Gérer les errances

Nous reproduisons ici l’analyse de Martial Dumont, dans « Vers l’Avenir » du 21 mars 2013.

Le gouvernement wallon est-il responsable de la crise des certificats verts ? Clairement oui. Parce qu’il y a deux ou trois ans, au moment où le photovoltaïque était en plein boom, il n’a pas vu venir le déséquilibre du marché.

Il n’a pas perçu que ce qui devait rester une exception (le rachat des certificats par Elia garantis à 65 euros) était en train de devenir la règle, créant ainsi une saturation qui allait se répercuter sur les ménages et les entreprises wallonnes.

Mais on ne refait pas l’Histoire. Et aujourd’hui, il faut gérer. Dans ce contexte, le gouvernement wallon n’a pas beaucoup le choix. Il doit prendre une décision qui permet à la fois de ne pas faire supporter le coût de l’énergie verte à toute la collectivité, en n’étant pas non plus injuste avec ceux qu’il a appâtés à grands coups d’incitants. Tout en ne mettant pas en péril l’existence même d’entrepreneurs qui se sont lancés dans l’aventure photovoltaïque présentée comme l’Eldorado. Véritable casse-tête chinois.

Alors, la diminution du prix garanti des certificats verts est-elle la solution ad hoc? «Il faut bien aller chercher l’argent quelque part » disent certains qui estiment que cet argent ne peut provenir que de la poche de ceux qui ont profité du système, parfois de manière purement spéculative.

Sauf que de nombreux ménages ont investi dans des panneaux photovoltaïques en comptant sur des certificats à 65 euros pour rembourser leur prêt sur une période donnée. Et qui, aujourd’hui angoissent à juste titre.

C’est précisément sur cet aspect que le gouvernement est attendu au tournant. S’il parvient a trouver un système permettant aux ménages de ne pas devoir sortir un euro de plus de leur poche, fort bien. Et ne seront aigris que ceux qui ont fini de payer leur installation et qui verront juste leur «win for life » électrique en partie raboté par la diminution de garantie.

En revanche, si le changement de règle en cours de jeu coince financièrement des milliers de gens à qui les banques (on les connaît) ne feront pas de cadeau, l’Olivier aura alors de gros comptes à rendre.

Et à son erreur notoire de ne pas avoir freiné l’expansion du photovoltaïque assez tôt, on ajoutera une incapacité totale à gérer ses propres errances sans en faire porter le poids à la collectivité. Ça, ce serait gravissime.