Les grévistes du TEC torpillent l’image wallonne

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Béatrice Delvaux,

« Le Soir », 30 novembre 2013

TEC. Ce mot désormais lorsqu’il est prononcé ne fait plus penser au transport en commun par bus en Wallonie mais est devenu une sorte de résumé, d’incarnation de ce mal wallon dont certains en Flandre voudraient faire une de nos spécialités. Bart De Wever peut franchement remercier les syndicalistes qui depuis trois jours empêchent leurs bus de rouler dans la zone de Liège-Verviers : ils lui offrent sur un plateau une démonstration de cette caricature de sud du pays qui ne bouge pas, fait la grève, n’arrive pas à se réformer, incapable de résoudre les vrais problèmes et de permettre au consommateur et aux entrepreneurs d’aller de l’avant.

C’est faux évidemment. La Wallonie se résume moins que jamais à ce spectacle pitoyable auquel assistent, impuissants mais extrêmement fâchés, les usagers des bus de la zone des TEC Liège-Verviers, le patron de cette entreprise, les ministres concernés et même certains syndicalistes. Le sud du pays n’est plus cette zone de grèves à tout bout de champ, de gestion défaillante, d’oubli de l’usager. Mais les TEC et la poignée d’égocentriques qui déclenchent des grèves, sans les arrêter, torpillent de façon absolument irresponsable les efforts acharnés opérés pour relancer la dynamique wallonne.

Cela ressemble à un mauvais sketch : on serait donc cinq jours sans bus TEC parce que des chauffeurs ont, avec l’aval de leurs syndicalistes maison, décidé de ne pas prendre l’itinéraire de contournement de travaux à Herstal. C’est déjà tellement ridicule à expliquer qu’on a peine à croire qu’ils aient pu passer à l’acte sur un tel délire.

Privatisons illico ! Ce n’est pas ce que le manager des TEC excédé a suggéré. Mais qui lui fera grief d’un coup de sang qui finalement en dit tellement sur son impuissance et sa très grosse fatigue ? Chacun doit ici assumer ses responsabilités pour mettre fin à cette sorte d’Etat dans l’Etat qui ne nuit pas qu’à la société publique de bus mais à toute l’image du secteur public, de ses patrons mais aussi du pouvoir politique. Il faut urgemment examiner au top wallon la situation, pour mettre fin à cette insurrection pitoyable. Celle-ci devrait faire rougir ceux qui la fomentent et l’entretiennent, face aux enjeux du moment, au désarroi des ouvriers d’ArcelorMittal, à l’angoisse de ceux qui dans leur région, n’ont pas de travail. Et plus de bus pour s’y rendre.