Les centres-villes wallons à ranimer d’urgence

Emmanuel Huet, « Vers l’Avenir », 28 février 2014

2014-03-01_142809«On n’a jamais vu une dégradation aussi rapide. C’est une première pour nous.»   Les centres-villes sont de moins en moins attractifs. Chaque année, l’Association du management de centre-ville dresse le bilan du dynamisme commercial au cœur des villes wallonnes. Jean-Luc Calonger, président de l’AMCV s’inquiète de l’accélération du processus. L’explication de cette désertification du centre-ville trouve logiquement son explication dans le développement des pôles commerciaux périphériques. Mais, sur les douze derniers mois, l’érosion a pris une dimension alarmante. «Avant, il fallait 4 à 5 ans pour sentir l’impact d’un zoning commercial. Maintenant, les commerces du centre-ville sont plus fragiles: ils n’attendent plus en se disant que ça va aller mieux. » Les grandes chaînes règlent plus vite le sort des magasins moins performants. «Elles ne laissent plus la même enseigne des deux côtés. » Et de citer l’exemple deH& M qui a adapté sa stratégie au cœur des villes: «H& M a des conditions agressives pour faire descendre ses loyers dans les centres de 40 à 50%. » Et si le propriétaire ne cède pas, c’est le déménagement en périphérie.

Autre explication: la fragilité des nouveaux commerçants. «On pousse des jeunes à créer leur propre commerce et puis on les laisse se débrouiller tout seuls. Il y a de la bonne volonté de leur côté mais peu de capitaux. »

Cet exode urbain ne doit pas forcément trouver d’explication dans un manque de dynamisme du commerce local. À un moment, il est impossible de rivaliser avec les zonings commerciaux. Les responsables? Les autorités politiques. Qui sont communales dans le cas de l’attribution de permis pour des surfaces de moins de 4 000 m2 . Et régionales pour les superficies supérieures. «Quand on fait du développement à outrance en périphérie, ce n’est pas la faute des commerçants du centre. »