Le GPS wallon remballe Demotte et son ingérence

2013-11-30_203112Laurent Gérard,

«La Libre Belgique», 29 novembre 2013

L’affaire est reportée de quinzaine en quinzaine mais il paraît que l’on approche du but. Le groupe des partenaires sociaux wallon (dites GPS-W, c’est plus branché) est en passe d’atterrir. Il pourrait débuter ses travaux en janvier prochain. Le GPS-W? Mais oui, cet organe réclamé de longue date par les organisations syndicales et patronales, et que le gouvernement a, plus récemment, également appelé de ses vœux. Une sorte de groupe des dix (le sanctuaire de la concertation sociale fédérale) à la sauce wallonne, chargé de réfléchir et négocier sur les grands enjeux socio-économiques et de proposer des orientations aux décideurs politiques wallons.

« La plus complète indépendance »

Si le GPS-W connaît des ratés au démarrage, ce n’est pas tant lié à des oppositions entre employeurs et travailleurs qu’en raison de divergences de vue avec le gouvernement wallon. Celui-ci voulait que les membres du GPS-W adhèrent à une charte. Ce que syndicats et employeurs refusent catégoriquement. Ils l’ont fait savoir dans un courrier adressé le 19 novembre au ministre-Président Demotte (PS). « Notre intention est de créer un groupe informel, libre de toute attache politique ou privée, déterminant lui-même ses missions, sa composition et son fonctionnement, à l’instar du groupe fédéral des dix, écrivent-ils. Le gouvernement, de son côté, entend clairement encadrer le processus, ne laissant plus aux partenaires sociaux que la possibilité de fixer la composition du groupe. (…) Notre volonté reste d’unir nos forces afin de contribuer au développement économique et social de la région, mais nous ne pourrons le faire que dans la plus complète indépendance. »

Il est plus sain que ces questions soient discutées par des acteurs que par des politiques souvent guidés par une idéologie, insiste un bon connaisseur du dossier. Qui assure que le message est passé auprès du gouvernement et que celui-ci va revoir sa copie. Contacté hier, le cabinet Demotte n’a pas donné suite à nos demandes d’informations.

Pour le reste, les bancs patronal et syndical se sont assez facilement mis d’accord sur la composition du GPS, son fonctionnement et ses missions. Pour eux, à l’instar du groupe des dix fédéral, le GPS doit être un groupe informel et sans structure juridique; indépendant; et doté d’une compétence de négociation, dont les résultats doivent toutefois être approuvés par toutes les organisations membres .

Côté composition, on a opté pour une instance paritaire, composée de 4 représentants syndicaux (2 FGTB, 2 CSC) et 4 représentants des employeurs : Union wallonne des entreprises, Union des classes moyennes, Unipso (non-marchand) et FWA (agriculteurs). Un groupe des huit, donc, présidé par une neuvième personne, dont l’appartenance n’est pas encore fixée (il pourrait s’agir d’une présidence tournante).

L’absence du syndical libéral, pas encore officiellement entérinée, est néanmoins acquise. A la CGSLB, fière de ses 10 % aux dernières élections sociales, on continue à se battre pour en faire partie, mais on a perdu espoir. FGTB et CSC, seuls syndicats présents au bureau du Conseil économique et social de la Wallonie (CESW, simple organe d’avis, NdlR), qui est chargé de composer le GPS, se sont mis d’accord pour nous mettre dehors, regrette un de ses leaders. A Bruxelles, en Flandre et au fédéral, la CGSLB est représentée. La Wallonie va encore nous étonner avec sa culture de l’exclusion…

Enfin, rayon missions, les partenaires sociaux veulent que le GPS soit un lieu de négociation, non sur les augmentations salariales (ça, c’est pour le G10 fédéral) mais bien sur les grands thèmes socio-économiques entrant dans les compétences de la Wallonie mais aussi de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le GPS devra rapidement se pencher sur les imminents transferts de compétence : marché du travail, soins de santé, allocations familiales. On est pris par le temps , plaide un proche du dossier. Il faut décider de ce que l’on va faire de ces fonds transférés.