Archives mensuelles : janvier 2014

Les investissements étrangers en Wallonie en plein boom

Belga, 23 janvier 2014

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La Wallonie a capté un nombre record de dossiers d’investissements étrangers en 2013, annonce jeudi L’Echo en se basant sur le bilan de l’Awex, l’Agen- ce wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers.

Ainsi, 78 dossiers ont été bouclés avec succès l’année dernière, représentant 861,686 millions d’euros et plus de 1.500 emplois directs dont 748 grâce aux investissements venus de Flandre. Sur la période 2000-2013, 1.142 dossiers d’investissements étrangers ont été captés par la Wallonie, ce qui représente environ 10 milliards d’euros et la création, à terme, de plus de 24.000 emplois directs.

Durant ces treize années, les secteurs principaux ayant bénéficié de ces capitaux sont la logistique, le génie mécanique et l’agroalimentaire. Toutefois, l’Awex note une diminution très nette de ces investissements dans le domaine de la logistique ces dernières années.

L’agence wallonne indique en outre que la perception des coûts sociaux élevés lui est de plus en plus souvent présentée comme l’élément négatif pour l’attractivité de la région.

A noter que les investissements de la Flandre en Wallonie sont comptabilisés dans les projets d’origine étrangère. Ceux-ci ont permis de créer 4.074 emplois directs entre 2000 et 2013, dont 748 postes de travail rien que l’année dernière. Le nord du pays est ainsi le deuxième créateur d’emplois en Wallonie derrière les Etats-Unis (5.124 emplois), mais devant la France, l’Allemagne ou les Pays-Bas. Bruxelles est responsable de la création de 634 emplois sur cette période.

Photovoltaïque: 20.171 installations en Wallonie en 2013

Belga, 22 janvier 2014

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Le parlement wallon s’apprêtait à approuver mercredi soir à l’unanimité moins l’abstention annoncée du MR le projet de décret instituant le nouveau régime de soutien aux petites installations photovoltaïques chez les particuliers, Qualiwatt. La Flandre, elle, mettra fin à ses subsides le 1er février prochain. Le projet de décret du ministre de l’Energie Jean-Marc Nollet marque l’abandon du système des certificats verts pour les futures petites installations de moins de 10 kilowatts-crête (kWc), remplacés par une prime.

Le remboursement total de l’installation est prévu en 8 ans et un retour sur investissement estimé à 5% pendant la durée de vie de l’installation (20 ans au moins). Qualiwatt succède à Solwatt (en voie d’extinction jusqu’en 2026 pour les anciennes installations), dont le succès avait créé une « bulle des certificats verts » qui se répercutait excessivement sur la facture des citoyens et entreprises.

Politique différente en Flandre

En plénière, M. Nollet (Ecolo) a souligné la volonté confirmée de la Wallonie de soutenir le photovoltaïque, au contraire de la Flandre qui a fortement réduit son soutien à cette forme d’énergie l’an dernier et y mettra fin le 1er février prochain, jugeant que les panneaux solaires étaient devenus moins chers, plus efficaces et donc suffisamment rentables sans soutien public.

Certes, les 26.000 installations de 2012 au sud du pays ont baissé à 20.171 l’an dernier – loin du crash prédit par d’aucuns -, mais ce n’est rien en comparaison des 82.000 installations flamandes de 2011 passées à… 2.919 l’an dernier en Flandre, a souligné M. Nollet.

L’opposition s’est abstenue, reconnaissant la nécessité d’une base légale pour relancer le secteur. Mais Jean-Luc Crucke (MR) a vivement dénoncé la lenteur de réaction du gouvernement et sa communication « chaotique », ainsi que les incertitudes qu’il voit dans la politique énergétique wallonne.

Dette : chaque Wallon remboursera 3158 euros

Martial Dumont, « Vers l’Avenir », 22 janvier 2014

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C’est vrai : cela fait des années que le MR clame que la dette wallonne est plus importante que ce qu’a toujours annoncé publiquement le ministre du Budget André Antoine.

Et le MR avait raison. André Antoine n’a jamais voulu reconnaître que les participations financières d’institutions dépendant de la Région et les financements alternatifs (notamment des communes) devaient être comptabilisés dans la dette, qui n’est donc pas de 6,2 mais bien de 11,2 milliards d’euros. Cour des comptes faisant foi.

Une bataille de chiffres qui annonce le début des hostilités de campagne.

Mais au-delà de la polémique, si on s’arrêtait un instant sur ce que signifie exactement cette dette wallonne ? Mythes et vérités avec Jean Hindriks, professeur d’économie à l’UCL et membre de l’institut Itinera.

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Jean Hindriks, la dette wallonne, c’est 11 milliards, vraiment ?

Oui. Ce que présentait André Antoine était la partie visible de l’iceberg. Maintenant, les Wallons ont une image réelle de ce qu’est la dette. Ce sont les conventions comptables au niveau européen qui permettent de comparer les régions et les pays. Il faut les respecter.

Et les Wallons, ils payeront plus ?

Non, ça ne change rien. La charge d’intérêt de la dette de base et celle de la dette périphérique sont déjà comptabilisées par la BNB, par le fédéral et par l’Europe. Les remboursements de ces intérêts sont budgétisés. Simplement, dans le calcul de la dette, l’Europe ne veut plus qu’on débudgétise certains emprunts. Ce rapport de la Cour des comptes, c’est un rappel à l’ordre. Bref, maintenant, les Wallons se rendent compte qu’ils payaient déjà pour une dette qu’ils ne connaissaient que partiellement. Mais ça ne change rien pour eux.

Le doublement de la dette va influer sur la dette fédérale ?

Non puisqu’elle est déjà comptabilisée. Pareil pour les agences de notation.

La Wallonie pire que la Grèce, comme le dit le MR ?

Non, cette dette n’est pas une bombe. Ca n’a rien de dramatique. Ca, c’est de la campagne électorale. La dette wallonne représente 10% de son PIB. En Grèce, c’est 180%. Sur le plan du fonctionnement, c’est par contre vrai qu’on a fait pareil : on a ôté du budget une partie de la dette. Mais la différence ; c’est que pour la Wallonie, tout le monde le savait et en tenait compte. En Grèce, tout ça était caché.

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Au-delà de cette analyse de Jean Hindriks, reste enfin que la dette wallonne, même si elle est officiellement de 11,2 milliards, n’est pas non plus extraordinaire par rapport à celle de régions comparables. La Flandre, par exemple, tourne également aux alentours de 12 milliards fin 2013.

Petite précision : d’ici 2057 (fin de l’étalement du remboursement de la dette), la dette aura coûté 3158 euros à chaque Wallons.

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11,2 milliards de dette en trois parties

Globalement, la dette wallonne (les emprunts dont le remboursement est étalé dans le temps) se divise en trois.

1. La dette à long terme.

C’est celle qu’André Antoine considère comme officielle depuis toujours. Il s’agit de la dette directe qui est lissée dans le temps. Elle se monte à 6,256 milliards d’euros. Son remboursement est lissé dans le temps jusqu’en 2057 avec un pic de 476 millions en 2023. Elle comprend la dette directe et la dette indirecte (notamment héritée de la Fédération Wallonie-Bruxelles). Ces emprunts à rembourser ont été essentiellement contractés à taux fixe sur une durée moyenne de 11 ans. A cela, il faut ajouter les annuités à verser au Fonds d’Amortissement des Dettes du Logement Social et des leasings financiers immobiliers pour un montant de 871,8 millions. Total de cette dette à long terme : 7,128 milliards.

2. La dette des institutions consolidées.

Il s’agit surtout de participations financières prises par la Sogepa, la Sowalfin, les TEC ou encore la SRIW dans toute une série d’institutions ou d’entreprises. Total de cette dette : 1,301 milliard.

3. Engagements de remboursements.

C’est la partie « financement alternatif » de la dette wallonne. Elle est essentiellement composée d’engagements de la part du CRAC (le Centre régional d’aide aux communes) de supporter les remboursements et les charges d’emprunts souscrits par des communes ou des bénéficiaires de subventions.

Dans cette dette, on retrouve également les emprunts pris en charge par la Sowalfin qui fait du financement alternatif d’opérateurs actifs dans le domaine de l’assainissement des sites d’activités économiques désaffectés, ou la réalisation d’infrastructures d’accueil pour des activités économiques. Total de cette dette : 2,808 milliards.

PAC : Les grandes exploitations aideront les plus petites à survivre

Belga, 22 janvier 2014

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La réduction de l’enveloppe belge 2014-2020 des aides européennes directes aux agriculteurs débouchera en Wallonie sur des efforts des plus grandes exploitations au bénéfice des plus petites menacées de faillite, est-il ressorti mardi d’une conférence de presse du ministre de l’Agriculture Carlo Di Antonio. Le ministre cdH a mené ces dernières semaines avec les syndicats agricoles d’intenses pourparlers sur la répartition des 2 milliards d’euros revenant à la Wallonie dans le cadre des aides directes (premier pilier) de la Politique agricole commune (PAC). Un accord a été entériné bon gré mal gré mardi soir par le principal d’entre eux, la Fédération wallonne de l’Agriculture (FWA).

Un des nœuds des discussions tenait dans le montant de la surprime activée par la Wallonie pour soutenir les exploitations « de taille familiale », que l’Europe plafonne à 30% de l’enveloppe. La FWA – qui rassemble tous les types d’exploitations et donc aussi les plus grandes – estimait que l’équilibre se trouvait à 10%, voire 15%, tandis que les autres, dont la FUGEA (Fédération unie de groupements d’éleveurs et d’agriculteurs, plus favorable aux petites exploitations), réclamait 30%.

L’accord est finalement de 20%, la surprime portant sur les 50 premiers hectares par agriculteur, quelle que soit la taille de l’exploitation. Reste à convaincre l’Europe de retenir pour la Wallonie ce chiffre régional, elle qui se fonde sur un chiffre national moins élevé. La FWA espère pouvoir compenser au profit des céréaliers par une révision promise par le ministre en 2016, « mais avec quelles garanties », s’interroge-t-elle.

Jean-Claude Marcourt: «La Belgique a laissé la Wallonie s’enfoncer»

Pierre-Henri Thomas, « Trends/Tendances », 22 janvier 2014.

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Dans un ouvrage collectif initié par Guy Verhofstadt et présenté voici quelques jours, l’économiste et ancien sénateur VLD Paul De Grauwe observe que, en termes de dynamisme économique, le Wallonie dépasse la Flandre depuis 2007.

«Malgré, ajoute Paul De Grauwe, la succession des réformes de l’Etat censées donner davantage d’autonomie aux régions. Finalement, assène Paul De Grauwe, « ce que nous (Flamands) faisons nous-mêmes, nous ne le faisons certainement pas mieux».

Entre 2008 et 2012, le produit brut régional a enregistré une croissance cumulée de 4,5% en Wallonie, contre seulement 1,6% en Flandre.

Pourquoi la Wallonie affiche depuis six ans une croissance supérieure à la Flandre ? C’est le sujet du dossier de tendances cette semaine. C’est aussi la question que nous avons posée au ministre wallon de l’économie, Jean-Claude Marcourt.

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Alors, la Wallonie fait désormais jeu égal avec la Flandre sur le plan économique ?

Dans un environnement morose, la Wallonie se positionne en effet dans les régions qui s’en sortent relativement bien. C’est la conséquence d’une politique économique qui est menée depuis dix ans. La Wallonie soigne ses maux et va mieux. C’est clair.

Il reste un écart non négligeable avec la Flandre. Le PIB par habitant n’est que de 88% de la moyenne européenne, contre 118% en Flandre. 

Le PIB par habitant était supérieur en Wallonie jusqu’en 1966. Ce n’est pas si lointain. La région n’a pas encore retrouvé le niveau d’activité de l’économie flamande. Mais nous avons mis en place un certains nombres d’options qui commencent à porter leurs fruits.

Nous avons orienté l’économie wallonne vers l’innovation. Et c’est cela qui explique cette amélioration. Je songe surtout aux pôles de compétitivité. Une grande partie de l’accroissement de valeur ajoutée que l’on observe en Wallonie provient de ces pôles. Ils sont en train de créer un véritable écosystème, mettant aux prises des PME, des centres de recherches, des universités, des centres de formation. C’est cette hybridation entre ces divers composants qui a donné une robustesse à l’économie wallonne. Et j’observe que désormais, les entreprises se sont appropriées le dispositif.

Certains disent qu’il existe deux modèles très différents : le modèle flamand, d’économie de marché ouverte et tournée vers l’international, et l’économie wallonne, mixte, davantage spécialisée dans des niches innovantes. Vous êtes d’accord ?

Mais ces deux modèles sont liés à une histoire. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la Flandre a été largement soutenue par la politique économique belge, au détriment de la Wallonie. Au lieu d’aider la Région wallonne à se redéployer, on l’a laissé s’enfoncer. Nous n’avons pu appliquer une telle politique que depuis la régionalisation.

Aujourd’hui, la puissance économique flamande a d’autres atouts que les nôtres. Toutefois, les analystes, mêmes en Flandre, regardent ce que nous faisons. Et lorsque la Flandre vit un drame social tel que celui de Ford Genk, j’observe qu’elle applique le remède que nous avons nous-mêmes appliqué en Wallonie.

Quel est aujourd’hui le principal défi que doit relever l’économie wallonne ?

Il faut aider à créer des PME structurantes, tournées vers l’international, qui deviennent des leaders de leur secteur. Il faut continuer à densifier les mailles du tissu industriel wallon. Le secteur des services est également important, mais on observe du côté francophone qu’il a tendance à se concentrer à Bruxelles.

Un obstacle n’est-il pas la trop grande fragilité financière des PME du Sud du pays? 

Si. Il est nécessaire de renforcer les fonds propres les entreprises wallonnes. Si l’on doit revoir le système des intérêts notionnels, il faut le corriger en favorisant la manière dont il pourrait soutenir les fonds propres des PME.

Nous en discutons avec Febelfin (l’association regroupant le secteur bancaire, NDLR), afin de mettre en place un système similaire au plan bancaire flamand (la Flandre a mis en place un système de financement des PME où les banques supportent le risque en première ligne, mais où un fonds doté d’un milliard d’euros permet d’accroître le volume du crédit. Des incitants permettant aux particuliers de financer des entreprises ont également été étendus, NDLR). Le projet devrait aboutir ces prochains mois. Peut-être à la fin de cette législature, plus vraisemblablement dans le courant de la deuxième partie de l’année.

L’accueil des personnes handicapées françaises en Wallonie: une réalité encadrée et sous contrôle!

2014-02-02_200520Eliane Tillieux Ministre wallonne de la Santé, de l’Egalité des Chances et de l’Action Sociale. « Le Soir » du 20 janvier 2014

Dans son édition du 3 janvier, le journal Le Monde publiait plusieurs articles concernant l’accueil et l’hébergement des personnes handicapées françaises dans les institutions relevant de la Wallonie, faisant état de «  l’exil forcé des handicapés français en Belgique  », de «  Handicapés mentaux en Belgique : on voit des gens qui sont comme des zombies  », de «  boîtes à français mal contrôlées » ou encore «  ces expatriations de handicapés français sont choquantes  ».

Ces affirmations m’ont choquée par leur côté caricatural. Elles pourraient porter préjudice à l’image du personnel et conduire à la crainte et à la méfiance des familles à l’égard du secteur. Je veux ici rassurer les uns et les autres !

Pour moi, ce sont ces affirmations jetant un discrédit général sur les services concernés qui sont choquantes ! Car, avec cœur et professionnalisme, je le sais, je l’ai vu, des milliers d’éducatrices et d’éducateurs spécialisés, de travailleuses et de travailleurs sociaux s’y investissent pleinement, permettant aux personnes handicapées de mener la vie la plus autonome et la plus participative possibles. De vrais miracles au quotidien qui font chaud au cœur…

L’accueil des personnes handicapées françaises en Wallonie remonte à plusieurs décennies. Les motifs en sont bien connus : dans son récent rapport à l’Assemblée nationale française, le Député français Philip Cordery les rappelle : la proximité géographique et l’absence de barrière linguistique, l’insuffisance des places en France, la qualité d’ensemble des services et du modèle socio-éducatif wallon et enfin une approche plus tolérante vis-à-vis des handicaps mentaux et des troubles du comportement. Pour l’autisme, par exemple, la Wallonie a développé une approche éducative et pédagogique différente, qui donne des résultats appréciés des parents, notamment pour la scolarisation.

Aujourd’hui, 137 institutions disséminées sur l’ensemble du territoire wallon mais principalement dans le Hainaut occidental bénéficient d’une « autorisation de prise en charge » spécifique, prévue depuis 1995, et accueillent environ 4.500 personnes handicapées françaises. Par ailleurs, un peu moins de 2.000 personnes handicapées françaises sont également accueillies, sur la base de subsides des Autorités françaises, dans des services agréés et subventionnés par l’Awiph. C’est donc au total environ 6.500 personnes handicapées françaises qui bénéficient d’un accueil en Wallonie.

Des boîtes à Français mal contrôlées et un juteux business ? Non ! Afin de garantir la qualité dans les services « autorisation de prise en charge », la Wallonie a été proactive : accord-cadre, normes d’encadrement, inspection. Passons cela en revue.

Un accord-cadre : j’ai rencontré, en juillet 2011 à Paris, mon homologue de l’époque, Madame Roselyne Bachelot, et nous avons rapidement mis au point et signé un accord-cadre (21 décembre 2011), qui fut ensuite ratifié en avril 2013 par le parlement wallon et en octobre 2013 par l’Assemblée nationale française. Il porte sur le nombre de personnes françaises accueillies en Wallonie, sur le contrôle des services et sur les bonnes pratiques à promouvoir.

Des normes à la hausse : les normes d’encadrement sont passées de 0,25 ETP par personne handicapée à 0,6 ETP depuis juillet 2010 pour que les subsides octroyés par les Autorités françaises soient pour l’essentiel affectés à l’encadrement.

Les mêmes inspections : pour garantir la qualité de l’accueil dans les services, l’Awiph organise des inspections périodiques. Les services sous autorisation sont soumis à la même périodicité d’inspection que les services agréés. Et le service fait l’objet d’un suivi par l’Awiph jusqu’à sa mise en conformité. Dans des cas extrêmes, l’Awiph peut même décider de retirer l’autorisation de fonctionnement et le cas échéant prévenir le parquet. En outre, l’Awiph informe les Autorités françaises en cas de manquement.

Les personnes handicapées françaises ne prennent pas la place des bénéficiaires wallons, car les places agréées et subventionnées ordinaires ne sont tout simplement pas accessibles à nos amis français.

Certes, il est difficilement compréhensible a priori pour les familles wallonnes, éventuellement confrontées à des listes d’attente, que des services s’ouvrent çà et là pour prendre en charge des Français. Soulignons à nouveau que ces structures s’ouvrent grâce au subventionnement des Autorités françaises pour la prise en charge de leurs ressortissants.

Je réfute donc cette affirmation de « boîtes à Français » mal contrôlées. Cette appellation est par ailleurs péjorative et dans les faits, des bénéficiaires wallons sont souvent aussi pris en charge dans ces services. Certes, des dysfonctionnements peuvent se produire : c’est bien pour cela que les services sont contrôlés et inspectés !

Gardons-nous donc de généraliser, dépassons les attaques et les incidents !

Soyez rassurés : personne ne prend la place de personne, le secteur est sous contrôle et nous travaillons pour renforcer encore cette qualité qui est notre marque en Europe !

Dette wallonne: Antoine plaide la bonne foi et l’apaisement

Belga, 20 janvier 2014

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Le ministre du Budget André Antoine a plaidé la bonne foi et l’apaisement, lundi en commission du Parlement wallon où s’est tenu un long débat sur la dette wallonne, particulièrement animé par le MR.

Si le ministre, défendu par les députés de la majorité, a confessé une possible confusion sur l’agenda de la publication du rapport de la Cour des comptes, il a toutefois maintenu qu’aucun chiffre n’avait été caché et que la Cour avait bien effectué une évolution méthodologique. La Cour des comptes avait évalué, dans un audit inédit publié dans son 25e rapport, le montant de la dette de la Région wallonne à 11,237 milliards d’euros et non aux 6,25 milliards d’euros avancés par le gouvernement. Elle a notamment pris en considération les nouvelles normes comptables européennes en intégrant dans la dette régionale plusieurs organismes et dettes.

Le débat des dernières semaines a donné lieu à plusieurs sorties du ministre, mettant au passage en question la neutralité de la Cour des comptes et dénonçant un coup politique du MR. Il répondait ainsi aux attaques du chef de groupe MR Willy Borsus, complice selon lui d’une fuite dans la presse qui a révélé les chiffres le 20 décembre dernier.

Lundi, la Cour a affirmé avoir communiqué son rapport au cabinet du ministre ce même 20 décembre. Le MR en a conclu que le ministre avait menti le 6 janvier au parlement lorsqu’il a soutenu ne pas avoir eu connaissance du rapport.

Face à cette accusation, André Antoine a plaidé la bonne foi. Disant avoir estimé qu’il avait affaire à un audit thématique – nécessitant une procédure de communication spécifique – , il a expliqué qu’il attendait encore le 6 janvier des compléments de ses échanges avec la Cour.

Feu vert définitif pour la tarification progressive de l’électricité en Wallonie

« Le Vif », Belga, 17 janvier 2014

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L’arrêté du gouvernement wallon sur la tarification progressive de l’électricité dès 2015 pour les particuliers a été approuvé définitivement vendredi par le gouvernement wallon.

Par rapport aux dispositions approuvées en 2e lecture à la mi-septembre, de nouvelles modalités ont été introduites pour intégrer dans les bénéficiaires du système les ménages vivant dans des logements à compteur collectif, une réalité de fait même si elle ne répond pas aux règlements en vigueur. A l’inverse, les étudiants koteurs seront considérés comme des professionnels, échappant donc à ainsi à une contribution alourdie. Ces éléments répondent à des demandes du PS et du CDH, dans ce dossier emblématique pour le ministre de l’Energie Jean-Marc Nollet (Ecolo).

La nouvelle tarification progressive, solidaire et familiale (TPSF) vise à corriger « l’injustice » qui fait bénéficier d’un tarif dégressif les plus gros consommateurs d’électricité, soit ceux qui, selon le régulateur wallon (CWaPE), engrangent des plus hauts revenus. Elle fait contribuer davantage ces gros consommateurs (36% des ménages wallons), tandis que les 64% restants verront leur facture diminuer.

Côté bénéficiaires, les 400 premiers kWh seront gratuits pour une personne isolée, 500 pour les ménages de 2 à 3 personnes, 600 (4 personnes), 700 (5 et 6 personnes) et 800 (7 personnes et plus, ainsi que les clients à tarif social).

Le système intègre les coûts qu’il génère et prévoit de redistribuer de 160 à 170 millions d’euros des gros consommateurs vers les plus petits, tout en évitant d’y faire contribuer les ménages qui ont investi dans une pompe à chaleur, ceux qui se chauffent à l’électricité ainsi que les professionnels.

Le gouvernement a par ailleurs décidé de renforcer le droit des locataires à disposer de compteurs individuels, qui devront être installés dans chaque immeuble collectif endéans les 10 ans.
L’instauration de la TPSF a été fixée au 1er janvier 2015, ce qui signifie qu’elle s’appliquera sur les factures de régulation et de clôture reçues dès ce moment, au prorata de la quantité d’électricité consommée entre cette date et le relevé de l’index générant la nouvelle facture.

Rudy Demotte : «La Wallonie vivra la prochaine législature dans une urgence permanente»

Belga, 17 janvier 2014
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Le nouveau fédéralisme issu de la 6e réforme de l’état mettra la Wallonie tout au long de la prochaine législature dans une situation d’urgence permanente, a prévenu le ministre-président wallon et de la Fédération Rudy Demotte, vendredi à l’occasion de ses voeux aux « forces vives » wallonnes et bruxelloises.

Je forme le voeu de voir un gouvernement wallon se mettre rapidement en place après les élections de mai prochain, a affirmé M. Demotte (PS) devant un parterre de partenaires sociaux et d’administrations chargés de la nouvelle concertation sociale wallonne et de l’accueil des matières transférées, etc.

A travers ce voeu, il réfute toute stratégie institutionnelle. Ce n’est pas comme d’aucuns au Nord, pour souligner où se trouve désormais le centre de gravité, mais simplement parce que la Wallonie vit et vivra tout au long de la prochaine législature dans une situation d’urgence permanente.

Nous avons voulu le fédéralisme pour assurer notre développement, a martelé M. Demotte, alors que les entités du sud du pays s’apprêtent à surmonter l’accueil des compétences transférées sans l’entièreté du moyens financiers qui y sont liés et avec pour horizon une nouvelle loi spéciale de financement moins généreuse.

Au terme d’une énumération de chiffres et de réformes démontrant à ses yeux le redressement de la région, M. Demotte a lancé aux forces vives un appel collectif au travail.