Archives mensuelles : janvier 2014

Le patronat wallon aux politiques: «Il faut un choc de compétitivité»

Vincent Slits, « La Libre Belgique », 31 janvier 2014

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Offensif et déterminé. Jean-François Heris, président de l’Union wallonne des entreprises (UWE), l’était mercredi soir lors des vœux de l’organisation patronale. « 2014 est une année cruciale en termes de choix », a-t-il notamment expliqué, soulignant qu’au terme des élections fédérales et régionales de mai prochain, la Belgique disposera d’une législature de cinq ans sans autre scrutin, ce qui constitue une « opportunité unique » pour « sortir définitivement vainqueur de cette crise et se retrouver bien installé dans le peloton de tête européen ». Comment ? En se focalisant sur des objectifs socio-économiques et uniquement ceux-là. « Etant personnellement souvent à l’étranger, je peux vous assurer que les 541 jours de crise n’ont pas été oubliés, en particulier par des investisseurs potentiels », a-t-il ajouté.

Un triple défi pour la Wallonie

Jean-François Heris voit un triple défi pour la Wallonie : améliorer le niveau de vie des Wallons, poursuivre l’effort d’assainissement budgétaire et assurer la mise en place des compétences nouvelles transférées à la Région (emploi, santé, allocations familiales) dans le cadre de la 6e réforme de l’Etat.

Et d’en appeler à « un choc de compétitivité » pour aider les entrepreneurs wallons à grandir et stimuler l’esprit d’entreprise. « Les entreprises wallonnes restent trop peu nombreuses et trop petitesAvec le même nombre de travailleurs par entreprise qu’en Flandre (11,6 pour 9,3), on créerait 165 000 emplois en Région wallonne. De plus, avec la même densité d’entreprises par rapport à la population (22,7 pour 20,5), on créerait 90 000 emplois supplémentaires », constate le président de l’UWE. Au rayon des revendications, le patronat wallon réclame une réduction de 20 % des coûts salariaux pour les entreprises de production et soumises à concurrence internationale. « Sortons des clichés, le coût du travail doit préoccuper, autant, voire plus, les travailleurs que les employeurs ».

L’UWE demande aussi l’instauration d’une « norme énergétique », à l’instar de la « norme salariale », permettant la comparaison des coûts énergétiques par rapport aux pays limitrophes et l’adoption de mesures correctrices afin de garantir la compétitivité des entreprises. Mais pour Heris, il faut aussi stimuler la formation en alternance et en faire une filière d’excellence, repenser l’enseignement des sciences auprès des jeunes, mener une politique active du chômage et simplifier notre fiscalité et le système d’aides aux entreprises.

En ce qui concerne les matières transférées, les Régions pourront dès juillet 2014 octroyer des réductions de cotisations patronales au bénéfice de groupes cibles (notamment les bas salaires). Dans ce cadre, le président de l’UWE propose que « la réduction ciblée des cotisations s’applique aux revenus bruts jusqu’à 2 000 euros par mois », majorée pour les entreprises soumises à la concurrence internationale. Et de plaider également pour une « modération, voire une réduction des additionnels régionaux à l’impôt des personnes physiques ».

Et Heris de conclure : « Il n’y a qu’un seul choix possible : celui de l’entreprenariat, de l’entrepreneur, de l’entreprise ».

2 millions d’euros pour le bio en Wallonie

« Le Vif » – Belga, 29 janvier 2014

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Les moyens affectés au secteur bio ont été doublés puisque près de deux millions d’euros par an sont désormais consacrés à la recherche et au développement de la filière biologique en Wallonie.

Et ce, de manière récurrente jusqu’en 2020, a indiqué le ministre wallon de l’Agriculture, Carlo Di Antonio, lors d’une conférence de presse à Namur sur les nouvelles politiques mises en place sous son impulsion, organisée juste avant un colloque de l’Union nationale des agrobiologistes belges (UNAB).

La Wallonie compte actuellement plus de 1.100 exploitations bio et la Flandre, 291. L’objectif du ministre est de doubler à l’horizon 2020 la surface agricole bio en Wallonie (qui était de 54.745 hectares en 2012) et d’atteindre entre 1.500 et 1.750 exploitations sous contrôle officiel bio. « L’offre du bio ne correspond pas encore tout à fait à la demande et les producteurs doivent pouvoir être mieux connus », explique le ministre. C’est pourquoi des moyens sont dégagés pour financer les nouvelles politiques.

Sur ces deux millions d’euros, un million sera destiné annuellement à la recherche bio de terrain via la Cellule Bio-Pro créée au CRA-W (Centre de recherches agronomiques). L’équipe de cette cellule vient de sélectionner une soixantaine de fermes wallonnes de tous types de production (laitière, viandeuse, maraîchage, grandes cultures, arboriculture, porc, volaille, etc) pour y mener de la recherche participative. Concrètement, les chercheurs travailleront dans ces fermes en interaction avec les exploitants pour identifier les questions qui se posent lors de la production bio et tenter d’y apporter des réponses en mettant en place des essais démonstratifs.

Ces moyens serviront également à Biowallonie, une nouvelle structure unique d’encadrement. Cette asbl regroupe l’ensemble des parties prenantes de la filière bio, à savoir, les producteurs, les transformateurs, les consommateurs et les distributeurs. « Pour orienter la conversion des producteurs vers les demandes des consommateurs, une collaboration entre tous les acteurs concernés est nécessaire. Si des initiatives existent, elles doivent être mieux coordonnées », estime Carlo Di Antonio.

Les projets favorisant la création de filières comme les coopératives ou les groupements de producteurs sont encouragés par la Wallonie. Carlo Di Antonio épingle aussi la création d’un Collège de producteurs, « un lieu où les agriculteurs bio peuvent faire remonter leurs demandes », explique-t-il. Ce collège aura pour mission d’informer le ministre des attentes et des besoins des producteurs en concertation avec des représentants des filières, des consommateurs et des syndicats.

Le ministre insiste aussi sur l’importance de créer des formations spécifiques en agriculture biologique dans les hautes écoles ou dans d’autres structures de formation. Des formations postscolaires seront également organisées et concerneront notamment les moyens à mettre en oeuvre pour qu’un agriculteur puisse se convertir au bio.

A cela, il faut ajouter le renforcement des actions de l’Agence wallonne de promotion d’une agriculture de qualité (APAQ-W) pour promouvoir les produits biologiques auprès des consommateurs wallons mais aussi étrangers. Un site web regroupant l’ensemble de l’information disponible sur le secteur bio sera également mis en place. D’autres actions de promotion figurent également à l’agenda 2014 de l’APAQ-W comme une étude de marché bio wallon.

CD&V et N-VA : chou vert et vert chou

Jules Gheude, essayiste politique

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Jules Gheude, en 2007, entre François Perin (à gauche) et Xavier Mabille.

Il  s’agit  ici  d’une  version  remaniée  de la «carte blanche»  intitulée  «CD&V  et  N-VA : le flirt permanent» et parue dans «Le Soir» du 28 janvier 2014 (http://jn.lesoir.be/#/article/115795)

Si son objectif final demeure bien, selon ses statuts, l’émergence d’un Etat flamand, la N-VA n’entend pas brusquer les choses. Il ne s’agit pas, pour elle, d’adopter un processus révolutionnaire, mais évolutif, en douceur si l’on peut dire. D’où sa proposition visant à mettre sur pied, dans les meilleurs délais, un schéma confédéral, en tous points  conforme aux résolutions que le Parlement flamand a adoptées en 1999 et que les responsables francophones ont eu le tort de sous-estimer : échelon central réduit à l’état de coquille vide par le transfert massif de compétences à la Flandre et à la Wallonie, cogestion de Bruxelles.

Cette notion de confédéralisme avait été lancée au début des années 1990 par le CVP Luc Van den Brande, alors ministre-président flamand. Voici ce qu’il déclarait, le 13 janvier 1993 : « Mes collègues de l’exécutif flamand, socialistes compris, se rallient à mes déclarations sur le confédéralisme. (…) Nous avons le devoir de continuer à réfléchir à la poursuite de la formation de l’Etat flamand. » Difficile d’être plus clair !

La constitution, en 2004, du cartel CD&V/N-VA montra d’ailleurs que les deux formations se rejoignaient sur cet objectif.

Il ne faut surtout pas que les francophones soient dupes. Bien qu’ils se fassent aujourd’hui concurrence dans la joute électorale, CD&V et N-VA restent en état de flirt. Comme le déclarait récemment l’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck : « La relation entre le nationalisme flamand et la démocratie chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand ».  Pour le dire autrement, entre Kris Peeters et Bart De Wever, il y a l’épaisseur d’un papier de cigarette.

Il nous paraît bon de rafraîchir la mémoire de Charles Michel quant aux intentions réelles de Wouter Beke, le président du CD&V. A peine l’accord sur la 6ème réforme de l’Etat était-il obtenu que ce dernier s’empressait de lâcher : « Personne ne niera qu’une 7e réforme de l’Etat viendra un jour. L’approfondissement de l’Etat est irréversible. » Cet approfondissement, c’est, comme il l’a précisé en 2007, « une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend. » Et d’ajouter : « Les Wallons ne tiennent à la Belgique que pour l’argent. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance. »

Wouter Beke ?  Pas vraiment un tendre, en somme !

Le nationalisme flamand est un phénomène irréversible, dont aucune réforme de l’Etat ne pourra venir à bout. Rien ni personne ne pourra empêcher, à terme, l’envol d’un Etat flamand souverain, lequel n’aura aucune difficulté à se faire reconnaître sur la scène européenne et internationale.

Le phénomène n’est d’ailleurs pas unique, comme en témoignent les velléités de l’Ecosse et de la Catalogne de rompre également avec leurs cadres étatiques respectifs.

La stratégie flamande est celle du « stap voor stap ». Comme l’a écrit François Perin, dans sa préface à mon livre « Lettre à un ami français – De la disparition de la Belgique » (1)  – ce fut son dernier écrit : « Or, l’option confédéraliste, qu’une très large majorité flamande prône depuis 1999, n’est, comme l’a été le fédéralisme, qu’une nouvelle étape pour accéder finalement à l’autonomie complète de la Flandre. »

Plutôt que de s’accrocher à ce fédéralisme dont l’ancien Premier ministre CD&V Yves Leterme a dit lui-même qu’il avait « atteint ses limites », les dirigeants francophones doivent avoir le courage d’affronter la réalité et de préparer leurs concitoyens à l’après-Belgique.

Il y a sept ans, feu Xavier Mabille, le président du Crisp, évoquant l’hypothèse de la scission de l’Etat, précisait : « hypothèse dont je dis depuis longtemps qu’il ne faut en aucun cas l’exclure. » (2)

(1) « Mon Petit Editeur », 2014. (2) « Dans sa préface à mon livre « L’incurable mal belge sous le scalpel de François Perin », Ed. Mols, 2007.

Les pôles de compétitivité wallons réussissent leur examen de passage

Eric Deffet, « Le Soir », 27 janvier 2014

2014-01-30_184412A l’heure des bilans, celui des six pôles de compétitivité wallons fera sans doute figure d’histoire à succès. La démarche a été lancée en 2006 et, au fil du temps, a pris de l’ampleur.

Dans des domaines comme les sciences de la vie, les matériaux durables ou l’aéronautique, des centaines d’entreprises, de chercheurs et de formateurs travaillent à sortir la Wallonie de sa torpeur économique.

Les bilans chiffrés sont difficiles à réaliser.

Un consultant indépendant français a été chargé d’un rapport d’évaluation qui pourra servir de base de travail au gouvernement qui succédera à l’Olivier : le bilan est globalement très positif.

Les pôles ont largement contribué à la réorientation de l’économie wallonne et à son potentiel de croissance, note le ministre Jean-Claude Marcourt.

1. Skywin

Le pôle aéronautique et spatial réalise un excellent travail dans les phases d’émergence et de montage des projets (…) En revanche, son rôle mériterait d’être plus affirmé dans leur déroulement (…) afin de veiller à ce que les subsides publics soient utilisés au mieux en termes de valorisation socio-économique. Pour l’évaluateur, le suivi des impacts passera par la mise en place d’une collecte systématique des informations quantitatives.

2. Biowin

Le pôle spécialisé en biotechnologie est en large conformité avec les objectifs qui avaient été fixés. Ces points positifs compensent largement les insuffisances que l’on a pu constater, et qu’il importe néanmoins de corriger, concernant la faiblesse de la vision stratégique et du travail de veille et de prospective, note le consultant pour lequel la stratégie mérite d’être réécrite de façon à afficher clairement les objectifs économiques, scientifiques et technologiques.

3. Greenwin

Le pôle consacré aux matériaux durables et renouvelables est opérationnel depuis mi-2012 seulement. La lisibilité est un point de vigilance : la stratégie nous apparaît très large et les membres ne s’y retrouvent pas toujours.

4. Logistics in Wallonia

Le pôle chargé de développer le transport et la logistique repose sur une stratégie peu claire et mal partagée, déplore le consultant qui estime que l’ensemble des membres du pôle doit être associé à la définition de la stratégie. Attention toutefois à ne pas élargir le périmètre exagérément : le secteur de la mobilité est demandeur, notamment.

5. Walgralim

Le pôle agroalimentaire est à un tournant de son histoire à double titre. Il doit mettre en œuvre et utiliser rapidement son centre d’intelligence. Il doit aider ses membres à valoriser leurs projets et leurs produits.

6. Mecatech

Le pôle spécialisé en ingénierie mécanique est sur une courbe ascendante. Peut faire encore mieux toutefois : La dimension développement durable demanderait à être plus et mieux mise en avant.

Si le bilan tracé par le consultant est positif, il est donc aussi prudent dans ses pronostics.

Un Wallon sur dix est analphabète

« Vers l’Avenir », 25 janvier 2014

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Il y a quelques années, un réseau d’Écrivains publics s’est mis en place en Wallonie. Son rôle est simple mais essentiel: écrire au nom de personnes illettrées ou analphabètes avec leur aide.

Ses actions le sont tout autant: offrir un soutien à la lecture, à la compréhension et à l’écriture de courriers, textes administratifs et institutionnels, travailler en partenariat avec les acteurs locaux afin de favoriser l’émancipation et l’autonomie des personnes, mettre en contact des bénéficiaires avec les services ad hoc pour le suivi et la prise en charge de leurs questions, droits et litiges.

Pour pérenniser ce réseau d’Écrivains publics, le gouvernement wallon vient d’approuver un projet de convention pluriannuelle de 3 ans, avec une subvention annuelle de 65 000 euros..

Des problèmes en cascade

Aujourd’hui, on estime à 10% le nombre de personnes analphabètes ou illettrées.

«Les difficultés à lire et à écrire concernent tant les adultes que les jeunes. L’analphabétisme chez les adultes induit des difficultés pour assumer des actes de la vie quotidienne, et in fine est un frein important pour s’insérer tant socialement que professionnellement dans la vie de la société» explique la ministre de l’Action sociale Éliane Tillieux (PS).

Les jeunes en difficulté avec l’expression écrite rencontrent aussi des problèmes de compréhension des consignes et accumulent ainsi les retards scolaires.

Troisième souci: l’analphabétisme a aussi pour conséquence une fracture numérique. Faute de disposer de compétences langagières suffisantes, les personnes analphabètes n’ont pas ou peu accès aux médias informatiques.

Philippe Henry: «Je ne cherche pas les effets d’annonce»

Alice Dive, « La Libre Belgique », 24 janvier 2014

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À quatre mois des élections, l’Ecolo Philippe Henry dresse un bilan de son travail.

Ces derniers mois, vous avez été particulièrement absent des médias. Travailler dans l’ombre sans faire de vagues, c’est la méthode « Henry » ?

Oui, c’est plus ou moins cela effectivement. Disons que je ne cherche pas à faire des effets d’annonce, je ne souhaite pas faire des réformes « spectaculaires » qui ne seraient pas durables et fondées sur la conviction personnelle qu’elles sont utiles et qu’elles seront efficaces dans le futur. Alors ça n’est peut-être pas dans l’air du temps, cela va probablement à l’encontre du besoin de polémique que l’on connaît aujourd’hui dans le monde politique et dans le monde médiatique. Mais pour moi ce qui importe, c’est d’avoir une approche méthodique et rigoureuse permettant d’aboutir à une réforme qui soit à la fois ambitieuse et qui ne se contredit pas elle-même dans le sens où, parce qu’on aurait finalement fait des compromis alambiqués à la demande de chacun, on aurait chargé et compliqué un texte. Cela pour moi, c’est non.

Cette méthode vous a parfois desservi tout de même…

Absolument pas. J’ai toujours fait les choses dans l’ordre au point qu’en début de mandat (on ne me le reproche plus aujourd’hui) quand j’étais jeune ministre, on me reprochait que tout était trop long. Il aurait fallu que toutes les réformes soient faites avant de commencer à travailler. Alors que moi justement, je voulais faire les choses dans l’ordre en diagnostiquant les différentes situations, et ensuite en pensant les réformes de manière complète. Je l’ai fait et aujourd’hui après cinq ans de législature je peux le dire, cette méthode fonctionne. Pour le reste, j’ai connu quelques fois des attaques mais qui ne m’ont pas ébranlé parce que j’avais la conviction d’avoir pris la bonne décision.

Au sein du gouvernement wallon, d’aucuns affirment que votre collègue Jean-Marc Nollet, Ecolo, aurait souvent pris l’ascendant sur vous. C’est le cas ?

Non, je pense justement que c’est tout le contraire. Je suis en charge d’un ministère qui brasse de larges compétences, et qui occupe beaucoup de temps de discussion en gouvernement. Ce n’est donc pas toujours simple parce qu’il y a effectivement un rôle particulier qui est joué par les vice-présidents, ceux qui assurent l’équilibre général du gouvernement. Pour le reste, Jean-Marc avec qui j’entretiens des relations de très longue date, m’a justement permis d’occuper complètement la place sur mes matières et sur la discussion politique autour de celles-ci. J’ai toujours eu ma place au sein du gouvernement wallon. Mais c’est vrai que la dynamique même d’un gouvernement de coalition fait que c’est parfois difficile pour les ministres fonctionnels d’avoir la place, le temps de discussion suffisant pour aborder leurs dossiers à chaque gouvernement.

Comment expliquer la longueur de retard des écologistes dans certains dossiers ?

La vraie explication, c’est que nous sommes des réformateurs. J’entends « réformateurs » au sens premier du terme, c’est-à-dire que nous voulons réformer la Wallonie. Et c’est vrai que sous cette législature, il y a eu un cahier des charges extrêmement lourd de réformes, et donc beaucoup de réformes dans nos compétences à Jean-Marc et à moi-même. Nous avons mené à peu près tous ces dossiers. Mais c’est sûr que c’est plus facile de faire des petits effets d’annonce ou des réformettes que de mener de grandes réformes comme nous l’avons fait.

Les élections, c’est dans quatre mois. Quid de la position des Verts à l’échelon régional ?

Nous n’avons pas de coalition favorite ni de volonté d’être absolument au pouvoir. Ce qui compte pour nous, c’est le projet et c’est la réforme. D’ailleurs, cela se voit dans les réformes que nous avons menées. Vous pensez bien que si on avait cherché à ne pas avoir de soucis médiatiques, on aurait envisagé les choses autrement. Que ce soit sur l’éolien, le Sder, le CoDT… On n’a jamais pris la voie de la facilité, cela je pense qu’il faut nous le reconnaître. Et je pense que ce qui décidera Ecolo à aller dans un prochain gouvernement et dans quel gouvernement, ce sera bien sûr les résultats électoraux des uns et des autres, mais aussi le projet qu’il est possible d’y mener. L’Olivier a fait un travail considérable mais ce n’est pas pour ça que telle ou telle coalition sera toujours positive ou au contraire toujours négative. On verra au lendemain des élections quels sont les projets que les partis sont prêts à mettre sur la table, et à couler dans une nouvelle déclaration de politique régionale.

Marie-Martine Schyns : « On doit mettre l’égalité des réseaux scolaires sur la table »

2014-02-02_195420Inconnue au bataillon il y a six mois, la ministre francophone de l’Education, la CDH Marie-Martine Schyns, veut briser l’un des tabous historiques de notre enseignement. « En Flandre, c’est un ministre SP.A qui l’a fait ! », clame-t-elle.

Six mois que Marie-Martine Schyns (CDH), 36 ans, tente de se forger une place à côté des trois fortes têtes des gouvernements wallon et francophone : Marcourt (PS), Nollet (Ecolo) et Antoine (CDH). Inconnue au bataillon lorsqu’elle est devenue ministre francophone de l’Enseignement, le 6 juillet dernier, après la démission de Marie-Dominique Simonet pour raison de santé, cette proche du secrétaire d’Etat Melchior Wathelet a pour mission de prouver que la nouvelle génération humaniste a de l’avenir. Elle en est consciente : le CDH se trouve à un niveau historiquement bas si l’on se réfère aux résultats des élections provinciales de 2012. « Il y a certainement un enjeu en termes de compréhension de notre projet, reconnaît-elle. A nous de rappeler sans cesse que le centre, c’est un discours qui rassemble, la faculté de nouer des compromis, de bons gestionnaires… »

La défense du réseau libre

Malgré le peu de temps dont elle dispose, cette enseignante entend laisser une petite marque sur ce département-clé. Le credo est typiquement CDH : la défense du réseau libre. En ce début d’année, elle a déposé une note sur la table du gouvernement pour réformer de fond en comble le réseau de la Communauté française. Un monstre du Loch Ness scolaire. Objectif ? Scinder les fonctions de pouvoir organisateur et de pouvoir régulateur. Le ou la ministre ne cumulerait plus les deux fonctions. « On ne va pas peut-être pas tout finaliser d’ici la fin de la législature, mais ce sont de grandes options pour l’avenir, assure-t-elle. Je suis sûre que les quatre partis traditionnels peuvent se retrouver autour de ça. C’est une étape importante vers l’égalité des réseaux scolaires qui auraient des fonctionnements davantage semblables. »

Un premier pas dans ce sens a été franchi lors de la création en urgence de 13 000 nouvelles places dans les écoles de Bruxelles et de Wallonie, à la fin 2013. Un dispositif « spécifique, à durée limitée. Mais au-delà de ça, on doit oser mettre sur la table la question des réseaux, insiste-t-elle. Ce n’est pas un dossier de fin d’une législature, mais ce doit être inscrit dans la prochaine déclaration de politique générale. Le problème, ce ne pas l’existence des réseaux, mais plutôt leur financement. En Flandre, ils ont adopté une égalité de financement pour le réseau libre sans que l’on hurle à la rupture du Pacte scolaire. C’est pourtant le même Pacte que le nôtre. Et c’est un ministre SP.A qui l’a décidé ! ».

En attendant, elle espère engranger la réforme des titres et fonctions, actuellement sur la table du gouvernement. « Un dossier fondamental qui a nécessité quatre ans de travail et des centaines de réunion. Cela va simplifier le magma des titres requis: chacun saura exactement ce qu’il peut enseigner à la sortie de ses études. Cela va stabiliser les jeunes enseignants, réduire le nombre de barèmes et pourra jouer un rôle contre la pénurie des enseignants. Que ce dossier ne passe pas serait impossible à comprendre. » Chat échaudé craint visiblement l’eau froide.

« Le bilan de l’olivier est bon »

Marie-Martine Schyns défend l’olivier, cette majorité « de gauche » PS-CDH-Ecolo qui retrouve la cote dans les milieux progressistes au fur et à mesure que les attaques à répétition des réformateurs Charles Michel et Willy Borsus suscitent l’agacement. « Dans les dossiers liés à l’enseignement, nous avons toujours trouvé des solutions au sein de l’olivier et on a préservé l’essentiel dans un contexte difficile, constate-t-elle. Le budget de l’enseignement n’a pratiquement pas été affecté. Ce n’est pas rien ! Des dossiers wallons de longue haleine ont certes provoqué des tensions, notamment en matière d’aménagement du territoire, mais celles-ci étaient surtout provoquées par des mandataires locaux et des parlementaires. » Rideau.

Le chômage a continué sa hausse en décembre

Belga, 24 janvier 2014

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On comptait en décembre dernier en Belgique 429.071 chômeurs complets indemnisés demandeurs d’emploi, ce qui représente une hausse de 4,8% ou 19.624 chômeurs par rapport à décembre 2012 mais une baisse de 14.665 unités à un mois d’écart (-3,3%), rapporte vendredi l’Office national de l’emploi (ONEM). A un an d’écart, la hausse est nettement plus prononcée chez les hommes (+14.160 ou +6,3%) que chez les femmes (+5.464 ou +3%).

Le nombre de chômeurs complets de moins de 25 ans n’a augmenté que de 114 unités (+0,2%) tandis que la classe d’âge des 50 ans et plus augmente de 11.239 unités (+11%). L’ONEM constate qu’à la suite du rehaussement de 58 à 60 ans de la limite d’âge pour obtenir une dispense d’inscription comme demandeur d’emploi, le nombre de chômeurs complets indemnisés âgés de 55 à 60 ans a sensiblement augmenté, de 9.534 unités ou 20,4% par rapport à l’année précédente.

La hausse du chômage est la plus forte en Flandre, où l’on comptait en décembre 160.365 chômeurs complets, soit 13.588 (+9,3%) de plus qu’en décembre 2012. A un mois d’écart, le nombre de chômeurs diminue de 9.416 unités au nord du pays (-5,5%). En Wallonie, on comptait 192.148 chômeurs, soit 4.460 de plus (+2,4%) qu’en décembre 2012 mais 4.727 de moins (-2,4%) qu’en novembre 2013 tandis que la hausse est de 1.576 unités (+2,1%) à Bruxelles à un an d’écart, où l’on comptait 76.558 chômeurs.

A l’inverse, le chômage temporaire a continué à évoluer favorablement avec un recul de 22.318 unités (-13,8%) par rapport à décembre 2012 pour 139.653 chômeurs temporaires. La moyenne des trois derniers mois s’élève à 136.165 chômeurs, soit 15.174 de moins qu’il y a un an (-10%).

Aéroport de Charleroi: pas de phasage des travaux d’agrandissement

« Le Vif » / Belga, 23 janvier 2014

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Le conseil d’administration de l’aéroport de Charleroi (BSCA) a repoussé jeudi en début de soirée l’idée de « phaser » les travaux d’agrandissement de l’infrastructure aéroportuaire décidés en mars dernier et estimés à quelque 77 millions d’euros.

L’ensemble des administrateurs à l’exception des quatre représentants présents du consortium Belgian Airports (27%) a voté contre le phasage des chantiers d’agrandissement. Deux des administrateurs du consortium se sont abstenus, deux autres ont marqué leur opposition à des travaux effectués d’un seul tenant.

Le consortium Belgian Airports compte notamment le groupe SAVE, qui selon une information diffusée jeudi sur le site du journal L’Echo, souhaitait dans le contexte de développement des activités de la compagnie Ryanair à Bruxelles demander une suspension de certains investissements sur le site de l’aéroport carolo.

En mars dernier, le conseil d’administration de BSCA avait voté en faveur des travaux d’agrandissement. Jeudi soir, il s’agissait pour lui de se prononcer sur le phasage ou non des chantiers. Ceux-ci devraient commencer fin 2014 pour une mise en service de la structure agrandie programmée fin 2017. A l’horizon 2020, les responsables de l’aéroport espèrent pouvoir accueillir entre 9 et 12 millions de passagers annuellement.

Panneaux photovoltaïques made in Wallonie

Emmanuel Huet, « Vers l’Avenir », 23 janvier 2014

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Le secteur photovoltaïque wallon est-il en pleine crise? On pourrait le penser lorsqu’on constate que les cahiers de commandes des installateurs sont réduits à quelques contrats depuis le volte-face opéré par le gouvernement concernant l’attribution des certificats verts.

Finale 24, une société installée à Eupen et à Baillonville (Somme-Leuze) est en train de démontrer tout le contraire. La PME finalise actuellement la première chaîne belge de montage de panneaux photovoltaïques. Dans un premier temps, une première ligne automatisée devrait permettre de produire les premiers panneaux photovoltaïques wallons dans les ateliers du zoning d’Eupen.

Sur le marché des constructeurs, la Chine domine – ou plutôt dominait – le secteur. Comment une entreprise wallonne sera-t-elle en mesure de jouer dans la même cour? Depuis que l’Union européenne a décidé de taxer à 47% les panneaux chinois, les producteurs européens relèvent la tête. «Nous aurons des coûts de production identiques à nos confrères européens», estime Éric Franssen. Les leaders du marché sont les constructeurs allemands, italiens, français ou espagnols. «Nous serons peut-être 5% plus chers que des produits d’origine ‘bizarre’ comme l’Inde, la Malaysie, le Brésil, la Corée…»

Le patron de Finale 24 croit en un redéploiement du photovoltaïque. Le coup de mou vécu actuellement n’est que temporaire. La rentabilité, elle est toujours garantie, assure-t-il. Et ce sera encore le cas dans les années à venir. «La confiance va revenir. Ce n’est pas une crise que nous avons vécue, c’est une crise de confiance. Le message qui est passé était surfait. Je pense qu’on a un peu exagéré la communication.»

Malgré les certificats verts revus à la baisse, le système actuel est toujours rentable. Tout comme le seront les futurs projets de l’ère Qualiwatt.

Ce qui change, c’est le prix de l’installation. En quelques années, l’investissement est nettement moindre. De l’ordre de la moitié du prix pour une puissance identique. «Avec le système actuel, il faut 6 ans pour rentabiliser son installation. Nous avons fait des simulations sans aides (sans CV ni déductions fiscales), il faut ainsi 6,5 ans, rien qu’en économisant sur l’électricité.»

Produire ses propres panneaux a donc du sens «car le marché est en pleine croissance. Je crois au dynamisme wallon, il est capable de faire du photovoltaïque. Il y a une place à prendre.» Et cette place, Finale 24 compte s’en emparer et confirmer son rôle de spécialiste qu’il assume depuis 2007, soit aux premiers balbutiements du photovoltaïque en Wallonie. «Je veux être un grand spécialiste du photovoltaïque. Pour cela, je veux être encore plus fort dans ce que je fais.»