Panneaux photovoltaïques made in Wallonie

Emmanuel Huet, « Vers l’Avenir », 23 janvier 2014

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Le secteur photovoltaïque wallon est-il en pleine crise? On pourrait le penser lorsqu’on constate que les cahiers de commandes des installateurs sont réduits à quelques contrats depuis le volte-face opéré par le gouvernement concernant l’attribution des certificats verts.

Finale 24, une société installée à Eupen et à Baillonville (Somme-Leuze) est en train de démontrer tout le contraire. La PME finalise actuellement la première chaîne belge de montage de panneaux photovoltaïques. Dans un premier temps, une première ligne automatisée devrait permettre de produire les premiers panneaux photovoltaïques wallons dans les ateliers du zoning d’Eupen.

Sur le marché des constructeurs, la Chine domine – ou plutôt dominait – le secteur. Comment une entreprise wallonne sera-t-elle en mesure de jouer dans la même cour? Depuis que l’Union européenne a décidé de taxer à 47% les panneaux chinois, les producteurs européens relèvent la tête. «Nous aurons des coûts de production identiques à nos confrères européens», estime Éric Franssen. Les leaders du marché sont les constructeurs allemands, italiens, français ou espagnols. «Nous serons peut-être 5% plus chers que des produits d’origine ‘bizarre’ comme l’Inde, la Malaysie, le Brésil, la Corée…»

Le patron de Finale 24 croit en un redéploiement du photovoltaïque. Le coup de mou vécu actuellement n’est que temporaire. La rentabilité, elle est toujours garantie, assure-t-il. Et ce sera encore le cas dans les années à venir. «La confiance va revenir. Ce n’est pas une crise que nous avons vécue, c’est une crise de confiance. Le message qui est passé était surfait. Je pense qu’on a un peu exagéré la communication.»

Malgré les certificats verts revus à la baisse, le système actuel est toujours rentable. Tout comme le seront les futurs projets de l’ère Qualiwatt.

Ce qui change, c’est le prix de l’installation. En quelques années, l’investissement est nettement moindre. De l’ordre de la moitié du prix pour une puissance identique. «Avec le système actuel, il faut 6 ans pour rentabiliser son installation. Nous avons fait des simulations sans aides (sans CV ni déductions fiscales), il faut ainsi 6,5 ans, rien qu’en économisant sur l’électricité.»

Produire ses propres panneaux a donc du sens «car le marché est en pleine croissance. Je crois au dynamisme wallon, il est capable de faire du photovoltaïque. Il y a une place à prendre.» Et cette place, Finale 24 compte s’en emparer et confirmer son rôle de spécialiste qu’il assume depuis 2007, soit aux premiers balbutiements du photovoltaïque en Wallonie. «Je veux être un grand spécialiste du photovoltaïque. Pour cela, je veux être encore plus fort dans ce que je fais.»