François Perin nous a quittés…

Francois PerinC’est avec une vive émotion que nous avons appris le décès de François Perin, dans la nuit de jeudi à vendredi.

http://www.rtl.be/info/belgique/politique/1035903/l-ancien-ministre-francois-perin-est-decede

Le Gewif tient à rendre hommage à cette grande figure wallonne, qui restera marquée par une étonnante lucidité et un humanisme profond.

L’on trouvera ci-dessous les commentaires qui avaient entouré sa démission spectaculaire du Sénat, le 26 mars 1980.

Nous transmettons à sa compagne Andrée et aux membres de sa famille nos plus sincères condoléances.

                                                        °

Les commentaires des journalistes après la démission spectaculaire de François Perin du Sénat, le 26 mars 1980

Jean-François Vandermeuse, « La Nouvelle Gazette » :

Ce que l’immense majorité de nos concitoyens wallons et bruxellois pensent tout bas, depuis longtemps sans doute, il s’est enfin trouvé un homme politique pour le clamer bien haut, hier après-midi. Pour le jeter à la face des médiocres et des poltrons aux côtés de qui il avait siégé jusque-là, au Palais de la Nation, mais dont le cynisme et la lâcheté lui étaient devenus insupportables… Jamais encore, la loi du milieu parlementaire n’avait été enfreinte avec un tel fracas. (…) C’est la population francophone qu’il entendait rendre attentive aux « vérités insupportables » qu’il a hurlées hier, en espérant qu’elle partagera sa révolte et s’engagera dans des combats moins stériles. Puisse sa tentative être couronnée de succès ! 

André Méan, « La Cité » :

Avec la démission-surprise de M. François Perin, le Sénat perd une de ses plus brillantes illustrations. (…) Sur le plan institutionnel, il a toujours fait preuve de beaucoup de sagesse et de volonté de changement positif. Son imagination n’était jamais sans ressources. Esprit vif et original, M. Perin n’a jamais laissé personne indifférent. (…) le Sénat, par contre, n’aura plus le plaisir de savourer l’éloquence du meilleur orateur du Parlement. Avec le départ de François Perin, c’est un peu de la grande tradition qui se meurt… Pour beaucoup, la surprise a fait place à une certaine tristesse.

Pol Vandromme, « Le Rappel » :

On commettrait une grave erreur en n’entendant pas cet avertissement. D’abord parce qu’il vient d’un homme désintéressé, habité par le sens de l’Etat. Ensuite parce que l’analyse qu’il propose du mal belge est d’une exactitude irréfutable.

René-P. Hasquin, « Métro » :

François Perin, avec tout le brio, avec le talent qui lui sont propres, vient der donner un terrifiant avertissement au pays et à ceux qui ambitionnent de le gouverner. Si ceux qui assument quelques responsabilités à la tête de pays en perdition, se posaient lé question : « Et si François Perin avait raison ? », nous aurions déjà accompli un premier pas dans la voie du raisonnable. Mais en sommes-nous capables de ce sursaut salvateur ?

André » Dejardin, « Vers l’Avenir » :

La démission de François Perin est la conclusion d’une analyse de la société politique belge. (…) Elle est la fin de l’aventure d’un (grand) professeur égaré dans la (petite) politique. (…) Nous le voyons très bien jouer dans notre forum belge le rôle d’un Michel Jobert en France, un rôle voltairien, un peu désabusé, mais ne nous faisant pas grâce des fruits du mariage de son esprit vif et de son art du verbe.

Jacques Guyaux, « Le Peuple » :

Son départ est toutefois regrettable : le talent ne court pas les travées.

« La Libre Belgique » :

… et le professeur-garnement, comme le petit garçon d’Andersen, crie : « Le Roi est nu ! » A-t-il tort ?