Archives mensuelles : décembre 2013

Caterpillar : les votants d’accord à 74% sur le plan social

2013-12-13_230651« Le Soir », 10 décembre 2013

Le référendum proposé aux ouvriers de Caterpillar a abouti à un accord sur les propositions du conciliateur social et le plan négocié entre les syndicats et la direction de Caterpillar: 73,97% des votants ont dit «oui», pour 25,49% de «non» et 0,54% de votes nuls.

Du côté syndical, tant FGTB que CSC se félicitent du résultat de ce référendum, en faisant valoir que les organisations syndicales sont allées jusqu’au bout de ce qu’elles pouvaient négocier, tant en ce qui concerne les départs, que la flexibilité des horaires et les jours de congé. On souligne également le très haut taux de participation, puisque 2.051 travailleurs y ont pris part sur les 2.400 que compte l’entreprise.

Pour le porte-parole de la direction, il s’agit d’une étape importante, mais qui ne doit pas faire oublier que des négociations doivent encore avoir lieu à propos des employés et des cadres de Caterpillar. Il faut maintenant, estime Thomas Godfrin, finaliser ce qui a été décidé aujourd’hui, et présenter rapidement à la ministre de l’Emploi le dossier qui permettra aux travailleurs concernés de bénéficier des conditions de départ négociées.

Nationaliser les entreprises wallonnes ?

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Michel Delwiche,

« Le Vif », 10 décembre 2013

L’Union wallonne des Entreprises entre en guerre contre le projet de décret prévoyant la possibilité d’exproprier les entreprises qui veulent cesser leurs activités. Elle sait que ce texte ne devrait jamais être appliqué, qu’il ne s’agit que d’une opération de com à destination des ouvriers du bassin liégeois, mais elle dénonce les effets dévastateurs pour l’image à l’étranger de la Wallonie, au moment même où le gouvernement wallon dépense des fortunes pour expliquer que «la Wallonie est ouverte sur le monde».

C’est un projet inutile, nuisible, ridicule, totalement contre-productif, hypocrite et qui manque de courage politique. Ce ne sont pas les mots utilisés par les instances de l’Union wallonne des Entreprises (UWE), mais c’est bien l’esprit de leur opposition, exposée ce mardi matin, au projet wallon de décret «sur l’expropriation d’actions, d’universalités ou de branches d’activités pour cause d’utilité publique» actuellement en 2e lecture au Gouvernement wallon. Soit le décret «nationalisation».

L’empathie ministérielle et pré-électorale

Ce projet, initié par Jean-Claude Marcourt, le ministre wallon (et PS, et liégeois) de l’Economie, vise à permettre au gouvernement wallon d’exproprier des sites de production lorsque l’entreprise décide de cesser ses activités, et refuse de les céder à un repreneur. Soit la Région reprend elle-même l’exploitation («il n’y a aucune opposition de type idéologique à ce que la Région entre au capital ou dirige une entreprise», tient à souligner Vincent Reuter, l’administrateur-délégué de l’UWE), soit elle prend les manettes pour ensuite revendre à un repreneur.

Cela pose bien des questions, explique Jean-François Heris, l’actuel président de l’UWE et CEO d’AGC (Asahi Glass Company, leader du verre plat). «Comment comprendre en effet que la Région wallonne puisse se substituer aux administrateurs pour décider de ce qui est bon ou non pour l’entreprise? Comment imaginer qu’elle puisse prendre le contrôle d’une société pour ensuite la revendre, le cas échéant à des concurrents directs, au risque de casser le marché? Nouveau propriétaire qui saura qu’il peut, lui-aussi, se faire exproprier…»

Ce projet a manifestement été rédigé sur un coin de table pour permettre aux politiques d’exprimer leur empathie avec une opinion publique secouée par les annonces successives de fermetures d’outils dans le bassin sidérurgique liégeois. Exproprier, nationaliser ArcelorMittal, ou Caterpillar? Impayable évidemment. «On nous dit de partout que nous ne devons pas nous inquiéter, souligne Jean-François Heris, et que le décret ne devrait jamais être appliqué. Soit. Mais les dégâts en termes d’images sont épouvantables. L’AMCHAM, la chambre de commerce américaine pour l’Union européenne, l’a déjà souligné.»

Une Wallonie collectiviste ? 

Pour les Etats-Unis, principal investisseur en Wallonie, le spectre de la nationalisation renvoie en effet à une image négative, «d’un autre âge, qui sera difficile à corriger», selon Dominique Godin, président de l’AWEX (Agence wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers), pour qui la Wallonie n’a vraiment pas besoin de ce handicap supplémentaire, venant s’ajouter aux autres que sont le coût du travail et celui de l’énergie. Et qui pourrait jouer de façon déterminante, au profit des régions voisines, dans le choix d’une implantation.

Ce décret, pour l’UWE, c’est de la com émotionnelle, à destination d’un électorat qui pourrait être séduit par les positions de partis de gauche. Il y a d’ailleurs fort à parier que le cheminement du texte va encore prendre pas mal de temps, qu’on va le laisser pourrir jusqu’après les élections. Stratégiquement, ce n’est en effet pas le moment de faire marche arrière. Et tant pis pour l’image de la Wallonie à l’étranger, alors même qu’elle fait pour l’instant l’objet d’une importante campagne de promotion dans le monde entier, pour expliquer qu’elle est «ouverte sur le monde».

Manque de courage politique: l’UWE a envoyé un courrier précisant ses positions au ministre-président wallon, aux trois vice-présidents ainsi qu’aux quatre présidents de partis francophones, mais elle n’a reçu que deux pâles accusés de réception, purement formels. Au moment même où le gouvernement wallon veut imposer aux partenaires sociaux sa propre vision de la concertation, ça la fout mal…

Réforme du Cwatupe : «Loin du feu vert»

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Pascale Serret,

«Vers l’Avenir», 10 décembre 2013

Alors qu’on présente ce mardi le schéma de développement de l’espace régional (le Sder) en commission du Parlement wallon, un autre gros dossier d’aménagement du territoire a amorcé il y a quelques semaines sa dernière ligne droite: le CoDT, ou le code de développement territorial, réforme majeure de la législature.

Pour rappel, cet avant-projet de décret doit avant tout simplifier l’ancien code wallon, le Cwatupe, ex-bible (surchargée et ultra-complexe) de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire.

Dernière ligne droite, donc: il y a plus d’un mois, le Conseil d’État a rendu son avis sur le futur CoDT. «Étape franchie », faisait alors savoir le ministre compétent Philippe Henry (Écolo). « Le texte peut poursuivre sereinement sa route. »

Mais aujourd’hui, après examen de cet avis, certains observateurs critiques se demandent s’il s’agit bien d’une validation. Ainsi, le Conseil d’État prévient d’emblée: «au vu de l’ampleur du dossier », de l’abondance des documents qui lui sont soumis et du temps qui lui était imparti («en dépit de la prolongation de délai que le ministre a accordée », admet l’instance: 60 jours au lieu de 30)… Bref, «il n’a pas été possible de procéder à un examen exhaustif de l’avant-projet ». Le Conseil d’État s’est concentré sur «les véritables innovations de fond ».

« En tout état de cause, il ne peut rien être déduit du silence gardé dans le présent avis sur certaines dispositions ou certaines questions. » Traduction: le Conseil d’État n’a pu juger que ce qu’il a consulté. Qui ne dit mot ne consent pas pour autant. Ce qui permet à une source proche du gouvernement de conclure que «l’insécurité juridique est manifeste. On est loin d’un feu vert ».

« Des motifs suffisants ? »

Retenons aussi, sur les 63 pages d’avis, ces remarques concernant le périmètre U, soit le modèle de densification destiné à freiner une urbanisation débridée. Et qui doit remplacer les (très vieux) plans de secteur.

Mais, fait remarquer le Conseil d’État, là où s’appliquait un système doté d’une force réglementaire (le plan de secteur), on se retrouve avec des périmètres qui n’ont «qu’une valeur indicative ».

« L’affectation urbanistique d’un bien » ne serait donc plus déterminée « par aucun document ayant force obligatoire », note le Conseil d’État. Ce qui reviendrait, au fond, à de simples révisions de plans de secteur mais sans les principes qui les encadrent actuellement.

«Il convient de se demander s’il existe des motifs d’intérêt général suffisants pour justifier le dispositif envisagé, avec les importantes conséquences qui en résultent », prévient sévèrement la haute instance.

Après Mons, une cathédrale ferroviaire carolo de lux

Olivier Bailly,

« Le Vif », 6 décembre 2013

Deux ans à peine après sa rénovation, la gare de Charleroi-Sud va faire l’objet d’un plan d’orientation… qui éventrera des ouvrages tout juste terminés. Dont coût : 110 millions d’euros, soit près du triple de la facture initiale, pris majoritairement sur le budget du rail. D’aucuns crient au sous-régionalisme.

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Mars 2013, au Mipim (Marché international des professionnels de l’immobilier), à Cannes, Vincent Bourlard, le patron d’Eurogare (filiale de la SNCB et de la Société régionale d’investissement de Wallonie) présente devant le gratin de la brique le futur visage de la gare de Charleroi-Sud. Au programme : une large galerie commerciale sous les voies, une verrière de plus de 30 000 m2 au-dessus de la gare, des logements, un quartier d’affaires, un parking souterrain côté Villette, une salle de spectacle polyvalente, etc.

Le fait que la gare de Charleroi-Sud vient d’être rénovée ne semble pas perturber Eurogare. « Le plan d’orientation est un projet plus vaste, qui dépasse la gare. » C’est vrai, mais tout de même. L’ancien chantier 2005-2011 a créé une galerie commerçante et rénové l’esplanade en face de la gare. Le nouveau projet trouera… une partie de l’esplanade pour l’entrée d’une… galerie commerciale. L’étude d’orientation de ce nouveau projet a débuté en septembre 2011. Autrement dit, pendant que les pontes locales et régionales coupaient le cordon de l’inauguration, d’autres visionnaires discutaient l’éventrement des ouvrages à peine terminés.

Pour le budget de cette rénovation, la Ville de Charleroi sollicitera différents fonds à hauteur de 20 millions d’euros mais ne participera pas aux investissements. Dès après le Mipim, Paul Magnette a d’ailleurs rassuré le conseil communal : « Un budget de 80 millions d’euros sur la période 2013-2021 est prévu dans le plan pluriannuel d’investissement (PPI). » Le bourgmestre carolo est d’autant plus au courant de cet investissement qu’en tant que ministre des Entreprises publiques de 2011 à 2013, c’est lui qui a encouragé le nouveau PPI 2013-2025.

Lors du conclave de novembre 2012, certains investissements au PPI ont été rabotés. Côté gare, le budget d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, la station wallonne la plus fréquentée, passe de 111 à 63 millions euros. Mais les fonds alloués à la gare de Mons et de Charleroi passent respectivement de 190 à 193 millions et de 45,9 à 80,1 millions d’euros.

Avis négatif, budget augmenté

Fin juin 2013, deux rapports remettent en question la pertinence du plan carolo. La Cellule ferroviaire de l’administration wallonne évoque un projet à réévaluer, questionnant « l’utilisation du budget ferroviaire pour un projet urbanistique. […] » Le rapport de Technum, un bureau d’études qui fait partie de Tractebel Engineering, commandité par le gouvernement wallon pour cerner les priorités régionales, estime « déséquilibrée » la politique de gares en Wallonie. Le message est entendu cinq sur cinq début juillet par le gouvernement wallon. Une note de Philippe Henry (Ecolo) et Rudy Demotte (PS) avance que les investissements dans la gare de Charleroi-Sud sont « un choix discutable en matière de priorité », « de nature urbanistique sans lien direct avec le transport ferroviaire ». Les deux membres du gouvernement proposaient au fédéral de préfinancer ces aménagements commerciaux sur fonds propres, quitte à se faire rembourser par les loyers. Trois mois plus tard, en octobre, les mêmes Philippe Henry et Rudy Demotte avancent une nouvelle note. Celle-ci non seulement ne propose plus de réorienter les 80 millions fédéraux destinés à Charleroi-Sud mais en ajoute 30, de la poche régionale !

Bref, voilà un projet largement décrié dont le budget est quasi triplé (de 43 à 110 millions) et mieux programmé dans le temps. Une explication ? Tous les avis convergent vers un terme : « sous-régionalisme ». Après Liège et Mons, au tour de Charleroi.
Avec les 200 millions de Mons, « projet hors-norme et sans équivalent en Europe » selon Technum, ces cathédrales ferroviaires se font-elles au détriment de la qualité du réseau et de la vitesse de circulation ? « Il ne s’agit pas de montants astronomiques mais ils permettraient des améliorations notables au niveau des points d’arrêt, de la régularité, estime Xavier Tackoen. Si l’incidence est modérée, c’est très problématique en termes d’image et de choix politique. Ce type d‘investissement concerne un nombre réduit d’usagers. Celui-ci passe du temps dans le train, pas dans la gare. »

Le PPI doit être finalisé en conseil des ministres. Avec le masterplan carolo validé ? C’est bien parti. En espérant que l’avenir ne réserve pas un rail sûr avec des trains roulant au pas.

Le dossier dans Le Vif/L’Express de cette semaine

Di Antonio: « 25 000 poteaux éoliens d’ici 2030 »

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Alice Dive,

« La Libre Belgique », 6 décembre 2013

Son projet à lui, c’est le « petit éolien ». Celui des ministres écologistes Henry et Nollet, c’est le « grand éolien ». Le premier entend remplacer une partie des 60 000 poteaux d’éclairage existant le long du réseau autoroutier et des voies navigables de Wallonie par des poteaux « full options » (radios, caméras de surveillance, boucles de comptage, éclairage…) dotés de petites éoliennes. Le second propose l’implantation « réfléchie » de mâts éoliens sur l’ensemble du territoire wallon. Carlo Di Antonio (CDH) est le ministre wallon des Travaux publics. A « La Libre », il dévoile son plan.

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Il y a tout juste un an, vous lanciez l’idée du petit éolien. Aujourd’hui, ce projet est-il réalisable et rentable ?

Oui, très clairement. L’étude et la carte des vents que nous avons réalisées le démontrent : sur les emplacements actuels des 60 000 poteaux d’éclairage (de 25 à 30 mètres), 40 % d’entre eux dépassent un niveau de vent moyen (en mètres par seconde) permettant d’avoir une éolienne rentable. Autrement dit, en dotant quelque 25 000 poteaux d’éclairage de petites éoliennes d’une puissance de 50 et de 100 kW, nous atteindrons l’objectif énergétique que la Wallonie s’est fixé en matière de renouvelable, soit 3800 GWh.

3800 GWh… d’ici 2020, n’est-ce pas ?

Alors notre problème, c’est précisément cette échéance de 2020. Si c’est pour 2020, on ne sait pas le faire avec des entreprises wallonnes. C’est trop rapide, il faudrait construire plusieurs milliers de poteaux multifonctionnels par an, nos industries n’en sont pas capables dans l’état actuel des choses. C’est pourquoi nous plaidons pour un plan plus étalé, genre vers 2025-2030, de façon à pouvoir le faire en développant une vraie filière industrielle wallonne. C’est cela qui fait toute la différence.

La différence avec le grand éolien, vous voulez dire ?

Exactement. Aujourd’hui, le seul emploi que l’on crée quand on fait une grande éolienne, c’est celui de l’ensemblier. Pour le reste, on ne construit rien physiquement. On entretient seulement un peu de sous-traitants, des entreprises pour la plupart allemandes. Donc en termes d’emplois, le grand éolien ne dégage pas grand-chose.

Alors que le petit éolien bien ?

Oui. Selon le pôle de compétitivité wallon avec lequel nous avons décidé de travailler, la fabrication d’une petite éolienne coûtera, selon sa puissance, entre 100 000 et 150 000 euros. Ce qui correspond à l’équivalent d’un nouvel emploi par petite éolienne par an. Le pôle d’entreprises en question se dit capable de produire 1000 à 1500 poteaux éoliens par an, soit environ 1500 nouveaux emplois par an pour arriver à un total de 22 500 emplois en 2025-2030.

A partir de quand ces emplois vont-ils être créés ?

Dès que les entreprises wallonnes auront répondu à l’appel à concessions que nous allons lancer dès janvier 2014. On peut donc déjà annoncer que les premiers poteaux multifonctionnels devraient être fabriqués et mis en place sur le réseau autoroutier vers les mois de mars-avril 2014.

Quels sont les sites les plus avantageux pour y installer ces poteaux éoliens ?

Les échangeurs autoroutiers précisément, celui de Daussoulx notamment. Ils constituent de véritables vitrines pour la Wallonie, ce qui nous permet d’attirer d’autres potentiels clients. Parce que notre ambition, c’est non seulement de subvenir à nos propres besoins (en bénéficiant du revenu pour la location de l’espace public et en achetant l’électricité au prix tel qu’il sort au moment de sa production, soit 40 euros plutôt que 140 euros du MWh) mais aussi d’envisager, à terme, la vente de ces petites éoliennes à la Flandre, à la Région bruxelloise et aux entreprises étrangères aussi.

Taxe sur les antennes GSM: menaces de coupures sur le réseau wallon

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Belga, 5 décembre 2013

Confrontés à la volonté du gouvernement wallon de bientôt taxer les antennes GSM, Belgacom, Mobistar et Base se sont rencontrés mercredi afin de préparer leur riposte. Les trois opérateurs de téléphonie mobile envisagent de reconsidérer leurs investissements dans les nouvelles technologies dans le sud du pays si cette taxe, qui prévoit un prélèvement de 8.000 euros par site d’antennes et qui doit être entérinée en séance plénière au Parlement wallon le 11 décembre, devenait une réalité, lit-on jeudi dans L’Echo. Trois mille pylônes GSM garnissent aujourd’hui les villes et les campagnes wallonnes. Une telle taxe représenterait donc un total de 24 millions d’euros.

Le texte incriminé prévoit en outre la possibilités pour les communes wallonnes de prélever des contributions équivalentes. Les opérateurs craignent également que les provinces obtiennent elles aussi les mêmes conditions.

Belgacom, Mobistar et Base ont récemment déboursé chacun 120 millions d’euros en licences pour obtenir le droit de déployer la 4G dans les zones les plus rurales du pays, rappellent-ils.

Les opérateurs pointent une décision de facilité et « populiste ». Leurs dirigeants demandent à être entendus en urgence par l’hémicycle wallon « afin de savoir ce qui leur pend réellement au nez ».

« Ce qui est certain, c’est que si une nouvelle taxe s’applique, nous ne dépenserons pas deux fois notre argent », préviennent-ils, laissant entendre qu’ils pourraient, le cas échéant, réduire leurs dépenses dans le sud du pays.

Autre conséquence d’une telle décision, certains pylônes pourraient être supprimés, créant potentiellement des trous dans la couverture de certaines zones plus isolées.

ArcelorMittal: la Wallonie va créer une société pour reclasser le personnel

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Belga, 5 décembre 2013

La Wallonie va créer une société chargée de piloter la formation et le reclassement du personnel qui perdra son emploi dans le cadre de la restructuration des activités du froid d’ArcelorMittal, lit-on jeudi dans L’Echo. La future structure devrait prendre la forme d’une asbl et piloter la formation des travailleurs pendant deux ans avant de les mettre à disposition d’une entreprise moyennant une rétribution. Environ 175 travailleurs pourraient être concernés par cette mesure, d’après les premières estimations.

Cette option est toutefois critiquée par les professionnels du secteur de l’intérim, écrit le quotidien économique. Ceux-ci redoutent qu’une telle structure de reclassement, bénéficiant de subventions publiques, ne leur fasse une concurrence déloyale.

La mise en place d’une autre structure, avec le concours de la Sogepa, est également à l’agenda. Elle devrait s’occuper des travailleurs licenciés qui seront affectés au démontage des outils qui seront mis à l’arrêt et qui ne seront pas mis sous cocon. Environ une cinquantaine de travailleurs pourraient se retrouver dans cette nouvelle structure.

Françoise Bertieaux à propos de Pisa 2012: « il n’y a pas non plus de quoi pavoiser »

2013-12-06_142216Belga, 4 décembre 2013

La cheffe de l’opposition MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Françoise Bertieaux, a tiré mercredi un bilan partagé des résultats de l’étude Pisa publiée mardi sur les performances des jeunes de 15 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles. A la lecture des résultats Pisa, soyons clairs, il n’y a pas de quoi remettre tout notre système scolaire à plat, mais il n’y a pas non plus de quoi pavoiser, a commenté Mme Bertieaux dans un communiqué.

Pour elle, ces résultats doivent inciter à s’interroger sur la pertinence de certaines décisions du passé et la nécessité d’en prendre de nouvelles.

A ses yeux, il conviendrait notamment de mener une évaluation externe du mécanisme du financement différencié destiné à soutenir nos écoles et nos élèves les plus défavorisés. Malgré les 65 millions investis dans ce programme, on ne voit aucune progression. Le MR ne remet pas en cause le mécanisme, mais demande depuis plusieurs années déjà d’évaluer la pertinence de son fonctionnement pour, le cas échéant, l’améliorer ou le modifier pour qu’enfin il porte pleinement ses fruits, pointe-t-elle.

Pour le MR, il sera aussi utile de renforcer les apprentissages de base (lire, écrire et compter) et, pour un certain nombre d’élèves, appuyer sur le « apprendre à apprendre en français ».

Mme Bertieaux note également que l’étude Pisa met en lumière le fait que les systèmes d’enseignement les plus performants sont ceux où les enseignants ont reçu la meilleure formation. Depuis plusieurs années, nos jeunes enseignants se plaignent de leur formation, mais rien n’a été entrepris pour l’améliorer, selon elle.

Enfin, le gouvernement PS-cdH-Ecolo, comme le précédent, a fait de la taille des classes son cheval de bataille, relève-t-elle encore. Or, Pisa nous démontre à chaque enquête que la taille des classes n’a pas d’incidence sur les performances des élèves, conclut la cheffe de groupe MR.

Aménagement du territoire: le grand marchandage politique wallon

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Alice Dive,

« La Libre Belgique », 4 décembre 2013

 À chaque fois, c’est le même scénario qui se reproduit, paraît-il. Il suffit que le dossier mis sur la table touche de près ou de loin aux intérêts de leurs communes respectives pour qu’un grand marchandage politique s’en suive. On parle ici des ministres du gouvernement wallon (PS-CDH-Ecolo), pour la plupart également bourgmestre « empêché » ou conseiller communal d’une ville de Wallonie.

Cela a été le cas pour le dossier relatif à la réforme du paysage de l’enseignement supérieur, nous confie-t-on ici et là, pour celui concernant les villes wifi, pour le centre sportif de haut niveau, pour l’éolien… et c’est encore le cas aujourd’hui pour le nouveau Sder.

Quel territoire wallon d’ici 2040 ?

Le quoi ? Le Sder, le schéma de développement de l’espace régional. Soit LA stratégie que l’Olivier wallon – le ministre écologiste Philippe Henry en tête – tente de mettre en place dans le but de proposer une vision pour l’aménagement du territoire en Wallonie à l’horizon 2040. L’objectif de ce dernier: répondre aux besoins des citoyens, notamment en créant de nouveaux logements, emplois, transports, de nouveaux services aussi. Mais voilà, tout le défi initial à relever résidait dans le questionnement suivant : comment intégrer ces nouveaux besoins sur le territoire wallon tout en luttant contre l’émiettement, contre la dispersion de l’habitat qui sévit depuis plusieurs décennies en Wallonie ? La réponse ministérielle fut trouvée dans les « noyaux d’habitat ». Soit le fait d’instaurer sur le territoire wallon des lieux, des périmètres de centralité de façon à densifier d’abord ce qui est déjà dense.

La course aux pôles et superpôles

Mais où les instaurer ces noyaux d’habitat ? C’est précisément cette question qui, pendant des mois, a divisé les partenaires de la majorité Olivier. Jusqu’à ce que, le 7 novembre dernier, un accord soit trouvé.

L’astuce qui permettait de sortir de l’impasse ? Des pôles et des superpôles comme zones d’activité économique renforcées. Avec, pour chacun d’eux, une série de critères bien précis permettant de déterminer le plus objectivement possible non seulement leur taille (densité de population) et leur potentiel de rayonnement sur les communes voisines, mais également leur rôle attendu à l’échelle régionale et à l’échelle de chaque bassin de vie (espace territorial où les services à la population sont déjà globalement présents).

Résultats mis en carte : Liège, Charleroi, Mons et La Louvière comme pôles dits « majeurs » parce qu’ayant une densité de population (pour leurs agglomérations respectives) supérieure à 500 000 habitants sauf pour La Louvière et Mons qui – pour répondre à une demande socialiste consistant à faire du Hainaut un contrepoids de taille face à l’agglomération de Liège, lâche une source proche dossier – ont été placées avec Charleroi de façon à les réunir dans une seule agglomération métropolitaine. Les autres, au nombre de soixante, comme pôles dits « principaux » et « secondaires » parce que plus petits notamment ; et Namur avec son statut particulier de capitale régionale.

Une répartition finale qui, expose-t-on dans les rangs de la majorité, aurait fait l’objet de vives discussions, de marchandage politique aussi. Sur la carte initiale, Thuin, Dour et Perwez n’étaient pas identifiées comme pôles secondaires », se souvient un membre du gouvernement.Mais Furlan (PS), Di Antonio (CDH)et Antoine (CDH), les trois ministres respectivement bourgmestres empêchés de ces trois communesont clairement manifesté leur souhait de voir la carte ajustée dans ce sens.

« Solidarité Olivier », avez-vous dit ?

C’est du sous-localisme ! , explose un autre. C’est vraiment le principe du « moi, dans ma commune » qui prévaut encore chez certains ministres wallons. Cela parasite le travail collectif et l’intérêt général. Il ne faudrait pas que ces pôles deviennent des pôles ministériels tout de même ! Un autre encore, soucieux d’afficher une solidarité (?) gouvernementale, tempère : Forcément que les autres ministres n’ont rien réclamé, leurs communes étaient identifiées dès le départ comme pôles (Tournai-Demotte, Liège-Marcourt, Charleroi-Nollet, Namur- Tillieux..).

Du côté des principaux visés, on s’explique. Certains parlent de sous-localisme, bon…, réagit posément Paul Furlan. Pour ma part, je ne vois pas où est le problème à ce que nous relayons les préoccupations de notre bassin de vie à l’échelon régional. Alors oui, très clairement, j’ai demandé à ce que Thuin devienne un pôle secondaire. Et je n’ai d’ailleurs eu aucun mal à l’obtenir, car il n’y avait alors aucun pôle dans le Sud-Hainaut.

Je n’ai jamais exigé que Dour constitue un pôle à lui tout seul, se défend Carlo Di Antonio. Mais quand j’ai vu les critères de sélection, je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison que ma commune ne soit pas associée à Boussu. Il y a une continuité parfaite entre ces deux communes. On partage notre club de D2, notre piscine et bien d’autres projets… d’où ce bipôle Boussu-Dour qui me semble totalement légitime. Mais c’est sûr, si je n’avais pas été au gouvernement, on n’aurait pas eu ce bipôle.

Quant à André Antoine, il n’a pas obtenu de pôle secondaire pour Perwez et n’en a d’ailleurs jamais réclamé un, bouillonne-t-il : Je me suis seulement assuré que cette répartition ne porterait pas préjudice au développement des projets en cours dans ma commune, et que cela n’empêcherait en aucune manière à cette zone d’activité économique de se développer encore davantage. C’est tout !

Pour le reste, ironisent plusieurs ministres du gouvernement wallon, vous pensez bien que si André Antoine avait demandé en gouvernement un pôle pour Perwez, il l’aurait obtenu..

Message reçu.

La carte de l’éolien en Wallonie valse à la poubelle

2013-12-04_132151Patricia Labar,

« Le Soir », 4 décembre 2013

Les deux ministres wallons écolos, Jean-Marc Nollet (Énergie) et Philippe Henry (Aménagement du territoire), ont décidé de retirer la carte d’implantation des futures éoliennes après avoir mené une enquête publique auprès des communes.

Pour rappel, la Wallonie s’est fixée l’objectif d’une production annuelle de 3.800 GWh à l’horizon 2020, soit près de 15 % des besoins en électricité.

Le résultat de l’enquête publique sur la carte de l’implantation des futures éoliennes a montré très clairement la désapprobation de la plupart des citoyens. Le développement éolien n’est pas mis en cause mais c’est surtout l’identification des lieux d’implantation des éoliennes qui pose problème. 62 communes sur 114 se sont dites défavorables à la carte de l’éolien.

Henry : « Nous ne sommes pas là pour imposer des choses »

« On a tenu compte des avis de la population. On a décidé d’organiser les choses autrement. On aura au niveau wallon uniquement un découpage territorial, des lots géographiques dans lesquels on va pouvoir envisager le développement éolien d’une manière cohérente. Ensuite, il y aura la deuxième étape, le travail lot par lot, on réutilisera tout ce qui a été dit dans l’enquête publique qui concerne le niveau local », a commenté sur la Première le ministre Philippe Henry.

Et le ministre écolo d’ajouter : « Nous ne sommes pas là pour imposer des choses d’une manière théorique même si elles sont justifiées, explicables si la population ne les comprend pas ».

Les deux ministres vont proposer au gouvernement wallon de garder le découpage de la Wallonie en lots qui seront ensuite proposés aux promoteurs. « Au moment où les promoteurs remettront leurs propositions d’implantation précise des éoliennes, à nouveau une consultation sera organisée et les citoyens pourront s’exprimer », a déclaré à la Première Jean-Marc Nollet.