Un plan Marshall 2022 pour la Wallonie

Article d’Alice Dive dans « La Libre Belgique » du 30 août 2013

On l’attendait. Alors autant dire qu’ils l’avaient préparée, leur rentrée.

Les ministres des exécutifs wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne sont pas venus les mains vides ce jeudi à Namur à l’occasion de leur gouvernement de rentrée. L’adoption en seconde lecture du CoDT, le nouveau code du développement territorial, un accord sur le très délicat dossier des implantations commerciales et le lancement d’un « plan Marshall 2022″… le repos estival de nos élus aurait-il fait son effet ? Une chose est sûre, c’est un Olivier (PS-CDH-Ecolo) se voulant – s’affichant ? – rabiboché qui s’est présenté à la presse ce jeudi, dans les jardins de l’Elysette. Car, faut-il le rappeler, c’est dans un climat détestable d’un conclave budgétaire épique et inachevé que les ministres de l’Olivier s’étaient quittés fin juillet.

Rien de tout cela ce jeudi donc, mais un état d’esprit ambitieux et prospectif. L’objectif : présenter les nouveaux enjeux et marquer le début de la dernière ligne droite de la législature. Plat principal du jour : le lancement du « plan Marshall 2022 ». On connaissait déjà le plan Marshall et le plan Marshall 2.vert pour relancer l’économie wallonne, voilà donc sa troisième version. Avec une grande nouveauté : l’éducation.« L’enseignement sera au cœur de ce projet fédérateur de relance économique, de cette œuvre collective et prospective », a déclaré le ministre-Président, Rudy Demotte (PS).

Education et compétitivité

« Une excellente chose, une véritable première en Wallonie », s’est réjouie la ministre de l’Enseignement obligatoire, Marie-Martine Schyns (CDH). On se souvient effectivement de ces voix, particulièrement dans les rangs des partenaires sociaux, qui se sont régulièrement élevées pour regretter la place trop faible accordée à l’enseignement dans les plans Marshall précédents. Cette version entend donc y remédier.« L’avenir de notre société passe par l’éducation. Mais il ne suffit pas de dire au monde scolaire : « A présent, tout repose sur vous, débrouillez-vous ! », a insisté la ministre fraîchement nommée. Et d’ajouter :« Ce plan Marshall 2022 est l’occasion unique de créer un lien indéfectible entre le monde de l’école et celui de l’entreprise ».

Le projet se donne l’ambition d’améliorer le pilotage de l’enseignement obligatoire, notamment en accompagnant plus efficacement les écoles en difficultés, de refonder l’enseignement qualifiant ou encore de viser l’excellence dans la formation des enseignants.

Dans la foulée, le ministre socialiste Jean-Claude Marcourt n’a pas manqué de rappeler l’autre axe majeur de ce plan de relance économique, à savoir l’économie elle-même. « Le temps économique ne tient pas compte du temps politique », a-t-il ainsi déclaré. Ces dernières années, la compétitivité de nos entreprises s’est améliorée en Wallonie. Notre volonté est de poursuivre dans ce sens, notamment en renforçant les pôles de compétitivité ».

Ce plan sera examiné en deuxième lecture dans le courant de l’automne. Les deux exécutifs affirment vouloir mettre en œuvre certaines mesures avant les élections du 25 mai prochain. Mais quid de l’avenir du plan après cette échéance ? « Quelle que soit la majorité qui en sortira, elle ne pourra l’ignorer », a souligné M. Demotte. Et le ministre André Antoine (CDH) de renchérir : « Ceux qui viendraient à l’avenir seraient bien inspirés de garder le cap ». C’est dit.