Archives mensuelles : juillet 2013

Quel avenir pour Voo ?

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Le mois dernier, le journal « De Tijd » annonçait que l’intercommunale wallonne Tecteo, l’organisation à l’initiative de la marque Voo, devenait une société anonyme.

Ce changement de statut permettra de devenir plus facilement actionnaire de l’entreprise.

Selon « De Tijd », cela pourrait ouvrir aussi  la porte à une reprise de Voo.

De son côté, John Porter, le nouveau CEO de Telenet, a évoqué de possibles rachats,  faisant explicitement référence à Voo et soulignant l’importance d’une consolidation.

La maison mère de Telenet, Liberty Global, aurait les moyens à sa disposition et souhaiterait les utiliser pour saisir les occasions qui se présentent.

Si cela devait se faire à terme, cela signifierait que Telenet/Voo deviendrait un opérateur national et concurrencerait donc Belgacom au niveau belge. Même si Voo n’est pas rentable aujourd’hui, il pourrait en tout cas s’agir d’une extension intéressante pour Telenet. 

Le CFO sortant, Renaat Berckmoes, a expliqué que le rachat d’Interkabel par Telenet en 2008 avait donné un second souffle à l’entreprise. Il est possible qu’il en soit de nouveau ainsi avec la reprise de Voo.

Ben Weyts: « La Wallonie subit les conséquences de l’irresponsabilité du PS »

2013-07-29_195234Le Vif/Belga, 29 juillet 2013

Le vice-président de la N-VA et le député fédéral Ben Weyts fustige les socialistes francophones. L’évolution du nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration en Belgique, qui est surtout un phénomène wallon, lui fait dire que la Wallonie subit les conséquences de la politique injustifiable et irresponsable du PS.

Weyts a demandé les chiffres à la Secrétaire d’État à l’Asile et à l’Immigration Maggie De Block. Selon Weyts, début mai, le Service public de programmation( SPP) Intégration Sociale avait déjà communiqué le nombre de personnes bénéficiant du revenu d’intégration, mais sans mentionner les différences régionales.

Depuis 2008, le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration continue à augmenter. En 2012, ce nombre s’élevait presque à 150.000, une augmentation de 12 pour cent. Entre 2008 et 2012, le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration a grimpé de 1,6 pour cent en Flandre (de 41.200 à 41.900) alors qu’en Wallonie il est passé de 58.800 à 69.300 (+17,9 pour cent). Bruxelles affiche une hausse de 14, pour cent, de 33.700 à 38.500.

Cela veut dire qu’en 2012, 46 pour cent des bénéficiaires du revenu d’intégration vivaient en Wallonie alors que cette région ne compte que 33 pour cent de la population belge. Tandis que les chiffres de chômage donnent l’impression que l’écart avec la Flandre se resserre, le fossé en matière du revenu d’intégration se creuse, estime Weyts.

La Wallonie subit les conséquences de la politique injustifiable et irresponsable du PS. Les bénéficiaires du revenu d’intégration y sont ignorés. Le PS fait en sorte qu’ils aient leur argent tant qu’ils continuent à voter rouge. Ensuite, on les abandonne à leur sort.

L’état fédéral endosse une grande partie des coûts vu qu’il rembourse 65 pour cent du revenu d’intégration ; ajoute encore le numéro deux de la N-VA.

Pour résoudre le problème et briser ce dramatique cercle vicieux, il faut transférer cette compétence, y compris le volet financier, au niveau de la Flandre et la Wallonie. Ainsi ceux qui mèneront une bonne politique seront récompensés alors que ceux qui appliqueront une mauvaise politique en subiront, les conséquences ; conclut le nationaliste flamand.

Lorsqu’un rattachiste écrit longuement à un Français

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Article de Paul Piret dans « La Libre Belgique » du 24 juillet 2013

Jules Gheude ajoute un nouvel opus à sa petite musique devenue familière aux oreilles qui y sont attentives. I. Largo pesante : la Belgique est fichue ; aucune de ses réformes n’arrêtera le nationalisme flamand. II. Intermezzo furioso : les francophones ne veulent pas l’admettre ; leur aveuglement volontaire est suicidaire. III. Allegro amoroso : il n’y a d’avenir wallon possible qu’en France ; les Bruxellois feront leur choix.

La démonstration de l’essayiste rattachiste prend cette fois la forme d’une « Lettre à un ami français », plus explicitement sous-titrée « De la disparition de la Belgique » (à Paris, chez Mon Petit Editeur, 380 P., 20 euros environ). Pourquoi, sous cette forme ? L’auteur : « Pour le citoyen français, puisqu’il y a Etat belge, il va nécessairement de soi qu’il y a une Nation belge et que celle-ci ne peut disparaître. La réalité est toutefois bien différente »… Il n’est pas sûr que le supposé destinataire hexagonal « mon cher Charles » entrera dans un déluge de détails qui lui sont servis avec force citations et autres extraits de presse jusqu’aux « rumeurs d’abdication » de mai dernier ; Gheude ne lui fera vraiment grâce que de la loi spéciale de financement tant elle paraît « terriblement complexe ». N’empêche cette adresse plutôt décalée, la démarche du Namurois est cette fois substantielle, rappelant moins de récentes publications que ses gros ouvrages de référence sur Fouron ou « le scalpel » de Perin. Quitte à évaluer son long récit historique (sur 340 pages) orienté en permanence pour la cause, quitte à ne pas souscrire à son inévitable thérapie cette fois ramassée (en 20 pages), le diagnostic vivre et fourmille assez pour assurer de son intérêt collectif.

Nul autre que François Perin, le mentor de Jules Gheude, préface cette « Lettre » qui ne l’oublie certes pas et dont il salue « la minutie d’entomologiste » autant que « le mérite considérable ».

Une pastille pour identifier les produits wallons

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Belga, le 24 juillet 2013.

Le ministre wallon de l’Agriculture, Carlo Di Antonio, a présenté la nouvelle pastille « Agriculture de Wallonie », à l’occasion du coup d’envoi de la 79ème édition de la Foire agricole de Libramont.

Destiné à la vente directe, aux abattoirs et aux laiteries, ce label d’identification des produits wallons pourrait également se développer dans les grandes surfaces. Il ne s’agit ni d’un gage de qualité, ni d’un label bio.

C’était une demande des agriculteurs. Les consommateurs étaient aussi demandeurs, notamment suite à la crise de la viande de cheval, car il était difficile d’identifier l’origine des produits, a expliqué M. Di Antonio. L’Agence Wallonne pour la Promotion d’une Agriculture de Qualité (APAQ-W), qui mènera une campagne de promotion, a défini les critères à remplir par l’agriculteur. Pour obtenir ce label, il faut être producteur sur le territoire wallon et utiliser des produits issus de l’agriculture wallonne.

Les produits visés sont avant tout le beurre, le lait, la viande, le fromage, le pain ou encore les fruits et légumes. Quant aux produits plus élaborés, les critères seront déterminés petit à petit selon les cas. L’ingrédient principal d’un produit devra être wallon, a souligné le ministre.

Les objectifs de ce label sont de créer une image de référence dans l’esprit du consommateur, de valoriser le savoir-faire des producteurs wallons, d’assurer une visibilité maximale des produits wallons et d’informer les consommateurs sur l’origine des produits qu’ils achètent.

Tour de vis pour les communes wallonnes

Hotel de Ville

Eric Deffet, « Le Soir » du 24 juillet 2013

Les 262 communes wallonnes reçoivent une circulaire budgétaire extraordinaire. C’en est fini de l’anarchie dans les pratiques et les délais. Le ministre Furlan leur impose des règles nouvelles dès le budget 2014, sanctions à la clé. Objectif avoué de la Région: donner des gages de sérieux au fédéral et à l’Europe.

Val St-Lambert (Seraing): une nouvelle demande de réorganisation judiciaire pour conclure un partenariat français

StLambert

« L’Echo », 19 juillet 2013

La cristallerie Val St-Lambert (Seraing) a demandé une fois de plus à bénéficier de la procédure de réorganisation judiciaire.

Le tribunal de Commerce devrait rendre sa décision le 25 juillet. Cette demande de protection contre ses créanciers lui serait utile pour conclure les négociations en cours avec un partenaire français.

Il serait question de transférer la ligne à chaud en France.

Douze travailleurs seraient concernés par ce déménagement et l’auraient par ailleurs « accepté« . Selon le porte-parole de l’entreprise, « il s’agit d’un plan de redressement de longue haleine, qui implique de nouveaux moyens ».

Jules Gheude : « Il n’y a d’avenir wallon possible qu’en France »

2013-07-18_213128Interview réalisée par Jean-Paul Bombaerts dans « L’Echo » du 18 juillet 2013

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Jules Gheude représente un courant très minoritaire en Belgique, celui des «rattachistes» par rapport à la France. Son mentor n’est autre que François Perin, ancien ministre de la Réforme des institutions et constitutionnaliste émérite de l’Université de Liège. Celui-ci avait démissionné spectaculairement de sa fonction sénatoriale, il y a 33 ans, en déclarant que la Belgique ne survivrait pas au nationalisme flamand. Jules Gheude vient de signer un essai sous la forme d’une lettre adressée à « un ami français » et qu’il intitule « De la disparition de la Belgique » (éd.: Mon Petit Editeur).

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L’Echo : Pourquoi le choix d’une lettre adressée à un ami français ?

Jules Gheude : S’ils ont entendu parler de l’affrontement entre Flamands et Wallons, nombre de Français ignorent l’ampleur du problème. Ils sont loin d’imaginer qu’un phénomène de balkanisation est en train de se dérouler à leur frontière nord. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Ce n’est pas pour rien que la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française a chargé, en juillet 2011, deux de ses élus, l’un de la majorité, l’autre de l’opposition, de se rendre chez nous afin de faire un rapport sur la situation intérieure du pays. Et le moins qu’on puisse dire, c’est ce que ce rapport émet de sérieux doutes quant à la survie de la Belgique. Voyez ce qu’a déclaré le député PS Jean-Pierre Kucheida : « J’ai l’ultime conviction que les Flamands ne seront jamais satisfaits dans le cadre actuel de la Belgique, ils ne pourront être satisfaits que si le cordon belge est coupé ou, tout au moins, largement distendu »…

L’Echo : C’est cette réalité que, selon vous, les responsables francophones ne veulent pas admettre….

2013-07-18_214225Jules Gheude : Oui. A travers l’ami français, c’est donc aussi à eux que je m’adresse. Ils ne veulent pas comprendre que la Flandre est devenue une Nation, comme cela figure d’ailleurs expressément dans le préambule de la Charte pour la Flandre, qu’un Parlement flamand unanime a adoptée il y a deux ans. Cet aveuglement volontaire est proprement suicidaire. Alors que la Flandre sait clairement où elle veut aller, c’est-à- l’indépendance complète par étapes – fédéralisme, confédéralisme-, les élites francophones, soucieuses avant tout de préserver leur rente de situation, continuent d’agir comme s’il était écrit quelque part que la Belgique avait valeur d’immortalité. Il faut le dire, haut et fort : aucune réforme de l’Etat ne viendra à bout du nationalisme flamand. Voyez le dernier Baromètre du « Soir » qui indique, à un an des prochaines élections fédérales et régionales, que la N-VA et le Vlaams Belang récoltent 44,4% ensemble des intentions de vote.

L’Echo : Comment voyez-vous les choses si ce score devait se confirmer en 2014 ?

Jules Gheude : En partant d’un sondage de février, Christian Behrendt, le constitutionnaliste de l’ULg, a fait ses calculs : N-VA et Vlaams Belang pourraient obtenir 44 des 87 sièges que compterait le groupe linguistique néerlandais. C’est la majorité absolue, au siège près. Ce résultat se passe, je crois, de tout commentaire. On imagine déjà les turbulences que cela va engendrer dans le ciel politique ! Je ne sais dire avec exactitude quand la scission de la Belgique interviendra, mais le fait est qu’elle apparaît de plus en plus inéluctable. L’émission « c’est du belge » pourrait, plus vite qu’on ne pense, devenir « c’était du belge »…

L’Echo : Vous dites que les élites francophones ne réfléchissent pas à l’après-Belgique. Mais il y pourtant ce Plan B…

Jules Gheude : Ne tournons pas autour du pot. Comme ils redoutent comme la peste de voir leurs avantages et prérogatives actuels disparaître le jour où, forte de sa légitimité démocratique, la Flandre larguera unilatéralement les amarres, ils s’imaginent, avec une grande naïveté, pouvoir poursuivre la route avec une Belgique seconde ou continuée. Car c’est, à leurs yeux, ce que devrait devenir cette Fédération Wallonie-Bruxelles qu’ils tentent aujourd’hui d’affirmer. Depuis 2007, j’ai placé ma réflexion dans l’après-Belgique. Avec les Etats généraux de Wallonie, initiative citoyenne que j’ai mise sur pied en mai 2009 et que le monde politique a préféré snober, des rapports fouillés ont été rédigés, à charge et à décharge, sur les diverses options d’avenir possibles pour la Wallonie. Et le constat est clair : ni un Etat Wallon indépendant, ni un Etat Wallonie-Bruxelles ne constitueraient des formules réalistes et, surtout, financièrement viables.

L’Echo : Dans votre livre, vous qualifiez cette Fédération Wallonie-Bruxelles de «vaste fumisterie»…

Jules Gheude : Non seulement l’appellation n’est pas constitutionnelle, mais elle ne peut prendre corps, pour la simple raison que le Parlement bruxellois, contrairement au Parlement wallon, ne pourra jamais délibérer pour l’approuver. En effet, les élus flamands disposent du droit de veto au sein de l’institution bruxelloise et ils ne manqueraient pas d’en user. Par ailleurs,selon un sondage du 23 mars dernier, 68% des Bruxellois se prononcent sans hésiter pour une Région bruxelloise indépendante. Voilà qui met à mal cette Fédération Wallonie-Bruxelles que 61% des Wallons voudraient voir se transformer en Belgique résiduelle. Sans oublier les difficultés que rencontrerait une telle Belgique au niveau de sa reconnaissance sur le plan international.

L’Echo : Selon vous, il n’y a donc d’avenir wallon possible qu’en France ?

Jules Gheude : Oui, mais au départ d’une union-intégration, avec statut particulier. C’est une formule que permettrait sans problème la Constitution française. Nous avons comparé, aux Etats généraux de Wallonie, les systèmes belges et français en matière d’enseignement, de santé, de législation sociale, de fiscalité, de justice. Il y a des divergences majeures qui empêcheraient une assimilation immédiate.

L’Echo : La France connaît en ce moment de grosses difficultés budgétaires. Pourrait-elle s’encombrer de la dette wallonne ?

Jules Gheude : L’économiste Jules Gazon a calculé qu’en 2010, on obtenait un solde net à financer pour la Wallonie, intérêts de la dette publique compris, de 9,074 milliards, soit 22% des dépenses publiques. Et il arrivait à 33% si la Wallonie était contrainte de refinancer sa dette avec un taux d’intérêt à 12%, pour reprendre l’exemple de la Grèce. Une situation proprement intenable au plan des finances publiques et qui ne permettrait pas l’émergence d’un Etat wallon indépendant. Mais il est évident que le contexte serait tout autre si la Wallonie intégrait la France. Non seulement, elle ne devrait pas affronter le scénario infernal du refinancement de la dette à des taux usuraires, mais son déficit se marginaliserait à l’échelle de la France. Et l’impact sur la dette et les besoins de financement de la République serait mineur et tout à fait tolérable. J’ajoute que la France, par cette opération, gagnerait – de manière tout à fait pacifique – un accroissement territorial et démographique, qui lui permettrait de réduire sensiblement son différentiel avec l’Allemagne et d’augmenter ses droits de vote dans les institutions européennes. La mariée, comme on dit, ne viendrait pas les mains vides.

L’Echo : Beaucoup de Wallons disent aimer la France, mais ne voudraient pas devenir Français…

Jules Gheude : Ces états d’âme disparaîtront très vite le jour où l’on sera le nez sur le mur. Car on percevra alors très vite le cadre dans lequel la population wallonne a le plus de garanties de s’épanouir.

L’Echo : Que vous inspire l’accession au trône de Philippe ?

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Jules Gheude : D’aucuns se réjouissent de voir Philippe arriver à la tête d’une Belgique pacifiée. Or, cette accession au trône intervient à dix mois d’élections à très haut risque, qui pourraient compromettre la survie même du pays. Par ailleurs, la personnalité de Philippe est fortement controversée en Flandre où l’on n’a pas oublié ses écarts de 2004 (son irritation à l’égard du Vlaams Belang) et de 2007 (sa manière de tancer vertement deux journalistes flamands). D’où les mises en garde faites récemment par cinq présidents de parti flamands dans la lettre qu’ils lui ont adressée. Et Bart De Wever de résumer ainsi la situation : C’est un secret de Polichinelle qu’à peu près aucun parti ne veut voir Philippe sur le trône. » Un Bart De Wever qui, comme la majorité de ses collègues, entend réduire la fonction royale à la portion congrue, strictement protocolaire.

La Wallonie, coq dressé sur ses ego

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Edito de Béatrice Delvaux dans « Le Soir » du 18 juillet 2013

Il se créerait pour la première fois en dix ans plus d’entreprises par habitant en Wallonie qu’en Flandre.

Les chiffres que nous publions aujourd’hui – qui sont évidemment à prendre avec le recul et la prudence que la conjoncture impose – rejoignent ceux donnés par la banque KBC.

La Wallonie n’est pas sortie de ses soucis mais les nouvelles positives se succèdent ces derniers mois. Et pendant ce temps, penserait-on, le gouvernement wallon applaudit, propose, travaille.

Eh bien, pas du tout : il se dispute, au grand jour, faisant de l’exercice de pouvoir, une cour de récréation avec échange de mauvais coups et de noms d’oiseaux.

Mais pourquoi donc dépenser tant d’argent pour un logo censé défendre et promouvoir le renouveau wallon, si ses dirigeants, en quelques jours, font voler en éclats tout effort d’image et de communication ? On pourrait même penser qu’on se moque décidément du monde car en fait de communication, c’est un mélange d’omertà, de non-transparence et de cacophonie qui a prévalu ces jours-ci.

Et si encore on se disputait avec noblesse, pour défendre des arguments de fond et des convictions. Mais que nenni. Ceux qui tentent de promouvoir l’idée que ce qui se joue à l’Elysette est le fruit d’affrontements idéologiques, ceux-là trompent leur public. Ce sont des hommes qui se disputent et se volent dans les plumes, un collectif d’individus qui n’en est plus un, miné depuis des mois par les ambitions, les rivalités, les manques d’estime et de confiance.

C’est aussi le leadership de Rudy Demotte ministre-président, plusieurs fois mis en cause, parfois même par des ministres de sa propre couleur au cours des derniers mois, qui ici montre sa limite.

Comment faire le procès de Flamands et de francophones qui ne s’entendraient pas pour faire tourner le fédéral, quand ce sont les gouvernants wallons entre eux, pourtant soumis à de lourds défis économiques mais aussi dotés d’instruments et de projets opérationnels (plan Marshall, Wallonie 2022, ce n’est pas le

Pérou mais ce n’est pas rien), qui montrent leur incapacité à produire de la hauteur, du consensus, à gérer les résultats fragiles engrangés et à développer une force de frappe commune ?

Ce n’est pas que la Wallonie « mérite » mieux que cela. C’est surtout que c’est un besoin crucial. C’est ce qui rend ces disputes et leur exposition sur la place publique, non seulement inexcusables, mais irresponsables.

Le gouvernement wallon n’a pu établir ses priorités ferroviaires

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Belga, 18 juillet 2013

Le ministre-président wallon Rudy Demotte a indiqué au ministre fédéral des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille que le gouvernement wallon n’avait pas encore établi la liste de ses priorités dans le cadre du plan pluriannuel d’investissement (PPI) 2013-2025. Le PPI risque dès lors d’être approuvé vendredi par le gouvernement fédéral sans que l’on ne connaisse la stratégie ferroviaire de la Région wallonne,

Le PPI représente un montant total de 26 milliards d’euros, dans lequel 2,5 milliards d’euros sont destinés à développer les projets spécifiques des trois régions. Si la Flandre a déjà communiqué la liste de ses priorités dans le cadre de ce plan, il n’en va pas de même pour la Région wallonne.

Le gouvernement wallon n’a pas encore déterminé la liste de ses projets prioritaires. Nous revenons vers vous dès que le gouvernement aura décidé à ce propos, a fait savoir Rudy Demotte dans un courrier adressé à Jean-Pascal Labille.

La Région wallonne devrait disposer d’une enveloppe de 848 millions d’euros pour les investissements qu’elle tient à promouvoir. Or, le gouvernement wallon a établi 35 priorités dont le coût total dépasse largement ce montant. Les ministres doivent dès lors s’entendre et c’est là que le bât blesse. La desserte ferroviaire de l’aéroport de Charleroi susciterait ainsi quelques frictions. Son coût estimé entre 500 et 600 millions engloberait ainsi presque toute l’enveloppe que le PPI destine à la Région wallonne.

Le Hainaut menace le gouvernement wallon

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Belga, 18 juillet 2013

La province de Hainaut a adressé une mise en garde sévère au gouvernement wallon. Lassée de voir les moyens provinciaux rabotés, elle a décidé de postposer au-delà de 2014 ses investissements dans une série de projets.

L’e-campus de Tournai, cher à Rudy Demotte, Mons 2015, cher à Elio Di Rupo, la cité des métiers à Charleroi, etc. pourraient en pâtir. Au début du mois, le gouvernement wallon s’est accordé sur le transfert à la Région des voiries provinciales -dossier en souffrance depuis 10 ans- ainsi que des compétences provinciales en matière d’énergie et de logement. Ce faisant, il a également retiré au fonds des provinces les moyens correspondants, soit 4 millions d’euros pour l’énergie et le logement.

Pour le Hainaut, le manque à gagner s’élèvera à 1 million d’euros. Or la province a anticipé la réforme et mis fin d’ores et déjà mis fin à ses politiques de prêt au logement. Quant à la compétence en matière d’énergie, elle n’a jamais été exercée par l’institution hennuyère.

Cette perspective d’une amputation du fonds des provinces alors que celui-ci n’est – rappelons-le – pas lié à l’exercice de politiques spécifiques mettrait le Hainaut en difficulté, essentiellement dans la mission d’aide aux communes et de supracommunalité qu’il s’est fixé pour coller au mieux à la philosophie de la Déclaration de politique régionale, a souligné le collège provincial dans un communiqué.

La province insiste sur les efforts qu’elle a déployés depuis 2007 en termes d’assainissement et de réorganisation tout en assumant son engagement prioritaire : le maintien du personnel provincial en place.

Jeudi, le collège a décidé de s’adresser officiellement au gouvernement wallon pour qu’il reconsidère les dispositions financières inscrites dans le projet de décret relatif aux transferts de compétences. S’il n’était pas entendu ou si un dialogue ne peut être ouvert, il étudiera la possibilité d’un recours devant des instances juridictionnelles.

En attendant, le collège dit vouloir faire preuve de prudence.

Il a décidé de postposer, à au-delà de 2014, ses engagements et investissements dans une participation à des projets pourtant essentiels au développement hainuyer, dit le communiqué.