APA : la Flandre rafle les allocations

apaArticle de Catherine Ernens dans « Vers l’Avenir » du 23 avril 2013

L’allocation pour l’aide aux personnes âgées (APA) file tout droit dans le portefeuille des Flamands. Une situation complètement déséquilibrée et consternante à la veille des transferts de compétences. 8 % des Belges de plus de 65 ans bénéficient de l’APA : 68 % résident en Flandre, 26 % en Wallonie et 4,5 % à Bruxelles.

Les francophones passent donc complètement à côté de cette aide jusqu’ici versée par le pouvoir fédéral. Si on ramène ces chiffres à l’échelle de la population globale, 9 Flamands de plus de 65 ans sur cent (9 %) reçoivent l’APA contre 6,5 % des Wallons âgés.

La ministre de l’action sociale en Wallonie (PS) ne s’explique pas cette situation. Elle dit en avoir pris connaissance… il y a quelques jours. Éliane Tillieux a demandé à ses services de chercher le pourquoi de ce déséquilibre. Il semblerait que seul un déficit d’informations des services sociaux soit à l’origine de ce déséquilibre nord-sud.

En clair, les Wallons, et encore moins les Bruxellois, ne savent même pas qu’ils ont droit à ces allocations. Les Flamands, eux, sont mieux organisés. Car le nombre de bénéficiaires potentiels devrait être bien plus élevé en Wallonie, eu égard à la pauvreté d’un bien plus grand nombre d’aînés.

L’APA s’adresse aux personnes âgées en perte d’autonomie importante et ayant des revenus très faibles. Par exemple lorsque les charges pour entrer dans une maison de repos relèvent de l’impayable. Car, pour bénéficier de l’APA, il faut obligatoirement faire valoir ses droits à la pension de retraite ou de survie et/ou à la Grapa (garantie de revenus aux personnes âgées). Enfin, les administrations communales sont actuellement compétentes pour rentrer les dossiers. Sont-elles seulement toutes au courant de cette mission?

Le déséquilibre au niveau de cette allocation ne s’arrête pas là. Les Flamands bénéficient d’une assurance dépendance entrée en vigueur en 2001. Cette assurance est obligatoire, les Flamands sont tenus de cotiser et le gouvernement flamand verse le complément de sa poche. Cette assurance couvre totalement ou partiellement les aides et services non médicaux des personnes fortement dépendantes. Les bénéficiaires flamands de l’assurance dépendance peuvent la cumuler avec l’APA. Voilà qui devient, au total, un vrai filet de sécurité pou ses vieux jours.

Aucun francophone ne bénéficie de l’assurance dépendance puisqu’il s’agit là d’une initiative purement flamande. Les francophones n’ont pas pu, voulu ou n’ont même pas pensé développer un système similaire. Les mutuelles, en particulier la Mutualité chrétienne, avaient pourtant plaidé pour initier cette assurance dépendance au niveau fédéral.

On peut se rassurer sur les tarifs plus modérés des maisons de repos en Wallonie par rapport à la Flandre et sur l’explosion démographique moindre des plus âgés. Mais tout de même… Il existe un déficit d’informations sur les aides publiques en général. L’idéal serait d’arriver à les accorder automatiquement sur base des déclarations fiscales, rétorque la ministre wallonne. Mais pour cela, il faudra s’adresser au fédéral.