Impayable, la restructuration de la sidérurgie liégeoise

Francis Van de Woestyne,

« La Libre Belgique », 13 décembre 2013

2013-12-13_231644

La sidérurgie liégeoise est à l’agonie. Sa restructuration est impayable. Sa reconversion est périlleuse. N’est-il pas temps d’arrêter les frais ? Revenons un instant sur le passé. La sidérurgie était, à ses débuts, l’incontestable fleuron liégeois. À l’époque, les flammes orange que l’on distinguait à l’approche de Liège, cette odeur âcre qui vous prenait aux narines, rassuraient : elles étaient le témoin d’une activité qui enrichissait les patrons et offrait aux ouvriers de plantureux salaires. Puis les crises se sont abattues.

On a cru que les plans Gandois sauveraient l’essentiel. On a cru que le mariage des bassins assurerait un nouvel avenir. Rien n’y a fait. L’activité s’est réduite comme peau de chagrin. La fermeture du chaud devait sauver le froid. Mais aujourd’hui, c’est le froid qui se meurt. La sidérurgie liégeoise est condamnée car elle est continentale, plus coûteuse que la sidérurgie maritime. Que faire face à cette chronique d’une mort annoncée ? On peut ironiser sur ces hommes politiques qui déroulaient autrefois le tapis rouge à ce sauveur de Mittal, accueilli en héros. On peut se lamenter sur les pratiques inacceptables de ce même Mittal, qui a vampirisé l’outil, agissant avec une logique purement financière, négligeant le volet industriel.

C’est évidemment pour de bonnes raisons que l’on a toujours essayé de préserver l’outil, de sauver des emplois. Mais à quel prix ? La facture publique est considérable. Les experts diront qu’il faudra toujours de l’acier. La vérité est là : le nôtre n’est plus compétitif. Dès lors, n’est-il pas temps de tourner le dos à des industries du passé et d’investir dans des nouvelles technologies de pointe, comme les Liégeois l’ont fait… à la fin du 19e siècle en développant une sidérurgie de premier plan ? Cela se fera sans doute, mais après les élections…