La Wallonie exporte moins

Philippe Suinen

Philippe Suinen

Article de Martial Dumont dans « Vers l’Avenir » du 27 juin 2013
 
En 2012, les exportations wallonnes ont trinqué. La preuve: elles ont reculé de 2,8 % par rapport à 2011. Le plus mauvais résultat depuis celui enregistré en 2009 (-15 %), conséquence de la crise financière survenue en 2008.

Cette fois, quel est le problème?

Selon le ministre de l’Économie, Jean-Claude Marcourt, c’est la crise de la sidérurgie (ArcelorMittal), des machines de chantier (Caterpillar) et de la chimie de base qui tire les résultats vers la base.

Et puis, analyse Philippe Suinen, patron de l’Agence wallonne à l’exportation, (AWEX), il y a la dégradation conjoncturelle au niveau européen et même mondial: la crise des dettes souveraines dans la zone euro, la faiblesse de la demande, les plans d’assainissement, ne contribuent pas à booster nos exportations. D’autant que la production au niveau mondiale est aussi au ralenti.

Résultat, nous voilà en deçà de nos concurrents directs que sont la France, l’Allemagne, les Pays-Bas… et la Flandre qui, elle, continue à voir ses exportations progresser malgré les difficultés socio-économiques qu’elle a pu rencontrer (notamment dans le domaine de l’automobile).

Autre signe inquiétant: les ventes wallonnes régressent vers les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine) avec 4,9 %. D’autant plus problématique que pendant ce temps, la moyenne européenne d’exportation vers ces pays a augmenté de 6,6 %…

On notera également que la régression est répartie équitablement au travers des secteurs. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle non plus.

Tout n’est pas noir, cela dit. puisqu’on voit quand même une augmentation importante de nos exportations vers l’Afrique et l’Amérique du Nord qui boudaient quelque peu les produits wallons ces derniers temps.

Et puis, selon Philippe Suinen, les premier et deuxième trimestres 2013 devraient s’inscrire dans des tendances de «reprise modérée et graduelle» pouvant intervenir à partir du 3e trimestre, en raison du rebond prévu de l’économie mondiale. En clair, le plus dur serait derrière nous. Rendez-vous dans quelques mois pour confirmation.