Archives mensuelles : octobre 2013

Mons 2015 : quelles retombées économiques et pour qui ?

AeroCharleroiMélanie Geelkens, « Le Vif », 19 octobre 2013 

Les autorités le répètent : Mons 2015 n’est pas qu’un événement culturel. C’est aussi une affaire de retombées économiques. Mais chaque euro investi sera-t-il multiplié par 6 comme annoncé ?

Depuis l’annonce de l’obtention du label de Capitale européenne de la culture, en 2010, les autorités ne cessent de le répéter : Mons 2015 sera porteur aussi pour les finances locales. « Un moyen de positionner Mons sur un plan économique, résume le bourgmestre faisant fonction, Nicolas Martin (PS). Les analystes conviennent que chaque euro investi dans le projet rapporte 6 euros à l’économie locale. »

« Des chiffres bateaux, cités sans base scientifique », soutient Manu Disabato, député Ecolo et administrateur de la fondation Mons 2015. Ces estimations ne sont en tout cas pas des certitudes. Plutôt des espoirs : ceux nés en observant Lille, capitale culturelle en 2004. Le modèle, aux yeux de Mons. Même si la ville française et la cité du Doudou ne jouent pas dans la même catégorie : plus de 227 000 habitants pour la première, environ 95 000 pour la seconde.

Alain Finet, professeur à l’Université de Mons, a été chargé de réaliser (pour le compte de la société Kea Consulting, elle-même mandatée par la fondation) un rapport évaluant les retombées avant, pendant et après. Impossible de prédire l’avenir. Mais après étude des paramètres qui avaient permis à Lille de se vanter d’un effet multiplicateur de 6, Alain Finet estime qu’il faudrait plutôt s’orienter vers un multiplicateur de 3 ou 4. « Comme Mons est une ville plus petite, elle devra s’adresser à des sous-traitants externes à l’arrondissement, qui ne seront pas intégrés au multiplicateur. »
Mais à qui bénéficieront ces retombées, même moins florissantes qu’annoncé ? « Ce serait dommage que cela ne profite qu’à deux ou trois 3 grandes compagnies culturelles », lance Charlotte De Jaer, cheffe de l’opposition Ecolo au conseil communal. Un risque qui ne serait pas à écarter. « On remarque que ce sont surtout les acteurs centraux qui donnent le ton », affirme Alain Finet.

Tout en ajoutant que le secteur culturel sera loin d’être le seul concerné. Deux millions de visiteurs attendus durant un an, cela laisser forcément des traces du côté de l’Horeca, du commerce, du transport, du nettoyage mais aussi des nouvelles technologies, étant donné le slogan choisi : « Where technology meets culture ». Une affluence qui nécessitera des renforts de main d’œuvre. Impossibles à chiffrer du côté de l’emploi indirect. Pour l’emploi direct, Anne-Sophie Charle, coordinateur-superviseur de la fondation Mons 2015, parle de 25 jobs en interne (50 en 2015) et de 80 à 100 recrutements de gardiens de musée, médiateurs, hôtesses d’accueil trilingues et régisseurs.

Reste la question de la durabilité de l’emploi. Les contrats précités sont tous à durée déterminée. « Que des jobs soient créés, c’est bien. Mais dans une région où le taux de chômage dépasse les 20 %, ce qui m’intéresse, c’est qu’ils soient pérennes », dénonce Savine Moucheron, députée et conseillère communale CDH. La pérennisation de l’opération, voilà une crainte partagée par nombre d’observateurs. Pas seulement sur le plan de l’emploi. « Si Mons 2015 est un aboutissement, ce sera l’échec. Il faut que ce soit le début d’une nouvelle ère », résume Lionel Bonjean, directeur de Hainaut Développement.

Le bourgmestre ff Nicolas Martin se veut rassurant : « Bien sûr, il n’y aura plus 2 millions de visiteurs en 2016 ! Mais tout est fait pour que l’effet soit le plus durable possible. Lille a réussi à surfer sur 2004. Liverpool aussi après 2008. Nous travaillons dans la même logique. » Il ajoute que les travaux réalisés ou en cours (notamment grâce à des fonds européens et extérieurs à l’enveloppe Mons 2015) sont d’ores et déjà acquis : construction d’un centre de congrès, rénovation du le musée des Beaux-Arts, du Beffroi, de la Machine à eau pour abriter le musée d’histoire militaire…

« On confond ambition et démesure »

« L’avenir de ces bâtiment a-t-il été envisagé ?, s’interroge Manu Disabato. Il ne faudrait pas qu’on se retrouve avec des chancres. » « J’ai peur que cela nous coûte très cher. Aura-t-on les moyens d’assumer ce que l’on est en train de construire ? », enchaîne Savine Moucheron. Et de citer le Centre de Congrès : « On n’arrive pas à trouver de gestionnaire privé. La Ville ne pourra pas se permettre d’assumer le million d’euro par an de frais de gestion que cela représente », estime l’humaniste.

Autre exemple : les nouveaux hôtels qui sortent de terre. Les autorités ambitionnent d’augmenter l’offre de 450 chambres. Un projet contesté dès 2012 par les hôteliers déjà présents, qui estiment que 197 chambres supplémentaires seraient amplement suffisantes pour ne pas déséquilibrer l’offre après 2015. « J’ai parfois l’impression que l’on confond ambition et démesure », glisse Manu Disabato.

« Nous n’avons pas la folie des grandeurs. Tous les équipements ont leur raison d’être », réplique Anne-Sophie Charle. Reste que le temps file et que les chantiers à mener à bien sont nombreux. « Nous y arriverons, positive-t-elle. Sur certains dossiers, nous sommes beaucoup plus en avance que d’autres capitales. Nous disposons d’un budget équivalent aux autres villrd (NDLR : 65 millions) et même un peu supérieur à celui de Lille. Elle aussi souffrait de son image. Personne n’y aurait parié sur la culture comme levier. » Lille, ce modèle décidément tant jalousé. Encore faudra-t-il que Mons parvienne au final à figurer sur la liste des réussites et non sur celle, beaucoup plus longue, des éditions qui n’ont pas forcément marqué les esprits…

Nollet : «L’éolien va faire gagner un milliard à la Wallonie»

2013-10-19_205225Belga, 19 octobre 2013

«La Région wallonne veut produire 3.800 GWh (gigawattheure) d’ici 2020 avec des éoliennes. Le coût cumulé en 2035 est de 3,165 milliards d’euros avec un certificat vert à 1 euro. Pour le gaz, si on part de l’hypothèse que son prix sera indexé de 2% par an, on arrive à un coût de 3,835 milliards d’euros», souligne le ministre wallon dans une interview accordée à L’Echo.

«Il faut par ailleurs rajouter le coût du CO2. A 4 euros la tonne de CO2, le coût du gaz progresse de 122 millions d’euros, à 3,950 milliards d’euros. C’est très clair, l’éolien permet de dégager un bénéfice entre 800 millions (avec certificat vert à 0,9 euros) et 548 millions d’euros (avec un certificat vert à 1 euro). L’écart est encore plus important si on prend un coût du CO2 à 10 euros la tonne. Certaines projections vont même à dire que la tonne pourrait s’échanger à 50 euros en 2020. Cela dégage donc un bénéfice entre 1,9 milliard d’euros (avec un certificat vert à 0,9 euro) et 1,6 milliard (avec un certificat vert à 1 euro) pour l’éolien en 2035», précise encore Jean-Marc Nollet qui souligne qu’à long terme, «l’éolien fait gagner 1 milliard (avec un coût de la tonne de CO2 entre 4 et 15 euros).

«Le dieu Eole gagne sur le dieu Hades», a-t-il conclu.

« 82 % de généraux flamands en 2015 » dans l’armée

2013-10-18_180645Frédéric Chardon, « La Libre Belgique », 18 octobre 2013

Depuis la sortie explosive du colonel Luc Gennart sur la flamandisation de l’armée il y a trois ans, le rapport de force entre néerlandophones et francophones n’a pas bougé d’un millimètre. C’est ce qu’affirme le député MR Denis Ducarme. Il a fait ses comptes grâce notamment à des relais internes au sein de la Défense et il a constaté que l’équilibre linguistique chez les officiers généraux (Général, lieutenant-Général, Général-major, Général de brigade) est de l’ordre de 70 %-30 % en faveur des Flamands.

Mais le député libéral a aussi voulu aller plus loin : dans les prochains mois, plusieurs départs à la retraite vont tomber parmi la petite trentaine de généraux belges et il s’agira essentiellement de francophones. Bilan : toujours selon Denis Ducarme, après ces départs, le déséquilibre linguistique au top de l’armée passera à 82 %-18 % début 2015.

De Crem coupable…

« Il ne resterait donc plus que 5 généraux francophones contre 22 Flamands, s’émeut l’élu MR. Ça fait deux législatures que Pieter De Crem (CD&V) est ministre de la Défense et il est clair que le déséquilibre linguistique est arrivé avec lui et ses vagues de nominations dans un rapport de 80-20… Si De Crem sort à la fin de cette législature sans avoir fait un minimum pour l’équilibre linguistique, ça va être difficile vis-à-vis de lui en termes de confiance pour sa présence dans un prochain gouvernement… Car, au-delà des chiffres, il y a aussi l’importance des fonctions occupées : sur les 4 composantes de l’armée, il n’y a qu’un seul francophone à la tête de l’une d’entre elles, la Marine. On veut que Di Rupo se mouille dans ce dossier où on ne l’a pas encore entendu.« 

Pourtant, rappelle le député, le groupe de travail spécialement constitué pour plancher sur l’équilibre linguistique à l’armée suite à l’affaire Gennart avait accouché de recommandations pour améliorer les choses (modification du système de tests linguistiques, etc.). « Je constate que les recommandations votées à la Chambre pour le rééquilibrage linguistique de l’armée n’ont pas été mises en œuvre par le ministre De Crem. A l’intérieur de la majorité fédérale, il y avait eu des négociations très dures sur le sujet. Finalement, un accord avait pu être trouvé. Mais le ministre responsable n’en a rien fait… Au-delà des officiers généraux, les équilibres se dégradent également au niveau des officiers supérieurs et des simples officiers. Cela pose aussi problème car ce sont des candidats potentiels qui, dans 10 ou 15 ans, postuleront pour devenir général. Mais s’ils sont essentiellement néerlandophones à la base, cela aggravera la disproportion évidemment.« 

En ce qui concerne les officiers généraux, le MR exige que Pieter De Crem convoque un comité de nomination. « En raison de tensions du côté flamand sur le sujet des équilibres linguistiques, De Crem a préféré le simple ‘commissionnement’ pour désigner les généraux plutôt que de convoquer un vrai comité. Ce système donne une sorte de mandat pour occuper un poste mais il ne s’agit pas de réelles nominations.« 

Du côté du cabinet de Pieter De Crem, la réaction du porte-parole est incisive : « Les chiffres de Denis Ducarme sont erronés. Je rappelle aussi que la commission parlementaire sur l’équilibre linguistique à l’armée a remis ses conclusions en mai dernier après de longues semaines de travaux… Par ailleurs, le ministre a déjà réalisé certaines des recommandations parlementaires.« 

Barroso: « la Wallonie sur la bonne voie du redressement économique »

2013-10-17_192313Belga, 17 octobre 2013

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souligné le redressement économique de la Wallonie lors de sa visite à Liège, jeudi. Il a défendu la nécessité de surmonter la crise via des finances publiques saines et des investissements pour la croissance. « Je venu pour parler, écouter et connaître les Liégeois, leurs défis et leurs espoirs », a déclaré José Manuel Barroso, président de la Commission européenne lors de sa visite à Liège jeudi. « Je crois que Liège et la Wallonie ont un potentiel énorme et sont sur la bonne voie », a-t-il indiqué, soulignant la tradition entrepreneuriale, la vocation industrielle et la capacité de travail des Liégeois.

Pour surmonter la crise, M. Barroso juge qu’il est nécessaire d’instaurer des réformes structurelles concernant la compétitivité, d’avoir des finances publiques saines mais aussi d’investir dans la croissance.« Lutter contre le chômage, retrouver une économie génératrice d’emplois, investir dans l’éducation et la recherche sont des priorités pour conserver notre modèle social », a-t-il affirmé.

Le président de la Commission européenne a réaffirmé la nécessité du traité budgétaire « pour éviter de répéter les erreurs du passé. Une croissance appuyée sur une dette excessive n’est pas soutenable ».

Aux citoyens sceptiques face à l’Europe, il dit « comprendre leurs frustrations et leur anxiété » mais appelle à un « devoir de confiance, une variable essentielle de la croissance ». Il plaide pour un discours de vérité « pour résister aux forces extrémistes et populistes ».

Amende européenne pour la Belgique: «un impact sur les budgets wallons»

2013-10-17_191810Belga, 17 octobre 2013

L’amende forfaitaire de 10 millions d’euros imposée à la Belgique par la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) concernant la problématique des eaux usées aura immanquablement un impact sur les budgets wallons, au risque de réduire les investissements environne-mentaux programmés, ont affirmé jeudi le ministre-président wallon, Rudy Demotte, et le ministre de l’Environnement, Philippe Henry.

La Belgique et ses trois régions sont désormais en ordre, soulignent-ils dans un communiqué commun. Mais les délais de mise en conformité ayant été considérés par la Cour comme excessifs, la Belgique a tout de même été condamnée au paiement d’une amende. Des discussions devraient débuter prochainement entre les trois régions afin de déterminer la part financière de l’amende qui sera prise en charge par chacune d’elles.

Dans son arrêt, la Cour précise également que le paiement d’une astreinte de 4.722 euros par jour sera imposé à la Belgique si elle ne se conforme pas pleinement dans les six mois à l’arrêt de 2004, dont l’inexécution persiste pour cinq agglomérations (Amay, Malmedy, Herve, Bastogne-Rhin et Liège-Sclessin). La situation dans ces agglomérations a depuis été réglée et ces astreintes vont donc être levées, assure cependant le cabinet de Philippe Henry. L’environnement est régionalisé depuis la fin des années 80, mais d’autres priorités telles que le développement socio-économique ont mobilisé les attentions et les budgets, expliquent MM Demotte et Henry.

Ce n’est finalement qu’en 1999 que la Wallonie a mis en place une toute nouvelle organisation et a créé la SPGE (Société publique de Gestion de l’Eau), chargée de la poursuite et l’accélération de la construction des ouvrages en vue de répondre au prescrit européen. « En 12 années, c’est plus de 3 milliards d’euros qui ont été investis en Wallonie pour l’assainissement des eaux usées », soulignent les ministres. Ils regrettent que la Région wallonne soit aujourd’hui confrontée à cette décision« pénalisante, alors qu’elle a tout mis en oeuvre récemment pour développer une politique adéquate en matière d’assainissement des eaux usées domestiques. Aujourd’hui, la Région wallonne a résorbé le retard accumulé durant les années 90, martèlent MM. Demotte et Henry.

Les communes wallonnes dans le rouge

2013-10-17_191126Belga, 17 octobre 2013

Le Premier ministre Elio Di Rupo a dit comprendre la situation des communes wallonnes qui ont appelé le gouvernement à préserver les finances locales mises à mal, selon elles, par les réformes du gouvernement fédéral. Il a cependant souligné la nécessité pour l’ensemble des autorités publiques de «hiérarchiser leurs priorités» dans le contexte de crise actuel.

«Je comprends mais nous sommes tous à la même enseigne», a répondu le chef du gouvernement, interrogé après le Conseil des ministres par un journaliste. «Nous avons ce sentiment avec l’Europe», a-t-il dit, renvoyant à ses collègues de la Justice ou de l’Intérieur, également contraintes d’avancer dans le cadre d’un budget serré.

À chaque niveau de pouvoir, tout qui exerce des responsabilités se doit de prendre des mesures qui favoriseront un maximum d’économies; il faut «hiérarchiser les priorités», a ajouté le Premier ministre.

«Nous sommes tous logés à la même enseigne, le gouvernement fédéral, les Régions et Communautés, les communes et les provinces, l’ensemble des autorités publiques.

Malheureusement, depuis la crise financière et économique, la situation est extrêmement difficile pour les finances publiques. Il faut empêcher que la dette reparte à la hausse, éviter un nouvel effet boule de neige», a dit Elio Di Rupo, évoquant par ailleurs le contrôle «coercitif» exercé au niveau européen.

La ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet a rappelé qu’en vertu de l’évolution de la loi communale, les Régions exerçaient l’essentiel des responsabilités vis-à-vis des entités locales.

Les communes wallonnes attendent un «pacte de stabilité financière» entre les différents niveaux de pouvoir, a affirmé le président de l’Union des Villes et des Communes de Wallonie (UVCW), Jacques Gobert, à l’adresse du Premier ministre Elio Di Rupo ainsi que du ministre-président wallon Rudy Demotte. L’UVCW, qui était réunie ce vendredi en assemblée générale, a adopté une lettre ouverte en ce sens.

Janine Wathelet (CDH) : «Tecteo manque de transparence»

2013-10-16_203938Belga, 16 octobre 2013 

La conseillère provinciale liégeoise Janine Wathelet (cdH), mère du secrétaire d’Etat Melchior Wathelet, a choisi de démissionner du conseil provincial liégeois pour dénoncer la manière dont son groupe politique se positionne dans le dossier de l’intercommunale Tecteo.

« C’est une question de conscience. J’avais déposé une motion appelant à plus de transparence chez Tecteo mais elle n’est pas passée. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », a-t-elle expliqué au journal Le Soir et SudPresse.

Elle dénonce aussi l’attitude du chef de groupe cdH à la Province, le vice-président de l’intercommunale Dominique Drion. « Le dossier Tecteo n’est pas géré avec transparence par la majorité PS-MR de la Province et, à mon sens, le groupe cdH n’a pas marqué une opposition assez nette », a-t-elle souligné. « Je reste farouchement cdH (…) mais je ne me retrouve plus dans notre représentation à la Province ».

Janine Wathelet, âgée de 66 ans, précise qu’elle a pris sa décision seule. Avant elle, son fils avait aussi dénoncé le manque de transparence au sein de l’intercommunale liégeoise.

Concurrentielle, la Wallonie ?

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Article signé I.L., « La Libre Belgique », 15 octobre 2013

Il n’existait pas d’étude cartographiant la manière dont l’industrie wallonne résiste à la crise, fait face notamment à la concurrence internationale et qui offrirait une vision stratégique intégrée.

C’est désormais chose faite : le SPW-DG Economie, emploi et recherche a commandé un rapport sur la caractérisation des relations interindustrielles en Wallonie et sur le positionnement de l’industrie wallonne au sein des chaînes de valeurs mondiales. Il a été présenté lundi, lors d’un séminaire à Liège.

Par “chaîne de valeurs”, on entend “la gamme complète d’activités nécessaires pour faire passer un produit ou un service du stade de la conception et de la production jusqu’à celui de la livraison aux consommateurs finaux puis à celui de son élimination définitive, y compris opérations de recyclage”. L’analyse des chaînes de valeurs a permis de mettre en avant la façon dont l’industrie wallonne s’insère dans les chaînes de valeur internationales, la mesure dans laquelle elle est exposée aux échanges internationaux ainsi que le degré d’ancrage régional de ses secteurs.

“Cette étude nous donne un cadre méthodologique pour analyser plus en détail trois branches sur les huit secteurs de spécialisation industrielle de la Wallonie : l’industrie chimique de base, c’est-à-dire sans la pharmacie, le secteur des machines agricoles et celui des moteurs d’éoliennes , indique Daniel Collet, inspecteur général au DGO 6 (département de la Compétitivité et de l’Innovation). “L’objet de cette étude est d’anticiper les problèmes, de positionner le secteur industriel wallon par rapport à l’industrie européenne. Nos points forts restent l’exportation et le fait que la majorité de la valeur ajoutée intermédiaire que l’on produit pour nos entreprises vient des services, qu’il faut donc développer davantage”, ajoute-t-il.

Ce rapport a permis de tirer des conclusions au sujet de la position concurrentielle des trois secteurs d’activité particulièrement étudiés. “La Wallonie offre un environnement relativement favorable pour la chaîne de valeur de l’industrie des machines et équipements de production d’énergie. La capacité de réaction des stratégies d’entreprise œuvre en faveur de la chaîne de valeur, d’autant plus qu’elle lui permet de réagir aux opportunités offertes par les réglementations environnementales et la campagne continue en faveur d’une réduction des émissions de CO2”, notent les auteurs. Seul bémol : la limitation de la masse critique et la difficulté de l’accès au financement qui pourraient freiner le développement du secteur.

Le bilan de la chaîne de valeur de l’industrie des machines agricoles est un peu moins bon. Si elle a réussi à concevoir des modèles d’entreprise adaptables portant notamment sur des produits et services à la pointe de la technologie, elle fait face à plusieurs obstacles à sa croissance : la limitation de la masse critique, le coût de la main-d’œuvre, le degré de concurrence exercé par les producteurs haut de gamme et à bas coût, le côté cyclique du marché et le coût des matériaux.

L’industrie chimique en danger

“La chaîne de valeur de l’industrie chimique présente un certain nombre facteurs critiques qui, pris ensemble, fait peser un risque majeur sur la viabilité de la chaîne de valeur actuelle”, relève-t-on dans l’étude.  Cette chaîne de valeur est sensible aux chocs économiques et n’est pas jugée très réactive quant à son adaptabilité aux stratégies d’entreprise. Cela s’explique en partie par l’importance des coûts non récupérables. La délocalisation est donc une préoccupation immédiate. A cet égard, on peut douter que les points forts traditionnels (qualité des infrastructures, accès aux marchés de l’UE et proximité des installations de recherche) suffiront à résoudre le problème.”

La Wallonie et Bruxelles parmi les régions les plus pauvres d’Europe

2013-10-17_1915177sur7, 15 octobre 2013

La Wallonie (142ème) et Bruxelles (189ème) figurent parmi les régions les plus pauvres d’Europe contrairement à la Flandre qui se situe à la 22ème place sur les 195 régions européennes présentes dans l’étude de l’Institut Wallon de l’Evaluation, de la Propsective et de la Statistique (IWEPS). Avec moins de 1.000 euros par mois pour une personne isolée et moins de 2.100 euros pour un couple avec deux enfants, la Wallonie peut être comparée au Portugal. Et Bruxelles à Chypre ou à la Grèce.

Waterloo 2015 : duel Demotte-Marcourt ?

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Thierry Denoël, « Le Vif », 14 octobre 2013

Le marché de la scénographie géante qui devra habiller le nouveau mémorial de Waterloo n’est toujours pas attribué. Le dossier est devenu une pomme de discorde entre les ministres socialistes Demotte et Marcourt…

Au pied de la butte du lion, les travaux vont bon train. Coulées de béton, grues en action… Le bâtiment du nouveau mémorial de la bataille de Waterloo prend doucement forme. Dans quelques mois, il pourra accueillir la scénographie géante et son show en 4D qui doivent redonner vie au combat le plus célèbre de l’Histoire entre 190 000 hommes. Le hic, c’est qu’on ne sait toujours pas qui va réaliser cette scénographie. A dix-huit mois de la célébration, le marché public n’a pas encore été attribué.

Sept ans après avoir confié le marché de conception de la scénographie à la société Tempora, associée avec Franco Dragone, le gouvernement wallon décidait de relancer un appel d’offres, fin mars dernier, avec cette fois un marché élargi de conception et de réalisation (budget : 6 millions d’euros). Huit candidats étaient intéressés. Mais sept d’entre eux ont rapidement dénoncé un marché de dupes, car ils considéraient que tout avait été manigancé pour que Tempora remporte ce nouveau marché plus juteux. Face aux aberrations qu’ils ont relevées, le Commissariat général au tourisme wallon (CGT) a dû revoir sa copie et allonger les délais de soumissionnement de deux mois.

Bref, les offres ont été remises le 6 septembre. Pour mieux concurrencer Tempora sur son terrain, les sept autres candidats (de Pinxi, EO design, Europa 50, Inytium, Kaos Films, Saga Films et Sien) se sont alliés pour déposer un projet commun. Ils se sont associés les services de Gérard Corbiau, le réalisateur du Maître de musique et de Farinelli pour le film en 4D (Le Vif/L’Express du 4 octobre). Baptisée La Belle Alliance, l’équipe s’appuie aussi sur un comité scientifique dirigé par le professeur Bruno Colson, historien de l’université de Namur et spécialiste des guerres napoléoniennes.

Au cabinet de Paul Furlan (PS), ministre wallon du Tourisme, on fait savoir que la décision sera rendue dans le courant du mois d’octobre. Selon plusieurs sources au sein du gouvernement, nous avons toutefois appris que l’attribution de ce marché était discutée en haut lieu et qu’elle opposait le ministre-président, Rudy Demotte (PS), favorable à Tempora, et le vice-président Jean-Claude Marcourt (PS), acquis au projet de La Belle Alliance. « Le sujet a déjà été abordé une première fois, il y a quelques mois, et c’était visiblement très sensible entre les deux ministres », nous dit un membre du gouvernement. Bref, personne, à part Furlan, ne semble pressé… Le point n’est en tout cas toujours pas à l’ordre du jour du gouvernement.

On s’attend à ce que l’exécutif wallon attribue le marché divisé en deux lots aux deux équipes candidates. Ce qui aurait l’avantage de contenter tout le monde, même à moitié. Par ailleurs, le gouvernement est conscient qu’après toutes ces péripéties, les membres de La Belle Alliance risquent d’introduire un recours s’ils se voient écarter du marché. « Un recours serait catastrophique, vu le temps qu’il reste », nous avait déjà déclaré le ministre Furlan.

Reste à savoir si le public, lui, en sortira gagnant. Cet été, le gouvernement Demotte a scindé en deux le projet de Grande Expo 14-18 (et donc l’enveloppe de 600 000 euros), vu la polémique entre les deux candidats en lice, Europa 50 et Tempora. Le premier avait dénoncé un conflit d’intérêt dans le chef de la présidente pressentie du jury qui était partie prenante dans le projet de Tempora. Bref, il y aura deux demi-expos (une à Bruxelles et une à Liège), au lieu d’une grande. Et à Waterloo ?