Le patronat wallon aux politiques: «Il faut un choc de compétitivité»

Vincent Slits, « La Libre Belgique », 31 janvier 2014

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Offensif et déterminé. Jean-François Heris, président de l’Union wallonne des entreprises (UWE), l’était mercredi soir lors des vœux de l’organisation patronale. « 2014 est une année cruciale en termes de choix », a-t-il notamment expliqué, soulignant qu’au terme des élections fédérales et régionales de mai prochain, la Belgique disposera d’une législature de cinq ans sans autre scrutin, ce qui constitue une « opportunité unique » pour « sortir définitivement vainqueur de cette crise et se retrouver bien installé dans le peloton de tête européen ». Comment ? En se focalisant sur des objectifs socio-économiques et uniquement ceux-là. « Etant personnellement souvent à l’étranger, je peux vous assurer que les 541 jours de crise n’ont pas été oubliés, en particulier par des investisseurs potentiels », a-t-il ajouté.

Un triple défi pour la Wallonie

Jean-François Heris voit un triple défi pour la Wallonie : améliorer le niveau de vie des Wallons, poursuivre l’effort d’assainissement budgétaire et assurer la mise en place des compétences nouvelles transférées à la Région (emploi, santé, allocations familiales) dans le cadre de la 6e réforme de l’Etat.

Et d’en appeler à « un choc de compétitivité » pour aider les entrepreneurs wallons à grandir et stimuler l’esprit d’entreprise. « Les entreprises wallonnes restent trop peu nombreuses et trop petitesAvec le même nombre de travailleurs par entreprise qu’en Flandre (11,6 pour 9,3), on créerait 165 000 emplois en Région wallonne. De plus, avec la même densité d’entreprises par rapport à la population (22,7 pour 20,5), on créerait 90 000 emplois supplémentaires », constate le président de l’UWE. Au rayon des revendications, le patronat wallon réclame une réduction de 20 % des coûts salariaux pour les entreprises de production et soumises à concurrence internationale. « Sortons des clichés, le coût du travail doit préoccuper, autant, voire plus, les travailleurs que les employeurs ».

L’UWE demande aussi l’instauration d’une « norme énergétique », à l’instar de la « norme salariale », permettant la comparaison des coûts énergétiques par rapport aux pays limitrophes et l’adoption de mesures correctrices afin de garantir la compétitivité des entreprises. Mais pour Heris, il faut aussi stimuler la formation en alternance et en faire une filière d’excellence, repenser l’enseignement des sciences auprès des jeunes, mener une politique active du chômage et simplifier notre fiscalité et le système d’aides aux entreprises.

En ce qui concerne les matières transférées, les Régions pourront dès juillet 2014 octroyer des réductions de cotisations patronales au bénéfice de groupes cibles (notamment les bas salaires). Dans ce cadre, le président de l’UWE propose que « la réduction ciblée des cotisations s’applique aux revenus bruts jusqu’à 2 000 euros par mois », majorée pour les entreprises soumises à la concurrence internationale. Et de plaider également pour une « modération, voire une réduction des additionnels régionaux à l’impôt des personnes physiques ».

Et Heris de conclure : « Il n’y a qu’un seul choix possible : celui de l’entreprenariat, de l’entrepreneur, de l’entreprise ».