Fragile comme le verre

Saint-GobainL’édito d’Yves Cavalier dans « La Libre Belgique » du 26 mars 2013

Du nord au sud, le détricotage industriel de la Belgique n’épargne ni les Flamands ni les Wallons. Et comme pour rappeler combien les frontières entre les deux Communautés sont artificielles, il est frappant de constater que si Saint-Gobain Sekurit décide d’éteindre définitivement ses fours et de laisser 263 emplois sur le pavé, c’est parce que, quelques mois auparavant, l’usine Ford installée à Genk a elle aussi fermé ses portes et que l’entreprise flamande n’avait dès lors plus aucun besoin des pare-brise fabriqués en Wallonie. Cette nouvelle fermeture ne devrait-elle pas éveiller les consciences ? Rappeler que dans cet univers mondialisé et cette économie globalisée, les emplois du nord, du sud ou de Bruxelles sont en fragile équilibre sur le fil d’une croissance qui reste très fluctuante ? Quels que soient les secteurs d’activité, 2013 sera, une fois encore, une mauvaise année pour l’emploi. Les exigences de rigueur déboucheront sur de nouvelles restructurations et rares seront les secteurs qui vont y échapper à plus ou moins long terme. Et la suppression de quelque 150 agences bancaires annoncée hier par BNP Paribas Fortis est aussi là pour souligner que même si on parvient à sauver l’entreprise à grand renfort de milliards et avec l’intervention de l’Etat comme garant, l’emploi n’est pas à l’abri pour autant. Dans cet environnement et dans un contexte qui nous réserve encore plus d’austérité, il est plus urgent que jamais de mobiliser les forces vives, du nord au sud. Rarement on aura autant parlé de « task force » : pour ArcelorMittal, pour Caterpillar, pour Sekurit. Mais une « super task force » fédérale pour l’emploi ne serait-elle pas plus appropriée et plus efficace ?