Marcourt veut toute la transparence chez Nethys

David Coppi et Benoîut July, « Le Soir », 18 février 2017

Le ministre wallon de l’Economie et désormais « président provincial » du PS liégeois dénonce, dans un entretien qu’il nous a accordé, l’opacité dont ont fait preuve les dirigeants de Nethys.

On n’a guère entendu le Liégeois Jean-Claude Marcourt s’exprimer sur l’affaire Nethys / Publifin. Mais le ministre wallon de l’Economie a profité du succès de la Sonaca – et de son développement annoncé aux Etats-Unis – pour s’exprimer sur la bonne gouvernance.

Ce que le socialiste « reproche le plus aux dirigeants de Nethys, c’est le manque de communication, sous le mode “vivons heureux, vivons cachés”, comme si on avait précisément quelque chose à cacher. C’est une chance qu’il y ait une commission d’enquête, qui va permettre d’expliquer les raisons de ce qui a été fait ». Jean-Claude Marcourt ne se pose pas en avocat de Nethys et demande que « les dirigeants s’expliquent et fassent preuve de transparence ». Car pour le ministre, « le gros déficit dans Nethys, c’est le défaut de communication du groupe ».

Du changement au PS

Dans l’affaire qui secoue la vie politique wallonne, on a beaucoup souligné le rôle de la fédération liégeoise du PS. Et malgré les mesures annoncées du côté du boulevard de l’Empereur après l’éclatement du scandale, on a l’impression qu’il n’y a guère de changement au PS de Liège. Une affirmation qui fait bondir Jean-Claude Marcourt : « C’est stupide de laisser croire ça ! Je dis que tout le monde est conscient maintenant que ce qui s’est passé ne peut plus jamais se produire. » Et quand on évoque des changements à la fédération, il gronde : « Mais quelles têtes voulez-vous mettre au bout d’une pique ? »

Le Liégeois rappelle qu’il est désormais « président provincial » du PS, ce qui lui donne donc des responsabilités supplémentaires vis-à-vis des fédérations locales. Et à ce titre, promet : « Nous sommes face à une crise importante. Il faut changer les choses. Il n’y aura plus d’accommodements avec l’éthique. »

 

Retrouver les chemins de la vertu et de la morale

Jules Gheude – 17 février 2017

http://www.rtbf.be/info/opinions/detail_retrouver-les-chemins-de-la-vertu-et-de-la-morale?id=9532871

Retrouver les chemins de la vertu et de la morale © Tous droits réservés

Le Penelopegate en France, Publifin en Wallonie… On ne parle plus que de cela depuis des semaines.

Ces deux affaires sont d’une extrême gravité, car elles illustrent la relation malsaine qui existe entre le pouvoir et l’argent. Ce faisant, elles contribuent à faire vaciller les fondements même de la démocratie et constituent un danger tout aussi grand que les idéologies extrêmes.

Les chiffres cités sont exorbitants par rapport à ce que vit le citoyen lambda au quotidien. Comment ce dernier ne serait-il pas tenté par les sirènes populistes?

Outre la question des mandats, se pose également celle des relations « intéressées » entretenues par certains responsables politiques avec la République démocratique du Congo. Ici aussi, les choses sont loin d’être claires…

La presse révèle qu’Alain Mathot, le député-bourgmestre de Seraing, vient de renoncer à quatre mandats « énergétiques », dont unchez Publifin, qui lui rapportaient 2600 euros net par mois. Cela alors que le salaire moyen belge s’élevait en 2014 à 3414 euros brut (chiffre du SPF Economie)!

On peut se demander pourquoi un responsable politique devrait gagner plus qu’un professeur d’université qui, avec une ancienneté de quinze ans, perçoit une rémunération mensuelle brute indexée de 9254,06 euros (tableau ULB mis à jour au 1er janvier 2014).

Il ne s’agit pas ici de tomber dans le travers égalitariste. L’exercice de responsabilités doit être dignement rémunéré. Mais lorsqu’il s’agit de l’argent public, les écarts ne doivent pas être disproportionnés.

La façon de concevoir la politique doit être en fait revue fondamentalement. Aujourd’hui, elle est, pour la majorité des élus, une opportunité de faire carrière et l’élément héréditaire (les fils et filles de…) se manifeste de plus en plus.

Or, la politique n’est pas une profession comme une autre. Pour éviter toute dérive, l’exercice d’un mandat devrait être limité dans le temps, de façon à permettre le renouvellement régulier de la classe politique.

Dans « Germes et bois morts dans la société politique contemporaine », paru en 1981, François Perin avait proposé de mettre sur pied des « inspecteurs de l’Etat », chargés de surveiller, de critiquer et de contrôler le gouvernement « sans le miner par des manœuvres d’obstruction ou une attitude purement négative« Moins nombreux que les parlementaires actuels, ils seraient issus du suffrage universel au niveau du pays.

« L’élimination de l’intérêt local et la loi des grands nombres favorisent la sélection qualitative (…). Sans doute, les inspecteurs de l’Etat (…) devraient-ils se regrouper et prendre en charge la mission d’exprimer les divers courants de l’opinion. Peu nombreux, puisque le scrutin d’arrondissement disparaîtrait, ils pourraient chacun nommer des adjoints et former une sorte de Cabinet semblable au Cabinet ministériel, recrutant ainsi les collaborateurs de valeur qu’ils feraient à leur tour connaître au public. Le corps politique serait ainsi constamment renouvelé par le haut, les nouvelles étoiles brillant par leur savoir-faire plutôt que par une publicité tapageuse et démagogique« .

Si l’on ne souhaite pas offrir un boulevard aux populistes de tout poil, il convient de redonner ses lettres de noblesse à la démocratie, de la « désenrayer »  afin de permettre au système de fonctionner de la manière la plus transparente et la plus efficace possible.

Publifin a montré comment certains se sont habilement arrangés pour contourner la réglementation en vigueur dans le but de s’octroyer de substantiels profits financiers. Le Penelopegate, quant à lui, a révélé des pratiques certes légales, mais dont le caractère peu éthique est susceptible de conforter la défiance de l’opinion publique envers ceux qui sont censés la servir et non se servir.

  • Et que dire des effluves nauséabonds que dégage le Kazakhgate ?

Aujourd’hui, le citoyen est de mieux en mieux informé. Rien ne lui échappe et il ne supporte plus le comportement de ceux qui, forts de leur légitimité démocratique, pensent pouvoir agir en toute impunité.

C’est désormais sur un autre terrain que la société attend le monde politique : celui de l’éthique et de la vertu. Démocratie et comportement  doivent aller de pair. Comme le constatait l’économiste-essayiste Alain Minc, dans « L’argent fou » (Grasset, 1990) : De ce point de vue, dans le monde de l’argent fou, la morale est, à long terme, le meilleur investissement.

On ne demande pas aux hommes politiques de vivre comme des moines. Mais lorsque le député français Henri Guaino (les Républicains) déclare qu’avec ses 5100 euros par mois, il ne parvient à rien mettre de côté, il ne contribue sûrement pas à réduire le fossé qui sépare de plus en plus l’homme de la rue du politique.

Montesquieu, comme on le sait, avait bien saisi l’importance des contre-pouvoirs. « L’argent est très estimable, quand on le méprise », avait-il écrit dans « Mes Pensées »…

 

Jules Gheude est essayiste politique. Son dernier ouvrage s’intitule « Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes » chez Mon Petit Editeur, Paris, 2016.

 

Conflit d’intérêts à tous les étages pour Bernard Liébin (MR)

Frédéric Chardon, « La Libre Belgique », 14 février 2017

Le conseiller provincial se trouve dans tous les conseils d’administration pouvant « aider » les brasseries Saint-Feuillien.

Lorsqu’un élu multiplie les casquettes dans des conseils d’administration publics et privés, le conflit d’intérêts n’est jamais loin… Revoici une tête connue : celle du conseiller provincial hennuyer et conseiller communal de La Louvière Bernard Liébin (MR). Depuis samedi, on sait qu’il touchait 18 000 euros brut par an comme membre du conseil d’administration d’une ASBL provinciale qui n’était pas censée rémunérer ses administrateurs. A présent, c’est la toile de mandats que Bernard Liébin a tissée qui intrigue.

Prenez une aspirine, on va démonter ce système. Pour commencer, il faut savoir que le métier de base de Bernard Liébin est d’être membre du comité de direction de la Sowalfin, une société publique wallonne qui intervient pour garantir le financement des entreprises ou encore pour cofinancer des projets. A la Sowalfin, il fait en outre partie du « comité de crédit », l’organe interne qui valide les décisions de financement.

Des millions d’euros de financement

Au cœur du conflit d’intérêts suspecté, se trouvent les brasseries Saint-Feuillien. Situées à Le Rœulx (entre Mons et La Louvière), elles sont aux mains de la famille Friart depuis cinq générations. L’entreprise a investi beaucoup d’argent ces dernières années pour moderniser ses installations. Elle est aujourd’hui dirigée par le député MR Benoît Friart (et par sa sœur Dominique Friart). Benoît Friart est aussi bourgmestre de Le Rœulx.

Or, Bernard Liébin est membre du conseil d’administration (CA) de la brasserie depuis 2000 (pour 250 euros net par réunion du CA). Il se fait que la Sowalfin (dont il est directeur, donc) a aidé l’entreprise hennuyère dans un dossier : un cofinancement de 200 000 euros apportés en complément d’un prêt de 800 000 euros de la banque de proximité CPH (une trentaine d’agences réparties sur le Hainaut, le Namurois et le Brabant wallon). Le dossier avait été introduit auprès de la Sowalfin par CPH.

Et qui est vice-président du conseil d’administration de CPH ? Toujours Bernard Liébin. En siégeant en même temps au sein du CA de la société qui reçoit le coup de pouce financier, dans le CA de la banque privée qui apporte le cash et introduit le dossier, tout en étant directeur de la Sowalfin qui accepte le cofinancement, on peut imaginer que le libéral était particulièrement bien au courant du dossier…

Il est partout…

Prenez une longue respiration, ce n’est pas fini. Les brasseries Saint-Feuillien ont aussi été fort aidées par un invest local du Hainaut : IMBC (Invest Mons-Borinage-Centre). En Wallonie, les « invests » – qui sont des sociétés publiques – investissent dans les entreprises de leur région par des financements, des subsides, des investissements en capital à risque, etc. IMBC a injecté ces dernières années la coquette somme de 2,5 millions d’euros au total en faveur de la société anonyme brassicole. Petite devinette facile : qui est membre du conseil d’administration d’IMBC ? Bernard Liébin. Mais oui…

Vu toutes ses casquettes, en amont et en aval du dossier « Saint-Feuillien », difficile d’imaginer que le mandataire MR reste parfaitement neutre vis-à-vis de la société dirigée par son ami politique, le député-bourgmestre Benoît Friart. Il pourrait aisément « pousser » en coulisses ses dossiers de financement.

Malgré ces conflits d’intérêts éclatants, pour Bernard Liébin, il n’y a pas de problème. J’ai déclaré tous mes mandats à la Cour des comptes, à la BNB, à la cellule de contrôle des mandats de la Région wallonne… Il n’y a que vous pour y voir des conflits d’intérêts, explique-t-il. Benoît Friart, à l’époque, m’a demandé, ainsi qu’à une série de personnes, de rentrer dans son conseil d’administration afin de l’épauler. Je n’ai aucune compétence pour brasser leurs bières mais, par contre, je connais les dossiers d’investissement, de financement…

« J’ai une bonne bouille »

Pour ses mandats chez IMBC, à la banque CPH, tout en étant directeur à la Sowalfin et membre du comité de crédit, pas de souci non plus à ses yeux. Je suis administrateur d’IMBC depuis deux ans. C’est un mandat non rémunéré et je suis observateur sans droit de vote. J’ai dû remplacer un de mes collaborateurs qui était parti comme chef de cabinet adjoint chez Marcourt. Le site Cumuleo indique pourtant qu’il siège chez IMBC depuis plusieurs années. Au niveau de la banque CPH, c’est un mandat privé, ça n’a pas de sens de vous donner ma rémunération. Je l’ai depuis les années 80 et ça n’a rien à voir avec mes mandats publics. On m’a demandé de venir car j’ai une bonne bouille. Mais s’il y a une décision sur un dossier auquel je suis lié, je me retire ou je m’abstiens d’intervenir. A la Sowalfin, je suis membre du comité de crédit mais, là aussi, je me retire lorsqu’on aborde des dossiers auxquels je suis lié. En tout cas, je m’abstiens d’instruire le dossier ou de plaider dans un sens ou dans l’autre.

Avant le scandale Publifin, Alain Mathot gagnait 265.000 euros par an

« Le Soir », 14 février 2017

Alain Mathot (PS) ne conserve que ses mandats de député et de bourgmestre. Il lève partiellement le voile sur ses anciennes rémunérations.

Je ne dispose plus que de mon mandat de député-bourgmestre depuis janvier 2017. Pris dans la tourmente Publifin, poussé par le PS à plus de sobriété dans la gestion de ses mandats, mis en cause pour s’être fait représenter par sa propre société à la présidence du conseil d’administration de NeWin (une filiale de Nethys), Alain Mathot évoque quelques-unes de ses ex-rémunérations.

Pour les autres, Le Soir lui vient en aide. C’est à 82.000 euros de rémunérations qu’il a récemment renoncé.

Recrutement du futur patron de la CWaPE: Furlan voulait « acheter mon silence », assure Ghigny

« Le Vif », Belga, 14 février 2017

Francis Ghigny, ex-président de la CWaPE, l’organe régulateur wallon de l’énergie, maintient sa position quant au recrutement de son successeur, peut-on lire mardi dans La Libre Belgique.

On avait appris vendredi via L’Echo que la procédure de recrutement du futur président avait été suspendue à la suite d’une plainte quant à la fiabilité du jury, où siège justement Francis Ghigny, qui avait publiquement exprimé des doutes au sujet des compétences d’une candidate, Christel Evrard.

J’imagine que Christel Evrard est l’auteur de cette plainte. Si elle a raison de vouloir m’écarter, je maintiens qu’elle n’a pas les compétences managériales pour diriger la Cwape, explique Francis Ghigny au quotidien. En n’organisant pas la procédure de sélection, le gouvernement espérait que Christel Evrard, vice-présidente, obtienne automatiquement la présidence pour un long intérim, accuse-t-il. Le ministre Furlan avait d’ailleurs tenté d’acheter mon silence en me proposant une place dans son cabinet. J’estime qu’il était dans l’intérêt de la Cwape que je prenne position. Christel Evrard n’a pas souhaité réagir, précise La Libre.

Les ministres wallons publient l’identité des membres de leur cabinet

RTBF Info, 13 février 2017

Les ministres du gouvernement wallon ont commencé à publier la liste exhaustive des membres de leur cabinet, a annoncé lundi le ministre-président Paul Magnette, qui l’a fait dès ce vendredi. Cette liste reprend aussi les experts de cabinet, dont l’identité n’est pas toujours connue.

Certains ne sont pas de la couleur politique du ministre, mais collaborent au travail du cabinet pour servir la Wallonie, parfois même à titre gratuit, a fait observer Paul Magnette (PS) en commission du parlement wallon, où il était interrogé par Stéphane Hazée (Ecolo). Certains ne veulent donc pas qu’on leur accole une couleur politique.

Mais vu la demande pressante et l’air du temps, tant pis pour la pudeur, a commenté Paul Magnette. Le chef du gouvernement a publié vendredi cette liste sur son site internet. Les autres ministres suivront, a-t-il assuré. Ces listes seront tenues à jour. Pour Stéphane Hazée, il s’agit là d’une réelle évolution, après que le gouvernement eut fait, selon lui, de la rétention d’information à cet égard.

Publifin : tous touchés, à qui le tour de couler ?

« Le Vif/L’Express », 13 février 2017

L’opération mains propres est lancée sur la Cité ardente. Elio Di Rupo a frappé fort mais tard. Son parti tangue. Lui aussi, tandis qu’à Liège, tout le monde tente d’affronter la tempête du siècle. Et pas seulement au PS. Qui en réchappera ? Réponse en cinq escales d’une galère sur la Meuse.

 

  1. LE PS ESSAIE DE NE PAS SOMBRER

Elio Di Rupo est un capitaine au long cours qui n’aime pas vieillir. La tempête de ces dernières semaines le rajeunit de douze ans. En 2005 éclatait le scandale de La Carolo, dont les répliques, infinies et variées (l’ICDI, les faux collèges, les démissions, etc.) menèrent au ressac communal de 2006, puis au naufrage législatif de 2007 : Didier Reynders, président libéral, pouvait enfiler le ruban bleu de premier parti wallon. Il sait, le vieux capitaine au noeud papillon, qu’après 2017 viendront 2018 et ses communales, puis 2019 et ses générales, aussi implacablement que 2006 et 2007 succédèrent à 2005. Il n’ignore pas qu’on fit de Charleroi un synonyme de corruption, tout autant qu’un équivalent de socialisme. Il doit éviter cette chaîne lexicale à tout prix : contenir le débordement à un lieu, et pas à une formation. Le fait que le système Publifin ait prospéré dans une forme d’unanimité liégeoise pourrait le sauver. Pour cela, il lui faut ériger des barrages. Appliquer, disaient joliment nos confrères de L’Avenir,  » une théorie des digues « , qui préserverait le Boulevard de l’Empereur d’un raz-de-marée. Il en installe deux, de digues : une digue entre Nethys et ceux sur qui il compte à Liège, de une, et une digue entre Liège et Bruxelles, de deux. L’offensive a commencé le dimanche 5 février sur les plateaux télé. Deux jeunes mousses, Bruno Lefèbvre et Patrick Prévot, députés wallons hennuyers réputés proches du vieux capitaine, ont posé les éléments de langage :  » Ce n’est pas un problème wallon, ni un problème de gouvernement, ni un problème de parti : c’est le problème de quelques-uns, à Liège « , dit-on en substance depuis quelques jours à tous les étages socialistes.  » Une bande de copains qui s’en sont mis plein les poches « , a même lancé Patrick Prévot sur RTL-TVI.

Certes. Mais le vieux capitaine a un problème.

Pas un problème wallon, ni un problème de gouvernement. Un problème de digues. Car leur étanchéité est douteuse.

Certes son parti n’est pas le seul responsable du scandale, les Liégeois s’étant montrés plus partageux que leurs homologues carolorégiens. Mais il en est le principal protagoniste, si bien que les libéraux, comme à la grande époque carolo, gonflent leurs voiles du vent mauvais du  » système PS « , et qu’ils ne manqueront pas de souffle.

Certes il a fait prendre, le 6 février, des dispositions fortes, suspendant André Gilles et Stéphane Moreau et validant le principe d’une commission d’enquête wallonne, à son bureau de parti. Mais il y a plusieurs semaines que, jusque dans son propre parti, on les réclame, ces dispositions. Car il ne les avait pas prises. Il a dû affronter une mutinerie dont tous se souviendront et dont Le Vif/L’Express a parlé dans son édition du 3 février : celle des vieux loups de mer, ces députés-bourgmestres qui reprochaient au président de préserver les Liégeois et de frapper ceux qui ne le méritaient pas, à savoir eux-mêmes.

Certes il a pris le bon cap. Mais la propulsion est poussive.

Car certes il en a marre des parvenus. Mais c’était déjà le cas il y a douze ans. Et le capitaine a vieilli, tandis que des parvenus étaient encore bien là. Il les a fait quitter le navire si tard qu’on peut croire qu’il en reste quelques-uns. Et que tous étaient bien nourris.

Pierre-Yves Jeholet et Daniel Bacquelaine : les hommes forts du MR liégeois sont dans le viseur du PS. © PHILIPPE

 

  1. LE CLUB DES 5 EST SUR UN BATEAU. ANDRÉ ET STÉPHANE TOMBENT À L’EAU…

Liège était une île, donc, et la fédération liégeoise du Parti socialiste une forteresse, sur laquelle le porte-avions bruxellois n’avait aucune prise. Admettons. Aujourd’hui, Elio Di Rupo sanctionne Stéphane Moreau et André Gilles. Mais eux deux, avec Alain Mathot, Willy Demeyer et Jean-Claude Marcourt, formaient ce fameux  » Club des 5 « , qui gouvernait Liège comme on hâle une péniche sur un petit canal : sans bruit et toujours tout droit. Mais le Club des 5 n’est plus sur une intangible péniche. Aujourd’hui, il navigue sur le radeau de la Méduse. Deux de ces cinq marins d’eau douce ont déjà enfilé leur gilet de sauvetage. Certaines voix poussent pour qu’Alain Mathot, qui s’était  » mis en société  » pour pouvoir percevoir des rétributions d’une filiale de Nethys sans se voir appliquer le plafond des 150 %, soit envoyé par le fond, même s’il a régularisé sa situation le 3 février, à l’insistante invitation des présidents de sa fédération et de son parti.

Di Rupo en a marre des parvenus. Mais c’était déjà le cas il y a douze ans. Et le capitaine a vieilli

Bref, le  » Club des 5  » était sur un bateau. André et Stéphane sont tombés à l’eau. Alain se cramponne au bastingage mais il a les doigts de pieds qui trempent. Qui reste-t-il ? Jean-Claude et Willy, accrochés à une bouée. Ils n’en menaient pas large, le 6 février, en bureau de parti.  » Jean-Claude n’a pas dit un mot, un fantôme, comme depuis plusieurs semaines. Et Willy était blanc comme un linge « , explique un membre du bureau.  » Ils ont compris, tous les deux, qu’ils sont les prochains sur la liste, et qu’ils pourraient ne pas en sortir…  »

C’est qu’ils sont les deux seuls membres du  » Club des 5  » à avoir une ambition nationale, et donc ceux censés jouer les tampons entre le Boulevard de l’Empereur à 1000 Bruxelles et la Place Sainte-Véronique à 4000 Liège, où se trouve le siège de la fédération d’arrondissement. Et c’est qu’il leur sera fort difficile de dire qu’ils ne savaient rien.

Primo, parce que Willy Demeyer est bourgmestre de Liège depuis 1999 et président de la fédération liégeoise du PS depuis 2005. Et qu’il est à la fois la figure de proue et la vigie du quintette principautaire. Le Léviathan Publifin a grandi avec lui. Son intervention en bureau de parti, le 6 février, le démontre.  » Il a égréné les mesures prises par la fédération liégeoise, mais il n’a tout de même pas voulu céder sur la transparence des rémunérations, au prétexte que cela contrevenait à la protection de la vie privée « , poursuit un autre témoin. Et puis, surtout, si les socialistes veulent mouiller Daniel Bacquelaine et Pierre-Yves Jeholet, présidents des fédérations liégeoise et verviétoise du MR, ils doivent faire plonger Demeyer. Quitte à ce qu’il en émerge.  » Il sera mouillé, mais il pourrait s’en sortir, parce que, contrairement à Gilles, Moreau, et Marcourt, il dispose d’un vrai socle électoral, et puis, remarquez déjà comme vos confrères le décrivent en grand rénovateur : c’est la position qu’il va tenter de tenir « , signale un socialiste hennuyer.

Pierre-Yves Dermagne (PS), nouveau ministre wallon des Pouvoirs locaux, salue Stéphane Hazée, chef de groupe Ecolo : une nouvelle ère ?

 

Secundo, parce que Jean-Claude Marcourt est ministre wallon de l’Economie depuis 2004, et chef de groupe socialiste au conseil communal de Liège depuis 2012. Le Léviathan Nethys a grandi avec lui aussi. Ses récentes interventions médiatiques sur le sujet le démontrent, lorsqu’il considère  » inappropriée  » la sortie de Laurette Onkelinx contre Stéphane Moreau, ou lorsqu’il développe, pour nos confrères de L’Echo, une analyse qui pourrait figurer sur le prospectus d’entrée en Bourse de la SA Nethys. Son rôle dans l’adoption du décret wallon électricité, dans les dernières heures de la législature précédente, et celui dans la désignation des membres des comités de secteur et de sous-secteur, notamment, l’exposeront inévitablement à la canonnade de la commission d’enquête.

Est-ce qu’ils savaient ? Peut-être pas. Est-ce qu’ils ont cherché à savoir ? Peut-être pas. Est-ce qu’ils auraient pu savoir ? Evidemment oui, comme on dit à Thuin. Juste avant de tomber à l’eau.

Frédéric Daerden, qui a fait adopter par son conseil communal unanime – avec le PTB, Ecolo, le MR et le CDH – une motion réclamant plus de transparence chez Publifin, et Jean-Pascal Labille, qui est toujours là où son ambition le porte, et même au-delà, se verraient bien remorquer ce qui restera, au bout du compte, du fier cinq-mâts liégeois. Probablement une épave.

  1. TOUS LES ÉLUS LIÉGEOIS SONT MOUILLÉS

Il a beau jeu de pérorer, le président du CDH, Benoît Lutgen. Bien sûr, son navire humaniste ne vogue pas sur une mer d’huile, en raison de son association au PS dans la majorité régionale wallonne, et depuis le début en 1981, à l’exception de la législature arc-en-ciel entre 1999 et 2004. Mais au niveau de la province de Liège, rappelle-t-il, le PS est en majorité avec le MR, sans interruption depuis… 1981.  » Et pour éviter tout amalgame, ce sont eux les actionnaires principaux de Publifin et Nethys « , insiste le Bastognard. Qui appuie là où cela fait mal, entre deux partis désormais à couteaux tirés.

Il a beau jeu, le président du CDH, car c’est peut-être lui qui a le moins à perdre dans cette affaire – avec Ecolo et le PTB, s’entend. Tout d’abord, la province de Liège est redevenue une terre inconnue pour les navigateurs à pavillon orange depuis le retrait de Melchior Wathelet (qui a quitté la politique), Anne Delvaux (qui faisait partie des comités de secteur de Publifin) ou Marie-Dominique Simonet (qui s’est retirée à la tête de l’aéroport après avoir vaincu son cancer). Ensuite, et surtout, le  » lanceur d’alerte  » dans l’affaire Publifin est un échevin CDH, de la petite commune d’Olne, Cédric Halin, habilement propulsé administrateur de Publifin après le retrait des CDH préexistants. Un  » monsieur Propre  » spécialisé en finances, qui offre un avenir au CDH.

Cédric Halin, échevin CDH d’Olne : le lanceur d’alerte de Publifin. © SDP

Entre PS et MR, en revanche, le ton monte à la hauteur de ce que ces deux partis risquent, politiquement. Les libéraux ont durement frappé leur partenaire socialiste, réclamant – avec Ecolo – et obtenant la démission du ministre socialiste des Pouvoirs locaux, Paul Furlan.  » L’affaire Publifin/Nethys est le résultat de l’hégémonie socialiste, il faut en être conscient « , clame sans cesse Pierre-Yves Jeholet, chef de groupe MR au parlement de Wallonie. Sur l’air marin de l’abordeur-sabordé. Le Vif/L’Express a révélé que sa soeur avait été chef de cabinet du député provincial Georges Pire et que la commune dont il est bourgmestre, Herve, a voté à l’unanimité toutes les décisions de Publifin.  » Quand vous êtes à la pointe d’un combat pour la vérité, vous êtes forcément exposé « , dit-il, en réfutant les accusations de complicité.

Au-delà de l’homme, ce sont les libéraux que l’on vise. Si les socialistes se sont finalement ralliés à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire, c’est aussi pour se sentir moins seuls en fond de cale.  » On parle d’André Gilles, mais il y avait aussi Georges Pire « , s’émeut le député wallon Dimitri Legasse (PS) sur les plateaux télé du premier week-end de février. Homme clé du système Publifin/Nethys, l’ancien député provincial MR a finalement été rappelé à l’ordre par son président de parti, en raison de son cumul et de ses rémunérations indécentes.

Alain Mathot se cramponne au bastingage mais il a les doigts de pied qui trempent

 » Nous en avons assez d’entendre parler de système PS alors que tous les partis étaient concernés, ramasse un autre député socialiste wallon. J’ai personnellement été choqué par l’attitude du MR lors des débats parlementaires, notamment l’attitude arrogante de Virginie Defrang-Firket quand on lui a fait remarquer qu’elle devait savoir.  » Vice-présidente du conseil d’administration et du bureau exécutif de Publifin, cette dernière a démissionné de ses fonctions le 12 janvier dernier.  » Le MR fait de ces affaires une partie de théâtre au parlement wallon, ajoute cet élu PS. Mais les gens attendent autre chose, ils veulent que l’on prenne ses responsabilités.  »

La commission d’enquête, mise en place sans aucun élu liégeois, aura pour ambition de montrer que le problème n’est pas uniquement socialiste, mais liégeois, au sens large. En ligne de mire, notamment : l’homme fort du MR liégeois, le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine. En attendant, le CDH Benoît Lutgen offre ses services aux libéraux pour la mise en place d’une majorité régionale alternative. Mais l’offre n’est pas dénuée de cynisme : pour autant  » que le MR agisse là où il est capable « , précise-t-il, narquois…

Maxime Prévot, vice-ministre-président wallon CDH, et Paul Furlan (CDH), quand il était encore ministre des Pouvoirs locaux : la Wallonie touchée de plein fouet. © THIERRY ROGE/BELGAIMAGE

  1. NETHYS EN TRÉSOR ENGLOUTI

On ne lance pas un abordage sans lorgner un butin. Si le galion liégeois sombre, la chasse au trésor ne sera pas seulement politique. Nethys, c’est aussi et peut-être surtout un authentique magot. Une entreprise puissante, née de l’idéal d’André Cools. Un fonds souverain né de son front souverain, propriété de la Province, et qui repose sur un principe : la concentration de tous les leviers économiques publics. La capitale économique de la Wallonie n’en manquait pas : le gaz, l’électricité, la télédistribution, le fonds de pension, voire les assurances. Tous se sont progressivement installés à la tour de la rue Louvrex, siège de l’intercommunale-société anonyme et de sa flotte de filiales, où les bénéfices de l’une financent les investissements de l’autre, et vice versa. Ailleurs en Wallonie et en Belgique, les regroupements se sont faits par élargissement géographique. A Liège, pas. Brutélé a fédéré plusieurs intercommunales de télédistribution wallonnes et bruxelloises, Orès plusieurs intercommunales de distribution de gaz et d’électricité wallonnes, Publifin plusieurs intercommunales liégeoises.

Mais l’héritage d’André Cools est menacé par la tempête. Que le navire coule, et les pirates seront nombreux. Certains ne se cachent pas de déjà voguer sur le vaisseau en détresse et de s’en approprier de bias bouquets. Le président d’Orès, dans Le Soir, s’est déclaré prêt à discuter. Les Flamands de Telenet s’intéressent depuis longtemps à VOO. Belfius voudrait se renflouer de la dépouille d’Ethias, jadis promise à Nethys. Et on dit Rossel très préoccupé par l’avenir de L’Avenir et des autres (MoustiqueNice Matin, etc.). Les commandants des vedettes liégeoises, du coup, conservent une remarquable unité : entre les déclarations de Daniel Bacquelaine et de Jean-Claude Marcourt, d’accord pour toujours plus privatiser le modèle autant que pour garder le trésor en bord de Meuse, il n’y a pas, comme dirait Willy Demeyer,  » l’épaisseur d’un papier à cigarettes « . Les Liégeois, décidément, traversent cette mer déchaînée tout serrés sur le pont de leur bateau. Qu’il les ramène sur leur île au trésor ou qu’il les mène au naufrage.

Benoît Lutgen et Elio Di Rupo : le président du CDH assène que son parti n’est pas « l’animal de compagnie » du PS. © LAURIE DIEFFEMBACQ/BELGAIMAGE

  1. LES PRATIQUES WALLONNES DANS LA TEMPÊTE

L’opération mains propres touchera aussi toute la Wallonie. En profondeur.  » L’encre d’une réforme est à peine sèche que certains cherchent déjà à la contourner « , soulignait le ministre-président Paul Magnette en présentant des réformes visant à faire de la Wallonie  » un modèle en Europe « . L’ingénierie publique y équivaut à la plus cynique des ingénieries fiscales.  » Les événements de ces dernières semaines vont permettre d’approfondir les réformes que j’avais entamées « , constate, depuis le banc de touche, le ministre sortant des Pouvoirs locaux, Paul Furlan (PS). Les mesures annoncées en matière de décumul et de transparence devraient concerner  » des centaines de mandataires  » en Wallonie – ce n’est que le début de la tempête.

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« Nous en avons assez d’entendre parler de système PS, tous les partis étaient concernés »

Paul Furlan s’interroge à deux niveaux. Le premier : comment est-il possible que quelques-uns cumulent encore dix-huit mandats malgré la limite des trois mandats exécutifs et le plafonnement à 150 % de la rémunération initiale ? Certains élus, rusés, accumulent les petits mandats et les petites rémunérations.  » C’est légal, même si ce n’est pas dans l’esprit de la loi et c’est incompréhensible pour le citoyen « , commente l’ancien ministre. Le deuxième niveau est plus grave encore : ce sont ceux qui se font désigner dans des structures à titre privé, dans des structures privées ou dans des filiales de filiales de filiales.  » Nethys, ce n’était pas de mon ressort « , rappelle Paul Furlan.

Selon l’ancien ministre, une mesure  » très simple  » règlerait tout : la publication des déclarations fiscales.  » Quand je l’avais proposé, je me suis fait attaquer par les libéraux, mais pas uniquement eux « , constate-t-il. Au PS et au CDH aussi, certains renaclaient. La mesure n’est toujours pas envisagée.  » Pour des raisons de protection de la vie privée, des couples et des héritages, relève-t-il. Mais personne n’empêche quelqu’un de faire de la politique. Je constate d’ailleurs qu’un député libéral, Jean-Luc Crucke, propose désormais cela en évoquant l’indépendance à l’anglo-saxonne. C’est précisément ce que je défendais.  »

Dans le tsunami Publifin, Paul Furlan est passé par-dessus bord. C’est désormais son successeur, le Rochefortois Pierre-Yves Dermagne, qui est chargé de mener à bien les réformes de gouvernance nécessaires pour éviter qu’à l’avenir, la Wallonie ne soit à nouveau comparée à une  » mafia « . Au vu des révélations qui ne cessent de se succéder, et alors que l’air du large est à la transparence absolue, on peut considérer avec certitude que la grande lessive n’est pas terminée. Elle touchera tous les partis, et tous les niveaux de pouvoir.

Publipart se défend, et propose de suspendre tous les paiements de ses administrateurs

Publipart n’est pas une société connue du grand public mais elle est loin d’être « obscure ». Elle a ainsi tenu à clarifier certains points, dimanche soir, après avoir été sous le feu de l’actualité durant tout le week-end.

 

Publipart a été fondée en 2005 par scission de l’ancienne SPE qui a été divisée, cette année-là, en une société de production et de commercialisation, SPE, et une société de réseaux de transport, Publipart sa.

Depuis sa création, Publipart a distribué 50 millions d’euros à ses actionnaires (l’intercommunale Publilec, le Vlaamse Energieholding, Socofé sa et Belfius). Publipart a un conseil d’administration actif et qui se réunit presque toujours au grand complet, se défend-elle encore en précisant que la plupart de ses administrateurs sont à la fois administrateurs dans l’intercommunale Publilec (production – participations) et dans Publipart sa (réseaux de transport). Ceux-ci ne sont toutefois pas rémunérés chez Publilec, mais perçoivent une rémunération unique pour les deux entités. Mais compte tenu de la controverse sur le point des rémunérations, il a été proposé au conseil d’administration de suspendre tous les paiements des administrateurs à partir de ce dimanche. Le conseil d’administration formulera une proposition pour l’avenir à l’Assemblée générale.

Par ailleurs, Publipart n’investit pas et n’investira jamais directement dans des entreprises impliquées dans le commerce ou la production d’armes. Ni dans des sociétés impliquées dans le travail des enfants ou qui violent les lois environnementales, la vie privée ou encore les législations sociales et fiscale, poursuit-elle en admettant toutefois qu’elle n’inspecte pas quotidiennement les centaines de positions détenues au travers des fonds d’investissement à la recherche de participations controversées.

Étant donné que certains investissements peuvent être gérés par des gestionnaires de fonds contre notre propre code d’éthique et nos principes de gouvernance d’entreprise, Publipart vendra immédiatement ces fonds et proposera d’investir uniquement dans des fonds éthiques, dès le prochain conseil d’administration, ajoute la société.

Dans le débat, une attention insuffisante a été accordée à l’importance sociétale et stratégique de la présence du secteur public dans le capital des sociétés belges du secteur de l’énergie Elia, Fluxys et EDF Luminus. C’est via le holding public que leur ancrage belge est assuré, conclut-elle.

 

Flamandisation de l’armée: fin 2017, la Composante Terre sera flamande

Sarah Freres, « DH », 11 février 2017

Le QG de Marche-en-Famenne va déménager à Heverlee. Résultat : tous les centres opérationnels de la Composante Terre seront en Flandre.

 

La flamandisation de l’armée, décriée il y a quelques années sous Pieter De Crem, ancien ministre de la Défense, semble reprendre du service. En effet, le quartier général de la Brigade Légère de Marche-en-Famenne ne sera bientôt plus basé à Marche-en-Famenne mais bien à Heverlee, près de Louvain.

D’après un courriel interne dont nous avons pu obtenir copie, il est indiqué que la transformation vers un Special Operations Regiment et le déménagement du QG vers Heverlee se confirment et prennent forme.

On peut également y lire que le départ est programmé au cours du deuxième semestre 2017 en fonction des travaux dans l’un des blocs de la caserne d’Heverlee.« L’état-major nous a clairement indiqué de nous préparer à un départ, même si aucune décision politique n’est encore tombée. Ça complique d’ailleurs beaucoup les choses, parce qu’il est difficile de donner des indications au personnel sans le feu vert du ministre, souffle un responsable sous couvert d’anonymat.

Les syndicats enseignants confirment en front commun leur refus du Pacte d’excellence «en l’état»


 » La Libre Belgique « , Belga, 9 février 2017

Après leur non individuel ces dernières semaines, les différents syndicats des enseignants ont confirmé jeudi, mais en front commun cette fois, leur rejet du Pacte pour un enseignement d’excellence sous sa forme actuelle.

Ils se disent néanmoins prêts à reprendre les discussions en échange d’engagements concrets et substantiels d’adaptations du texte.

Les affiliés de nos différentes organisations syndicales ne peuvent adhérer au projet d’avis n°3 (rendu en décembre dernier, ndlr) du groupe central, en l’état, indiquent la CSC, la CGSP, le Setca-SEL, le SLFP et Appel dans un communiqué de presse commun.

Consultés ces dernières semaines, les différents affiliés ont exprimé leurs inquiétudes quant aux conséquences du Pacte en matière d’évolution de l’emploi, sur les conditions de travail, sur leur charge de travail, l’évaluation des personnels, leur bien-être ainsi que celui des élèves.

Tout en réaffirmant leur volonté de voir l’école évoluer et les inégalités scolaires diminuer, les syndicats enseignants rejettent toutefois les incertitudes actuelles autour de l’allongement du tronc commun jusqu’à 15 ans, ainsi que le renforcement programmé des directions et des pouvoirs organisateurs de l’enseignement.

Concrètement, les profs redoutent de devoir en faire plus demain, d’être davantage contrôlés, avec une possibilité accrue de sanctions.

La réforme envisagée de l’enseignement qualifiant esquissée dans le Pacte est aussi dénoncée: Une certification par unités (C.P.U.) qui fonctionne mal, ainsi que des mesures qui ont immanquablement des répercussions sur l’emploi, c’est tout l’inverse d’une revalorisation du qualifiant, dénoncent les syndicats.

Ceux-ci se disent toutefois prêts jeudi à poursuivre les travaux du Pacte, mais à condition de recevoir du gouvernement une série d’engagements concrets » et « substantiels, à la fois en matière de niveaux d’emploi, sur l’avenir des écoles, sur le tronc commun, la charge de travail des enseignants et leur évaluation, ainsi que l’octroi de moyens suffisants par rapport aux objectifs fixés.

A défaut, le front commun syndical promet de combattre toutes les mesures qui détérioreraient les conditions de travail des personnels.

Les différentes parties prenantes du Pacte (syndicats, pouvoirs organisateurs, associations de parents) doivent se retrouver le 16 février prochain pour faire le point de la situation.

Interrogée jeudi matin en radio, la ministre de l’Éducation Marie-Martine Schyns s’est toutefois voulue sereine par rapport au refus des syndicats, tout en affichant sa volonté de mener à bien le Pacte, le plus gros chantier de la législature en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le statu quo n’est absolument pas une option et ça, tout le monde le dit, a-t-elle notamment insisté.