Archives mensuelles : novembre 2013

Les mesures de prudence du budget wallon 2014 atteignent 142,1 millions d’euros

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Le Vif / Belga, 25 novembre 2013 

Les mesures de prudence du budget wallon 2014 atteignent 142,1 millions d’euros, a affirmé lundi le ministre André Antoine à l’occasion des débats budgétaires en commission du parlement wallon, soulignant la solidité de ce budget mise en cause par l’opposition MR.

Une marge de sécurité vis-à-vis d’éventuelles requalifications de dépenses par l’Institut des comptes nationaux (ICN), diverses provisions (index, abaissement éventuel de la note de la Wallonie, hausse des taux d’intérêt) et des estimations prudentes de recettes (vente du réseau de fibre optique, produit des taxes sur les automates et les déchets), etc, justifient ce montant, selon le ministre cdH. Si le fédéral n’avait rien demandé aux Régions en juillet dernier sur la compensation « navetteurs » pour Bruxelles, la participation à l’assainissement budgétaire et l’anticipation du retour à l’équilibre budgétaire à 2014 au lieu de 2015, la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles disposeraient d’une souplesse de 260 millions d’euros, a calculé M. Antoine. « La magie n’existe pas, il n’y a que de l’adresse », a-t-il répondu à l’opposition MR qui l’accusait d’user de trucs et astuces.

Le ministre a illustré son exposé de nombreuses statistiques provenant essentiellement d’instances non régionales, afin d’éviter tout reproche de partialité. « Lorsque tombent les sanctions de la Commission européenne, de l’ICN, de Moody’s, etc, tous concluent qu’on a été au rendez-vous et que l’on a même fait mieux », a-t-il martelé, demandant aux réformateurs de reconnaître la réalité des chiffres, par « correction mutuelle ». Pierre-Yves Jeholet (MR) a critiqué la multitudes de chiffres présentés en l’absence selon lui de perspectives et de priorités, ce que M. Antoine a réfuté. Le député a aussi pointé du doigt l’habitude qu’il attribue à André Antoine de « taper sur le fédéral » et de faire preuve d’euphorie par rapport aux réalités de terrain. Il s’est dit peu convaincu par les prévisions de recettes sur les taxes de circulation et sur les mâts éoliens, une contribution « schizophrénique » par rapport à la politique d’encouragement de l’énergie éolienne.

Le MR avait aussi affirmé qu’André Antoine n’avait pas inscrit les 12,1 millions d’euros de dotation « navetteurs » à destination de Bruxelles. Mais pour le ministre, cette dotation sera bien versée à Bruxelles en 2014 puisqu’elle est en fait prélevée à la source par le fédéral, à charge des transferts qu’il verse à la Wallonie et à la Flandre. Cela n’affectera pas les équilibres budgétaires globaux de la Wallonie et de la Fédération puisque l’impact de la dotation est « plus que compensé » par l’économie qui sera réalisée en dépense par les deux entités à la suite du ralentissement de l’inflation. Le budget a le mérite de ne pas toucher au pouvoir d’achat, s’est pour sa part félicitée Virginie Gonzalez (PS), soulignant la rigueur de l’exercice et la loyauté respectée vis-à-vis du fédéral. Pour Manu Disabato (Ecolo), le budget évite d’augmenter l’inquiétude des citoyens par rapport aux difficultés d’emploi, même si certains organismes comme le Forem « manquent d’air budgétaire » en cette période de rigueur. Les deux projets de décret sur le second ajustement budgétaire de 2013 et le budget initial 2014 ont entamé lundi leur tour des commissions du parlement wallon, avant d’être soumis aux votes vendredi en commission du Budget.

L’Hippodrome de Wallonie n’aura bientôt plus besoin d’argent public

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Belga, 22 novembre 2013

Le Ministre du budget et des Finances wallon André Antoine avait convié la presse vendredi afin de lui exposer la situation des courses hippiques et des paris dans la région où se situe l’Hippodrome de Wallonie.

Plus personne ne se moque encore aujourd’hui de l’hippodrome du gouvernement wallon, s’est-il ironiquement félicité. Mais c’est vrai que pendant une dizaine d’années on a supporté tous les frais sans aucun retour. Il y avait l’hippodrome, les chevaux, et l’argent public qui assurait leur survie. Les choses ont bien changé depuis, au point que cette activité importante de notre société et de notre économie ne coûtera bientôt plus rien à la Région. Les subsides ne servent d’ailleurs plus qu’à l’amélioration des infrastructures qui doivent être impeccables. Elles sont en effet garantes du succès…

Le ministre a détaillé les secrets de cette réussite. On a eu le courage d’abaisser les taxes de 32 à 15 pc (11 pour les jeux en ligne, explique-t-il. Les réticences de nos partenaires au gouvernement étaient énormes mais le résultat, c’est que les paris sur internet vont rapporter plus de 4 millions en 2013. Cette mesure expérimentale est désormais définitive…

Le partenariat du PMU français, qui recueille des paris sur les courses belges en France, est une autre clé essentielle. Il rapporte trois millions permettant d’augmenter les allocations, et par conséquent la qualité des courses.

Le PMU français a acquis Eurotiercé, qui centralise les jeux en ligne. Cette société est basée en Wallonie, seule bénéficiaire des taxes…

Waterloo 2015 : la guerre est totale

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Thierry Denoël, « Le Vif » ; 22 novembre 2013

Il y a déjà une odeur de poudre au futur mémorial de Waterloo. Les concurrents à sa réalisation se livrent une lutte sans merci. Conséquence d’une gestion déplorable du dossier par la Région wallonne…

Le champ de bataille risque d’être jonché de cadavres, comme il y a deux cents ans. La guerre que se livrent les candidats au marché du nouveau mémorial de Waterloo est devenue violente. Les manœuvres en cours visent à éliminer l’adversaire purement et simplement. Du jamais vu dans le petit milieu des scénographes et concepteurs d’expositions en Belgique. En effet, la société Tempora vient de lancer des actions en justice contre deux membres de la Belle Alliance. Cette dernière réunit sept sociétés qui se sont alliées avec Gérard Corbiau (Le Maître de musique) pour présenter un projet concurrent à Tempora.

Explication : le nouveau mémorial, dont le bâtiment est en construction au pied de la butte du Lion, doit accueillir une scénographie grandiose consacrée à la bataille de 1815, avec en point d’orgue une reconstitution filmée en 4D. C’est ce marché lancé par la Région wallonne qui fait l’objet d’une querelle intense, depuis plusieurs mois maintenant. La conception de la scénographie avait été attribuée en 2006 à la société Tempora, alliée avec Franco Dragone pour la partie filmée. En mars dernier, curieusement, la Région décidait de revoir sa copie et de lancer un nouveau marché « clé sur porte » (de 6 millions d’euros) incluant la conception et la réalisation de la scénographie. On repartait, dès lors, de zéro. Or, en étant sur le coup depuis cinq ans, Tempora avait une sacrée longueur d’avance sur ses concurrents éventuels. Lesquels ont vite fait de relever plusieurs anomalies dans le nouvel appel d’offre.

Une bataille sanglante

Ce fut le début des hostilités. L’administration wallonne a donc revu son cahier des charges. Et pour mieux se mesurer à Tempora, les sept autres candidats ont décidé de s’unir autour d’un projet commun, en persuadant, par ailleurs, le réalisateur Gérard Corbiau de signer le film 4D. La bataille s’annonçait rude. Elle est sanglante. Alors que le gouvernement wallon ne s’est toujours pas prononcé sur les deux projets en compétition (remis début septembre), Tempora a décidé d’éplucher les comptes et la situation juridique de ses concurrentes. Elle a lancé une action en cessation contre deux sociétés de la Belle Alliance, l’ASBL Europa 50 et la SA EO-Design, pour les mettre hors-jeu dans le match Waterloo 2015, minant ainsi les chances de survie de l’alliance elle-même. Elle pointe des « aides illégales », dans le chef de l’une, et des « fonds propres négatifs », dans le chef de l’autre. La première action a partiellement abouti puisque, le 15 novembre, le tribunal de commerce de Verviers a astreint Europa 50 à abandonner son statut d’ASBL dans un délai d’un mois.

Une guerre de tranchée : voilà où en est le chantier de la scénographie du mémorial, à 600 jours de la célébration du bicentenaire. Le résultat d’une gestion déplorable du dossier par la Région wallonne et les ministres successifs du Tourisme depuis 2005 (Serge Kubla-MR, Benoît Lutgen-CDH et Paul Furlan-PS). Le marché de la scénographie avait déjà fait l’objet d’un scandale, il y a huit ans, pour manque de partialité du jury désigné. Il avait fallu lancer un nouveau marché. Aujourd’hui, après avoir encore modifié l’appel d’offre, la Région laisse les candidats se livrer à une guerre totale. Franco Dragone, lui, s’est définitivement retiré de la course. Waterloo 2015 ne mérite pas ça. D’autant qu’en Grande-Bretagne, comme au Canada, loin de ce désastre, les tour-opérateurs se frottent les mains, paraît-il. Plus de 70 000 visiteurs sont attendus en juin 2015. L’engouement est déjà énorme.

Un jeune Wallon sur 4 est pauvre

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Article signé V.R. dans « La Libre Belgique » du 20 novembre 2013

Frank Vandenbroucke s’apprête à lâcher un beau pavé dans la mare. Invité au Congrès des économistes jeudi et vendredi, l’ancien ministre fédéral des Affaires sociales démontrera que la performance de la Belgique en matière de lutte contre la pauvreté est médiocre.

Celui qui enseigne aujourd’hui à la KUL et à l’université d’Anvers s’est intéressé à la pauvreté des moins de 18 ans. Les chiffres, qu’il tire de l’enquête européenne « Silc » – pour « Statistics on Income en Living Conditions » – ne sont pas flatteurs pour la Wallonie. Un enfant wallon sur quatre vit en effet dans une famille sous le seuil de pauvreté (voire infographie).

Avec un taux de pauvreté enfantine de 10,4 %, la Flandre est logée à bien meilleure enseigne. Elle est même assez en dessous de la moyenne européenne.

Mais la Flandre ne doit pas non plus pavoiser, commente Frank Vandenbroucke. Est considéré comme pauvre un ménage dont les revenus sont inférieurs à 60 % du revenu moyen de la population. Mais si on prend comme base de référence non pas le revenu moyen belge, mais le revenu moyen flamand, le nombre d’enfants vivant dans une famille pauvre passe alors à 13,1 % en Flandre.

Le même exercice (prendre la moyenne régionale du revenu) ferait en revanche baisser le taux de pauvreté des enfants wallons à 20,8 %. Mais c’est une maigre consolation.

Le pire, c’est que l’évolution va dans le mauvais sens, note Frank Vandenbroucke. C’est d’autant plus décevant que la Belgique est réputée avoir une longue tradition sociale.

Une faible participation

Une des raisons de ces performances médiocres est liée à cet autre constat : il y a en Belgique, plus que presque partout en Europe, beaucoup d’enfants vivant avec des adultes peu actifs sur le marché du travail. Un signe que les emplois sont mal répartis. Surtout en Wallonie.

Pourquoi ? Frank Vandenbroucke n’aborde pas vraiment cette question dans son étude. Le manque de formation chez certains travailleurs est certainement l’une des explications. Avec cet effet démultiplicateur pour les ménages : les personnes faiblement qualifiées se mettent souvent en couple avec d’autres personnes peu qualifiées selon l’adage « qui se ressemble s’assemble ».

Je ne veux pas stigmatiser le gouvernement wallon, poursuit Frank Vandenbroucke . Je crois qu’avec la dynamisation du Forem et avec le plan Marshall, des efforts importants sont fournis. Mais il y a des phénomènes structurels qui limitent les effets de ces efforts sur la lutte contre la pauvreté. Ce qu’il faut faire si on veut réduire la dualisation du marché du travail wallon, c’est comprendre ces problèmes structurels.

Fédération Wallonie-Bruxelles: Marcourt dénonce le «sous-financement» de l’enseignement supérieur

2013-11-19_200447Belga, 19 novembre 2013

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, a dénoncé mardi le «sous-financement» des universités et Hautes écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, soumises depuis 1996 au principe de l’ « enveloppe fermée ». Interrogé par le député Stéphane Hazée (Ecolo) en commission du Parlement, M. Marcourt a déploré que les moyens alloués à l’enseignement supérieur n’aient pas suivi la hausse importante du nombre d’étudiants et l’évolution des technologies survenues ces quinze dernières années.

« Chaque année, nous sous-finançons un peu plus notre enseignement… », a-t-il reconnu.

Après la récente adoption du décret définissant le nouveau paysage de l’enseignement supérieur, le ministre a lancé un nouveau chantier d’envergure, à savoir la révision de son mode de financement.

A cette fin, il a mis sur pied un groupe de réflexion avec les différents acteurs et spécialistes du secteur, mais « il n’y a pas de consensus entre les différents acteurs sur un nouveau modèle de financement », a-t-il admis.

Devant les députés, le ministre socialiste a affiché sa volonté d’en finir avec l’enveloppe fermée « qui a des effets pervers négatifs ». « Mais comment fait-on vu la situation budgétaire de la Fédération? », s’est-il interrogé.

Il a ajouté à cette occasion que la question des droits d’inscription serait incluse dans la réflexion. Il s’est à cet égard prononcé pour une harmonisation de ceux-ci.

L’élaboration d’un nouveau mode de financement de l’enseignement supérieur sera sans doute l’un des gros dossiers politiques de la prochaine législature communautaire.

Vu les difficultés budgétaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’enseignement supérieur fonctionne depuis 1996 selon le principe décrié de l’enveloppe fermée, alors que le nombre d’étudiants a progressé dans le même temps de… 25%.

Selon ce régime, les établissements reçoivent un subventionnement forfaitaire, augmenté d’un subside variable sur base de leur nombre d’étudiants. Une logique qui attise une concurrence entre établissements qui se livrent dès lors à une « chasse à l’étudiant ».

Lors de son intervention, le ministre a encore annoncé qu’il programmait avant la fin de la législature quelques changements au financement actuel, notamment une nouvelle définition d’étudiant non finançable, une adaptation des moyens d’aide à la réussite pour les nouveaux étudiants, ou encore la prise en compte éventuelle d’éléments différenciés, notamment en matière d’aide sociale ou pédagogique.

Eolien : le Conseil wallon de l’environnement demande une nouvelle enquête

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Belga, 18 novembre 2013

Le Conseil Wallon de l’Environnement pour le Développement Durable (CWEDD) met en cause la qualité des documents qui ont servi à établir la cartographie éolienne du gouvernement wallon, rapporte lundi « L’Avenir ».

« La Région doit tout mettre en oeuvre pour améliorer la qualité des documents et porter une attention particulière à la validation scientifique des données, à leur degré de précision et leur niveau d’incertitude », souligne le CWEDD.

Le Conseil s’interroge sur la pertinence des résultats de l’enquête publique qui a été menée et demande l’organisation d’une nouvelle enquête, selon le quotidien.

Le cadre de référence éolien qui accompagne la cartographie fait lui aussi l’objet de critiques, notamment sur les zones d’exclusion paysagère qui « ne sont pas validées scientifiquement », sur l’absence de certaines mentions dans les normes d’émission de bruit ou sur l’effet stroboscopique des éoliennes.

Le CWEDD met par ailleurs le gouvernement en garde contre l’insuffisance de moyens affectés à la sensibilisation de la population dans le cadre des projets éoliens « participatifs », qui peuvent inclure dans leur capital des communes, intercommunales ou coopératives citoyennes.

Les rémunérations explosent à l’ISBW

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Michel Delwiche, « Le Vif », 14 novembre 2013

La présidente et la première vice-présidente de l’ISBW décident de revaloriser leur rémunération. Et pas qu’un peu. Une pierre de plus pour la gouvernance des intercommunales wallonnes… «Message exécrable», estime Paul Furlan.

Le conseil d’administration (CA) de l’ISBW (Intercommunale sociale du Brabant wallon) se réunit ce soir, à Chastre, avec à son ordre du jour, entre autres, le projet de budget pour 2014. Celui-ci présente un déficit de 214.000€, qui s’ajoutera aux précédents pour un total de 500.000€.

X4 et X 26 !

Dans ce projet de budget figure un point relatif à l’augmentation de la rémunération de la présidente et de la première vice-présidente du CA de l’ISBW, une augmentation à première vue énorme. Elle passerait de 6.700 à 23.500€ (+ 250%) pour Dominique De Troyer (PS), la nouvelle présidente, et de 720 à 18.800€ (multipliée par 26) pour la première vice-présidente Yolande Deleuze (MR). Sans la moindre modification statutaire.

Dominique De Troyer, Wavrienne, est par ailleurs présidente du conseil provincial du Brabant wallon, tandis que Yolande Deleuze préside le conseil communal de La Hulpe et est directrice de la logistique et des achats de l’ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance). Elles font toutes les deux partie du comité de rémunération de l’ISBW, qui a donc décidé de ces augmentations qui, si elles sont votées ce soir, devront encore être examinées, pour tutelle, par le gouvernement wallon. Même s’il faut préciser que les montants ici évoqués sont inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres intercommunales.

Le ministre des Pouvoirs locaux Paul Furlan (PS) explique qu’il vérifiera évidemment la légalité de la décision, mais ajoute qu’il s’agit là d’un «message exécrable adressé à l’opinion publique en ces temps de crise ». « Même si les montants ne sont pas indécents, poursuit-il, le moment est particulièrement inopportun, d’autant que les fonctions, que je sache, n’ont pas changé.»

« Professionnaliser »

La nouvelle majorité provinciale MR-PS du Brabant wallon (qui a succédé à une alliance MR-Ecolo) a décidé de «mettre à niveau les intercommunales IBW et ISBW», explique Dominique De Troyer. Et donc d’aligner les rémunérations de l’intercommunale sociale sur celles de la puissante intercommunale économique. C’est oublier que le travail de l’ISBW et de ses 226 travailleurs correspond, dans la nouvelle province, à celui qui est fait, ailleurs, par les services provinciaux. « Nous avons voulu professionnaliser ces mandats, poursuit la présidente, et ce n’est pas parce que nous travaillons dans le social, qui a toujours été le parent pauvre, avec trop souvent des solutions de bouts de ficelle, que nous n’avons pas droit aux mêmes rémunérations. Nous sommes en tout cas ici dans la transparence totale, et il n’y a pas le moindre défraiement en plus. »

Au sein du comité directeur (4 MR, 2 PS et 1 Ecolo), même du côté de la majorité PS-MR, où les jetons de présence restent limités à 65€, certains disent redouter l’impact de ces deux augmentations sur l’opinion publique. Et l’opposition Ecolo monte logiquement au créneau, Josiane Conrardy, la membre du comité, expliquant que «il revient aux dirigeants de l’intercommunale de présenter un budget en équilibre», plutôt que de faire porter le poids du déficit par les communes, en difficultés financière au point que nombre d’entre elles doivent licencier du personnel. Les administrateurs Ecolo voteront contre ces propositions, «fruit d’un accord entre amis PS-MR», et «choquantes en période de crise économique, surtout dans le chef d’une intercommunale sociale».

L’ISBW a été fondée grâce à l’action d’André Flahaut (PS) et de Louis Michel (MR), qui en a d’ailleurs été le premier président. A l’époque, le mandat n’était pas rémunéré.

Le revenu moyen a davantage progressé en Wallonie

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Belga, 14 novembre 2013

C’est en Wallonie que le revenu moyen par habitant a le plus progressé en 2011 et au cours des cinq dernières années, selon des chiffres publiés jeudi par le SPF Économie.

Le revenu net imposable moyen par habitant atteignait 15.277 euros en Wallonie, en hausse de 3,5 % par rapport à 2010 et de 15,3 % sur la période 2006-2011. Le revenu moyen des Wallons est inférieur de 5,1 % à la moyenne belge.

Le revenu moyen restait toutefois le plus élevé en Flandre, où il atteignait 17.146 euros, soit une hausse de 3,3 % par rapport à 2010 et de 14,4 % sur la période 2006-2011. Le revenu moyen des Flamands dépasse de 6,5 % la moyenne nationale.

Le revenu des Bruxellois inférieur à la moyenne belge

A Bruxelles, le revenu moyen se montait à 12.885 euros, en progression de 2,3 % sur un an et de 8,1 % sur la période 2006-2011. Le revenu moyen des Bruxellois est inférieur de 20 % à la moyenne belge. « Bruxelles abrite non seulement les plus faibles revenus, mais l’écart par rapport aux deux autres régions se creuse également chaque année », constate le SPF Economie dans un communiqué.

Une seule commune wallonne parmi les plus « riches »

Au niveau communal, Laethem-Saint-Martin (Flandre orientale) arrive en tête des communes avec le revenu moyen par habitant le plus élevé. Les revenus y sont supérieurs de 51 % à la moyenne nationale et atteignaient en moyenne 24.278 euros. Parmi les 10 communes les plus « riches », on retrouve une seule commune wallonne, Lasne (5e), avec un revenu moyen de 21.941 euros, 36,2 % au-dessus de la moyenne nationale, le reste du « top 10 » étant composé uniquement de communes flamandes.

Saint-Josse, le plus faible revenu moyen

A l’inverse, le revenu moyen le plus faible se situe à Saint-Josse-ten-Noode, où, avec 8.047 euros, il s’élève à peine à la moitié de la moyenne nationale. Sept communes bruxelloises occupent le classement des 10 communes belges dont le revenu moyen est le plus faible : Molenbeek-Saint-Jean (2e, 9.746 euros), Schaerbeek (3e, 10.857 euros), Saint-Gilles (5e, 11.061 euros), Anderlecht (6e, 11.142 euros), Bruxelles (7e, 11.480 euros) et Koekelberg (9e, 11.980 euros). Trois communes wallonnes complètent ce classement : Farciennes, la commune wallonne la plus pauvre (4e, 10.999 euros), Dison (8e, 11.607 euros) et Colfontaine (10e, 12.121 euros).

Les montants sont calculés sur la base des déclarations à l’impôt des personnes physiques. Il s’agit des revenus 2011 pour l’exercice fiscal 2012.

La Wallonie a ratifié le traité sur le commerce des armes

2013-11-13_201252Belga – « Vers l’Avenir », 13 novembre 2013

La Wallonie a achevé son processus de ratification du Traité international de l’ONU sur le commerce des armes (ATT – Arms Trade Treaty), a annoncé ce mercredi dans un communiqué le ministre-président wallon, Rudy Demotte.

Ce traité interdit toute exportation d’armes qui pourraient être utilisées, entre autres, à des fins de génocides, de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre. Des critères concernant des violations sérieuses du droit international humanitaire ou des droits de l’homme y ont également été insérés.

Si ces règles sont déjà appliquées par la Belgique et ses entités fédérées dans le cadre de la Position Commune européenne, elles n’en constitueront pas moins une avancée pour de nombreux pays qui n’avaient jamais mis en place de contrôle d’exportations ou qui avaient un contrôle très limité.

Le nouveau traité onusien entrera en vigueur dès qu’il aura été ratifié par les 50 Etats membres des Nations Unies.

Bernard Rentier : « Il faut revoir la structure du paysage scolaire »

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Dans une interview au « Vif » (9 novembre 2013), le recteur de l’Université de Liège plaide pour un réexamen du pacte scolaire de 1959.  Il répond aux questions de Mélanie Geelkens.

Lors de votre dernier discours de rentrée, vous avez dit vouloir user de votre liberté d’expression et avez plaidé pour l’instauration d’un test d’entrée à l’université.

Je ne veux pas installer de barrières à l’entrée. Mais 60 % des étudiants vont au casse-pipe en 1er bachelier. Il est inacceptable de ne pas agir. Bien sûr, il y a des touristes qui n’ont rien à faire à l’université et qui coûtent cher à tout le monde. Mais il y a aussi ceux qui ne sont pas bien préparés et qui auraient besoin d’un accompagnement particulier.

Accompagner grâce à un test d’entrée ?

Un test d’orientation informatif qui permettrait à ceux qui n’obtiendraient pas de bons résultats d’être redirigés vers une année de préparation pour contourner le problème de l’échec. Une formation qui serait centrée sur l’apprentissage de l’autonomie, du respect des délais, de l’organisation… Bref, tous ces soft skills indispensables qui ne sont pas forcément enseignés en secondaire. Ce test pourrait aussi avoir lieu après la session de Noël, en guise de réorientation.
Une proposition taxée d’inégalitaire par certains.

Les fédérations d’étudiants penseront que l’on crée deux castes. C’est peut-être vrai : toutes les études démontrent que les jeunes qui viennent d’un milieu aisé sont mieux préparés à l’enseignement universitaire. Ces soft skills ne sont pas inculqués dans l’enseignement secondaire, qui peut être inégalitaire. Mais le rôle de l’université est de gommer les inégalités. Peut-être cela pèsera-t-il plus sur ceux qui sont socialement moins aisés. Mais tant qu’à faire 5 années en 6, autant acquérir des compétences supplémentaires. On n’empêcherait personne d’entrer. On offrirait simplement une autre voie pour se préparer. Une année de délestage, pas une duplication du 1er bachelier.

Vous plaidez pour un refinancement de l’enseignement supérieur. Un vœu pieux ?

Je ne crois pas. C’est une question de priorité. On ne peut pas dire que les universités sont indispensables à la relance économique puis ne pas leur donner de financements suffisants. Actuellement, on dédouble tous les moyens entre l’enseignement libre et officiel. Ce n’est pas normal. C’est du gaspillage maximal de l’argent public ! Il serait temps d’y remédier.

Voilà qui fera plaisir aux signataires du pacte scolaire…

Je ne veux pas déterrer la hache de guerre de 1959. Mais il faut revoir la structure du paysage scolaire. Je ne trouve pas normal que des institutions publiques comme la mienne doivent se plier à une série de contrôles alors que les autres ne doivent rien justifier alors qu’elles reçoivent le même argent public.

Quel bilan tirer à l’aube de votre neuvième et dernière année de rectorat ?

L’université aujourd’hui ne ressemble plus à celle qu’elle était il y a neuf ans. Nous avons réformé et rationnalisé beaucoup de choses. Nous avons pu recommencer à construire, à intégrer de nouvelles facultés (nous sommes passés de 8 à 11). Dès 2004, nous avons réalisé de gros efforts budgétaires pour atteindre l’équilibre. J’ai vécu une période confortable sur le plan financier. Le bémol, pour le futur, c’est qu’à cause de ce système de financement étranglé, nous n’aurons plus l’occasion de développer des nouveautés pendant un moment.