Face à des Wallons obèses, une députée N-VA propose de scinder la sécu

« Le Vif », Belga, 20 mai 2018

Une députée de la N-VA, Yoleen Van Camp, a proposé dimanche de scinder la sécurité sociale. La revendication des nationalistes flamands n’est pas neuve mais la parlementaire fédérale prend cette fois-ci argument du taux d’obésité en Wallonie pour la justifier.

Mme Van Camp a pointé du doigt l’augmentation considérable des remboursements d’opérations chirurgicales de l’estomac, dont le coût pour la sécurité sociale est passé de 52,5 millions en 2012 à 64 millions en 2016. Selon elle, une partie de ces frais pourrait être évités car ce genre d’intervention ne s’impose pas dans bon nombre de cas. Des problèmes de poids pourraient être facilement résolus grâce à la consultation d’un diététicien ou d’un psychologue, juge-t-elle.

Le nombre d’opérations visant à faire maigrir le patient est presque deux fois supérieur en Wallonie qu’en Flandre si l’on tient compte des chiffres de population (6.265 pour 3,6 millions d’habitants contre 6.462 pour 6,5 millions d’habitants).

« La Wallonie compte plus de personnes en surpoids et obèses. Le taux de Wallons obèses s’élève par exemple à 16% contre 12,5% en Flandre. La différence est la plus fort chez les jeunes: 25% contre 16% en Flandre. Par conséquent, il serait plus indiqué de scinder la sécurité sociale. Les entités fédérées disposeraient de budgets complets pour investir dans la prévention et en retireraient les fruits. Pour être concret, la Wallonie pourrait par exemple mener plus d’actions auprès des jeunes », a expliqué Mme Van Camp.

 

Budget wallon: une centaine de millions d’euros ont été dégagés

RTBF-Info, Belga, 18 mai 2018

« Le gouvernement wallon est parvenu à un accord lors des discussions relatives à l’ajustement budgétaire 2018« , a annoncé vendredi matin le cabinet du ministre-président wallon Willy Borsus (MR). On évoque une petite centaine de millions d’euros à trouver. La tâche a été menée en à peine deux jours, mais la tâche était quand même compliquée, selon le ministre wallon du Budget, le MR Jean-Luc Crucke : « C’est toujours compliqué quand vous devez arbitrer entre des hommes et des femmes qui sont des passionnés de politique et que chacun souhaite évidemment garder son pré carré. Mais la synthèse c’est d’arriver à un consensus. Pour le commun des mortels, 100 millions d’euros cela pèse très lourd, mais sur une masse de 14 milliards il faut relativiser les choses. On est à la fois dans la volonté de garder l’équilibre budgétaire et la trajectoire, et en même temps de ne pas sacrifier de nouvelles politiques : c’est cela la difficulté de la manœuvre ».

Le ministre insiste sur le fait qu’il « n’y a pas de nouvelle taxation sur le citoyen. Les économies se pratiquent un peu partout, il y a à la fois des recettes complémentaires qui sont issues d’une bonne gestion et en même temps il y a des limitations de dépenses ».

30 millions via la télé-redevance

Le gouvernement wallon table sur la télé-redevance : « C’est l’exemple de ce que j’appelle une bonne gestion, avec les capacités qui ont été données à la DG07 qui peut maintenant faire son travail de manière efficace. De 12 millions de recettes on passe à 30 millions, et il y a encore de la marge. Cet arriéré était connu depuis longtemps : on a toujours dit que l’équité c’est que chacun paye ce qu’il doit ».

Fin avril, le gouvernement wallon s’était mis d’accord sur une trajectoire de retour à l’équilibre de la Région à l’horizon 2020 qui se traduira, l’année prochaine, par un déficit maximal de 117 millions.

 

Le nouveau président catalan évite de jurer fidélité à la Constitution

« Le Vif », Afp, 17 mai 2018

Le nouveau président de la Catalogne, l’indépendantiste Quim Torra, a pris ses fonctions jeudi à Barcelone sans jurer fidélité à la Constitution espagnole mais à la seule « volonté du peuple catalan ».

Aucun représentant du gouvernement central n’assistait à cette cérémonie, témoignage de la vive tension entre Barcelone et Madrid.

Membre de l’aile dure du mouvement indépendantiste, M. Torra avait été élu lundi président de Catalogne par le parlement régional, et aussitôt promis de « construire un Etat indépendant ».

L’éditeur de 55 ans, nouveau venu en politique, ne s’est engagé ni à respecter la Constitution espagnole, ni le roi Felipe VI, ni le statut de la Catalogne qui règle les attributions de cette région autonome.

Comme l’avait fait son prédécesseur Carles Puigdemont en janvier 2016, il a seulement promis de « remplir loyalement les obligations de président de la Generalitat (gouvernement catalan), en étant fidèle à la volonté du peuple de Catalogne, représenté par le Parlement de Catalogne ».

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy avait décidé de ne pas envoyer de représentant à cette cérémonie. Il a fait savoir dans un communiqué que l’exécutif régional avait « tenté d’imposer le niveau de la délégation gouvernementale, ce qui n’a pas été accepté ».

« Le gouvernement considère en outre que le type de cérémonie organisée par la Generalitat porte atteinte à la propre dignité de l’institution », ajoute le texte.

La région du nord-est de l’Espagne aux 7,5 millions d’habitants était sans président depuis près de sept mois.

Elle a été placée sous la tutelle directe de Madrid après la vaine proclamation d’une « République catalane » à Barcelone le 27 octobre.

  1. Torra considère que « le président légitime » reste Carles Puigdemont. L’ancien président régional se trouve actuellement en Allemagne où il attend de savoir s’il va être remis à l’Espagne, qui veut le juger pour « rébellion », délit passible d’un maximum de 30 ans de prison.

La cérémonie s’est déroulée en quelques minutes dans une salle secondaire du palais abritant le gouvernement régional. M. Torra n’a pas reçu le médaillon symbolique orné du drapeau catalan traditionnellement remis à ses prédécesseurs.

L’éditeur a été très critiqué, dans la région et en dehors, pour des écrits insultants envers les Espagnols, que l’organisation SOS Racisme en Catalogne a dénoncé comme « un discours dangereux, irresponsable et inacceptable ».

 

La France détaille enfin à la Belgique son offre de partenariat autour du Rafale, pour remplacer les F16

« Le Vif », Afp, 15 mai 2018

Des officiels français ont pour la première fois détaillé mardi au ministère belge de la Défense la proposition de « partenariat approfondi et structurant » fondé sur l’avion de combat Rafale faite à la Belgique – hors appel d’offres officiel – pour succéder aux F-16 belges vieillissants, avec l’offre de participer au programme SCAF (système de combat aérien du futur) européen.

Des membres du cabinet de la ministre des Armées, Florence Parly, sont venus à Bruxelles présenter à leurs homologues, à l’invitation de la partie belge, pour « faire un point de situation » sur les propositions françaises faites en septembre dernier au ministre de la Défense, Steven Vandeput, ont-ils indiqué lors d’une rencontre avec quelques journalistes. Cette proposition ne se limite pas à la fourniture de 34 Rafale – dont potentiellement certains en version Marine, capables d’opérer depuis le porte-avions Charles de Gaulle -, et la participation au développement futur de l’appareil au sein d’un partenariat de gouvernement à gouvernement dans le cadre d’une relance de l’Europe de la Défense, un thème cher à la France.

Elle comprend aussi un partenariat « organique » entre les forces aériennes des deux pays en « mettant en commun un certain nombre de capacités » (entraînement, soutien opérationnel, utilisation de l’espace aérien, etc.) et un partenariat technologique et industriel à la fois dans le cadre du programme Rafale et de ses évolutions à venir et pour la préparation du futur, via une participation au programme SCAF, actuellement à l’état de projet franco-allemand sous la conduite de l’avionneur français Dassault, avec une concrétisation attendue à l’horizon 2040.

Le Rafale est un avion multirôle, capable de remplir l’ensemble des missions dévolues à une force aérienne, selon les collaborateurs de Mme Parly. Avec 250.000 heures de vol, dont 15.000 effectuées en opérations, c’est un avion « mature », dont les coûts d’exploitation sont connus, mais qui continue à évoluer, ont-ils ajouté. Ils ont aussi évoqué une nouveauté: la possibilité pour la Défense – qui ne l’a pas demandé dans l’appel d’offres (en jargon, un « Request for Government Proposal » ou RfGP) lancé en mars 2017 – d’acquérir des Rafale en version Marine. « Nous avons considéré qu’il était important d’ouvrir ce sujet de discussion: la possibilité existe pour la Belgique en plus d’opérer depuis des bases belges et à l’étranger d’un porte-avions. Nous avons proposé ce partenariat-là », a affirmé l’un d’eux sous le couvert de l’anonymat.

Il a expliqué que le fait « pour un certain nombre de pilotes belges » d’opérer depuis un porte-avions – la France dispose d’un bâtiment de ce type, le Charles de Gaulle, actuellement en chantier de rénovation – permettrait de s’affranchir de bases terrestres fixes. « C’est option que l’on donne à nos collègues, que personne d’autre ne propose, ce n’est pas une obligation », a-t-il souligné.

L’offre française porte aussi sur le développement futur du Rafale, proposé dans sa version F3R mais pouvant évoluer vers le standard F4 aux alentours de 2024 et qui devrait rester en service jusque vers 2060, la France prévoyant encore d’en commander vers 2030. Cela donnerait, selon Paris, à la Belgique un poids dans l’évolution future du Rafale « sans commune mesure avec ce qui peut être envisagé » pour les autres avions en lice pour ce marché d’un montant initial de plus de 3,5 milliards d’euros: le F-35 Lightning II du groupe américain Lockheed Martin et l’Eurofighter Typhoon du consortium européen éponyme.

Le gouvernement français propose enfin d’associer dans la foulée la Belgique au programme du Système de combat aérien du futur (Scaf) européen. Les deux rivaux de toujours, Airbus et Dassault Aviation, ont convenu fin avril de développer ensemble ce système devant mêler avion de combat futur et drones et qui doit assurer à terme la souveraineté européenne en matière de défense. La venue de la délégation française à Bruxelles a eu lieu « à la demande du Premier ministre » Charles Michel, selon le cabinet de M. Vandeput.

 

Régions en transition: « À ce stade, la Wallonie est toujours éligible »

« Le Vif », Belga, 8 mai 2018

Au stade actuel des discussions relatives au prochain budget européen, « les régions en transition existent toujours et la Wallonie en fait partie », a indiqué le ministre-président wallon, Willy Borsus, mardi, au terme d’une rencontre à Namur avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Les deux hommes se sont rencontrés en marge d’une visite de M. Juncker au Parlement de Wallonie où il a tenté d’expliquer, à des élus régionaux inquiets, le budget européen 2021-2027.

Ce dernier prévoit en effet une réduction du financement de la politique agricole commune (PAC) et de la politique de cohésion – la principale politique d’investissement de l’UE -, de 5% environ dans les deux cas. Ensemble, ces deux postes représentent plus de 70% des dépenses européennes. « Nous n’en sommes qu’au début du processus et beaucoup de choses restent à négocier, comme la définition d’une région en transition, et ce avec des Etats qui veulent parfois réduire drastiquement les dépenses. Mais à ce stade, les régions en transition subsistent et la Wallonie, qui pourrait vite vaciller si elle perdait ses financements européens, reste éligible », a-t-il assuré en évoquant « des signes qui vont dans la bonne direction ».

« L’objectif de notre rencontre, c’était d’aborder le cadre financier pluriannuel de l’Union européenne, et singulièrement la politique agricole commune, la politique de cohésion mais aussi d’autres domaines qui intéressent la Wallonie tels que la recherche ou les PME. Nous voulions également nous assurer que les règlements qui découleront de ce cadre budgétaire européen seront en adéquation avec la réalité wallonne », a encore indiqué Willy Borsus.

« Les négociations liées à un budget européen peuvent évoluer fortement. Mais pour l’instant, nous avons le sentiment d’être entendus », a conclu le ministre-président wallon.

 

De Wever Premier ministre: Amusant, selon Charles Michel

« Le Vif », Belga, 5 mai 2019

Le Premier ministre, Charles Michel, a réagi avec ironie aux déclarations de Bart De Wever qui n’exclut pas de diriger le gouvernement fédéral en 2019 si c’est pour mener le pays au confédéralisme. Il l’invite à ne pas brûler les étapes.

 

 

« Si Bart De Wever est prêt à abandonner Anvers et s’il est tombé à ce point amoureux de la Belgique qu’il est prêt à avoir cette ambition, c’est plutôt amusant. Mais, plus sérieusement -c’est un détail peut-être- il y aura des élections en 2019. Et nous verrons en 2019 quels sont les programmes électoraux et quelles seront les majorités parlementaires après que les électeurs auront donné les orientations », a-t-il déclaré samedi devant les caméras de la RTBF et de RTL-TVi lors de son arrivée à la réception de la Fête de l’Iris.

Interrogé vendredi sur la VRT, le président de la N-VA et bourgmestre d’Anvers n’a pas exclu de quitter la métropole pour le 16 rue de la Loi en cas de victoire des partis de gauche en Wallonie. Dans cette hypothèse, il estime qu’il faudra faire basculer le plus rapidement possible le pays dans un modèle confédéral.

Le leader des nationalistes flamands juge aussi que l’énergie qui anime les partenaires du gouvernement fédéral paraît épuisée.

La déclaration n’a pas plus au vice-premier ministre CD&V, Kris Peeters, qui a rappelé la responsabilité du premier parti de la coalition à l’égard de l’action de l’équipe Michel.

« Je peux difficilement comprendre que le plus grand parti de cette majorité fédérale -la N-VA- qui a des ministres très importants dise: pour moi, le ‘dash’ est épuisé. J’appelle Bart De Wever à convaincre ses ministres et chacun dans son parti d’avoir l’ambition de poursuivre le travail jusqu’en 2019 dans l’intérêt de l’économie et de l’emploi », a-t-il expliqué à la VRT.

 

« En Flandre, la sécurité sociale est un filet, pour certains en Wallonie c’est plus un hamac »

Jelle Dehaen, « Knack », repris par « Le Vif », 3 mai 2018

Les dépenses de santé augmentent plus rapidement en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre. C’est ce que constate la mutuelle flamande VNZ (Vlaams & Neutraal Ziekenfonds) dans un nouveau rapport.

Entre 2016 et 2017, les dépenses en soins de santé flamands ont augmenté d’1,1%, en Wallonie de 1,9%. En 2016, on a dépensé 82 euros de plus par Wallon que par Flamand, en 2017 cet écart était de 103 euros. C’est ce qu’écrit le VNZ sur base de ses chiffres.

 

La reprise des compétences envisagée comme option pour la réforme des provinces

« Le Vif », Belga, 3 mai 2018

Une étude sur l’avenir des provinces objective leur rôle et dégage des pistes de réforme, la plus probable étant la reprise des compétences par les autres niveaux de pouvoir, rapporte L’Avenir jeudi.

L’étude de plus de 500 pages, commandée par l’Association des provinces wallonnes (APW) à l’Université de Liège et au service du professeur Behrendt, analyse la reprise des compétences par un autre niveau de pouvoir. Si la Région voulait reprendre ces compétences, il faudrait assurer 1 milliard d’euros de dépenses, selon le professeur.

Les postes les plus importants sont l’enseignement (34% des dépenses), le social (14%) et la santé (9%). Le professeur estime que deux matières ne pourraient pas être reprises par un autre niveau de pouvoir: la gestion des institutions hospitalières, notamment dans le Luxembourg où Vivalia joue un rôle clé, ainsi que les infrastructures de stimulation économique. Paul-Émile Mottard, président de l’APW, doute de l’intérêt d’un « transfert linéaire de compétences ». Il cite l’exemple du logement qui est déjà passé entre les mains de la Région: « tous les services fournis n’ont pas été repris », regrette-t-il.

Pour Christian Behrendt, il ne faudrait pas que la question du risque pour l’emploi remette en cause le débat. Lors de transferts de compétences, le personnel est automatiquement déplacé. Sans dégraissement. « La reprise des compétences peut conduire à des économies. J’appelle à la prudence car le niveau d’emploi sera maintenu », rassure le professeur. « Le débat ne doit pas être pollué par le transfert d’emplois. Ce n’est pas l’intention de l’étude. »

 

Les outils économiques wallons seront mis à la diète, 200 postes d’administrateurs vont disparaître

Stéphan,e Tassin, « Le Soir », 20 avril 2018

La réforme et la réduction des très nombreux outils publics à vocation économique en Wallonie est un vieux fantasme du MR. Un fantasme qu’il est en passe de réaliser. Lorsqu’il dirigeait l’opposition, l’actuel ministre wallon de l’Economie, Pierre-Yves Jeholet, n’avait de cesse de marteler la nécessité d’une telle réforme. Désormais, c’est lui qui la porte.