Lorsqu’un rattachiste écrit longuement à un Français

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Article de Paul Piret dans « La Libre Belgique » du 24 juillet 2013

Jules Gheude ajoute un nouvel opus à sa petite musique devenue familière aux oreilles qui y sont attentives. I. Largo pesante : la Belgique est fichue ; aucune de ses réformes n’arrêtera le nationalisme flamand. II. Intermezzo furioso : les francophones ne veulent pas l’admettre ; leur aveuglement volontaire est suicidaire. III. Allegro amoroso : il n’y a d’avenir wallon possible qu’en France ; les Bruxellois feront leur choix.

La démonstration de l’essayiste rattachiste prend cette fois la forme d’une « Lettre à un ami français », plus explicitement sous-titrée « De la disparition de la Belgique » (à Paris, chez Mon Petit Editeur, 380 P., 20 euros environ). Pourquoi, sous cette forme ? L’auteur : « Pour le citoyen français, puisqu’il y a Etat belge, il va nécessairement de soi qu’il y a une Nation belge et que celle-ci ne peut disparaître. La réalité est toutefois bien différente »… Il n’est pas sûr que le supposé destinataire hexagonal « mon cher Charles » entrera dans un déluge de détails qui lui sont servis avec force citations et autres extraits de presse jusqu’aux « rumeurs d’abdication » de mai dernier ; Gheude ne lui fera vraiment grâce que de la loi spéciale de financement tant elle paraît « terriblement complexe ». N’empêche cette adresse plutôt décalée, la démarche du Namurois est cette fois substantielle, rappelant moins de récentes publications que ses gros ouvrages de référence sur Fouron ou « le scalpel » de Perin. Quitte à évaluer son long récit historique (sur 340 pages) orienté en permanence pour la cause, quitte à ne pas souscrire à son inévitable thérapie cette fois ramassée (en 20 pages), le diagnostic vivre et fourmille assez pour assurer de son intérêt collectif.

Nul autre que François Perin, le mentor de Jules Gheude, préface cette « Lettre » qui ne l’oublie certes pas et dont il salue « la minutie d’entomologiste » autant que « le mérite considérable ».