Archives mensuelles : juin 2013

La Sonaca décroche un contrat d’un milliard de dollars

Belga, 19 juin 2013

SonacaLa société aéronautique carolorégienne Sonaca a décroché un contrat avec le constructeur brésilien Embraer pour la fourniture des becs de bord d’attaque ( » slats ») et les volets (« flaps ») des futurs avions régionaux baptisés E2 – la nouvelle version des Embraer 190 et 195.

La production de ces pièces – celle des flaps est une première pour la Sonaca, qui coopérera avec son partenaire habituel, la société Asco de Zaventem – se fera en partie en Belgique et en partie dans les usines brésiliennes de l’entreprise wallonne, a indiqué le vice-président de la société, Marcel Devresse, à quelques journalistes en marge du 50e salon aéronautique du Bourget, près de Paris.

Si un millier d’avions sont produits à partir de 2017, année prévue pour la certification, ce qui est une prévision conforme à la production des actuels jets régionaux d’Embraer, les E-170 et E-190, ce contrat devrait représenter un montant d’environ un milliard de dollars et du travail pour « 300 à 400 personnes » pendant une dizaine d’années. Sonaca, qui a une longue expérience de collaboration avec le brésilien Embraer, est maître d’oeuvre sur ces éléments, ce qui signifie que l’entreprise est responsable de la recherche et du développement (R&D), en amont de la production.

Ce contrat représentera, en régime de croisière, quelque 20 % du chiffre d’affaires total de Sonaca, a souligné un autre dirigeant de l’entreprise.

La Sonaca sera, après le motoriste américain Pratt & Whitney (P&W) qui fournira les réacteurs, le second plus important partenaire d’Embraer sur ce programme.

Les discussions entre Embraer et Sonaca étaient en cours depuis sept mois. C’est vendredi que les Brésiliens ont confirmé qu’ils avaient retenu l’entreprise carolorégienne, qui était en concurrence avec des fournisseurs potentiels américains ou des usines du groupe Embraer.

Embraer a lancé en grande pompe lundi sa nouvelle génération de jets régionaux baptisée E2 avec 100 commandes fermes et 215 intentions d’achats provenant de plusieurs compagnies de lancement.

Cette nouvelle offre plus de sièges que la génération actuellement sur le marché et garantissant des économies de carburant de l’ordre de 15 %.

Les trois versions de cette famille E2 (les E175, E190 et E195) doivent entrer en service entre 2018 et 2020 à un prix équivalent aux appareils actuels.

Le groupe prévoit un investissement de 1,7 milliard de dollars sur huit ans pour ce toilettage de sa gamme.

Embraer a longtemps réfléchi au lancement d’un tout nouvel avion régional plus grand avant d’y renoncer l’an passé. Le constructeur a finalement opté pour la modernisation de sa gamme actuelle, avec une aile offrant 10 % de surface supplémentaire et des nouveaux moteurs PW1000G, dits « Geared Turbofan » (GTF).

« Nous avons aidé Embraer à choisir la configuration » définitive de ces appareils », a souligné M. Devresse. Ce programme E2 « nous permettra de maintenir notre bureau d’études (qui compte 350 ingénieurs, NDLR) au top pendant trois à quatre ans », a noté avec satisfaction la direction de la Sonaca.

La Belgique séduit, mais crée peu d’emplois

oupsArticle de Martial Dumont dans « Vers l’Avenir » du 6 juin 2013

La Belgique séduit les investisseurs étrangers. La preuve : en 2012, elle a accueilli pas moins de 169 nouveaux projets. Ce qui la place dans le top 5 européen des pays les plus attractifs (après le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Espagne). Particulièrement pour les États-Unis, d’ailleurs qui, avec 41 investissements sont de loin les plus intéressés par notre pays. Logique, estime Arne Smeets de chez Ernst & Young qui vient de sortir son «baromètre de l’attractivité» : «Le marché intérieur belge n’est en effet pas si grand. Avec un pays tel que le nôtre au sein de l’Union européenne, les investissements ont un caractère transfrontalier».

Les pays BRIC, en revanche (Brésil, Chine, Inde, Russie) semblent par contre très frileux à investir chez nous : 13 projets seulement en 2012 dont 7 pilotés par la Chine.

La Wallonie en locomotive

Globalement, on peut donc dire que la Belgique a augmenté le nombre de ses projets de 10,5 %. Ce qui est une performance puisque la tendance en Europe est inverse (diminution de 2,8 %). Grâce à qui? À la Wallonie! Le nombre de projets est en effet passé de 39 à 52, ce qui constitue son meilleur résultat sur les 10 dernières années. Et même si la Flandre reste leader en matière d’investissements étrangers (80), c’est clairement la Wallonie qui dope notre bon résultat et qui semble proportionnellement séduire le plus.

Surtout la région liégeoise, d’ailleurs qui voit ses projets étrangers passer de 9 à 23.

Le Hainaut se débrouille également très bien (19 projets).

En revanche (et c’est relativement surprenant), le Brabant wallon ne semble pas attirer les foules, malgré la présence de l’UCL et de parcs économiques à haute valeur ajoutée : de 11 projets lancés en 2010, on en est à 4 en 2012.

Au niveau des types d’investissements, le baromètre montre que les projets concernent essentiellement la vente et le marketing mais également la production.

En revanche, alors que la logistique est un pôle de compétitivité du Plan Marshall et que la Wallonie, notamment, est reconnue pour ses qualités en la matière, seuls 6,2 % des projets la concernent.

Wallonie: moins de chômeurs sur un mois mais plus sur un an

2013-06-26_195852

Belga, 6 juin 2013

A la fin mai, la Wallonie dénombrait 189.234 demandeurs d’emploi demandeurs d’allocations et 18.233 jeunes en stage d’insertion, soit un total de 207.467 (13,2% de la population active), indique le Forem.

Sur ces 207.467 personnes, 52% sont des hommes, 25% sont âgés de 50 ans et plus et 21% de moins de 25 ans, 23% sont inoccupées depuis moins de 6 mois et 40% depuis 2 ans et plus.

Par rapport à avril 2013, le nombre de demandeurs d’emplois demandeurs d’allocations et de jeunes en stage d’insertion a baissé de 1,9% (-4.060 personnes). Sur un an par contre, en comparaison avec mai 2012, ce nombre a augmenté de 1,1% (+2.172 personnes).

En mai dernier, le Forem a géré 10.147 offres, soit une baisse de 12,6% par rapport à mai 2012.

Philippe Suinen : « Nous devons avoir encore plus de respect pour les investisseurs étrangers qui viennent en Belgique »

Awex

Dans « Vers l’Avenir » du 6 juin 2013, le patron de l’Awex répond aux question de Martial Dumont.

 

 

Philippe Suinen vous avez lu ce baromètre de l’attractivité en Belgique. Qu’en pensez-vous ?

D’abord, j’ai l’impression que les réponses des entrepreneurs sont un peu frileuses par rapport aux chiffres que nous avons à l’Awex. Peut-être à cause du contexte de crise…

N’empêche, on voit qu’en matière de création d’emplois par exemple, on est à la ramasse et dans un trend inverse au reste de l’Europe. C’est dû à quoi selon vous ?

C’est probablement dû au fait que nous possédons déjà un très haut degré de sophistication technologique dans les investissements existants. Et les investissements qui se font sont surtout des extensions de ceux qui existent déjà. Ils ne sont pas très créateurs d’emplois parce qu’ils sont fortement automatisés.

Et puis, il y a la manière de calculer : si on prend le nombre d’emplois créés par tête d’habitant, la Wallonie est troisième au niveau européen. Le baromètre, lui, ne tient pas compte du nombre d’habitants par pays…

Le baromètre relève cependant que nous sommes très attractifs pour les investisseurs. C’est une bonne nouvelle…

Évidemment ! Ça montre que nous avons le respect du client, que nous offrons un service complet et rapide.

Mais il faut aussi oser examiner nos compétences et les améliorer.

Nous devons également renforcer les éléments qui font notre force. Si on ne fait pas cela, je crains que l’attractivité ne suffise pas dans les années à venir à matérialiser notre force…

Vous faites allusion aux critiques du baromètre sur notre manque de compétitivité ?

Oui. Osons la compétitivité dans tous les sens et veillons à renforcer le respect que nous avons pour les investisseurs étrangers. Les critiques qui sont émises ne m’étonnent pas. Nous faisons le même constat à l’Awex. Et un rapport de l’institution qui gère le commerce extérieur des États-Unis ne dit rien d’autre non plus.

Hormi la réduction de la pression fiscale et la limitation du coût des salaires, qu’est-ce qui pourrait rendre la Belgique encore plus attractive ?

La mise à disposition d’une réserve foncière pour les investisseurs étrangers. Et ça, ça passe par des règles dans l’aménagement du territoire qui protègent contre les recours systématiques. Quand il y a un souci dans un permis, on doit pouvoir corriger le problème et reprendre la procédure là où elle était, et non revenir à la case départ.

Le salut wallon passe par la créativité

Creative Wallonia

Article de Laurent Lambrecht, «La Libre Belgique», 1er juin 2013

 

Une importante délégation du ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt, s’est rendue au Québec et notamment au salon C2-MTL de Montréal. Ce rendez-vous international a pour ambition de devenir le « Davos de la créativité ». Parmi les conférenciers figurait notamment Richard Branson, le fondateur de Virgin.

La Wallonie a lancé, en 2010, un programme pour booster l’économie créative. Creative Wallonia est jusqu’à présent doté d’un budget modeste de 8 millions d’euros que Jean-Claude Marcourt aimerait augmenter.

La Commission européenne a donné un petit coup de pouce à l’initiative en choisissant la Région wallonne, aux côtés de la Toscane, comme district européen créatif parmi quarante-quatre candidats.

L’économie créative consiste à faire travailler ensemble des professionnels d’horizons différents afin de faire germer des projets innovants. Le credo du salon C2 de Montréal est que les entreprises occidentales doivent miser sur leur différenciation et leur créativité pour être concurrentielles.

Le programme Creative Wallonia s’appuie sur plusieurs initiatives. ID Campus, qui dépend de l’Université de Liège, est une formation pour les diplômés de l’enseignement supérieur de type long. Par le biais de projets et de cours, les étudiants apprennent à développer et à gérer la créativité.

L’année dernière, un chocolatier a, par exemple, demandé à ID Campus de travailler sur le packaging de ses produits afin de le rendre moins coûteux et plus simple. La solution développée par un ingénieur, un designer et un commercial a été utilisée gratuitement par ce chocolatier.

L’initiative Boost-Up est, elle, une bourse, comprise entre 40 000 et 140 000 euros, destinée à soutenir des projets innovants portés par des indépendants ou des PME. Huit espaces de coworking ont aussi été créés pour amener des entrepreneurs à se rencontrer.

Selon Jean-Claude Marcourt, la Wallonie retire un gros avantage de sa collaboration avec le Québec. Les politiques publiques ont été plus innovantes en Wallonie qu’au Québec au niveau de la créativité, nuance le ministre de l’Economie. Cependant, le terreau économique est plus fertile ici avec des entreprises comme le Cirque du Soleil ou Ubisoft ?

Si les entreprises wallonnes présentes au Québec étaient dans l’ensemble enthousiastes quant au programme Creative Wallonie, il est aujourd’hui impossible de mesurer son efficacité. Tout le monde veut des résultats immédiats alors qu’on sait que ça prend du temps, répond Jean-Claude Marcourt. Le programme a été lancé en 2010, il est donc irréaliste d’évaluer ses résultats maintenant. Je note simplement l’enthousiasme du secteur.

Du côté de l’Union des classes moyennes (UCM), on est globalement satisfait du soutien de la Wallonie en faveur de la créativité. Jusqu’il y a peu, la Région wallonne s’était focalisée sur l’innovation technologique dans ses programmes d’aide, explique Jonathan Lesceux, conseiller au service d’étude de de l’UCM. Le plan Creative wallonia soutien davantage la créativité dans son ensemble. Celui-ci profite donc aux PME exclues des grands programmes de soutien à la recherche scientifique ou technologique. La R&D pure s’étale sur une durée trop longue pour intéresser les PME, note Jonathan Lesceux. Les projets développés par les PME sont généralement mis sur pied en moins d’un an.

L’UCM regrette néanmoins que la mise en œuvre du plan Creative Wallonia ne soit pas complète. Il y a beaucoup de communication autour du projet mais il faudrait être plus concret, note Jonathan Lesceux. A ce stade, environ la moitié des mesures annoncées en 2010 ont été mises en œuvre. Il conviendrait également d’augmenter le budget qui reste modeste.

Selon l’UCM, il ne faut néanmoins pas attendre des résultats concretsen termes de créations d’emplois ou d’entreprises. C’est avant tout un programme qui change les mentalités, note Jonathan Lesceux. On met l’accent sur les réussites de la Wallonie plutôt que sur ses échecs.

Et selon l’UCM, la Wallonie se situe bien par rapport aux autres pays européens au niveau de la créativité. Une enquête européenne (CIS) a montré que le taux d’entreprises innovantes en Wallonie était passé de 52 à 57 % entre 2008 à 2010. Et en 2011, le Regional innovation scoreboard a placé la Wallonie dans les meilleurs de la deuxième des quatre catégories mais derrière la Flandre et Bruxelles.