Archives mensuelles : novembre 2013

Les grévistes du TEC torpillent l’image wallonne

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Béatrice Delvaux,

« Le Soir », 30 novembre 2013

TEC. Ce mot désormais lorsqu’il est prononcé ne fait plus penser au transport en commun par bus en Wallonie mais est devenu une sorte de résumé, d’incarnation de ce mal wallon dont certains en Flandre voudraient faire une de nos spécialités. Bart De Wever peut franchement remercier les syndicalistes qui depuis trois jours empêchent leurs bus de rouler dans la zone de Liège-Verviers : ils lui offrent sur un plateau une démonstration de cette caricature de sud du pays qui ne bouge pas, fait la grève, n’arrive pas à se réformer, incapable de résoudre les vrais problèmes et de permettre au consommateur et aux entrepreneurs d’aller de l’avant.

C’est faux évidemment. La Wallonie se résume moins que jamais à ce spectacle pitoyable auquel assistent, impuissants mais extrêmement fâchés, les usagers des bus de la zone des TEC Liège-Verviers, le patron de cette entreprise, les ministres concernés et même certains syndicalistes. Le sud du pays n’est plus cette zone de grèves à tout bout de champ, de gestion défaillante, d’oubli de l’usager. Mais les TEC et la poignée d’égocentriques qui déclenchent des grèves, sans les arrêter, torpillent de façon absolument irresponsable les efforts acharnés opérés pour relancer la dynamique wallonne.

Cela ressemble à un mauvais sketch : on serait donc cinq jours sans bus TEC parce que des chauffeurs ont, avec l’aval de leurs syndicalistes maison, décidé de ne pas prendre l’itinéraire de contournement de travaux à Herstal. C’est déjà tellement ridicule à expliquer qu’on a peine à croire qu’ils aient pu passer à l’acte sur un tel délire.

Privatisons illico ! Ce n’est pas ce que le manager des TEC excédé a suggéré. Mais qui lui fera grief d’un coup de sang qui finalement en dit tellement sur son impuissance et sa très grosse fatigue ? Chacun doit ici assumer ses responsabilités pour mettre fin à cette sorte d’Etat dans l’Etat qui ne nuit pas qu’à la société publique de bus mais à toute l’image du secteur public, de ses patrons mais aussi du pouvoir politique. Il faut urgemment examiner au top wallon la situation, pour mettre fin à cette insurrection pitoyable. Celle-ci devrait faire rougir ceux qui la fomentent et l’entretiennent, face aux enjeux du moment, au désarroi des ouvriers d’ArcelorMittal, à l’angoisse de ceux qui dans leur région, n’ont pas de travail. Et plus de bus pour s’y rendre.

ArcelorMittal: le conciliateur fixe une date butoir

Le Vif / Belga, 29 novembre 2013

Le conciliateur social a recommandé à la direction d’ArcelorMittal et aux représentants des travailleurs de poursuivre les négociations, avec la Région wallonne, vu l’écart persistant au niveau des positions. Le dossier doit avoir trouvé une issue pour le 8 décembre.

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Au terme de 9 heures de discussion, le président de la commission paritaire 104 a effectué une recommandation aux parties. Il préconise une reprise rapide du dialogue social en compagnie de la Région wallonne, déjà autour de la table lors des discussions sur le plan industriel. Le conciliateur social constatera l’avancement des négociations le 4 décembre et demande qu’une solution soit trouvée pour le 8 décembre au plus tard afin de présenter un dossier complet à la ministre de l’emploi dans le cadre des prépensions. Les syndicats sont très partagés au terme de cette journée même s’ils se montrent satisfaits de la poursuite des négociations. « Nous devrons mettre à profit cette semaine pour obtenir un plan social digne de ce nom. Qui casse paye ! Les travailleurs ne méritent pas des cacahuètes », réagit David Camerini, président de la délégation CSC ArcelorMittal.

La FGTB est nettement plus pessimiste sur l’issue du conflit. « Nous ne devrions pas aboutir pour le 8 décembre vu l’état d’esprit actuel de la direction. Espérons que la Région wallonne joue un rôle de modérateur qui nous permettra d’avancer. Nous mettrons en tout cas le paquet pour obtenir le meilleur accord social », témoigne Jean-Luc Rader, le secrétaire régional FGTB. Les deux organisations syndicales ont fait du maintien de l’emploi en interne leur cheval de bataille. La FGTB souhaite également une égalité dans les primes de licenciement et une approche plus modérée des structures ‘lean’ proposées. « La note, les travailleurs l’ont déjà payée », conclut Jean-Luc Rader. Les négociations reprendront lundi.

École: quand la Communauté navigue à vue

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Pierre Bouillon,

« Le Soir », 29 novembre 2013

Le gouvernement Olivier s’est accordé sur le plan devant augmenter la capacité de nos écoles. En trois ans, on va ouvrir 13.750 places selon un processus qui ne blesse aucune susceptibilité, en tout cas pas gravement.

La controverse portait sur le financement de l’affaire. CDH et Ecolo proposaient un régime égal pour tous les réseaux. Le PS s’est cabré en invoquant le Pacte scolaire. On s’est accordé.

Le compromis est subtil.

L’école libre recevra davantage de moyens que ce que lui promettent les clés de financement du Pacte scolaire. Et le réseau de la Communauté française (écoles ex-Etat) recevra davantage de moyens que ce qui lui fait mériter son nombre d’élèves. C’est une pirouette. Mais les contorsions sont souvent le prix des accords politiques. L’essentiel était d’engager un plan permettant de détendre la tension croissante entre le nombre d’élèves et le nombre de places disponibles dans les écoles.

Commandé par les présidents de partis le 6 novembre, le scénario arrêté jeudi aura finalement été monté rapidement (deux semaines de débats, c’est court). Ce qui inquiète, et fameusement, c’est le temps qu’il a fallu pour que le sujet vienne sur la table. Le boom démographique est annoncé depuis longtemps. Il a même porté le gouvernement de la Communauté, via son ministre Jean-Marc Nollet, à engager un plan de constructions/extensions d’écoles lourd de 1,2 milliard. Mais ce programme ne donnera ses pleins effets que d’ici 2017.

Le problème, ce sont ces trois années 2014, 2015 et 2016 et une pression démographique que personne ne semble avoir vue venir, que personne du côté politique n’a réellement pressentie, faute de disposer d’un véritable état des lieux de l’offre scolaire, faute de disposer d’un outil sérieux de prospective démographique. Or les faits sont là : à Bruxelles, des écoles (surtout dans le maternel) saturent au moment où l’on se parle. Et il aura fallu que… un directeur d’école donne de la voix (dans Le Soir en l’occurrence) pour que le politique s’empare du problème.

C’est bien : cela prouve que la Communauté française n’est pas sourde.

C’est un atout, quand on est aveugle.

Le GPS wallon remballe Demotte et son ingérence

2013-11-30_203112Laurent Gérard,

«La Libre Belgique», 29 novembre 2013

L’affaire est reportée de quinzaine en quinzaine mais il paraît que l’on approche du but. Le groupe des partenaires sociaux wallon (dites GPS-W, c’est plus branché) est en passe d’atterrir. Il pourrait débuter ses travaux en janvier prochain. Le GPS-W? Mais oui, cet organe réclamé de longue date par les organisations syndicales et patronales, et que le gouvernement a, plus récemment, également appelé de ses vœux. Une sorte de groupe des dix (le sanctuaire de la concertation sociale fédérale) à la sauce wallonne, chargé de réfléchir et négocier sur les grands enjeux socio-économiques et de proposer des orientations aux décideurs politiques wallons.

« La plus complète indépendance »

Si le GPS-W connaît des ratés au démarrage, ce n’est pas tant lié à des oppositions entre employeurs et travailleurs qu’en raison de divergences de vue avec le gouvernement wallon. Celui-ci voulait que les membres du GPS-W adhèrent à une charte. Ce que syndicats et employeurs refusent catégoriquement. Ils l’ont fait savoir dans un courrier adressé le 19 novembre au ministre-Président Demotte (PS). « Notre intention est de créer un groupe informel, libre de toute attache politique ou privée, déterminant lui-même ses missions, sa composition et son fonctionnement, à l’instar du groupe fédéral des dix, écrivent-ils. Le gouvernement, de son côté, entend clairement encadrer le processus, ne laissant plus aux partenaires sociaux que la possibilité de fixer la composition du groupe. (…) Notre volonté reste d’unir nos forces afin de contribuer au développement économique et social de la région, mais nous ne pourrons le faire que dans la plus complète indépendance. »

Il est plus sain que ces questions soient discutées par des acteurs que par des politiques souvent guidés par une idéologie, insiste un bon connaisseur du dossier. Qui assure que le message est passé auprès du gouvernement et que celui-ci va revoir sa copie. Contacté hier, le cabinet Demotte n’a pas donné suite à nos demandes d’informations.

Pour le reste, les bancs patronal et syndical se sont assez facilement mis d’accord sur la composition du GPS, son fonctionnement et ses missions. Pour eux, à l’instar du groupe des dix fédéral, le GPS doit être un groupe informel et sans structure juridique; indépendant; et doté d’une compétence de négociation, dont les résultats doivent toutefois être approuvés par toutes les organisations membres .

Côté composition, on a opté pour une instance paritaire, composée de 4 représentants syndicaux (2 FGTB, 2 CSC) et 4 représentants des employeurs : Union wallonne des entreprises, Union des classes moyennes, Unipso (non-marchand) et FWA (agriculteurs). Un groupe des huit, donc, présidé par une neuvième personne, dont l’appartenance n’est pas encore fixée (il pourrait s’agir d’une présidence tournante).

L’absence du syndical libéral, pas encore officiellement entérinée, est néanmoins acquise. A la CGSLB, fière de ses 10 % aux dernières élections sociales, on continue à se battre pour en faire partie, mais on a perdu espoir. FGTB et CSC, seuls syndicats présents au bureau du Conseil économique et social de la Wallonie (CESW, simple organe d’avis, NdlR), qui est chargé de composer le GPS, se sont mis d’accord pour nous mettre dehors, regrette un de ses leaders. A Bruxelles, en Flandre et au fédéral, la CGSLB est représentée. La Wallonie va encore nous étonner avec sa culture de l’exclusion…

Enfin, rayon missions, les partenaires sociaux veulent que le GPS soit un lieu de négociation, non sur les augmentations salariales (ça, c’est pour le G10 fédéral) mais bien sur les grands thèmes socio-économiques entrant dans les compétences de la Wallonie mais aussi de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le GPS devra rapidement se pencher sur les imminents transferts de compétence : marché du travail, soins de santé, allocations familiales. On est pris par le temps , plaide un proche du dossier. Il faut décider de ce que l’on va faire de ces fonds transférés.

Hausse de la fiscalité immobilière en Wallonie dès le 1er janvier

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Belga, 28 novembre 2013

La fiscalité immobilière augmentera en Wallonie à partir du 1er janvier, via une hausse des droits d’enregistrement.

Le ministre wallon du Budget, André Antoine (cdH), a dévoilé cette « mesure de justice sociale » en primeur aux journaux de Sudpresse. L’opposition MR calcule qu’elle coûtera 2.600 euros à l’acquéreur d’une maison modeste. Les logements modestes sont ceux dont le revenu cadastral ne dépasse pas 745 euros, soit 55% des habitations. Ils bénéficient actuellement d’un taux réduit de 6% pour les droits d’enregistrement.

En l’absence de péréquation cadastrale, « il y a un manque à gagner sur nos droits d’enregistrement, mais aussi pour les communes sur le précompte immobilier », explique André Antoine. « Aujourd’hui, dans ma région comme ailleurs, on voit des fermettes vendues pour 250 à 300.000 euros mais qui bénéficient à l’achat d’un droit d’enregistrement de 6% parce que leur revenu cadastral n’a pas été réactualisé ».

Dans les zones à forte pression immobilière, la réforme limitera le taux de 6% à une tranche réduite (160.000 euros contre 200.000 actuellement). Un taux de 12,5% s’appliquera au-delà. Dans les autres zones, les 6% s’appliqueront sur une tranche plus étroite encore (151.000 euros contre 191.000 actuellement), avant de passer à 12,5%.

Le MR calcule que la mesure se soldera par une augmentation de 2.600 euros à 2.665 euros par acquisition. « Cet alourdissement de la fiscalité est incompréhensible », selon le député wallon Willy Borsus.

Eolien wallon: un nouveau rapport négatif

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Le Vif/Belga, 27 novembre 2013

Après le Conseil wallon de l’environnement pour le développement durable (CWEDD), c’est l’autre conseil consultatif, la Commission régionale d’aménagement du territoire (CRAT), qui rend un mauvais bulletin au gouvernement sur le projet de carte de l’éolien wallon, révèle mercredi L’Avenir.

La CRAT, que le gouvernement wallon doit consulter dans le processus d’adoption de certaines décisions, a remis son avis sur la carte positive de référence, « associée à un productible minimal par lot permettant de développer le grand éolien à concurrence d’un objectif de 3.800 GWh à l’horizon 2020 ». Cet avis est donc défavorable, même si la CRAT a assuré soutenir le développement des énergies alternatives en Wallonie, dont l’éolien.

La commission ne voit pas comment elle pourrait se prononcer sur une carte définissant des lots et un productible, sans avoir une idée des implications « qui seront probablement définies dans un futur décret ». Et puis, elle n’a pas été consultée sur le cadre de référence, ni sur la carte des zones favorables, éléments qu’elle considère comme « indissociables » de la carte qui lui a été soumise. Ce qui fait de la carte positive, selon la CRAT, une « carte sans fond ».

Au lieu de fixer préalablement un objectif de productivité et de définir des lots et un potentiel productible qui vont y répondre, on aurait mieux fait, estime la CRAT, de se baser sur les contraintes environnementales et sur le potentiel de raccordement au réseau.

Elle s’inquiète également de ce que le productible global par lot ait été calculé en additionnant les installations déjà en fonctionnement, celles en construction ou dont le permis est accordé, et le potentiel productible.

La Wallonie tente de devenir une marque internationale

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Stéphane Tassin,

« La Libre Belgique », 26 novembre 2013

L’affaire avait fait du bruit, suscité la polémique, presque déchaîné les passions. On s’en était moqué de ces cinq points et de ce logo jugé simpliste. Présenté, peut-être un peu trop vite, par le gouvernement wallon au mois de juin dernier, le nouveau logo qui incarne désormais la Wallonie dans ses relations commerciales à l’étranger répond à des critères très stricts et n’est finalement que la partie immergée d’un iceberg. Certains avaient soupiré devant tant d’argent dépensé pour si peu. Bref, la communication autour du Branding wallon ne s’est pas du tout déroulée comme prévu. Rétroactes.

En 2011, le Gouvernement wallon s’inspirant de ce qui se fait ailleurs décide de développer la marque Wallonie (Wallonia) et de mettre en place des outils de communication uniques et facilement identifiables.« C’est une véritable démarche de marketing qui dépasse la simple communication. Lorsqu’on se lance dans une telle entreprise, il faut paraître différent des autres sur la carte du monde et sur la carte des marques du monde. C’est une démarche d’attractivité d’un territoire. Il est nécessaire de définir un positionnement concurrentiel durable et qui permet au territoire qui l’adopte d’avoir un avantage durable et compétitif » explique Jacques Jadoul, directeur de la communication à l’Agence wallonne pour les exportations et les investissements étrangers (Awex).

1. Il fallait tout d’abord déterminer le positionnement de la Wallonie. C’est le bureau d’étude M c Kinsey, spécialisé dans le « branding » (image de marque en français) qui a travaillé sur le dossier. Le positionnement choisi pour la Wallonie sera donc l’ouverture au monde. Pour le caractériser, il fallait un slogan, ce sera « Feel Inspired » (« Soyez inspiré »).

2. Il s’agissait ensuite de déterminer les atouts reconnus de la Wallonie. De vrais atouts mais considérés comme non différenciant. Accessibilité, sens du partage, innovation technologique et qualité de vie sont les quatre atouts choisis. Pour caractériser ces atouts, quatre auras y sont associées.

3. Il fallait enfin trouver un logo et se positionner de manière territoriale. « Nous avons décidé d’associer la Wallonie à la Belgique, ce que ne fait pas la Flandre par exemple. Nous considérons que la marque belge est porteuse, appréciée et reconnue » poursuit Jacques Jadoul. C’est ainsi qu’est né le « W » en cinq points. Et juste en dessous, la référence Wallonia.be qui renvoie à la Belgique et au site Internet.

4. Il a encore été décidé de proposer aux différents acteurs institutionnels liés aux exportations wallonnes et aux investissements étrangers en Wallonie d’adopter ce logo et les auras, et de les décliner selon les besoins. Les universités et les autres acteurs du secteur sont invités à s’associer à cette démarche de communication commune. L’Awex vient d’ailleurs de refaire complètement son logo.

Une telle démarche a un coût et lors de la présentation du logo en juin dernier, beaucoup avaient considéré que pour dessiner cinq points, la facture était quelque peu salée. « Un logo pour être efficace doit être le plus simple possible, regarder celui de Nike par exemple » explique Marie Ledru, de l’Awex.

En puisant dans ses crédits ordinaires et dans ceux octroyés par le plan Marshall2.vert, l’Awex a déboursé 472000 € pour l’étude Mc Kinsey, 60000 € pour la création du logo et de l’univers graphique et 440000€ pour l’évaluation, les conseils médias (recours à une régie publicitaire), la mise en place d’ambassadeurs de la marque. Cette somme est à répartir sur quatre années. Enfin la « valorisation » dans les médias représente 1,3 million € avec une présence dans la presse internationale comme le Financial Times, The Economist, la BBC, Euronews ou encore CNN.

Un milliard venu de l’Europe pour la Wallonie

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Eric Deffet, « Le Soir », 26 novembre 2013

La Wallonie a été reconnue « région en transition ». Elle bénéficiera encore copieusement des fonds structurels européens. Bruxelles touchera, elle, 300 millions d’euros.

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La part du gâteau européen réservée à la Belgique est acquise : 2,05 milliards d’euros ! Mais ce mardi, à Vilnius en Lituanie, un conseil des ministres informel doit mettre la dernière touche à la nouvelle programmation des fonds structurels européens. Il est moins une : le nouveau plan de convergence, très attendu par les pays et les régions en retard chronique de développement, doit faire connaître ses effets dès le 1er janvier 2014 et jusqu’en 2019.

La Belgique est représentée à cette réunion par Rudy Demotte (PS), le ministre-président wallon, qui ne s’émeut pas outre mesure du retard pris par le dossier au niveau des instances européennes : « En ce qui concerne la Wallonie, concernée au premier chef, tout a été anticipé pour assurer le relais avec les programmes précédents . » Une période transitoire d’un an a été prévue par le gouvernement pour assurer la jonction entre le cycle 2007-2013 et son successeur, histoire que des projets et des emplois ne soient pas en rupture de moyens.

La Wallonie est la première concernée par les fonds structurels européens. Surtout, le ministre-président a été en première ligne pour convaincre l’Union de créer entre régions pauvres et régions riches une catégorie intermédiaire pour les régions en transition, dont la Wallonie sera avec un PIB par habitant qui oscille entre 75 % et 90 % de la moyenne européenne.

« Sans cela, explique-t-il, nous aurions perdu la moitié des moyens par rapport à 2007-2013. Comme région en transition, c’est-à-dire en progrès, les montants ne seront en diminution que de 15 %. »

Les fonds structurels européens sont d’abord affaire de gros sous. Tentons d’être clairs. Les montants réservés à la Belgique sont donc d’un peu plus de deux milliards. Ils se répartissent comme suit : 956 millions au titre de « région en transition » (la Wallonie sauf le Brabant), 863 millions au titre de « région riche » (la Flandre, Bruxelles et le Brabant) et 230 millions pour les programmes transfrontaliers. Si l’on se place d’un strict point de vue géographique, la répartition est la suivante : de l’ordre de 1,1 milliard pour la Wallonie, 300 millions et 650 millions pour la Flandre.

Deux éléments à retenir à ce stade. La programmation repose sur le principe du cofinancement par les pouvoirs publics et le privé : les montants précités ne donnent qu’une vue partielle du dossier. Et surtout, comme le souligne Rudy Demotte : « Nous sommes à des années-lumière du saupoudrage des moyens et de l’assistanat que l’on nous reprochait. Nous sommes en transition, donc les projets que nous avons développés fonctionnent. Désormais, les exigences de la Commission nous imposent l’objectivité totale et la rigueur dans la conduite des programmes que nous allons retenir. Des sanctions sont prévues. »

Le dossier atterrira après les élections

La Wallonie a pris les devants. Elle a confié au professeur Joseph Pagano, de l’université de Mons, de travailler sur le cadre fixé par l’Europe, les thèmes retenus ou les critères d’évaluation pour produire un cahier des charges qui sera délivré aux opérateurs de terrain et à la « task force » chargée de sélectionner les projets à financer : « La plupart du temps, ces interlocuteurs sont des professionnels qui savent gérer ce genre de dossiers, mais ils veulent évidemment savoir dans quelle pièce ils jouent puisque la Commission se montre intraitable désormais. »

Priorité à l’innovation, aux PME, au développement durable et aux projets structurants, notamment à la revitalisation urbaine sur les pôles en déclin.

Le calendrier ? Les règlements précis de l’Union européenne devraient être disponibles dans les deux mois. Le gouvernement entamera une phase de concertation avec les partenaires sociaux, au sens large du terme.

L’appel à projets devrait être lancé à la fin de l’hiver. Pas banal : c’est au prochain gouvernement wallon qu’il reviendra de faire atterrir ce dossier…

La biométhanisation wallonne asphyxiée

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Emmanuel Huet, «Vers l’Avenir», 26 novembre 2013

«Lors de notre première réunion, en septembre, on s’est tous rendu compte qu’on était tous dans une situation financière critique.» Depuis, en compagnie des représentants de 9 unités de biométhanisation agricoles en Wallonie – sur 15 existantes – Gaëtan de Seny a interpellé le gouvernement wallon. Le secteur, qui se structure progressivement autour de la FEBA, est exsangue. Certaines unités tournent au ralenti, d’autres sont tout simplement sous la tutelle des banques. «Nous rencontrons tous les mêmes problèmes, quelle que soit la puissance de notre installation.»

La biométhanisation permet de produire de l’énergie, ici de l’électricité et de la chaleur, au départ de déchets organiques. Dans le cas de la FEBA, les déchets proviennent du secteur agricole.

Chiffres à l’appui, le responsable de l’unité biogaz du Haut-Geer démontre que le secteur ne pourrait s’en sortir dans de telles conditions. Les unités sont coincées de toutes parts. Elles ne sont pas concurrentielles pour acheter des intrants servant à alimenter leurs usines. Et leur rentabilité a été sérieusement bousculée.«En 2010, le business plan tenait la route. En 2013, on boit le bouillon.»

Le prix de vente du MWh est passé de 52 € à 39 €. Celui des certificats verts de 85 € à 65 €. Une taxe d’injection de 5,5 à 6 € le MWh a été levée alors qu’elle n’existait pas en 2010. «Nous pouvions espérer 137 €/MWh. À l’heure actuelle, nous n’avons plus que 98 €, soit une baisse de près de 30 %.» Pour des installations récentes ne disposant pas de bas de laine, la santé financière est donc très précaire. À une poignée de kilomètres de la frontière flamande, Gaëtan de Seny rêve des conditions avantageuses dont bénéficient ses voisins néerlandophones.

La fuite de « nos » déchets

Les déchets produits sur le sol wallon deviennent une matière noble. Le constat est amer, la Wallonie n’est même plus en mesure de valoriser ses déchets car ils sont exportés. «La guerre pour obtenir des intrants est désormais lancée. Le coût d’approvisionnement a augmenté en moyenne de 30 €/MWh. Des traders spécialisés en déchets agroalimentaires occupent désormais le marché pour fournir les pays limitrophes qui ont les moyens financiers d’acheter de telles marchandises. Notre production de ‘déchets’organiques est en train de produire de l’énergie dans d’autres régions.»

Les ministres Di Antonio (agriculture), Nollet (Énergie), Henry, Marcourt (Économie) et Laruelle (agriculture au fédéral) ont été alertés en septembre. La Wallonie est à la traîne et le secteur ne se sent pas soutenu. Ce dont il a besoin, ce sont des mesures à long terme. Mais avant tout à court terme : «s’il n’y a pas de décision pour la fin de l’année, il y aura trois installations qui fermeront leurs portes.»

Willy Borsus sur le budget wallon: «Les chiffres ne correspondent pas à la réalité»

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« Le Soir », 25 novembre 2013

Suivant l’analyse d’experts, nous constatons qu’une partie des chiffres wallons ne correspond pas à la réalité. Il y a des différences fortes, et malheureusement systémati-quement en défaveur de la Wallonie, notamment dans le budget 2014 qui nous est soumis cet après-midi,  a fermement déploré Willy Borsus, Vice-président exécutif et chef de groupe MR, sur les ondes de Bel RTL ce matin. Le MR a demandé une commission spéciale sur les finances wallonnes pour faire la vérité sur les comptes, sur le budget et sur l’endettement wallons.

Le député du Mouvement réformateur pointe, par exemple, une différence dans les chiffres de 75 millions d’euros pour la même taxation routière entre le Fédéral et la Région : Il y a un travail grossier de maquillage d’un certain nombre d’éléments du budget. On surestime un certain nombre de recettes et on sous-estime un certain nombre de dépenses. On présente, en apparence, un budget qui est soigné et qui semble devoir tenir jusqu’à l’échéance de 2014. Mais la réalité va nous rattraper. On reporte une facture de plus en plus lourde sur le prochain gouvernement, mais aussi sur le citoyen dès l’exercice 2014. 

Il y a une démarche délibérée de présenter des chiffres qui ne correspondent pas à la réalité. Nous allons le démontrer avec des collègues en commission,  a-t-il répété.