L’école d’administration fait son entrée

NolArticle de Paul Piret dans « La Libre Belgique » du 13 avril 2013

Voilà plus d’une décennie qu’on en parle, et bientôt quatre ans qu’elle est en gestation. Voici qu’elle devient opérationnelle : « Le Moniteur » de vendredi a publié un appel aux candidats intéressés à la fréquenter. C’est d’une école que l’on parle. Qu’elle recrute ses premiers élèves par voie officielle en dit assez, d’emblée, la spécificité. Il s’agit de l’Ecole d’administration publique (EAP) commune à la Région wallonne et à la Communauté française.

Son apparition est liée à la réforme des mandats pour les fonctionnaires dirigeants (niveaux A1, 2, 3) des deux entités, voulue par les majorités Olivier sudistes et singulièrement par leur ministre (Ecolo) de la Fonction publique, Jean-Marc Nollet. Elle s’exercera pour la première fois fin 2014. Alors, au début des nouvelles législatures fédérées, et pour la durée de celles-ci, le top des administrations wallonnes et francophones sera renouvelé « à l’américaine », pour coller à la vie des gouvernements. Or, ces hauts-fonctionnaires futurs d’un type nouveau seront choisis par les exécutifs parmi un pool de candidats, non classés, qui soit sont déjà actuellement mandataires (à condition d’être bien évalués), soit disposeront d’un « certificat de management public » ad hoc. C’est ce CMP que l’EAP commence à mettre en œuvre, juste à temps pour constituer le premier réservoir de candidats à de nouveaux mandats. Et c’est ce passage obligé par l’EAP qui distingue celle-ci d’institutions comparables à d’autres niveaux de pouvoir, comme l’Institut de formation pour l’administration fédérale (l’Ifa).

De la formation continue aussi, plus tard

Dans une deuxième phase, l’Ecole va s’attaquer à un autre morceau : la formation continue pour l’ensemble du personnel des deux entités, tous niveaux confondus (soit un potentiel de 22 500 personnes, OIP inclus), plus du personnel de la bruxelloise Cocof qui serait désireux d’y participer. Ici, les formations seraient dispersées en large décentralisation, à l’inverse des quelques dizaines de candidats au top management qui suivront leurs cours dans des bureaux de l’administration wallonne à Namur ou du Ministère de la Communauté française à Bruxelles. Mais ce sera, à l’EAP, toujours dans une logique interuniversitaire et interréseaux, et sans dispenser elle-même l’enseignement : ce n’est pas une école de plus avec un bataillon de profs, mais une structure de coordination qui n’emploiera pas plus d’une quarantaine de personnes.

Enfin, l’EAP pourrait piloter la formation d’agents locaux aux fonctions de management. Ce troisième volet est dans les limbes. N’aurait-on pas pu profiter de la réforme des grades légaux (secrétaires et receveurs), votée mercredi prochain, pour les intégrer dans le dispositif ? Des formations existent déjà au niveau local. Et c’eût été trop charger la barque au départ, explique le ministre de la Fonction publique, qui partage ici le sujet avec son collègue des Pouvoirs locaux.