Abdication: Marcourt veut deux missions économiques royales par an

Jean-Claude Marcourt

Jean-Claude Marcourt

Article de Frédéric Chardon dans « La Libre Belgique » du 5 juillet 2013.

Qui va remplacer le prince Philippe dans les 4 missions économiques qu’il mène chaque année à l’étranger ? La question inquiète car les entrepreneurs belges savent que, dans beaucoup de pays, la présence princière est une plus-value qui ouvre pas mal de portes et donc de marchés…

Actuellement, le débat n’est pas encore tranché. Mais, le ministre wallon de l’Économie, Jean-Claude Marcourt (PS), demande que l’on ne gaspille pas la grande expérience de Philippe dans le domaine. Autrement dit, il propose que l’on réfléchisse sérieusement à instaurer deux missions économiques royales par an. C’est-à-dire des missions à l’étranger menées par Philippe non plus comme prince mais bien comme Roi.

Avec l’accession du prince Philippe au trône, on peut penser à faire évoluer le modèle de ces missions économiques princières, explique le ministre. Le Roi Albert II a fait lui-même des missions économiques pendant un temps. En Chine, par exemple. Mais il y avait un doublon car mener les délégations d’entreprises belges dans ce cadre, c’est le rôle principal du prince à l’étranger. Après un régime transitoire à mettre en place pour les missions déjà planifiées en 2013 (Angola et Afrique du Sud dès cet automne) et en 2014, le futur Roi, dès 2015, pourrait effectuer 2 missions économiques royales pour aider nos entreprises.

Agenda trop chargé ?

Cette proposition du ministre Marcourt se heurte toutefois à un écueil : l’agenda probablement hyper-chargé du futur Roi des Belges. Pour les missions royales, il faudra voir si ce rythme de 2 missions par an est tenable. Mais il est clair, pour le commerce extérieur, que la présence du chef de l’État, le Roi, serait un plus pour obtenir des contrats. En plus, le prince Philippe est très expérimenté dans la conduite de ce genre de missions. Il ne faut pas se passer de ses qualités lorsqu’il sera monté sur le trône.

Si Jean-Claude Marcourt est en faveur de voyages royaux en appui des démarches des entreprises, c’est évidemment en plus des missions princières « classiques ». Dans son esprit, il ne faut pas les supprimer. Mais il faudra alors, bien entendu, trouver un remplaçant au prince Philippe pour mener ces missions aux quatre coins du monde.   À côté des missions royales, il faut également réfléchir à une personnalité qui pourrait s’investir dans d’autres missions économiques en complément du Roi. Il faut que le fédéral et les Régions y réfléchissent ensembles. Les enfants de la princesse Astrid ? Pourquoi pas. On peut y réfléchir. Mais s’ils devaient emmener des missions économiques, il faudra alors revoir le régime des dotations, leur attribuer d’une manière ou d’une autre une rémunération.

C’est en effet une piste actuellement évoquée : l’un des enfants de la princesse Astrid pourrait reprendre le rôle du futur souverain.   Même s’ils sont encore fort jeunes : le prince Amadeo est âgé de 27 ans et travaille depuis 2009 pour Deloitte à New York, tandis que la princesse Laura Maria est âgée de 24 ans.

Pas Laurent, ni Astrid…

Et, Astrid elle-même ou Laurent ? Pourquoi pas l’un d’eux pour succéder à leur frère Philippe dans le rôle délicat de figure emblématique du commerce extérieur ? On peut avoir de telles missions princières sans que ce soit forcément le frère ou la sœur du futur Roi qui les mène, remarque Jean-Claude Marcourt.  En effet, Astrid, a priori, a montré notamment beaucoup d’attention pour le social et la culture, tandis que le prince Laurent s’est engagé dans le développement durable. Je n’émets évidemment pas d’exclusive ici mais il faut trouver une personnalité qui s’intéresse de près à l’économie.

Le ministre wallon propose également d’instaurer plus systématiquement des missions conjointes des trois Régions du pays à côté des missions royales et des missions « princières ».

Notre commentaire

Que Jean-Claude Marcourt, ministre de tutelle de l’Awex, commence par rendre cet organisme plus performant. Voir, ci-dessous, le point de vue de Guy Bertrand concernant la baisse des exportations wallonnes. Relire également la carte blanche de Jules Gheude « Pourquoi l’Awex va-t-elle à contre-courant de l’économie mondiale ? », parue dans « Le Soir » du 28 février 2012 (http://www.lesoir.be/archives?url=/debats/cartes_blanches/2012-02-28/art899823-899823.php).