans lesquels doit se tenir la consultation; de son contrôle; de l’harmonisation des seuils de dépouillement dans les communes (10 % de la population); de l’obligation de mettre à l’ordre du jour du Conseil communal les résultats qui en ressortent; ou sur les matières communales qui peuvent en faire l’objet.

L’hiver meurtrier pour le verre wallon

Hugo Leblud, « L’Echo », 7 février 2014

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Les groupes verriers AGC et Saint-Gobain devraient annoncer la semaine prochaine leur intention de fermer chacun un site de production au sud du pays, à Charleroi et à Auvelais: 480 emplois directs sont concernés.

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Un conseil d’entreprise extraordinaire est convoqué au milieu de la semaine prochaine au siège de Saint-Gobain Glass à Auvelais. Cette unité de production de verre plat, qui disposait voici trois ans encore de deux des cinq « floats » (unités d’étirement en continu de verre plat) que comptaient la Basse Sambre entre Charleroi et Namur (une concentration unique au monde pour de tels outils), ne tourne plus qu’au ralenti.

Un premier float, dédié au verre automobile, a été mis définitivement à l’arrêt en 2011. Puis en décembre 2012, le second float d’Auvelais, qui produisait, lui, du verre  pour le secteur de la construction, a également été mis en veilleuse avec près de 150 travailleurs, soit la moitié de l’emploi du site qui s’est retrouvée en chômage économique.

Le groupe verrier français Saint-Gobain avait déjà fermé en mars 2012 sa filiale Techniver à Jemeppe-sur-Sambre. La fin de cette unité de transformation du verre feuilleté et trempé pour l’habitation a signifié la perte de 80 emplois. En mars 2013, le géant français avait aussi fermé Sekurit Auvelais (verre automobile), avec pour conséquence 263 autres emplois à la trappe. De sorte qu’aujourd’hui, les syndicats ne se font guère d’illusion quant à l’éventuelle survie de ce qui reste du site d’Auvelais.

Tout indique en effet que Saint-Gobain lancera mercredi prochain une procédure Renault (licenciement collectif) pour mettre définitivement fin à des activités de production de verre  plat dans la Basse Sambre.

Pas moins de 300 emplois directs (personnel du float et de la transformation en aval) seront concernés, avec sans doute aussi l’annonce du démantèlement des outils.

AGC Roux à l’agonie

Lundi prochain, à Charleroi, la direction belge du groupe verrier japonais AGC devrait elle aussi engager une procédure Renault visant l’arrêt de production de verre extra-clair (verre solaire) sur son site de Roux.

L’usine carolo, qui compte près de 180 emplois directs, perd des dizaines de milliers d’euros depuis plusieurs années, victime essentiellement de l’insupportable concurrence du verre solaire chinois.

À la fin de l’an dernier, des négociations initiées par l’homme d’affaires carolo Pepe Strazzante, déjà actif dans le secteur verrier, auraient pu aboutir au sauvetage de 125 postes de travail. Mais in fine, les organisations syndicales ont estimé peu crédible le business plan déposé. Celles-ci ont donc, de facto, privilégié la piste de la fermeture et des indemnités de départ liées à celle-ci.

Quinze lignes européennes à l’arrêt

En une semaine, ce seront donc près de 500 emplois directs et deux fois et demi plus avec les emplois indirects — dans le secteur du verre  qui seront voués à disparaître.

La problématique dépasse largement nos frontières. Surcapacité structurelle et demande en forte baisse du marché liée à la crise depuis 2008 ont contraint le secteur à mettre à l’arrêt une quinzaine de lignes de production en Europe. C’est du jamais vu, selon les experts.

Rien qu’en Belgique, sur la dernière décennie (2003-2013), près de 2.100 emplois directs ont été détruits. À l’échelle du Vieux continent, les pertes d’emploi totalisent 33.500 unités.

Pour la Belgique, les 480 emplois visés par les deux annonces attendues de la part de Saint-Gobain et d’AGC la semaine prochaine viendront encore alourdir ce lourd bilan.

Interpellé hier au Parlement wallon  par le député Ecolo Stéphane Hazée à propos de cette destruction massive d’emplois, le ministre wallon de l’Économie Jean-Claude Marcourt (PS) a annoncé une première réunion de travail réunissant les acteurs du secteur « dans les tout prochains jours », à l’initiative du holding public wallon Sogepa. L’avenir de ce secteur « ne dépend pas uniquement de la Wallonie  mais également et surtout des industriels, des travailleurs et des autres niveaux de pouvoir », a toutefois rappelé le ministre.

32.000 Wallons exclus du chômage: «Une véritable bombe sociale»

Patricia Labar, « Le Soir », 5 février 2014

2014-02-05_143953En novembre dernier, la FGTB a évalué à 55.000 chômeurs, dont 35.000 Wallons qui seraient exclus du système dès janvier 2015. L’indemnité versée à ceux qui n’ont pas encore suffisamment travaillé pour avoir droit à des allocations de chômage a en effet été limitée dans le temps par le gouvernement Di Rupo. Une mesure prise vendredi a légèrement adouci les choses pour une petite partie d’entre eux.

La FGTB a peaufiné ses calculs et a réalisé une étude commune par commune du nombre de demandeurs d’emploi qui seront exclus. Ils seront encore 50.000 pour tout le pays, dont 32.105 rien que pour la Wallonie, révèle Sudpresse qui publie une carte commune par commune.

Bodson veut attirer l’attention des bourgmestres et CPAS

L’exclusion des chômeurs, « c’est une véritable bombe sociale puisqu’il y aura près de 55.000 chômeurs exclus pour l’ensemble du pays. 32 à 33.000 pour la Wallonie et tout cela sur une période de deux, trois mois c’est-à-dire début de l’année 2015 » a commenté sur Bel RTL, Thierry Bodson, le secrétaire général de la FGTB qui a décidé d’écrire à tous les bourgmestres et présidents du CPAS de l’ensemble des 262 communes du sud du pays.

« L’idée c’est de dire aux bourgmestres et aux présidents de CPAS, maintenant vous ne pourrez plus dire je ne savais pas. Vous connaissez vos chiffres et vous savez quel va être l’impact sur vos CPAS »., a commenté Thierry Bodson qui voudrait que les communes réagissent en mettant la pression sur leurs partis politiques afin que la mesure soit supprimée.

Charleroi, Liège et La Louvière sont les communes les plus touchées mais les petites communes seront aussi extrêmement touchées a mis a garde le secrétaire de la FGTB.