Demotte : « Le photovoltaïque restera intéressant »

ElectM.B. Vers l’Avenir (avec Belga), 19 mars 2013

Le gouvernement wallon est parvenu à un accord dans le dossier de l’électricité.

L’essentiel c’est qu’on ait trouvé des solutions pour les gens. On est là devant une gageure importante : 2,8 milliards de dettes à l’horizon 2027. Il fallait faire quelque chose.. La déclaration de Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui est revenu mardi matin sur l’accord de principe obtenu sur le dossier électricité.

Un accord de principe. Et rien de plus. Du moins dans un premier temps. Pourquoi ? Parce que les 11 lignes que nous avons définies doivent être vérifiées par des techniciens, des spécialistes du secteur, explique Rudy Demotte sur Bel RTL. Nous n’avons pas envie d’annoncer des choses à la population qui ne sont demain pas réalisables. En pratique, des groupes techniques vont se réunir mercredi pour examiner l’accord. Et jeudi, si tout va bien, il sera validé en conseil des ministres.

Mais au fait que prévoit pour l’instant le texte ?

1. La tarification progressive de l’électricité

Selon ce principe, « moins on consomme, moins on paie ; plus on consomme, plus on paie ». Rudy Demotte le confirme. Pour ceux qui consomment beaucoup d’électricité, le gouvernement va faire en sorte que la facture soit plus salée. Mais promet que les augmentations seront « raisonnables ». Détail qui a son importance, une série de ménages (familles monoparentales et nombreuses, indépendants à titre accessoire ou à titre principal, faible niveau de revenu, ceux qui se chauffent à l’électricité…) se verront octroyer des tarifs qui tiendront compte de leur situation. Mais selon les estimations du gouvernement, 76% des Wallons paieraient moins cher qu’aujourd’hui grâce à ces mesures.

2. Révision du mécanisme de soutien au photovoltaïque

Le prix du certificat vert, utilisé pour soutenir le photovoltaïque, est appelé à diminuer pour les personnes qui se trouvent dans le régime actuel. Un nouveau système sera mis sur pied pour les futurs entrants, qui ne recourra plus au certificat vert. Il sera baptisé « Qualiwatt » et misera davantage sur la qualité des installations.

Notre but n’est pas de rendre les installations photovoltaïques inintéressantes en Wallonie, rassure Rudy Demotte. Mais il s’agit de rendre supportable ce système pour la société. Le mécanisme de soutien du photovoltaïque, mis sur pied sous la précédente législature, a en effet fait exploser la facture. En raison notamment d’une montée en puissance des installations. D’où la dette de 2,8 milliards d’euros estimée d’ici 2027.

Le calcul va intégrer différents paramètres comme le rythme de l’amortissement. Avec des taux d’intérêt garantis sur investissement. On va garantir un retour sur investissement d’X %. Ce chiffre doit encore être défini.

3. Tarif d’injection et photovoltaïque

Est également évoquée une participation des détenteurs d’installations photovoltaïques au coût du réseau électrique. Quand vous avez une installation photovoltaïque, de l’électricité doit être remise sur le réseau. Cette opération a un coût. Ceux qui procèdent à l’injection devront payer selon des modalités à étudier.

Malgré tout, Rudy Demotte se veut rassurant : il garantit que ce sera toujours intéressant de procéder à l’installation de panneaux photovoltaïques. De son côté, le vice-président CDH du gouvernement wallon, André Antoine, a confirmé qu’il restait un travail important de validation par les chiffres et de concertation avec le secteur.